LE DOIGT QUI MONTRE LE DHARMAKAYA - 1/2

Jamgœun Kongtrul Rinpoché Conformément aux prédictions du second Jamgœun Kontrul Rinpoché, la troisième incarnation des Kontrul Rinpoché est née en 1954 dans le Tibet central et a été reconnue par le seizième Karmapa à l'âge de trois ans. Le secrétaire du précèdent Kontrul Rinpoché demanda au Karmapa la permission d'emmener le jeune Rinpoché au monastère de Palpoung, dans le Tibet oriental, qui était le siège de la lignée des Jamgœun Kontrul. Mais le Karmapa savait déjà que la Chine menaçait d'envahir le Tibet et ordonna que Jamgœun Kontrul Rinpoché soit emmené à Kalimpong, en Inde, avec ses parents. Peu après, la situation empira au Tibet et le Gyalwa Karmapa quitta à son tour le Tibet, pour s'installer dans son monastère de Rumtek au Sikkim, Quelques mois plus tard, le jeune Rinpoché fut amené par sa famille. Le Karmapa procéda à la cérémonie de la chevelure et lui donna le nom de Karma Lodreu Tcheukyi Sengué. La même année, à l'occasion propice du Lha-bad Duchen, le Karmapa intronisa officiellement le jeune Rinpoché. Peu après, Jamgœun Kontrul Rinpoché commença son apprentissage de la philosophie et de la pratique de l'enseignement bouddhiste. Et comme un père léguant tout à son fils, le Gyalwa Karmapa transmit les enseignements complets de la lignée Karma Kagyu à Rinpoché. Celui-ci reçut par la suite les enseignements d'autres grands maîtres, dont les initiations de Kalachakra du Vénérable Kalou Rinpoché. A partir de l'âge de vingt ans, Kontrul Rinpoché voyagea beaucoup en Amérique du nord -et du sud, en Europe, en Australie et en Asie, en vue de préserver et transmettre l'enseignement bouddhiste. Jamgoeun Kontrul Rinpoché est venu plusieurs fois à Dhagpo Kagyu Ling. La première fois, il assistait le Gyalwa Karmapa en juillet 1974, en qualité d'intendant de Sa Sainteté. Lors de son séjour durant l'été 1990, Rinpoché donna l'enseignement qui suit : "Le doigt qui montre le Dharmakaya", directement traduit du tibétain en français, suivi d'un enseignement sur "L'appel au Lama de loin".

Avant de recevoir ou d'écouter les enseignements, il convient de développer la motivation pure, la bodhicitia, c'est-à-dire le désir de recevoir ces enseignements non dans un but égoïste mais afin d'être à même d'aider tous les êtres sans aucune exception. Encore faut-il pour cela éviter trois erreurs ou attitudes fausses qui invalideraient les enseignements auxquels on pourrait assister. La première est d'être semblable à un bol retourné. On peut verser autant d'eau que l'on veut sur un bol retourné, il n'en pénètre pas une goutte à l'intérieur, Cela correspond à l'attitude d'une personne physiquement présente aux enseignements, mais dont l'esprit est ailleurs, distrait par d'autres pensées. Evidemment les enseignements: ne peuvent pas être profitables dans ce cas. La deuxième erreur consiste à se rendre semblable à un bol fêlé. On peut verser de l'eau dans un bol fêlé, mais au bout d'un certain temps l'eau s'écoule par la fêlure, et en définitive il ne reste plus rien dans le bol. De même, celui qui écoute et comprend, sans pour autant réfléchir encore et encore sur le sens des enseignements qui ont été donnés, les oublie petit à petit. Dans ce cas, l'enseignement ne sert à rien, car il n'est pas donné pour être oublié juste après ! Le but des enseignements est de provoquer des transformations en nous-mêmes et pour que celles-ci soient effectives, ils doivent demeurer en notre esprit. La troisième attitude consiste à se rendre semblable à un bol souillé. On est présent, on essaye réellement de comprendre le sens de l'enseignement, mais en même temps on oublie de développer une motivation parfaitement pure. Et notre écoute se trouve contaminée par des émotions conflictuelles - orgueil, jalousie, duplicité... – qui distordent notre compréhension de l'enseignement. Cela revient à verser une nourriture parfaitement saine dans un bol souillé de poison ; et lors qu'on mange cette nourriture, pourtant parfaitement saine au départ, on tombe malade. De même, les enseignements qui ne sont pas écoutés avec une motiation claire et pure non seulement ne servent à rien, mais, déformés, peuvent induire une mauvaise compréhension et devenir nuisibles. Avant de recevoir les enseignements, il faut bien examiner si l'on engendre la véritable disposition d'esprit nécessaire : celle de l'esprit d'éveil. De façon à permettre à un maximum d'êtres de se libérer de la souffrance, le Bouddha a donné des enseignements extrêmement vastes et variés dans leur présentation et leur nature. II a donné ce qu'on appelle les trois cycles de la transmission du dharma. Certains de ces enseignements sont tournés vers un niveau de compréhension et d'explication général ou indirect, d'autres concernent plus précisément la nature ultime des phénomènes : c'est le cas du dernier cycle d'enseignements considérés comme particulièrement nobles et élevés. Dans ces enseignements, le Bouddha a insisté sur le fait que tous les êtres sans exception sont dotés de la nature même de bouddha (tathagatagarba}. Cette potentialité est inhérente à la nature de tous les êtres, qui est pure depuis toute origine et au delà de l'illusion. Ces enseignements du Bouddha ont été consignés dans le soutra appelé : le "Soutra du samadhi royal" (Skt : Samadhiradja Soutra), et ont donné naissance à une tradition de pratique : la voie de réalisation du mahamoudra. Cette voie du mahamoudra, qui permet de réaliser ou de retrouver cette nature parfaitement pure, a fait l'objet d'une transmission très soigneuse. Il ne s'agit pas seulement d'une transmission au niveau des textes et des techniques, mais aussi d'une transmission directe de maître réalisé à disciple réalisé : elle est remarquablement profonde et effective. Il existe de nombreux aspects, de nombreux textes et de nombreuses variantes propres aux quatre grandes et aux huit petites

cela vient du fait que nous ne reconnaissons pas notre véritable nature. les comprendre et les mettre en application. et la saisie de la réalité des phénomènes. Leur transmission s'est faîte. c'est au disciple de la recevoir et d'en profiter au travers de sa ferveur. Cette lignée de transmission est appelée le Rosaire d'Or des Lamas Kagyupas. "L'Océan de Certitude". il est possible que la réalisation de la reconnaissance de la nature de bouddha s'opère en un instant. est le "Le Doigt qui montre le Dharmakaya". Il ne suffit pas de les connaître intellectuellement.. le seizième Kannapa. Nous ne pouvons pas en nier la réalité : cette réalité que nous voyons et à laquelle nous croyons est la seule chose qui existe pour nous. Si le maître qui transmet le mahamoudra n'est pas sans faute ou si le disciple n'a pas la pureté nécessaire. on va directement à la rencontre de la reconnaissance de la nature ultime de tous les phénomènes et de son propre esprit : la réalisation de la nature de bouddha. Les pratiques préliminaires communes sont "les quatre idées fondamentales qui détournent l'esprit du cycle des existences". Lorsque le disciple est prêt et le maître parfaitement qualifié. Dans le meilleur des cas. Même s'il y a un univers à l'extérieur de nous. etc. Nous avons développé une double saisie : la saisie égocentrique. C'est une voie de renonciation progressive et relativement longue. Bien que nous les ayons entendues de nombreuses fois. d'illusion et de leurs causes. en plus d'une éthique pure. Les enseignements directs du mahamoudra sont libérateurs par l'écoute. elles en sont dépourvues. dans cette saisie. le disciple qui se plonge profondément dans la pratique de ces enseignements bénéficie de la grâce véhiculée par la transmission. Il est dit que. dans laquelle on prête une existence intrinsèque à des phénomènes qui en sont dépourvus. ces apparences sont dépourvues d'existence intrinsèque et n'existent pas par elles-mêmes . on parvient à l'éveil ultime. ces enseignements ne servent à rien. le développement d'une motivation parfaite et élevée : la bodhichitta. encore plus court. mais tous recouvrent une même réalisation. Cette grâce est toujours présente . le dernier. c'est quelque chose qui doit vraiment faire partie de nous-mêmes. on s'engage dans la pratique des six vertus transcendantes (les six paramitas). les apparences sont perçues comme vraies. disions ou pensions. Ces enseignements sont la quintessence de la parole du Bouddha. Après un certain temps.écoles de la lignée Kagyupa du bouddhisme tibétain. Le mahamoudra est une voie particulièrement noble. la qualité du disciple est aussi importante pour la réalisation. mais la racine de l'illusion est en nous. leur absence d'essence. mais elle implique de la part du disciple une très grande pureté et une préparation parfaite. Ils représentent le cœur même des Bouddhas. au delà de toute distinction : c'est l'état de bouddha. Ce genre de transmission ne se limite pas à de simples paroles ou à des textes . dans laquelle on se perçoit en tant que moi. l'énergie et la ferveur nécessaires. l'enseignement a beau être extrêmement profond et la transmission pure. de la bénédiction réelle. on fait l'économie de tout détour. nous ne les avons pas vraiment comprises. de la grâce. il est dit qu'à condition d'y mettre la persévérance et l'ardeur nécessaires il est tout à fait possible de réaliser cet éveil dans l'espace d'une vie. efficace et rapide. Il y a beaucoup de noms pour les désigner : le mahamoudra. par le simple fait de les recevoir. Tant que nous demeurons des êtres ordinaires. si nous demeurons dans le cycle des existences et sommes prisonniers de la souffrance. au travers de maîtres et de disciples réalisés. Le plus étendu est le Nguédeun. dans la lignée Karma Kamtsang. On parle toujours d'apparences illusoires. qui peut durer de nombreuses existences. La voie du mahamoudra est une sorte de raccourci qui va directement à l'essentiel. A partir de cette pure motivation. si nous ne leur prêtons pas d'existence. le plus condensé est le Tchagtchen marik munsel : "Le Mahamoudra qui dissipent les ténèbres de l'ignorance". Elle est unique. Il implique cependant la relation entre un maître pleinement qualifié pour enseigner et un disciple qui soit un réceptacle parfait. qui est le rayonnement de l'amour et de la compassion envers tous les êtres. néamoins elle implique des maîtres et des disciples d'un niveau élevé. La voie du bodhisattva suppose. En particulier. il s'agit du transfert d'une véritable influence spirituelle. cette tradition du mahamoudra a été codifiée en trois textes par le neuvième Karmapa. la Grande Perfection. . sans aucune interruption depuis le Bouddha primordial Vajradhara jusqu'à Rangdjoung Rigpé Dordjé. Les enseignements du mahamoudra sont des moyens destinés à libérer rapidement . quoi que nous fassions. On parle de samsara.gyamtso . Il va falloir peu à peu nous détourner de ce piège qu'est l'illusion de la manifestation. D'un autre côté. lorsque des enseignements du mahamoudra sont transmis à un disciple parfaitement qualifié. ainsi qu'il a été dit. Sinon. Que faut-il faire pour être digne d'une telle transmission ? Il faut se préparer par les pratiques préliminaires. L'illusion se produit dans notre esprit et pas aillers. cependant l'origine du samsara n'est pas ailleurs qu'en nous-mêmes. les pratiques préliminaires communes et les pratiques préliminaires spéciales. seul un disciple parfaitement préparé intérieurement peut les recevoir. nécessaire pour l'obtention de la réalisation. C'est une voie particulièrement noble parce qu'extrêmement rapide et efficace. La qualité des lamas qui transmettent le mahamoudra est essentielle. Il existe plusieurs chemins menant à la reconnaissance de cette véritable nature présente depuis toute origine. je. qui consiste à prendre conscience du caractère négatif du cycle des existences et à s'abstenir finalement d'entretenir ce qui pourrait nous y maintenir. S'il développe vraiment la confiance. Il faut savoir que les phénomènes ne sont pas la cause de l'illusion. Les quatre pensées fondamentales II y a deux sortes de pratiques préliminaires. La voie des auditeurs (shravakas) et des bouddhas pour eux-mêmes (pratyékas bouddhas) part d'un niveau tout à fait relatif. C'est la vision de quelqu'un qui a compris la vraie nature des phénomènes : il voit les phénomènes mais perçoit en même temps leur parfaite vacuité.

Les actions entraînent des conséquences qui sont. Du fait de ce karma.que nous avons envers tout ce qui constitue cette existence. qu'ils soient positifs ou négatifs. issue du fond de notre esprit. Il faut d'abord réaliser le caractère dépourvu de sens du cycle des existences et nous défaire de l'attachement aveugle . ce sont des tendances qui font partie intégrante des couches les plus profondes de l'esprit et qui contrôlent nos actions. il faut le voir. bien que tous les êtres sans exception soient dotés de la nature de bouddha. il convient tout d'abord de se détourner profondément du cycle des existences. II est nécessaire de s'engager dans ces réflexions préliminaires car. elle n'en est pas moins temporaire et destinée à se transformer en souffrance. Pour cela. le karma est en quelque sorte accéléré. Le bouddhisme enseigne la pluralité des mondes et des univers. le maître spirituel. nous avons une bonne chance de parvenir à l'éveil en actualisant notre potentialité de bouddha. vient suffisamment tôt pour que l'on puisse développer la confiance dans la loi de causalité et que l'on s'aperçoive qu'elle fonctionne : les actes provoquent une réaction éventuellement perceptible. il faut une base convenable : la précieuse existence humaine. Cependant. tout abandonner ou essayer de nier une réalité présenté. Mais cela ne suffit pas. Malheureusement. Il s'agit de reconnaître. du point de vue de la réalisation. Les dix-huit conditions sont ainsi réunies. Chacun d'entre nous est doté de cette potentialité d'éveil. Pour y arriver. Nous sommes impuissants à l'arrêter. on ne peut rien accomplir ni rien faire d'utile. Pour parvenir à cette décision. que ce qui se manifeste et apparaît comme réel est en fait vide de substance. un mode de vie. dans laquelle on conçoit l'univers en tant que moi et ce qui n'est pas moi. cette simple connaissance n'est pas libératrice en elle-même. il est nécessaire de développer une détermination suffisamment grande. Il nous fournit les moyens d'atteindre la libération en nous donnant les instructions libératrices : l'expression du dharma. venant du fond du cœur. est l'existence humaine dans notre monde appelé Jamboudvipa. Un moyen efficace est de méditer sur le devenir et la mort et sur les conditions qu'il est nécessaire de réunir pour parvenir à l'éveil. Et parmi toutes les formes d'existence possibles. II convient de ne pas traiter à la légère ces attachements. Mais se détourner du cycle des existences du fond du cœur ne signifie pas fuir le monde. qui ne dépend pas de notre intellect. il est nécessaire d'avoir une précieuse existence humaine. . huit libertés et: dix conditions sont nécessaires. La saisie dualiste entraîne un mode de fonctionnement de l'esprit perturbé par les émotions conflictuelles. car ces tendances inconscientes sont des habitudes implantées en nous comme des réflexes. II faut percevoir clairement que cette vie et le cycle des existences tout entier sont dépourvus de finalité et de sens. il faut méditer encore et encore sur le caractère précieux de l'existence humaine. Pourquoi précieuse ? Parmi les six classes d'êtres. car ils sont très profonds et mobilisent une énergie considérable. même ces êtres demeurent dans le cycle des existences et sont donc soumis au devenir. par exemple le monde des dévas. sans quoi il n'y a pas de réel progrès possible. Il est fondamental de méditer sérieusement sur le devenir et la mort. Il ne suffit pas de le dire ou de le penser. la plus favorable. Si l'on parvient à contrebalancer les tendances négatives qui nous retiennent dans le cycle des existences. vivant plus longtemps que les humains. Afin de pratiquer sans obstacle. Notre nature fondamentale est voilée par une forte ignorance qui se traduit par la saisie dualiste. pourvu que nous soyons confiants et persévérants. du moins extrêmement rapides. C'est pourquoi il est très difficile de s'en débarrasser. nous ne pouvons aller que vers davantage de souffrance . sur la facilité avec laquelle elle peut être détruite et sur le fait qu'elle nous permet d'atteindre la libération. au plus profond de soi. Tout ce qui maintient dans le cycle des existences se situe à un niveau très profond et dispose d'énergies considérables . Précieux ne signifie pas posséder une condition de richesse ou de pouvoir. Il s'agit principalement de liberté de pratiquer le dharma et de s'engager dans une voie pouvant nous affranchir totalement de la souffrance. Lorsque toutes ces conditions sont réunies. de nous détourner des apparences qui sont illusoires. Il faut ensuite rencontrer celui qui nous établit sur la voie. Si grande soit leur félicité. auquel nous sommes si fortement attachés.En suivant les voies du monde et en partant de cette évidence illusoire selon laquelle les phénomènes existent par euxmêmes. sinon immédiates. La confiance dans la loi de causalité entraîne un désir plus ferme de pratiquer afin de s'affranchir du cycle des existences. en fait illusoire mais qui nous paraît être la réalité. Ce processus ne dépend pas de notre volonté. les kléshas ou tendances inconscientes. nos proches. La précieuse existence humaine Le premier pas à faire pour se libérer du cycle des existences et pour aller vers cette réalisation de la nature de bouddha est de voir l'inanité du samsara. et c'est ce qui survient inéluctablement si nous ne prenons pas la ferme décision. des circonstances. C'est ce qu'on appelle le cycle des existences. La sanction des actes. Si l'on veut changer quelque chose. sur la loi de causalité (le karma) et sur l'inanité du cycle des existences qui nous paraît réel alors qu'il est illusoire. etc. Pour l'instant nous sommes prisonniers de tout un réseau d'attachements : notre corps. En nous accrochant à cette évidence. il y a d'autres formes d'existence considérées comme plus heureuses. La première condition est d'avoir un corps humain libre des empêchements majeurs personnels. Pour ce faire. une situation. on peut se libérer des deux sortes de tendances. mais pour la mener à réalisation. On peut les contrebalancer en développant des tendances positives qui vont devenir des tendances inconscientes positives. Elles ne sont pas non plus quelque chose de rajouté à l'esprit qu'on peut rejeter. Ces tendances ne sont pas un fardeau qu'on porte et dont on peut se débarrasser. Dans notre univers. les choses se poursuivent sans relâche et nous restons attachés à un mode de fonctionnement illusoire qui engendre la souffrance. Ces émotions entraînent des actions qui produisent du karma. nous devons nous souvenir que nous avons cette nature de bouddha.

Différents exemples illustrent les probabilités. Car en fait la nature ultime des phénomènes est vide et aucun phénomène n'existe par lui-même. comparativement très peu sont humains. etc. ni de petit absolu. les êtres désirent le bonheur et craignent la souffrance . Certains individus ont une idée pour parvenir au bonheur. mais parce que les circonstances ne leur sont pas favorables. Elles se disent qu'elles ne pourront pas y parvenir et donc que ce n'est pas une voie pour elles. cela induit forcément l'existence de la notion opposée. elle reste extrêmement difficile à obtenir.. que nous les lançons contre un rocher lisse et vertical. dont le résultat est de se trouver momentanément dans une situation où l'on a à la fois la connaissance de la souffrance et la connaissance des moyens de s'en libérer. mais ils n'échappent pas à ce désir de bonheur. Tout le monde connaît l'histoire de l'océan. Cependant tous désirent la même chose. Nous fonctionnons tous selon le mode de la saisie égocentrique : nous nous considérons comme existant de manière intrinsèque. nous agissons comme si les phénomènes et nous-mêmes étions dotés d'une existence propre. Tous les phénomènes sont composés . Si l'on dit que quelque chose est haut. si l'on parle de quelque chose de grand. c'est forcément par référence à l'existence de quelque chose de petit. La première de ces positions consiste à dire que tous les phénomènes sont vides. cela implique quelque part son opposé. mais tous les êtres qui se manifestent dans le cycle des existences. Les animaux n'ont qu'une très vague idée de la façon dont ils peuvent parvenir à leur satisfaction. nous ne serons pas certains du tout de retrouver une telle occasion dans le futur. Ce découragement vient d'un manque de confiance dans le fait qu'elles possèdent la nature de bouddha. Tous les êtres cherchent à échapper à la souffrance. Les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons maintenant ne sont ni banales. L'autre position vient du manque de compréhension de la nature illusoire des phénomènes. C'est la position nihiliste qui revient à nier totalement l'existence de l'univers. Prenons un exemple simple. En fait rien ne se définit par lui-même : il n'y a pas de haut absolu. malgré la connaissance évidente des causes de la souffrance et des moyens de libération. pas simplement les êtres humains. que nous existons. toutes deux erronées. Cela provient d'un manque de compréhension. Ce qui implique que cette réalité à laquelle nous croyons n'est en fait que relative. en prêtant aux phénomènes une existence et une essence intrinsèques dont ils sont dépourvus. Bien qu'il y ait une infinité d'êtres. Souvenons-nous qu'il est extrêmement difficile de réunir les conditions d'obtention d'une précieuse existence humaine. La probabilité d'obtenir une précieuse existence humaine est encore inférieure à cela. Or. Ceci est l'antidote à l'attachement aveugle à cette existence. le noir. la pièce de bois n'a pas d'esprit et les forces qui président à son errance sont complètement dépourvues d'intention – les vagues. Toutes les deux survivent du fait que nous ne percevons ni notre véritable nature. il se peut qu'il y en ait un qui reste collé au rocher lisse. Nous ne devons surtout pas la gaspiller ni laisser passer l'occasion de réaliser la véritable nature de l'esprit. La tortue est assez stupide. De même. d'un manque de confiance dans le fait que les moyens mis à leur disposition sont suffisants pour échapper au cycle des existences.. ni négligeables. Ces êtres pensent avoir un jugement infaillible . d'autres non. Ils ne savent donc pas comment échapper à la souffrance de ce cycle. imperméables aux conseils. ce sont les douze causes interdépendantes qui maintiennent les apparences auxquelles nous sommes si attachés et qui paraissent si stables. nous pensons que le monde existe réellement. de la pièce de bois percée et de la tortue. Cette richesse. En nous attachant à une illusion de réalité. pendant des éons et des éons. les petits pois tombent. Et nous nous engageons dans une série d'actions qui auront toutes pour conséquence de nous enfoncer encore plus dans l'attachement à ce mode d'existence et à cette vie. c'est le résultat de l'accumulation passée d'un karma positif extrêmement important. le vent. ni celle des phénomènes. Encore moins probable est la possibilité pour un être quelconque d'obtenir une précieuse existence humaine Nous devons utiliser les circonstances présentes. ayant la même source. Par exemple. seule une infime minorité possède toutes les conditions qui constituent une précieuse existence humaine et donc l'opportunité de se libérer définitivement de la souffrance. même si l'existence humaine nous paraît banale. que rien ne peut exister par soi-même et donc que rien n'existe. Si nous prenons des petits pois secs. D'autres êtres comprennent cela. Ils ne collent pas au rocher. Cela est . Nous avons la possibilité de nous libérer du cycle des existences. Le fait que la tortue puisse passer son cou dans le trou de la pièce de bois flottant au gré de l'océan est quelque chose de peu probable. Tout est relatif. Mais si nous faisons cela suffisamment longtemps. et nous prêtons aux phénomènes une réalité dont ils sont dépourvus par euxmêmes.Ne nous y trompons pas . le bas. d'obtenir une précieuse existence humaine. Cette saisie conduit à deux positions qui sont extrêmes et opposées. pas de grand absolu. D'autres connaissent des obstacles dus à l'orgueil. Il y a de plus en plus d'hommes sur notre planète. Nous nous accrochons ainsi à une réalité qui n'est pas ultime. ils ne peuvent pas développer les qualités nécessaires à la poursuite de l'éveil. celui qui a obtenu la précieuse existence humaine a tout : la connaissance du fait que le cycle des existences est souffrance et la connaissance des moyens qui permettent de s'en libérer. car si nous laissons la mort nous surprendre. Le devenir II convient aussi de se rendre compte du caractère transitoire de tous les phénomèDes. mais ceux qui disposent d'une véritable "précieuse existence humaine" sont très rares comparés aux myriades d'individus ! Quels qu'ils soient. Dans ce cas. certaines personnes ne se mettent pas en route. pour un être quelconque du cycle des existences. Le fait de se trouver dans ces circonstances particulièrement privilégiées n'est pas dû au hasard . Et parmi ces êtres humains dont le nombre nous semble encore considérable. ils ne trouvent pas l'occasion de se détourner du samsara ni d'accomplir ce qui doit être accompli pour obtenir la libération. Il en va de même lorsqu'on parle de la couleur blanche . nous en sommes pour l'instant dépositaires. La plupart sont totalement ignorants de ce qu'est le cycle des existences. mais cela dépend des tendances que chacun abrite en lui-même.

Malgré cette compréhension intellectuelle. donc sous l'influence directe de la prédominance de l'une ou l'autre des émotions perturbatrices . la renommée ou la puissance apparaissent comme futiles. Nous savons que la mort est un fait. Nous devons la compléter par la réflexion sur le karma et le caractère douloureux du cycle des existences. à un niveau beaucoup plus subtil et complexe. nous restons persuadés que seuls les autres sont concernés. ses expériences. que nous croyons stables et permanente. ou parmi ses connaissances. nous avons ce choix. Si notre compréhension n'était pas uniquement intellectuelle et si nous percevions directement l'absence d'existence des phénomènes. Les voies suivies par l'esprit. Certes nous savons que nous devrons mourir un jour . nous développons une certaine vigilance et nous évitons les erreurs les plus grossières telles que les dix actes non vertueux . un ensemble d'éléments eux-mêmes dépourvus d'existence propre. Le karma La méditation sur le devenir est un excellent remède à l'attachement trop grand à cette vie.l'orgueil. quelque part. plus nous agissons comme notre propre ennemi. changent. car cela ne change rien au fait que nous sommes fragiles et mortels ni au fait que les phénomènes. L'esprit n'est pas pour autant oblitéré. En prenant conscience du caractère totalement inéluctable du karma. C'est grave. Néanmoins. Cela nous entraîne même à nier le dharma. il n'y aurait plus de souffrance. nous perdons toute vigilance et tout contrôle sur nous-mêmes. Si nous restons dans l'incertitude. aveuglément. Quand nous sommes confrontés à la réalité et à l'incertitude de la mort. sans avoir eu le temps de réaliser nos projets. par contre. mais ce n'est qu'une spéculation intellectuelle et jamais directement une réalité profonde qui nous frappe à chaque instant. l'aversion et l'opacité mentale. les enseignements du dharma deviennent essentiels. la mort et le fait d'être dépourvu de substance. Nous n'avons pas le sentiment d'être périssables et moi-tels. la colère est la plus violente : un moment de colère peut détruire l'accumulation de vertu de mille kalpas ! Sous l'emprise de la colère. nous persévérons à prendre les apparences pour argent comptant. Le karma représente la trace des actions accomplies sous l'influence des émotions perturbatrices issues des trois poisons de base que sont l'attachement. Quand les émotions conflictuelles sont très fortes. non représentatives des buts à atteindre . etc. toute l'énergie dont nous disposons. même injustes ou apparemment sans relation avec nous-mêmes. mais en plus nous avons tendance à nous croire éternels. Bien qu'imperméables à cette réalité. le corps physique détruit retourne à ses éléments constitutifs. nous y sommes plongés et elle nous fait souffrir. éprouvée comme une catastrophe ultime. la richesse. D'un autre côté. Vues sous cet angle. ce n'est que maintenant que nous l'avons. Elle vient de l'attachement forcené à cet ici et maintenant totalement illusoire. C'est quelque chose . non seulement nous percevons les phénomènes et nous-mêmes comme existant intrinsèquement. sont directement liées à notre karma personnel. A partir du moment où l'esprit quitte le corps physique. Pourtant tout vient contredire cette approche. seuls les enseignements du dharma sont utiles. elles ne sont que des composés. il perd tout libre arbitre. sont directement déterminées par les tendances inconscientes et par le karma que nous avons accumulé. mais aussi. Il continue son chemin. tout simplement parce nous voulons refuser le devenir. Au moment de la mort. Ce changement est souffrance. C'est cela qui conditionne les états intermédiaires et notre nouvelle naissance. Plus nous essayons de nous la cacher. Nous pouvons très bien mourir d'un instant à l'autre. Il n'y a pas un seul phénomène dont on puisse dire qu'il existe tout seul. la jalousie. tant que nous sommes en vie. Au moment de la mort. Ces différentes classes d'êtres dans lesquelles nous nous manifestons sont sous l'influence directe du karma accumulé. Nous pouvons dès lors comprendre que les apparences. Chacun d'entre nous a connu dans sa famille. Cette attitude est quelque peu suicidaire. il n'y a plus aucune liberté. Souvenons-nous que toutes les souffrances du cycle de l'existence auxquelles nous sommes confrontés. elles entraînent un karma dont la puissance est énorme. sont dépourvues d'existence propre. car celle-ci est issue des phénomènes de l'existence dans un mode relatif. pour tous les phénomènes. nous nous efforçons d'en prendre le contre-pied en mettant en pratique le mieux possible les dix actes positifs. grâce à la prise de conscience du caractère incertain et fragile de la situation présente. ce qui laisse des traces profondes sur les couches les plus essentielles de l'esprit et crée un karma particulièrement puissant et négatif. Ce manque de compréhension en profondeur nous entraîne dans la souffrance : nous prêtons une réalité à quelque chose qui en est dépourvu. des décès. Nous ne pouvons la mettre en œuvre que dans la mesure où nous sommes suffisamment convaincus de la réalité de cette loi du karma et où nous nous imprégnons des enseignements du dharma jusqu'à en être réellement persuadés. par lui-même.valable pour ces exemples. Parmi ces émotions. l'avarice dans l'état d'esprit avide et la stupidité dans les mondes animaux. Un composé d'éléments dépourvus d'existence propre ne peut pas non plus avoir d'existence propre. La possibilité de choisir n'existe pas après la mort . Nous pensons qu'il s'agit de quelque chose ne correspondant pas à la réalité. C'est pourquoi l'on insiste sur le fait de méditer sur le devenir : seule la réflexion sur le devenir permet de prendre les bonnes décisions et de donner toute son importance à l'existence humaine. Même si les choses paraissent exister et être permanentes. si nous sommes suffisamment intelligents. En même temps nous libérons d'un seul coup. Nous avons l'habitude de pouvoir agir d'une manière plus ou moins directe sur les événements qui nous arrivent . La colère est la cause de nouvelles manifestations dans des états d'existence infernaux. car nous continuons à nous nourrir d'informations fausses et à agir selon des données erronées qui entraînent beaucoup de déconvenues. nous aurons peu de chances d'influer réellement sur ce qui surviendra après la mort. pour nous la réalité.

Ce n'est qu'à partir de là que l'esprit se détourne réellement du samsara. la vieillesse. Le cycle des existences est loin d'être un séjour agréable. Il y a plusieurs sortes de préliminaires à la méditation sur le mahamoudra. d'or et de pierreries. pratiquez les actes positifs et contrôlez votre propre esprit". La défectuosité du samsara II convient de compléter ces réflexions par une méditation sur le caractère profondément douloureux et défectueux du cycle des existences. "Abstenez-vous des actes nuisibles. Faute de développer une véritable aversion pour le cycle des existences. ne sont rien comparées à la capacité de souffrir dans ces états d'existence infernaux. On en compte dix-huit différents. Quand l'esprit est sous l'emprise d'une très forte ignorance. il faut essayer de le fuir le plus vite possible. Mais pour parvenir à cette conclusion. Nous voulons pratiquer le dharma. qui a été affirmé par le Bouddha. Toutes ces classes d'êtres font l'expérience de souffrances particulières à leur état. D'innombrables souffrances sont expérimentées par ces êtres. Mais si notre esprit n'est pas un récipient suffisamment pur et fort pour contenir les enseignements et les éléments de cette pratique. souvent un état d'existence inférieur empli de souffrances insupportables. Une telle compréhension devrait nous aider à nous détacher de la saisie égocentrique. il n'est pas possible de parvenir à l'éveil. les actions malhabiles et négatives sont beaucoup plus nombreuses que les actions vertueuses. même vraiment terribles.la souffrance du changement : le bonheur ou le plaisir ne dure pas. fait de matières précieuses. nous ne pourrons pas réellement progresser sur la voie. en général. Réaliser le non-sens du cycle des existences est la première étape d'une voie graduelle et progressive qui mène à la réalisation ultime.la souffrance à l'état pur . L'avarice nous conduit à renaître comme esprit avide ou prêta. est une vaste absurdité épouvantable. il est nécessaire d'adopter une certaine progression et de passer par des stades de préparation à cette réalisation. sans un dégoût pour le samsara. quand nous éprouvons une douleur et que nous n'allons pas bien. il se transforme généralement en quelque chose de désagréable. Il y a une légende qui dit que la femelle du lion des neiges. et lorsqu'il s'interrompt. Il faut donc transformer notre esprit. sans une claire conscience du caractère douloureux du cycle des existences. La colère nous pousse à reprendre naissance dans des états infernaux. les six classes d'êtres étant sans cesse soumises à trois formes de souffrance : . La stupidité entraîne une renaissance animale. la maladie et la mort. Si l'émotion prédominante est la jalousie. les dieux qui goûtent une existence de félicité pendant un certain temps. tous caractérisés par une durée de vie très longue et des souffrances extrêmement violentes. être la proie d'autrui. dont les quatre idées fondamentales qui détournent l'esprit du cycle des existences. dont la raison d'être est l'ignorance.de vérifïable. Nous pensons l'avoir assez entendu. ils font l'horrible expérience de la chute avant même de mourir : ils ont la claire vision de l'état en lequel il se réincarneront. d'une telle force qu'il ne peut être contenu dans un récipient ordinaire qui se briserait immédiatement à son contact. Mais il s'agit d'une faim et d'une soif dont nous ne pouvons pas avoir idée en tant qu'humains. surtout la faim et la soif. Ils souffrent de nombreux maux : s'entre dévorer. Ceci est expliqué dans la prière du mahamoudra que nous récitons tous les matins. Il en va de même pour la pratique du dharma. Les hommes sont soumis aux quatre souffrances : la naissance. allaite ses petits avec un lait particulier. L'émotion qui pousse à renaître sous forme humaine est le désir. animal mythique considéré comme le plus puissant de tous les animaux. nous identifions cela à de la souffrance. elles-mêmes étant la conséquence de nos décisions. il est nécessaire de réfléchir aux quatre idées fondamentales et de les voir clairement. qui est la conséquence directe de la saisie égocentrique et du fait d'être composé . être réduits eu esclavage. le samsara. Toute expérience dans le cycle des existences est le fruit de notre karma venu à maturité. Le Bouddha a résumé son enseignement en disant . Les animaux sont frappés par l'incapacité de comprendre le monde qui les entoure. Vu sous cet angle. Mais on insiste longuement sur ce point parce qu'il s'agit de la première opération pour transformer l'esprit en un réceptacle convenable. Le karma est la conséquence directe de nos actions. Quelle que soit la forme de saisie . nous risquons de renaître parmi les dévas. La renaissance dans l'une quelconque des six classes d'êtres a toujours pour origine la prédominance d'une émotion conflictuelle. Ces négativités entraînent la souffrance. Pour accéder à la réalisation du mahamoudra. La première étape de cette transformation consiste à s'imprégner de la vérité selon laquelle le samsara est dépourvu de sens et de substance. Seul un récipient parfaitement pur. Au contraire. constituée uniquement de souffrance. . peut conserver ce lait.la souffrance toute pénétrante. nous ne pouvons pas nous en détourner profondément. . nous nous laissons reprendre par les distractions du monde. on prend renaissance dans le royaume des asowas. Cette prière dit que. Au tenue de leur vie divine. nous n'en avons pas clairement conscience. Tant que nous ne réalisons pas que le samsara est dépourvu de substance et de sens. Il n'y a aucune raison de s'y attacher. Bien que leur séjour puisse bénéficier des mêmes plaisirs que les dévas. Les pires souffrances de l'état humain. Si l'orgueil domine. Nous pouvons nous demander pourquoi il est si important de se rendre compte que le samsara est dépourvu d'existence propre et qu'il n'est que souffrance. cependant elle est à la base de toutes les autres formes de souffrances. D'innombrables souffrances annexes peuvent se manifester : être confrontés à ce que nous souhaitons éviter et ne pas trouver ce que nous voulons. il est empoisonné par les querelles et les affrontements.

mais aussi pour tous les êtres. qui représente l'ensemble des moyens mis à notre disposition pour parvenir à l'éveil. Afin de réaliser cet état. En effectuant la prise de refuge des préliminaires spéciales. Il émerge d'un lac. amis ou ennemis. Il ne suffit pas de prendre conscience que l'esprit est voilé. En effet si nous atteignons le niveau de l'être du samsara qui nous ne serons toujours pas libérés du cycle des existences. Nou's prenons aussi refuge dans la sangha. Nous serons alors à même de déployer les puissants moyens du vajrayana permettant de purifier les actes nuisibles. à la condition de purifier les voiles qui recouvrent l'esprit et les karmas négatifs accumulés depuis des temps sans commencement. les shravakas et les arhats. Il est entouré de tous les lamas de la lignée Karma Kagyu. La pratique de purification de Dordjé Sèmpa . Mais cela ne suffit pas. Derrière lui. il est essentiel d'accomplir ensuite les préliminaires spéciales caractéristiques de la voie du mahamoudra : la prise de refuge et le développement de l'esprit de l'éveil. égocentrique ou des phénomènes existant par eux-mêmes . Nous développons avec eux la bodhichitta de l'aspiration et la bodhichitta de la mise en application. Le lama est l'essence des Trois Joyaux : Bouddha. que nous avons accumulé du karma négatif et de souhaiter nous en débarrasser. Dans le vajrayana. n'oublions pas ce qui est précisé dans le développement de l'esprit de l'éveil : la prise de refuge ne s'effectue pas seulement pour nous. nous visualisons en face de nous l'arbre qui exauce tous les souhaits. Sur la branche d'en face. tous les dharmas sont représentés par des livres contenant l'ensemble des enseignements. A sa gauche. faute de quoi la pratique n'est pas parfaitement pure. il est absolument nécessaire de s'en remettre aux Trois Joyaux et aux Trois Racines (lamas. il est nécessaire de progresser sur une voie balisée. La sangha est la communauté de tous ceux qui parcourent la voie du dharma et particulièrement de ceux qui ont déjà obtenu l'éveil ou sont plus avancés que nous. Mais d'un autre côté elle est plutôt nuisible. Il est extrêmement difficile de s'en libérer parce qu'elle fait partie de notre mode de fonctionnement. on pénètre dans le corps de la pratique . car nous nous tournons vers une source de protection non libérée du cycle des existences et ne se situant donc pas au-delà de la souffrance. Nous nous situons nous-mêmes en face de cet arbre. Son tronc se divise en cinq branches maîtresses. non seulement nous prenons refuge en les Trois Joyaux. deux possibilités s'offrent à nous. sur la véritable nature de l'esprit. Les pratiques préliminaires spéciales La prise de refuge Pourquoi prendre refuge ? Il ne suffit pas de savoir que le cycle des existences est dépourvu d'essence. yidams. Nous devons agir en développant avant tout l'esprit de l'éveil. Il ne faut pas en rester au niveau des intentions pieuses. S'il est difficile de s'en libérer instantanément. se trouvent les principaux yidams des quatre classes de tantras. La pratique du dharma ne s'accomplit pas dans le dessein d'obtenir des avantages.dualiste. Protecteurs). Nous prenons refuge dans le dharma jusqu'à l'obtention de l'état de bouddha. Pour qu'elle le soit. La première consiste à rechercher une protection immédiate au niveau où nous sommes. C'est comme cela que nous devons prendre refuge et développer d'une manière formelle l'esprit de l'éveil. Nous devons agir. La pratique du dharma permet de réaliser l'état de bouddha potentiellement présent. nous pouvons cependant cultiver une attitude menant au détachement graduel du cycle des existences. qu'ils soient proches ou non. tous ceux ayant obtenu une forme d'éveil dans cette voie. on développe le calme mental (chiné) et la vision pénétrante (lhakthong). Sur la branche à la droite du lama. l'accumulation de karma positif à travers l'offrande du Mandala et l'ouverture à l'influence spirituelle du lama au moyen du Gourou Yoga. elle n'est pas compatible avec l'attachement à des possessions. Que signifie s'en remettre à un refuge ultime ? Il s'agit de s'en remettre à une source libre des extrêmes du nihilisme et du matérialisme. Si nous nous engageons dans la pratique des préliminaires spéciales. qu'il est absurde et par nature souffrance. à la fois capable de nous protéger et de nous permettre d'atteindre la libération du cycle des existences. Ayant reconnu le caractère absolument indispensable de ces préliminaires communes. Dharma et Sangha. Les Bouddhas des trois temps et des dix directions de l'espace sont libres et au-delà de ces extrêmes. on est capable d'aller plus loin et de méditer sur le mahamoudra. tous deux erronés. Cela doit être bien clair. Sur la branche du centre. tous les pratyékas bouddhas. la prise de refuge s'accompagne de cent mille prosternations. mais également en le lama. le lama est assis sur un trône sous l'aspect de Dordjé Tchang. le dharma. Ce faisant. Ensuite. Apres cela. Lorsque nous cherchons une protection contre les souffrances et les illusions du cycle de l'existence. Tourner l'esprit vers le dharma et concevoir de l'aversion pour le cycle des existences est excellent. C'est pourquoi l'état de bouddha est notre refuge ultime. Le vajrayana insiste sur l'importance du rôle du lama. C'est le but des quatre pratiques préliminaires communes. se trouvent tous les Bouddhas des trois temps et des dix directions de l'espace. à travers la pratique de Dordjé Sèmpa. mais ne suffît pas. entourés de tous les êtres. Nous devrions plutôt nous tourner vers la seconde possibilité et trouver un refuge ultime au-delà du samsara. Encore faut-il se tourner vers quelque chose permettant de s'en libérer. se trouve la noble assemblée.il s'agit toujours de la même. les yidams (1) et les Protecteurs. la sangha : tous les bodhisattvas du grand véhicule. la pratique de la purification au moyen de la récitation du mantra de Dordjé Sèmpa. Une telle protection nous place à l'abri des malheurs et des souffrances.

les Bouddhas. entourée des syllabes du mantra de Dordjé Sèmpa. Si nous disposons de deux mandalas. mais aussi les causes de maladies et les imperfections corporelles. de son front.Peut-on pratiquer "L'appel au lama de loin" à la place du Gourou Yoga ? . le dkarmakaya de corps de vacuité). parole et esprit aux Trois Joyaux et au lama. parole et esprit du lama avec nos propres corps. de sa gorge et de son cœur. L'offrande du mandala s'effectue à différents niveaux : extérieur. En son cœur. sur un lotus et un disque de lune. nous récitons le Gourou Yoga qui consiste en essence à prier le lama afin qu'il nous accorde sa grâce. le ninnanakaya (le corps de manifestation) et le svabavakaya (le corps essentiel). notre corps purifié se remplit de nectar et devient transparent comme un vase de cristal. lorsque nous demeurons dans la pure contemplation. du début de la lignée jusqu'à nos jours.. les yidams. nous opérons l'union des corps. le dharma et les bodhisattvas. Dès lors. et accomplissons ainsi l'accumulation de sagesse. nous nous tournons en esprit vers le lama sous la forme de Dordjé Tchang. entouré de tous les lamas de la lignée et de tous les Bouddhas et bodhisattvas.Réponses concernant tes pratiques préliminaires . Le Gourou Yoga Le Gourou Yoga qui vient après l'offrande du mandala permet d'obtenir rapidement la grâce du lama. de la parole et de l'esprit du lama. Questions . sous la forme de Dordjé Sèmpa. Il est difficile de manifester d'emblée une ferveur spontanée. que ce soient les karmas négatifs. L'offrande du mandala Vient ensuite la phase d'accumulation. A cette occasion.en essence il n'y a rien de substantiel à offrir. le nectar excédant s'écoule sur notre tête. Nous les visualisons en face de nous.sujet. Pour pratiquer le Gourou Yoga. Nous accomplissons ensuite la prière à sept branches. intérieur et secret.Au-dessus de notre tête se tient l'essence de tous les lamas. Le fruit ultime de cette union au lama est l'obtention des quatre kayas (2) . L'aide ne peut venir que de la grâce du lama. parfaitement orné de toutes les parures caractéristiques du sambhogakaya. Nous utilisons l'autre mandala pour l'offrande. parole et esprit. Ces quatre pratiques préliminaires spéciales nous placent sur le juste chemin et nous permettent de purifier toutes les négativités accumulées depuis des temps sans ommencement. nous nous livrons à l'accumulation de mérite. C'est une tâche très ardue qui nécessite de l'aide. il est absolument nécessaire de développer une ferveur parfaitement pure. ceux à qui est faite l'offrande et l'offrande elle-même. nous prions le lama racine et à travers lui tous les lamas de la lignée. etc. Nous faisons la dédicace des actions vertueuses accumulées pour le bien de tous les êtres. Le lama racine est visualisé sous la forme de Dordjé Tchang entouré de tous les lamas. deux mains. Cela se produit durant la récitation du mantra de Dordjé Sèmpa. Si nous n'avons qu'un mandala. nous en installons un en face de nous sur l'autel. naturelle et sans artifice. avec cinq tas de riz ou des petits gâteaux symboliques [tormas) représentant les cinq éléments en lesquels nous prenons refuge : le lama. nous demeurons dans un état de méditation où les trois facteurs .. Peu à peu. Il n'y a pas d'action en ellemême. Elles favorisent l'accumulation de mérite et de sagesse et nous aident à nous ouvrir à la grâce du lama. Au moment de l'offrande qui commence par la prière suivante : "J'asperge d'essence et de parfum cette base d'or de l'univers. Nous offrons nos corps. assis dans la posture du bodhisattva. Elle n'est pas exécutée dans le vide . Du gros orteil droit de Dordjé Sèmpa. Cette prière provoque l'émission. La réalisation consiste à reconnaître notre propre nature. ce qui symbolise la purification de toute saisie dualiste entre celui qui exécute l'offrande. le sambhogahaya (le corps de gloire). d'un nectar d'immortalité qui emplit peu à peu le corps de Dordjé Sèmpa du sommet de sa tête jusqu'à la plante de ses pieds. nous faisons la deuxième accumulation. émanent trois lumières qui sont absorbées en nous. nous nous visualisons sous l'aspect de Dordjé Pamo ou du yidam que nous pratiquons habituellement. qui sont unis en lui sous l'aspect de Dordjé Tchang. l'implorant de nous accorder son attention et la rémission de tous les actes nuisibles que nous avons pu accumuler. Nous sommes seuls à pouvoir le faire. Du corps. de la parole et de l'esprit purs du lama. Bien que nous accomplissions une action extérieure . Il pénètre notre corps tout en ruisselant dessus et nous purifie de l'ensemble des souillures physiques et morales. nous devenons le digne réceptacle des instructions qui suivent et nous pouvons poursuivre le chemin vers la réalisation. nous pouvons nous contenter de visualiser celui qui se met sur l'autel. Cette grâce est directement fonction de notre aspiration et de notre ferveur. Pour réaliser le mahamoudra. le corps de gloire. par les syllabes du mantra et du Houng central. avec une face. Nous adressons une prière à Dordjé Sèmpa. Nous débutons la pratique en frottant trois fois le mandala l'offrande. est la syllabe Houng blanche.". Ensuite. Jls deviennent indifférenciés. blanc. Nous prenons refuge et confessons tous les manquements. que nous poursuivons sans relâche afin de nous purifier grâce aux flots de nectar. objet et action – sont parfaitement contemplés dans leur essence de vacuité. Tout cela est emporté par le nectar sous la forme d'une boue noire qui est absorbée dans le sol. C'est pourquoi nous pratiquons le Gourou Yoga qui aide à développer peu à peu la dévotion spontanée sans artifice. Lorsqu'elles sont terminées. nous permettant ainsi de réaliser le mahamoudra. Elles nous confèrent les quatre initiations et la grâce du corps. Ensuite.l'offrande du mandala . Nous nous réjouissons des actes positifs accomplis et nous prions afin que nos guides demeurent parmi nous pour tourner la roue de l'enseignement. celle de suprême connaissance. Comprenant cela.

la purification des actes négatifs.Est-il correct de pratiquer chiné avant d'avoir fini les pratiques préliminaires ? . c'est effectivement très bien.. La relation entre les deux est évidente. .Oui. Réfléchir sur nos acteserronés provoque un certain dégoût envers les actions reconnues comme négatives. chiné. particulières à la préparation du mahamoudra. réceptacle convenable pour les enseignements ? Faut-il pour cela avoir déjà franchi la voie des shravakas et celle des bodhisattvas ? . La voie du vajrayana inclut tous les éléments. mais aux événements passés de jeunesse. les pensées du jour ont bien été en accord avec le dharma et la loi de causalité. Mais il existe des formes plus spéciales. C'est une excellente habitude de constamment revenir sur ses actions et de les examiner.Nous allons en parler avec l'enseignement sur chiné. L'attention et la vigilance sont donc indispensables. Cela est dû à la qualité plus ou moins intense de la relation qui . de ce retour que l'on fait sur sa vie. d'enfance. On développe la vigilance en étant conscient des conséquences et du caractère positif ou négatif des actions que l'on a entreprises.Non ! Un disciple qualifié est un disciple qui a réellementaccompli les pratiques préliminaires que l'on a expliquées. Par exemple. Ce sont deux façons d'aborder le mahamoudra.Il est nécessaire de développer une ferveur sincère. le développement de l'esprit de l'éveil.Oui. Mais il est mieux de pratiquer les deux. toutes les pratiques et tous les bienfaits des autres véhicules. et tout a fait stable.Pour la réalisation. . mais en voyant le caractère négatif des actes passés. s'établit un lien extrêmement profond qui permet l'émergence d'une grande ferveur.Je ne fais pas référence seulement aux actions de cette journée. Il faut distinguer plusieurs sortes de chiné. . c'est une chose purement personnelle que seul le disciple ressent.Oui. C'est une tradition Kadampa que de faire un examen de conscience avant de s'endormir. que l'on va entreprendre ou que l'on est en train d'accomplir. . puis par le grand véhicule et le vajrayana.Oui. Si ces actions sont positives. qui en perçoivent le sens à un niveau plus ou moins profond.. Jusqu'à présent. cette pratique peut éventuellement remplacer le Gourou Yoga. . Le fait d'être constamment soumis à des émotions conflictuelles et de s'y laisser aller n'est possible que si l'esprit est inattentif ou indulgent vis-à-vis de lui-même. . Cette ferveur apparaît à la simple audition du nom du lama ou en le rencontrant. jusqu'au développement d'une ferveur sincère et à l'ouverture à la grâce du lama au moyen du Gourou Yoga. Le mieux est d'unir les deux. à partir de cet examen. Concernant les différentes formes d'attachement. Il faut effectivementqu'il y ait eu d'autres rencontres pendant plusieurs existences. on peut prendre la ferme décision de ne plus recommencer. à l'insu même du disciple. Ce n'est pas le fait d'une relation momentanée. Pour pratiquer la voie du mahamoudra. ayant marqué profondément le disciple. et qui soit de plus une relation karmique. . Il est prudent de se livrer à ce même examen concernant le futur. La voie purement des tantras utilise la phase de développement et la phase de parachèvement que l'on trouve dans la pratique des yidams. et c'est ce que nous faisons en général. Les formes courantes ou communes de chiné peuvent très bien se pratiquer avant d'avoir fait les préliminaires. il n'y a pas à passer par le petit véhicule. à condition que l'on parvienne. On examine si les actions. on s'en réjouit .Le fait de réfléchir ainsi sur ses actes passés peut-il être utilisé comme un remède à l'attachement ? ..Il y a une corrélation tout à fait claire. Quant à savoir ce qui permet de reconnaître cela. et ce n'est pas non plus parce qu'on rencontre quelqu'un pour la première fois qu'une telle ferveur s'installe profondément. c'est-à-dire les préliminaires communes et spéciales du mahamoudra : la prise de refuge. à prendre des décisions fermes. etc.Est-il possible de ne plus réciter le texte d'une pratique quand on la maîtrise parfaitement. du mahamoudra il faut qu'il y ait entre le maître et le disciple une relation extrêmement profonde. Il existe plusieurs voies du mahamoudra : la voie des soutras et la voie des tantras. . Cela nous sert d'avertissement. . profonde. pour se consacrer simplement aux récitations des mantras et aux visualisations prévues ? .J'ai cru comprendre que pour réfléchir sur la loi de causalité on peut faire un retour sur son passé et analyser ce que l'on fera dans le futur ? . Comment reconnaît-on cela ? . deux méditations particulières servent d'antidote : la méditation sur le devenir de tous les phénomènes et la méditation sur le caractère impur de ces mêmes phénomènes.Oui. les paroles.Quelle est Ici relation entre la pratique du mahamoudra et la pratique d'un yidam ? . les instructions du mahamoudra peuvent être données à un ensemble de disciples. Dans ces conditions.Qu'entend-on par un disciple qualifié. lhakthong et mahamoudra sont "l'aspect soutra" de la réalisation du mahamoudra. mais soyez absolument certains d'avoir parfaitement maîtrisé le texte.

C'est très important ! De toute façon.2/2 Jamgœun Kongtrul Rinpoché Le calme mental : chiné Nous abordons maintenant le corps de la pratique qui traite essentiellement de chiné (la pacification mentale) et de lhakthong (la vision pénétrante) et qui mène au samadhi (ting-ngué-dzin). Dans la deuxième méthode. . qu'il s'agisse du samsara ou du nirvana. il est bien précisé quels sont les engagements à tenir. nous nous rapprochons peu à peu de ce point de vue. Mais avant de recevoir une grande initiation comme celle de Dordjé Pamo. Il convient de réfléchir et de savoir exactement ce que cela implique. Il y va de la faute des centres qui organisent des grandes initiations lorsque des personnes se trouvent là par hasard sans avoir pris refuge. il s'agit d'établir le point de vue à partir de la méditation. dans ce domaine. pour faire comme tout le monde. qu'ils soient mondains ou au-delà du monde.Tout dépend des maîtres qui transmettent les initiations. fréquemment. . alors que d'un autre côté cela représente de nombreux montras à réciter et de nombreuses pratiques à effectuer ? . Il est nécessaire de réunir l'écoute.. concernant tant l'individu que l'univers qui l'entoure.. mais du sens perçu au cours de l'expérience méditative. sans perdre de temps. par curiosité ou pour voir ce qui va se passer. c'est-à-dire la contemplation. sans avoir conscience de ce à quoi elles s'engagent et de ce qu'implique une telle initiation. C'est une question très importante car. La science de l'esprit > Le chemin > La méditation > Le doigt qui montre le Dharmakaya . C'est une façon de procéder assez particulière à la tradition Kagyupa. En examinant ce qui apparaît dans la méditation. jusqu'à le percevoir directement. Cela signifie qu'après un certain examen intellectuel nous commençons à méditer. l'écoute des enseignements. Avant de recevoir des initiations. cette question reste à l'appréciation de chaque maître qui transmet les initiations. chaque yidam est la personnification de tous les autres. Au cours de la méditation. et nous nous faisons une idée de ce que peut être la réalité ultime. il faut être certain de pouvoir tenir les engagements. la plus extrême circonspection et des précautions maximales.Quelle est votre opinion sur le fait de recevoir de nombreuses initiations et de nombreux engagements à tenir.gom. nous affinons de plus en plus notre compréhension intellectuelle à partir de l'expérience. des éléments qui nous permettent de comprendre et de poursuivre notre pratique . ni même à la lignée.3e Jamgoeun Kongtrul La science de l'esprit Le chemin contacts LE DOIGT QUI MONTRE LE DHARMAKAYA .sam. Il ne s'agit pas de prendre une initiation uniquement pour faire plaisir au lama. on remplit les obligations et les damtsiks (engagements sacrés) de tous. Nous examinons intellectuellement les différents éléments à notre disposition. de manière à ce que l'enseignement devienne une part même de notre esprit. . permet de passer à la réalisation du sens ultime . ou absorption méditative. ni aux enseignements. si bien qu'en pratiquant un seul yidam. on distingue traditionnellement trois phases : . . On évite ainsides désagréments aux personnes présentes et on ne nuit ni auxinitiations. La première consiste à méditer à partir du point de vue déterminé par la réflexion. Je recommande. il ne s'agit plus du sens intellectuel. le lama et toute la lignée avec lui. mais les organisateurs doivent expliquer ce dont il s'agit et veiller à ce que ce genre d'erreur ne se produise pas. Une initiation majeure est quelque chose qui engage le disciple. Ensuite nous méditons. quelque chose de parfaitement maîtrisé intellectuellement . on n'a pas clairement conscience de tout ce qu'implique le fait de recevoir des initiations. la réflexion.teu. Cela procure une compréhension intérieure directe des phénomènes. Dans tous les enseignements et toutes les pratiques du dhanna.existe entre le maître qui transmet l'enseignement et les différents disciples qui écoutent. On ne peut pas critiquer ces personnes. On peut procéder de deux façons. Certaines initiations ont treize dettes à la fois ! Néanmoins. en partant du point de vue déterminé préalablement d'une manière intellectuelle. la mise en application des enseignements au cours des pratiques méditatives. la réflexion sur le sens et la réalisation du sens à travers l'expérience de la méditation. la compréhension des raisonnements exposés. II s'agit de quelque chose de grave qui ne doit pas être pris à la légère. à suivre.

Il convient d'établir le corps dans une attitude juste car d'une certaine manière l'esprit est directement lié au corps et. tous les phénomènes tels que le ciel. compréhension intellectuelle du dharma. toute autre démarche intellectuelle est incapable de dépasser le niveau des concepts et de faire l'expérience de la réalité ultime. Considérons la surface d'une pièce d'eau. les arbres. Tant qu'elle reste agitée par le vent ou d'autres facteurs. la compréhension développée n'est constituée que de mots : c'est une sorte de coquille vide. Nous pouvons poser le regard à environ huit doigts en avant de l'arête du nez. Le problème du débutant est d'avoir un esprit constamment agité. Cette posture en sept points est importante car le corps est parcouru de courants d'énergies subtiles {loungs ou vayous}. ce qui permet à notre réflexion de reposer sur des éléments beaucoup plus certains. Donc. Elle n'est connectée que de très loin à la réalité indiquée par les mots et l'on risque de rester prisonnier d'une compréhension verbale et conceptuelle. le mode d'être fondamental. La colonne vertébrale doit être aussi droite que possible et étirée . Il n'y a qu'une façon de la comprendre. l'esprit est constamment parcoui-u par des phénomènes mentaux. La meilleure position est la posture en sept points . au début. la droite sur la gauche. d'où notre incapacité d’obtenir une image cohérente." Ce qui signifie qu'une. aucune compréhension réelle du mode d'être profond et ultime n'est possible. Sans la phase de l'expérience de la méditation. De toute façon. quelle que soit la méthode employée. au-delà des apparences. nous devons calmer l'esprit de sorte que les phénomènes mentaux se pacifient. Ce que nous appelons généralement compréhension se situe au niveau intellectuel et n'a pratiquement rien à voir avec ce que nous examinons. Même quand nous croyons être concentrés. Cette nature essentielle est présente à chaque instant de notre conscience. nous sommes incapables de la voir. n'est possible qu'au travers de la méditation.il suffit de rentrer la tête et le menton en arrière. sans tension. La vraie compréhension. mais nous ne la reconnaissons pas parce que nous ne voyons pas au-delà des apparences. Il en va de même pour l'esprit : tant qu'il est agité par des émotions et des phénomènes mentaux. sans tension. nous rationalisons et conceptualisons. nous ne devons pas en rester à un abord intellectuel. Quels que soient les aspects de l'enseignement. Pour obtenir une bonne méditation. les jambes sont croisées dans la position du vajra. nous sommes dans l'impossibilité de reconnaître la nature essentielle à la fois des phénomènes et de notre propre esprit. Et ce n'est qu'à partir de chiné que cela est possible. D'une certaine façon nous passons au-delà de la surface des apparences. sans baisser la tête ni se contorsionner . ces énergies subtiles doivent rentrer dans le canal central qui se trouve au centre du . Avant de se lancer dans les grandes méditations et les grandes considérations. le mieux est de les laisser légèrement entrouverts pour ne pas sombrer dans la torpeur. etc. né par demeurer. les nuages. symbolisant l'équanimité. Dans ses quatre injonctions de base. il est pratiquement impossible de voir l'absence d'existence intrinsèque des phénomènes (Skt : anatman). car cette voie est destinée à nous mener au-delà des concepts. Mais si nous laissons l'esprit retrouver son calme. les mains posées l'une sur l'autre sur le giron. nous ne pouvons rien contempler d'autre que l'agitation de surface. qui est expérience directe au-delà des mots. quel que soit l'objet sur lequel notre attention se porte. C'est pourquoi il est inutile d'essayer de méditer sur le sens ultime des phénomènes dès le début. En affinant le point de vue de manière intellectuelle. Mais il existe un danger avec la première méthode. Les yeux peuvent être fermés. le Bouddha commence par : "Ne vous attachez pas aux mots. Dès que nous obtenons le calme mental. Pourquoi est-ce essentiel ? Tant que nous ne parvenons pas à établir l'esprit dans le calme. Mais que signifie le terme calme ou pacification {Chioua) ? Que nous soyons conscients ou non.La posture du corps en sept points Dans la pratique de chiné. se reflètent avec une parfaite clarté sur sa surface. Par contre. si nous permettons à l'eau dee retrouver sou état d'immobilité naturelle. le menton légèrement rentré de manière à former une sorte de crochet. d'abord chiné et seulement ensuite lhakthong.Les deux méthodes se pratiquent et se défendent. non forcé ni contraint. Nous avons beau en parler et l'expliquer. nous voyons sa surface miroiter. nous nous apercevons qu'il est possible d'y percevoir son mode d'être fondamental. si cela est plus facile pour les débutants . mais plutôt au sens. Chiné est un mot tibétain composé de deux syllabes : chi se traduit par calme. Le processus d'acquisition de la faculté de contemplation appelée samadhi commence par la pratique de chiné.. dans le samadhi dont la base repose sur le développement de chiné. l'esprit est constamment distrait. La bouche reste fermée naturellement. son mode de fonctionnement dépend beaucoup de la posture du corps. en utilisant la deuxième méthode. l'esprit n'étant plus distrait. Nous essayons dès le départ d'en percevoir le vrai sens. A partir de là. ne saurait suffire à la pratique de la voie des paramitas. n'oublions pas l'ordre des choses . Voici un exemple destiné à illustrer le processus. et la langue est posée derrière les dents contre le palais. alors que l'on n'est pas parvenu à calmer l'esprit. A ce moment-là seulement nous sommes en mesure de pratiquer la contemplation de la nature des phénomènes tels qu'ils sont et non plus seulement tels qu'ils apparaissent. Il saute d'un phénomène mental à un autre. en état de perpétuelle distraction. mais aller plus loin et entrer dans l'expérience méditative. nous pouvons l'examiner. Par contre. c'est d'en faire l'expérience par soi-même. 1 . l'abord de la réalité est plus abrupt et direct. Bien que nous soyons pétris de cette réalité ultime. du mode d'être. il s'agit d'établir à la fois le corps et l'esprit dans une attitude correcte. Chiné permet à l'esprit de s'établir dans un calme naturel. Si nous ne réalisons pas l'absence d'existence propre des phénomènes. C'est absolument indispensable. puis de lhakthong. le processus méditatif et de contemplation reste très important.

toutes les énergies de diverses natures viennent alimenter l'énergie de suprême connaissance ou loung de sagesse. sans support. ni une image. être satisfaits ou insatisfaits. éveillé et sans tension. quelle que soit la forme de chiné pratiquée.Un autre danger guette le méditant . de conscience : être ici et maintenant sans rien ajouter. Nous ne devons pas non plus entretenir ceux qui sont parfois séduisants et susceptibles de nous entraîner dans un train de pensées. l'esprit parfaitement lucide. la seule attitude juste est de reconnaître les faits sans . ou avec ce qui s'est déroulé dans un passé plus lointain . ce qui signifie que les phénomènes mentaux se manifestent au sein de l'esprit. support extérieur. Nous pouvons nous comporter vis-à-vis de l'esprit et des phénomènes comme face à l'océan. présents ici et maintenant. il convient juste de les voir sans interférer avec eux et de les laisser dans leur état naturel. D'innombrables phénomènes mentaux de nature très diverse se manifestent. clair. Une méditation avec support signifie que l'on pose l'esprit sur un objet extérieur et que l'on s'efforce de le maintenir sans tension dans la contemplation de cet objet. par exemple émettre des jugements. De toute façon. c'est notre propre nature essentielle. sans essayer de les retenir ou de les empêcher d'apparaître. alors qu'une méditation sans support implique l'utilisation d'un objet mental. Le terme drénche renvoie à la notion de rappel. L'esprit est contamment parcouru de phénomènes mentaux que l'on perçoit davantage dans les périodes de méditation. d'une idée. Nous restons simplement en situation de témoins attentifs. Ceci est parfaitement résumé dans les trois injonctions faites aux méditants. Il n'offre aucune résistance aux phénomènes. d'une visualisation. Si nous n'interférons pas avec eux. nous utilisons divers moyens : des méditations avec support. Il est très important de comprendre que ce qui est à contempler. Il n'est pas vide dans le sens de "rien du tout". avec support intérieur. car le but est de reconnaître les phénomènes mentaux et de voir clairement leur nature essentielle. c'est l'acharnement à méditer. Une erreur assez répandue au niveau de la méditation du calme mental consiste à croire qu'il faut faire le vide dans l'esprit. nous expérimentons la suprême connaissance : l'esprit dans sa nature propre. La méditation est donc l'auto-contemplation de l'esprit sans intervention d'aucune sorte. Si. la méditation est au-delà de l'espoir et de la crainte. c'est-à-dire sans se laisser emporter par les trains de pensées. l'esprit est dépourvu d'obstruction et tout peut s'y manifester. d'une forme perçue dans l'esprit ou tout simplement de l'essence même de l'esprit. l'esprit est parfaitement limpide et ne connaît pas d'obstacle. Par nature. nous n'essayons pas d'empêcher ou de retenir l'apparition des pensées ni d'autres phénomènes mentaux. Le but de cette pratique est d'être simplement conscient sans rien ajouter. Nous observons alors les phénomènes mentaux qui ne sont rien d'autre qu'esprit-vacuité. c'est l'océan. Même si les phénomènes mentaux apparaissent et disparaissent.corps. des émotions. pas de distraction ! La vigilance. etc. etc. comme ceci ou pas comme ceci. on juge ce qui se déroule : c'est bien ou mal. 2 . Nous demeurons simplement là. la nature parfaitement limpide de l'esprit apparaît. demeurer dans le présent sans artifice. On rajoute toujours quelque chose alors que ce qui est à développer est simplement la vigilance (Tib: drénche}. Ce que nous contemplons n'est pas l'apparence extérieure transitoire des phénomènes mentaux. faculté de voir et de contempler sans intervenir ce qui se produit dans l'esprit. Ma yéng. Si nous faisons autre chose. Voir les phénomènes mentaux apparaître et disparaître n'est pas le signe d'une mauvaise méditation. ce sont des trains de pensées en relation avec ce qui vient de se passer immédiatement. il suffit juste de s'asseoir et de méditer. en restant parfaitement conscient de tout ce qui se passe . De même. bien présents. car dans l'esprit s'élèvent constamment dés pensées. Nous demeurons simplement présents. car la méditation est le contraire d'une perte de conscience. A ce moment-là. Ces phénomènes apparaissent. Ce n'est pas encore chiné. doit être totale. Pour percevoir l'essence des phénomènes mentaux au-delà des apparences extérieures. nous observons avec détails et nuances des vagues s'élever et retomber. la conscience de plus en plus éveillée et claire d'être ici et maintenant. mais leur essence. L'utilisation d'un support extérieur permet à l'esprit de se fixer. quand nous contemplons l'esprit. une réflexion mentale en découle et Fon brode dessus. ne perdons pas cela de vue ! Une bonne pratique de chiné s'établit lorsque l'on est capable de demeurer en contemplation sans réactiver le passé et sans anticiper sur le futur : on demeure sans espoir et sans crainte dans l'instant immédiat. car l'important dans chiné est la vigilance.Comment disposer l'esprit ? Pour placer l'esprit dans l'attitude correcte. S'obstiner à obtenir une bonne méditation est l'inverse de ce que l'on veut produire . ce qui arrive relativement rarement. C'est faux. Dans un véritable chiné. Si nous sommes capables de percevoir clairement leur apparition et leur disparition sans interférence ni saisie. Certaines personnes pensent méditer correctement en vidant leur esprit et en passant parfois deux à trois heures sans avoir conscience de rien. Ou bien on se projette dans le futur avec crainte et espoir. dans la nature essentielle de l'esprit sans rien ajouter. Ces phénomènes peuvent être des images. L'esprit demeure dans sa propre contemplation instantanée et sans artifice. nous souhaitons toujours parvenir à l'essence de l'esprit qui n'est ni un objet. Ce que nous percevons au-delà des vagues. une sorte de vide ressemblant au coma n'a rien à voir avec la méditation de chiné. nous contemplons l'océan. Nous éviterons de nous établir dans une sorte d'indifférence ou d'anesthésie de l'esprit. mais c'est l'esprit lui-même qui est contemplé . Lorsque l'on considère le présent. En général. Nous n'essayons pas de freiner ou d'arrêter les phénomènes mentaux. ce n'est plus de'la méditation. c'est au contraire ce que nous devons contempler en étant parfaitement présents. etc.

le remède consiste à fixer l'esprit sur le bas du corps du Bouddha : ses jambes. ni de penser ou de percevoir quelque chose de précis. Nous pratiquons la pacification mentale pour parvenir à un état de calme. Au départ. Rien ne change dans leur nature. Le premier consiste à disposer en face de soi un petit objet agréable. Cela nous stabilise et calme l'agitation. etc. pas de méditation ! Qu'est-ce que la non méditation ? Il s'agit de contempler l'essence de l'esprit. cela ne fait rien. On en compte principalement six. Nous n'avons donc pas à choisir. ni à intervenir dans l'esprit. Si l'esprit est par contre trop agité ou distrait par une foule de pensées et que nous ne pouvons pas rester en place. la longueur des doigts. nous utilisons un support plus particulier. Dès que nous saisissons un phénomène mental. le corps du Bouddha. Instructions détaillées pour la pratique de la méditation de chiné avec support Porté à son point ultime. Dans le second état. Tels sont les moyens les plus courants permettant de fixer l'esprit grâce à un support extérieur. La seule . car pendant que l'esprit est occupé par la saisie. réveillés et que nous pensons bien méditer. nous nous concentrons sur le visage du Bouddha en détaillant ses caractéristiques. si nous sommes dans une pièce obscure possédant une ouverture dans le mur ou une petite lucarne. non perturbé par des constructions mentales. l'esprit est le siège de phénomènes mentaux. une petite statuette ou une image qui représente son corps. nous focalisons l'attention dessus. une forme de chiné consiste à utiliser le souffle en prenant simplement conscience de la respiration. il est profitable de passer en revue tous les aspects du corps du Bouddha et ses caractéristiques. AH rouge.distraction. nous sommes en mesure de reconnaître la nature de l'esprit : les deux reconnaissances sont une seule et même chose. Pour lutter contre la torpeur. Ces instructions résument la méditation de chiné selon l'optique de la méditation du mahamoudra. Le premier état est la parfaite limpidité de l'esprit calme. En effet cela est absolument contraire à l'esprit même de la méditation. HOUNG (OM blanc. il n'est pas distrait par d'autres sujets. par exemple une pierre. Nous abordons ainsi facilement l'exercice de concentration de l'esprit. ce qui est un peu abrupt pour les débutants. C'est le but des différentes techniques enseignées dans le texte intitulé : "Le doigt qui montre le dharmakaya". L'esprit . C'est pourquoi nous devons éviter de rajouter des tensions en introduisant des espoirs et des craintes dans la méditation. Nous ne pouvons pas juger notre méditation endisant : "ceci est bon ou mauvais. Quand on médite. chiné est la contemplation de la nature de l'esprit. il est important de se débarrasser de l'anxiété. Mi gom. mais l'objet utilisé. Il n'y a rien à faire ni à fabriquer dans cette méditation. on n'essaye pas de construire une visualisation. doit être établi dans la juste attitude. tout comme l'océan parfaitement calme et l'océan agité sont toujours l'océan. L'esprit se focalise sur un objet et se tranquillise. des angoisses et des tensions qui résultent de la crainte de ne pas pouvoir méditer correctement ou de la peur d'avoir beaucoup de phénomènes mentaux et de pensées. La concentration s'opère sur cette saisie . c'est tout. Nous pouvons nous concentrer aussi sur la protubérance crânienne. ne serait-ce qu'en les étiquetant : une pierre. une perle. Et si nous observons beaucoup de pensées et d'émotions. sans espoir et sans crainte. Enfin. essayons de nous en souvenir et de les passer en revue. Avec le second moyen. cela se produit. Autre support possible : dessiner en face de soi les syllabes OM. c'est donc un exercice relativement aisé pour un débutant. vrai ou faux". car nous contemplons l'essence de l'esprit qui se trouve dans tous les phénomènes mentaux. Au contraire. etc). a) Six moyens permettant de fixer l'Esprit II existe de nombreux moyens permettant de fixer l'esprit. sa propre nature . Ils permettent aux débutants d'attaquer sans trop de difficultés le processus de pacification mentale. Si nous connaissons les trente-deux signes de perfection du Bouddha (la protubérance crânienne. sans se laisser emporter ou distraire . C'est pour cette raison qu'on commence par habituer l'esprit à se fixer sur un objet quelconque et qu'on débute par la pratique de chiné avec support. il permet de combattre certaines tendances qui se manifestent parfois durant la méditation et notamment la torpeur. Ou bien. Nous établissons le corps dans une posture correcte. demeurer dans la simple reconnaissance de la nature de l'esprit est extrêmement difficile. Cet exercice est particulièrement utile . lui aussi. HOUNG bleu) ou un petit disque blanc qui représente un tiglé. Pour y parvenir. et à poser son esprit dessus. il n'y a rien de spécial à trouver : cette nature est toujours là. nous sortons immédiatement de cet état de reconnaissance. car l'esprit a cette aptitude à constamment saisir les objets. Mais au moment même où ils surgissent. il suffit simplement de demeurer dans la contemplation. Si nous nous sentons à l'aise. celle-ci remplace la flamme de la lampe. C'est pourquoi nous avons tendance à saisir les phénomènes qui apparaissent dans l'esprit. possède en lui-même des propriétés particulières. c'est-à-dire une petite sphère blanche. Cette deuxième pratique de chiné n'utilise plus d'objet ordinaire comme dans le premier cas. Nous pouvons aussi disposer face à nous la flamme d'une lampe et y poser notre regard. ni même dé conceptualiser. il demeure toujours le même . Que l'esprit soit parfaitement calme ou agité. ne fais rien ! La reconnaissance de la nature essentielle de l'esprit n'est pas le fruit d'une construction mentale opérée pendant la méditation. Nous distinguons deux états de l'esprit. AH. et plus précisément les roues qui se trouvent sous la plante de ses pieds. Zeu sné. le point entre les yeux. la forme des oreilles. Encore une fois. Nous n'avons pas l'habitude de ce genre de chose. Nous choisissons une représentation du Bouddha. 3.

s'il n'y a pas de phénomènes mentaux ou très peu. Il est dit que l'attitude du méditant doit ressembler à 'impassibilité de l'aigle qui a pris son vol. claire et calme. A tel point que nous en venons à penser qu'il vaut mieux cesser de méditer. car si vous persévérez dans la méditation. nous ne sombrons pas dans une sorte de stupeur. Nous pouvons nous demander ce que ces considérations viennent faire là ! Nous sommes directement concernés lorsque nous pratiquons la méditation. comme des choses à contenir . . des goûts pour l'organe gustatif. C'est l'apprentissage que nous faisons graduellement au moyen de cette forme de chiné. que nous ne pourrons jamais la calmer et que plus nous méditons. L'attitude correcte est la présence limpide. car ces préoccupations n'ont rien à voir avec la méditation et peuvent au contraire empêcher le déroulement du processus. nécessaire pour nous aider à prendre immédiatement conscience de l'apparition de ces phénomènes mentaux. l'esprit s'établit dans le calme fondamental. Qu'expérimentons-nous dans cette méditation ? Les expériences sont différentes pour chacun. le méditant n'a pas à agir et doit laisser derrière lui les craintes. l'esprit ressemble à un torrent de montagne extrêmement agité. des sons pour l'audition. C'est ainsi que doit être l'esprit du méditant : sans préoccupation de savoir s'il médite bien ou non. Peu à peu il prend l'aspect majestueux d'un fleuve de plaine qui.les sens eux-mêmes. nous avons donc trois champs : les objets extérieurs. Pour la pratique de la méditation.la conscience sensorielle qui traite ces informations. nous libérons peu à peu l'esprit d'une emprise trop directe des sens et de leurs objets. Lorsque nous méditons. à la fois passive et complètement présente sans distraction. De même. tout en restant contaminent présent. Le lion est considéré comme le roi des animaux . Nous cherchons une certaine impassibilité dans laquelle le méditant se laisse porter sans produire quoi que ce soit dans sa méditation. Inversement. Quand nous commençons à méditer. qui ne retranche rien aux choses. les instruments des sens et l'esprit qui traite les informations au moyen des consciences sensorielles. car si nous méditons avec un esprit distrait. d'où toutes les informations sont émises . Il ne s'agit pas de tomber dans un jeu de compétition avec nous-mêmes. des formes pour la vue. il faut éviter d'entretenir l'agitation de l'esprit. clef de la méditation Le point principal à développer dans cette méditation est la vigilance. si cela ira mieux demain ou non. Ils ne doivent pas vous troubler. bien qu'encore en mouvement. de parfaite contemplation. nous entretenons la distraction. pas même une plume. sans: que l'esprit soit pour autant distrait de l'objet de sa concentration. tout comme l'aigle présent dans le ciel se laisse porter par les courants sans bouger les ailes. l'idéal est de demeurer dans un état de non production. Cet ensemble est constamment sollicité par des objets extérieurs ou des phénomènes mentaux qui surgissent au sein même de la conscience sensorielle. c'est la même chose. Si l'on tente d'arrêter les phénomènes mentaux ou de s'en détourner. Et si nous continuons encore. Laissez-les se manifester.chose qui compte est d'être présent et de contempler le spectacle sans attribuer de valeur quelconque au fait qu'il y a ou non beaucoup de pensées. pure conscience et pure vigilance. il est très difficile d'avoir une vision claire de la nature fondamentale de l'esprit et de développer les qualités permettant d'aller plus loin. b) La vigilance. Nos sens sont constamment sollicités par des objets . L'esprit doit retrouver son calme originel et redevenir peu à peu immobile comme un lac calme. A quoi faut-il parvenir ? Que rechercher ? Nous cherchons à nous établir dans la non distraction de façon à ce que les phénomènesmentaux ne viennent pas détourner notre esprit de l'objet sur lequel il est fixé. l'esprit se calme de lui-même. En nous entraînant avec ces méthodes de pacification basées sur un objet extérieur. plus les phénomènes mentaux s'élèvent. la méditation s'apparente à de la distraction. mais nous restons parfaitement conscients de l'absence de ces phénomènes grâce à la vigilance qui est la clef de la méditation. Cette impression résulte de la prise de conscience brutale de l'agitation et de la distraction que nous n'avions jamais remarquées auparavant. Mais il n'en est rien. Il se peut que l'esprit soit encombré par de nombreux phénomènes mentaux. Quand un aigle s'envole. tel un immense lac tranquille. les problèmes apparaissent. le fil dévie et il devient impossible de l'introduire dans la fente. sans préoccupation. Il est donc important de développer peu à peu une forme de vigilance. Au total. mais cela n'empêche pas la vigilance. nous devons être attentifs comme quand nous essayons de passer un fil dans le chas d'une aiguille : à la moindre distraction. selon le niveau et les particularités de l'esprit. et au lieu de méditer. instruments récepteurs qu'utilise le corps pour recevoir les informations . car trois éléments sont en oeuvre : . il ne craint personne et marche sans hésitation. car tant que les phénomènes mentaux sont trop nombreux. le désir de s'efforcer de calmer l'esprit à tout prix ou l'espoir que les choses se passent bien. car l'esprit saisit constamment ces informations et se trouve distrait de son objet de concentration.les objets des sens. coule dorénavant régulièrement et paisiblement. Il est important d'apprendre à considérer tout cela comme des choses qui apparaissent et disparaissent. des odeurs pour l'odorat. Pour y parvenir. Nous cherchons à nous libérer des espoirs et des craintes qui ne pourraient être que trop productifs dans le processus méditatif. des sensations tactiles pour le toucher. Une fois que nous commençons à méditer. Il semble que l'agitation s'accélère. Les phénomènes mentaux ne doivent pas être considérée comme des ennemis à abattre. Nous cherchons à obtenir le calme intérieur et un esprit parfaitement lisse sur lequel tons les phénomènes puissent se refléter sans distorsion. . à l'extérieur. il donne quelques battements d'ailes et plane ensuite dans le ciel sans bouger les ailes. Il y a cependant des caractéristiques qui se retrouvent chez tous. L'esprit doit être libre d'espoir et de crainte comme le lion sans peur et sans crainte.

il n'est pas possible que s'élève en l'esprit la vision pénétrante (lhakthong en tibétain . nous percevons leur essence. celui qui peut apparaître comme quelque chose de stable et de permanent. notre capacité d'attention et de concentration sans tension est très limitée. Ce qui nous en a empêché jusqu'à présent est le manque de vigilance. il doit y avoir quelque part dans l'esprit quelque chose qui ne change pas. le terme générique de lhakthong. prend tout son sens. On peut dire : "l'esprit est". alors où donc se trouve l'esprit ? Supposons que l'esprit soit. La première chose à faire est donc de pratiquer chiné pour entraîner l'esprit à demeurer posé sur lui-même. auto-clarifiant . Mais si nous développons la vigilance à travers une pratique de chiné suffisamment assidue. La difficulté provient du fait que cette expérience a à la fois pour sujet et pour objet l'esprit. graduellement. C'est la raison pour laquelle nous avons beaucoup insisté sur la nécessité de développer la vigilance. il peut demeurer dans sa propre essence et la percevoir. Ordinairement.. . mais sans intervention. La vision pénétrante . Cela peut paraître paradoxal. nous développons une sorte de sagesse qui permet de voir non seulement les phénomènes mais aussi leur nature fondamentale. Il est tendu ett empli de contradictions à cause des phénomènes mentaux qui le rendent extrêmement instable. Sans un calme mental suffisamment établi. Si nous allons dans ce gens. Au contraire. s'apparente à la sagesse discriminante appelée soso rang rikpé yéshê. lorsque nous n'essayons plus d'arrêter les phénomènes mentaux et que l'esprit demeure dans sa simplicité. au travers de cette relation. en observateur conscient. qui désigne la faculté d'examiner d'une manière extrêmement profonde et limpide ce qui se passe dans l'esprit. Cette faculté particulière de voir les phénomènes advient en tant que résultat de la pratique de chiné. Si nous ne trouvons rien de stable et de permanent. Est-il dans ma tête. auto-limpide. A partir de là. l'esprit est très agité et incapable de demeurer d'une manière stable sur un objet quelconque. Faute de vigilance. la simple connaissance intellectuelle reste éloignée de l'expérience directe.La seconde consiste à observer l'esprit en mouvement. il a la capacité de se percevoir lui-même. Est-ce sa forme. au moment même de leur apparition. II faudrait quand même voir où il se situe.ou à bloquer. Et cette vigilance ne peut se manifester qu'au travers de l'exercice de chiné. d'intelligence qui considère les phénomènes dans leur véritable mode d'être. Si ce n'est pas le cas. Grâce à l'absorption méditative. Nous pouvons être amenés à croire cela si. dans un objet quelconque ou dans un lieu ? Se déplace-t-il à l'extérieur du corps ? C'est à cet examen que nous nous livrons afin d'essayer de mettre le doigt sur le . Au départ. vipasyana en sanscrit).La troisième est l'observation des phénomènes mentaux : comment sont-ils générés par les perceptions sensorielles ? . Si cette capacité est exercée correctement. il faut les laisser apparaître sans se départir de la vigilance et sans se laisser emporter par eux ni s'engager dans leur jeu.La quatrième méthode consiste à observer l'esprit dans sa relation avec le corps et le corps dans sa relation avec l'esprit. Lhakthong dépend entièrement de l'obtention du calme mental. Les cinq méthodes d'examen de l'esprit On distingue cinq méthodes d'examen de l'esprit. dans mon cœur ou dans un quelconque de mes membres ? Est-il dans mon corps ou à l'extérieur de lui. dans la méditation. il faut essayer de percevoir un mode d'être fondamental. S'il est. Même si nous avons réfléchi sur la nature des phénomènes. lhakthong Lhakthong est aussi appelé "Vision Excellente particulière ou spéciale" parce que nous voyons ce que nous ne pouvions pas percevoir auparavant. une caractéristique permanente. car qui examine l'esprit sinon l'esprit lui-même ! L'esprit est dit autoconnaissant. Ce n'est pas la bonne attitude. il est possible pour l'esprit de se prendre lui-même comme objet de contemplation. nous sommes amenés à penser que l'esprit n'est pas. même si nous ne savons pas très bien comment. . . s'il a une existence propre. sa couleur ou une autre caractéristique ? Nous devons chercher dans les innombrables aspects de l'esprit celui qui n'est pas soumis au changement. A ce moment-là.La première consiste à comprendre l'esprit au repos : comment est l'esprit quand il est au repos ? . nous nous retrouvons face à un noir absolu ou à un vide total de conscience. Dans l'état ordinaire. 1. Le texte comporte de nombreuses autres instructions et développements détaillés. nos sens sont constamment voilés et nous sommes incapables de percevoir notre esprit. L'objet de lhakthong est le mode d'être de l'esprit perçu et reconnu à travers l'expérience directe. on peut l'examiner.La cinquième consiste à observer à la fois l'état de repos et l'état de mouvement de l'esprit : qu'est-ce qui demeure au repos ? Qu'est-ce qui change ? Qu'est-ce qui est en mouvement ? Il s'agit donc de voir l'esprit dans tous ses états possibles. de l'un dépend l'autre. Cette forme de vision. cette faculté de demeurer parfaitement lucide. on envisage plusieurs hypothèses. Examiner l'esprit au repos Lorsque notre méditation se situe au-delà des espoirs et des craintes. nous sommes capables d'examiner'l'essence de l'esprit sans interférence. Chiné et lhakthong sont intimement liés ..

Par exemple. Notre esprit semble lié au corps : ce corps ne serait-il pas im avec l'esprit ? Il convient d'examiner les caractéristiques à la fois du corps et de l'esprit. il n'y a pas d'autre esprit que les phénomènes mentaux.Examiner l'esprit en mouvement II faut être capable de demeurer dans un état de pacification. l'écrire. Qu'allons-nous voir ? Nous allons essayer de voir. je. Cette matière est elle-même composée de différentes parties assemblées. il conviendrait de percevoir l'essence même de l'esprit. Dans tous les objets extérieurs. un arrière. et ainsi de suite. une couleur. bien sûr. Les objets par eux-mêmes n'ont pas d'existence propre. ce qu'est l'esprit et pas seulement l'imaginer ou le penser. Il existe un lien entre les objets extérieurs et notre esprit. Or tout ce qui apparaît tôt ou tard disparaît pour retourner à son état originel. Il prend. N'étant pas simples. c'est-à-dire le phénomène tel qu'il est en lui-même et non pas tel qu'il apparaît. Aucun phénomène n'est simple. Il change immédiatement en fonction des objets avec lessquels il entre en contact. Or chacune de ces parties assemblées peut être divisée. Ce que nous percevons est-t-il l'objet lui-même ou bien sa manifestation au sein de l'esprit ? D'autre part. tout ce qui existe est composé de choses elles-mêmes composées d'autres choses dépourvues d'existence intrinsèque. un moment où il apparaît. une image. Au travers de l'examen de la réalité relative et de sa perception. 2 . Si elle était dépourvue de ces différents constituants. une quelconque caractéristique propre? Il faut examiner tout cela. Laquelle est proéminente ? La nature objective ou subjective ? Les apparences des objets extérieurs modèlent-elles les concepts et les images ? Ou bien est-ce l'esprit qui projette sa faon de percevoir et de concevoir dans le monde extrieur? Entre l'esprit et les objets il y a une saisie. Nous pouvons en parler. Est-ce le même esprit qui se manifeste lors de l'apparition du phénomène mental et au moment du calme complet ? La conscience qui s'applique à l'esprit au moment de l'apparition du phénomène est-elle identique à celle qui s'applique à l'esprit établi dans le calme ? Et que sont ces phénomènes mentaux ? Ont-ils une forme. Au sein de cette tranquillité. Notre esprit prête aux objets une réalité qui ne leur est pas inhérente. Mais notre corps est identifié à moi. nous ne percevons qu'un phénomène mental. elle a forcément une direction : un devant. les phénomènes n'ont pas d'existence propre. L'examen partir des apparences qui se manifestent au sein de l'esprit L'esprit est polymorphe. La seule chose rellement valable en ce domaine est de voir par soi-mme et de faire l'expérience. Le corps est composé de chair. d'une certaine manière. Pour y parvenir. un objet quel qu'il soit à une origine. Cela se démontre de plusieurs façons. Où se trouve-t-elle ? Quelle est sa couleur. nous voyons au sein même du phénomène mental l'essence de l'esprit en action : cette reconnaissance est la sagesse non conceptuelle. 3. au travers des phénomènes et des apparences. les sens et le sujet est double : il y a celle qui va de l'objet vers le sujet et celle allant du sujet vers l'objet. sa forme ? Il convient de procéder à un examen qui ne soit pas une espèce de révision intellectuelle. à l'infini. tout cela ne va pas très loin. En fait. mais pourquoi le prétendons-nous alors qu'ils sont tangibles et solides ? Nous le disons parce que les phénomènes sont tous essentiellement composés. tant qu'une particule existe dans notre univers. Il n'y a pas de véritable stabilité au niveau de l’existence de l’objet. les apparences extérieures sont-elles différentes de ce qui est perçu dans l'esprit ? Y a-t-il une différence entre l'objet extérieur et l'objet peçru par l'esprit ? La relation qu'il y a entre l'objet. si nous développons l'attention suffisante. D'où vient-il ? Au sein de quoi apparaît-il ? Où va-t-il ? n’importe de se poser ces questions. Pour procéder à cet examen nous pourrions réfléchir de la sorte : tous les phénomènes sont des apparences illusoires. Dans l'infinité des apparences et des objets qui se manifestent l'extérieur. C'est nous qui la leur prêtons. Si nous ne sommes pas capables de voir l'essence du phénomène. c'est comme ça !" Malheureusement cela ne suffît pas. mais une véritable observation. de sa nature ou de celle des phnomnes mentaux. Tout ce qui touche notre corps nous touche en tant que moi. si nous considérons n’importe quel objet. d'un . Nous pouvons nous dire : "Oui. Il ne suffit pas de le savoir intellectuellement.mode d'être de l'esprit. 4. Par contre. dans notre univers. on nous répète que tous les phénomènes sont des apparences de l'esprit. etc . C'est au sein de cette relation qu'il convient de chercher ce que peut être l'essence de l'esprit. il est possible de voir la nature essentielle de l'esprit : c'est la troisième façon d'examiner l'esprit. nous devrions observer les manifestations extérieures et l'expérience que nous en avons au sein de notre esprit. une pensée. rien ne dure indéfiniment. Donc. il apparaît comme étant composé de matière. En effet. etc. et nous y sommes extrêmement attachés. Ne serait-ce que dans le temps. Il ne s'agit pas de parler de l'esprit. elle peut donc encore être subdivisée. l'apparence des objets qu'il rencontre. elle n'aurait plus de référence dans notre domaine d'existence. de sang. admettons qu'un phénomène mental apparaisse. il faut être capable d'en fairerellement l'expérience. Bien qu'utile. D’autre part. D'un autre côté. car l'objet n'exprime aucunement son existence : l'objet ne dit pas "je suis". l'expliquer. Regarder l'esprit dans sa relation avec !e corps L'esprit est-il semblable ou différent du corps ? Nous pouvons penser que le corps est composé de différents éléments momentanément réunis pour former une enveloppe matérielle dans laquelle l'esprit s'installe. Il serait intressant de comprendre comment opre cette saisie et dans quel sens. on peut percevoir l'essence même de l'esprit.

Face à la mort. Il s'agit d'examiner ce lien et. C'est au sein de cela qu'on atteint le mahamoudra. Mais. Il peut imaginer. mobiles. Cette compréhension ne suffit pas pour autant. Dès lors. de l'autre. réaliser que les phénomènes mentaux d'un côté et l'esprit calme de l'autre ne sont pas deux choses. Il est absolument nécessaire d'accomplir les pratiques préliminaires. corps et esprit semblent être une seule et unique chose. Il faut pratiquer l'accumulation de karma positif. au travers de cette relation corps-esprit. se trouve dans la possibilité qu'a le corps d'être détruit. D'un autre côté. En effet. Que réalise-t-on grâce à ces différentes méthodes ? On découvre que l'esprit ne peut pas être défini ou enfermé dans une liste de qualités ou de caractéristiques. Rien ne peut lui faire obstacle. de beaucoup réfléchir et de comprendre . Nous pouvons nous demander s'il existe une seule nature de l'esprit. volatiles. nous trouvons un corps. etc. Il est auto-connaissant : il a la capacité de se connaître lui-même. pour celui qui tient à réaliser la véritable nature de son esprit. mais une expérience vécue. car la compréhension intellectuelle n'a pratiquement rien à voir avec la chose elle-même. qui est propre à l'esprit. mais une seule chose. d'essayer de voir ce que peut être leur véritable nature. Au sein de la méditation. Il ne suffit pas de se poser la question d'une manière académique ou de faire de belles phrases. d'étudier. Pourtant. Elles se disent : "Qu'est-ce que je veux réaliser ? Je veux réaliser la nature fondamentale de l'esprit qui est quelque chose d'extrêmement profond et essentiel. de plus nos sens conditionnent le fonctionnement de notre esprit. qui est la nature de l'esprit. Cela ne sera plus seulement une connaissance intellectuelle. Il est également très important d'accomplir les pratiques des yidams. il faut se poser la question de savoir si le corps et l'esprit sont semblables ou non et la résoudre. dans ses possibilités. Il n'y a plus ni sujet ni objet . Nous devons aller voir et faire l'expérience directe. il n'y a qu'une seule et même connaissance. Mais elles restent toujours l'océan. Mais les différences de qualités et de possibilités entre le corps et l'esprit sont telles que l'on peut en conclure qu'il s'agit de deux choses totalement différentes. en utilisant les moyens que donnent le calme mental et la vision pénétrante.ensemble d'éléments matériels qui le rendent extrêmement limité. on peut comprendre qu'il n'y a pas d'esprit en dehors des phénomènes mentaux. immobile. Nous y sommes très attachés . nous percevons de nombreux phénomènes mentaux. masse de matière. Cependant. 5. Donc. Il y a ainsi toutes sortes d'aspects au travers desquels on peut examiner la relation entre le corps et l'esprit et peut-être découvrir leur nature commune ou différente. il n'y a pas d'un côté quelque chose à observer et de l'autre un observateur. De nombreuses personnes trouvent superflu de se lancer dans tout un tas de choses qui peuvent apparaître comme extérieures ou folkloriques. Par contre. après tout. limpide. Nous savons qu'il y a un esprit fondamentalement calme. Le plus important donc. qui est complètement différent de l'esprit. Nous nous demandons où nous irons et ce qu'il adviendra de notre esprit malgré notre belle assurance et nos certitudes. se posent les véritables questions et la peur s'élève. L'océan est une masse immense et immobile que rien ne peut changer. Ainsi. Le fait que la vacuité et cette auto-connaissance parfaitement limpide ne sont pas deux mais une seule et même chose représente l'union de la vacuité. L'esprit est pure cognition. C'est le but de la pratique de lhakthong . Il est en effet difficile de s'imaginer sans corps. du fait du vent et d'autres influences. de la limpidité et de la connaissance. tout l'univers apparaît dans notre esprit. qui prennent d'innombrables aspects. Il n'y a pas une vacuité et quelque chose d'autre qui se rajoute à la vacuité . l'esprit est pure cognition : il est connaissance avant tout. cette catastrophe absolue. Il ne suffit pas d'en parier. il est nécessaire de mettre en œuvre un certain nombre d'actions qui permettent de se débarrasser de ce qui recouvre l'esprit. le corps retourne aux éléments qui le constituent alors que l'esprit transmigre et continue. Le corps n'est pas capable de grand chose d'autre que d'être et de se maintenir. il n'y a qu'une seule et même chose. Et de même que les vagues ne sont pas différentes de l'océan. la mort demeure quelque chose d'extrêmement déplaisant. En fait. les phénomènes mentaux ne sont pas différents de l'esprit et l'esprit n'est pas différent des phénomènes mentaux. une seule et même réalisation. que le corps. Il y a un ensemble de relations croisées entre le corps et l'esprit. toujours parfaitement limpide : il n'existe pas de résidu dans l'esprit qui pourrait empêcher tel ou tel phénomène mental de se manifester. constamment. des vaguesapparaissent à sa surface. Il ne peut pas être contenu dans un concept. On peut penser que le corps et l'esprit sont un. Il faut abandonner les actes négatifs et pratiquer les actes positifs. aller n'importe où et embrasser tout l'univers. Pour cela. il ne peut pas y avoir de véritable réalisation ni de véritable compréhension. d'apparence et d'aspect divers. dans la conscience. une nature calme de l'esprit et quelque chose qui viendrait se greffer sur l'esprit pour rajouter des phénomènes mentaux et une agitation qui n'est pas propre à l'esprit ? Prenons l'exemple de l'océan et des vagues. La racine de la peur de la mort. N'y aurait-il pas. il faut faire l'expérience. Ceux-ci sont l'esprit et rien d'autre. L'esprit semble infiniment plus vaste. Toutes ces pratiques extérieures sont superflues". il existe bien un lien entre les deux. Où allons-nous renaître ? Même si nous ne croyons pas en la transmigration. Examiner la différence entre l'esprit au repos et l'esprit en action. sans ces fameuses pratiques qui paraissent extérieures. L'esprit est vacuité dépourvue de toute limitation et parfaitement limpide. sinon nous n'en aurions pas connaissance. est la confiance dans la loi du . l'un conditionnant l'autre et vice-versa. qui peut embrasser toute chose . souvent totalement opposés. Nous pouvons également réfléchir de la sorte : à la mort. d'un côté nous avons un esprit qui est parfaitement limpide.

Une méditation qui ne serait basée que sur des spéculations intellectuelles. du fait que nous sommes tous à des niveaux différents. Sinon il n'y a pas de méditation possible. même si l'on pense avoir compris. Le dharma se présente alors comme un manteau dont on se couvre pour suivre une mode . Ceci parce que nous sommes nombreux et que chacun d'entre nous a une compréhension différente. "le Doigt qui montre le Dharmakaya". C'est pourquoi Rinpoché a fait au mieux afin que chacun en retire le maximum de bienfaits. le dharma demeure. Rinpoché indique qu'il n'a pas procédé à l'explication détaillée de ce texte. en ce cas. extérieur. est une non méditation : elle n'existe pas. Fin La science de l'esprit > Le chemin > La méditation > Le doigt qui montre le Dharmakaya .3e Jamgoeun Kongtrul La science de l'esprit Le chemin contacts . Le dharma a pour but de nous permettre d'atteindre le plus profond de notre esprit. il ne devient pas une pratique permettant d'atteindre la réalisation. Pour en revenir au texte qui nous intéresse.karma et l'aspiration envers les Trois Joyaux et le lama. Même si l'on a beaucoup appris. si justes soient-elles. C'est comme cela qu'il doit être pratiqué. Il aurait été téméraire de penser pouvoir donner un seul et même enseignement littéral de ce texte en étant compris par tous. Il en a extrait l'essentiel. Il importe de développer cette ferveur à un point extrême.

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