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R.I.D.C.

1-2004

LE NOUVEAU STATUT PÉNAL DU MINEUR EN ESPAGNE

Jose Luis de la CUESTA*

A. PRÉCÉDENTS Durant la majeure partie du vingtième siècle, le système espagnol en matière de mineurs (et de mineurs délinquants) a été le modèle tutélaire. Ce modèle est entré dans une profonde crise autour des années 70 et, très particulièrement en Espagne, après l’approbation de la nouvelle Constitution démocratique de 1978. Cette crise a conduit à l’abandon du système traditionnel1. Le système de protection des mineurs délaissés, déjà sous la responsabilité des Communautés autonomes (depuis 1987) et des juges civils, fit l’objet d’une loi spéciale de protection des mineurs (1966). Mais la réforme en matière de mineurs délinquants arriva plus tard. Même si la loi organique du pouvoir judiciaire (1985) avait exigé du gouvernement la présentation au Parlement d’un projet de loi sur les mineurs, ce mandat légal ne fut pas suivi. C’est seulement après l’arrêt du Tribunal constitutionnel (14 février 1991) sur l’inconstitutionnalité du vieux système de 1948, que fut opéré le remplacement de l’ancienne loi des tribunaux tutélaires de mineurs. Une première réforme urgente entra en vigueur en 1992. La véritable transformation du système arrive néanmoins avec le nouveau siècle. La loi organique 5/2000 du 12 janvier2 est alors approuvée en application de l’article 19 du nouveau Code pénal de 1995, dans le but de réglementer la responsabilité pénale des mineurs. Après diverses réformes,
* Professeur de Droit Pénal et Directeur de l'Institut Basque de Criminologie, secrétaire général adjoint de l'Association Internationale de Droit Pénal. 1 J.L. de la CUESTA, "La abolición del sistema tutelar: evolución del Derecho espaňol en materia de jóvenes y menores delincuentes", Harlax, 37, 2001, p.7 et s. 2 Boletin Oficial del Estado n° II, 13 janvier 2000.

établie dès l’âge de 14 ans (article 3) : en dessous de 14 ans le juge pénal des mineurs n’intervient pas et la compétence relève directement des services sociaux et des juges de la famille. La responsabilité pénale des mineurs est déclarée sur les fondements définis par le Code pénal. FEIJÓO SÁNCHEZ. 4 Contre. par conséquent. Un régime spécial. la loi régulatrice de la responsabilité pénale des mineurs entre en vigueur en janvier 2001. Ceux-ci sont compétents pour le support du système judiciaire et pour l’application des mesures prononcées judiciairement. 3 X. et essaie de réduire l’importance des idées de protection et de paternalisme qui ont caractérisé l’ancien système. et établit un système intégré dans les structures ordinaires (judiciaires. policières. UAM. 2001. Madrid. pleinement respectueux de la Convention des droits de l'enfant. Revista Juridica. « Sobre el contenido y la evolución del Derecho Penal espaňol tras la LO 5/2000 y la LO 7/2000 ». procéduraux et exécutifs de l’intervention sur les délinquants mineurs d’âge et les jeunes délinquants. 24 et s. PRINCIPES FONDAMENTAUX 1 . 49. CUELLO CONTRERAS. 5 J. .. D’après le nouveau modèle. 4. 2001. reguladora de la Responsabilidad Penal de los Menores y de su Reforma en materia de terrorismo ». Ce modèle admet sans problèmes la « responsabilité pénale » des mineurs de 18 ans. la culpabilité étant aussi exigée pour déclarer la responsabilité pénale des mineurs5. p. Icade. La nouvelle limite absolue concernant l’imputabilité est. p. est prévu pour les jeunes délinquants (18-21) et pour l’application des mesures (à travers les institutions d’adultes) pour ceux qui ont déjà atteint l’âge de 23 ans. en tenant compte de leur imputabilité qui. B. 2001. Le nouveau système intervient en coordination avec les services sociaux qui travaillent en matière de protection et de réforme des mineurs.). 53.160 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 1-2004 la plus importante étant celle réalisée par la loi organique 7/2000 sur les délits très sérieux et de terrorisme3. La loi organique 5/2000 a pour objet de réglementer l’ensemble des aspects substantiels. Elle constitue plus clairement une limite personnelle à l’application du Code pénal des adultes et ouvre la voie pour l’application de la loi organique sur la responsabilité pénale des mineurs. qui n’est pas encore entré en vigueur. B. « Algunos aspectos de Derecho sustantivo de la Ley Orgánica 5/2000.. Responsabilité pénale des mineurs Le nouveau modèle est un modèle mixte. El nuevo derecho penal de menores. la minorité d’âge (en dessous de 18 ans) ne peut pas dorénavant être considérée comme une circonstance de non-imputabilité4. au sein de chaque communauté autonome. Les mineurs entre 14 et 18 ans peuvent être pénalement responsables. p.ETXEBARRIA ZARRABEITIA.77 et s. en Espagne. qui continue sur la voie ouverte en 1992.

p. « The Position of Victims and Victim Support in the New Spanish Juvenile Criminal Law ». exclusivement fondée sur la commission d’une infraction pénale sans aucune circonstance d’exemption ou l’extinction de la responsabilité (article 5. la déclaration de responsabilité pénale constitue une première étape du processus de rééducation et de resocialisation des mineurs. PARMENTIER (eds. 59 et s. Responsabilité pénale et rééducation D’après la loi. L’application d’une intervention éducative sur la base de la déclaration de la responsabilité pénale des mineurs pose d’une certaine manière des problèmes en présence de mineurs sans discernement. en E. FATTAH et S. 7 O. le mineur devrait se rendre compte de la transgression de sa conduite et de l’intervention sociale qu’elle a provoquée. Cette question n’a pas été abordée d’une façon adéquate par la loi 5/2000. en cas d’absence d’imputabilité. Par le biais de la déclaration de sa responsabilité pénale. Actualidad Penal. est seulement une semi-imputabilité6 ou une imputabilité diminuée7. SÁNCHEZ GARCÍA DE PAZ. Louvain. l’imposition de mesures thérapeutiques devrait toujours exiger que soit établie une dangerosité criminelle. « La evolución del sistema de justicia penal juvenil ». GARCÍA PÉREZ. 6 I. Même si la nouvelle loi insiste sur ce point et le reconnaît d’une façon explicite. 2. Actualidad Penal. 715. intervention des victimes au procès pénal8. 33. 2000. 2000. 2001. p. Ceci est seulement possible si le mineur est capable de comprendre le procès et le but de l’intervention. « La nueva ley reguladora de la responsabilidad penal del menor ». 8 J. « Victim policies and criminal justice on the road to restorative justice ».1). p. 683 et s. En même temps. Essays in Honour of Tony Peters. Cette responsabilité diffère de celle des adultes en ce qu’elle ouvre la porte à une intervention éducative. les normes en matière de procédure ne sont pas suffisamment claires et il sera très difficile pour beaucoup de mineurs de les comprendre et de participer d’une façon adéquate au procès pénal. La responsabilité pénale des mineurs est formellement une responsabilité pénale. prévention générale. DE LA CUESTA. . Ceci justifie des différences très importantes et le non respect (pas d’une manière absolue) de principes essentiels du droit pénal des adultes : proportionnalité. dans le cas des mineurs de 16 ans) et pas seulement l’absence de circonstances générales d’exemption de la responsabilité pénale prévue par le Code pénal des adultes.LE STATUT PÉNAL DE L’ENFANT MINEUR : ESPAGNE 161 pour certains auteurs. L. 32. il serait indispensable que soit apportée la preuve d’une maturité suffisante (en particulier.). Dans la mesure où une responsabilité pénale va être déclarée.

Ce principe est très souvent mentionné par la loi.58. et l’on admet l’application des critères d’opportunité quant aux poursuites (articles 18 et 19). JUAN et E.162 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 1-2004 La nature éducative de l’intervention détermine également la position prééminente de l’équipe technique. L’intérêt supérieur du mineur Concrètement et selon les dispositions légales. p. 11 J. la loi n’est pas suffisamment claire quant au contenu du concept. 12 En 1992. R. Murcie. la gravité de l’infraction doit être considérée en tenant également compte des conditions psychosociales et familiales concomitantes (article 7. 2000. CHAMP D'APPLICATION La nouvelle loi espagnole sur les mineurs est destinée aux mineurs entre 14 et 18 ans12 qui ont commis une infraction pénale définie par le Code pénal ou par une loi pénale spéciale (article 1). PALACIO SÁNCHEZ IZQUIERDO. p. Justicia de menores e intervención socioeducativa. 3. En tout cas. « Menores y jóvenes en situación de conflicto social : posibles respuestas ». Surgam. Vitoria-Gasteiz. les seuils d'âge étaient de 12 à 16 ans. Les mineurs de 14 ans qui ont commis une infraction pénale sont remis par le ministère public aux 9 J.3). Ceci constitue un important défaut.A. 57. 10 Aussi J. Aussi A. 107 et s. Justicia juvenil en la C.65. toute décision (articles 28 et s. En fait. qui aurait du être évité en introduisant des références adéquates à l’épanouissement personnel du mineur. de même que celle du ministère public (article 23) et de l’avocat du mineur. « El principio. le choix et la détermination de la mesure particulière à appliquer (article 7. En fait.... En raison de ce principe fondamental. « El interés del menor como columna vertebral de la Ley 5/2000 de 12 de enero ». etc. en raison de son ambiguïté. PALACIO SÁNCHEZ IZQUIERDO. V : Situación y perspectivas. l’intérêt du mineur devrait se rapporter à sa rééducation et à sa resocialisation10 définies par l’équipe technique -à travers des critères non formalistes et avec une étroite coordination entre le ministère public et le juge11. « El principio del superior interés del menor ». ». LÓPEZ MARTÍN. Il doit inspirer toute l’intervention judiciaire.3) devrait être adoptée à la lumière de ce principe.) et. . cit. et le besoin de spécialisation de tous les professionnels qui interviennent au procès pénal (disposition finale 4). 1997. FUNES ARTIAGA. p. . en particulier. le principe fondamental en matière d’intervention sur les mineurs devrait être l’intérêt supérieur du mineur9. R. 2001. C. 466-467. ses besoins éducatifs.

. Ministerio Fiscal. Une distinction importante est faite par la loi entre les mineurs de 14 à 16 ans et les jeunes de 16 à 18 ans (article 9. il prépare l’instruction (article 23). « Las medidas de protección de menores y la intervención de la entidad pública en la LORPM 5/2000 de Responsabilidad Penal de los Menores ».dirigé par un magistrat spécialisé. p. droit de la défense. D'après l’article 69 du Code pénal. 4-5). 13 J. réglementé par la loi. Ces derniers peuvent être soumis à une intervention pénale de plus grande intensité dans les cas sérieux. l’application du système de responsabilité pénale des mineurs pourrait être possible en certaines circonstances pour les mineurs entre 18 et 21 ans qui ont commis une infraction pénale non sérieuse.LE STATUT PÉNAL DE L’ENFANT MINEUR : ESPAGNE 163 services sociaux compétents en matière de protection des mineurs (article 3)13. En tout cas.).3). D. 79 et s. droit de recours (devant l’Audiencia Provincial). La participation au procès du ministère public est très importante: celuici conduit l’investigation et l’intervention de la police judiciaire . et pleinement respectueux des garanties pénales fondamentales : présomption d’innocence. 1-2001. le juge des mineurs. Le ministère public ne peut pas adopter des décisions restrictives des droits fondamentaux du mineur. il doit garantir le respect des droits des mineurs et protéger leurs intérêts (article 6). Cette possibilité demeure néanmoins suspendue jusqu’en 200714.peut-être trop similaire au procès d’adultes . Estudios Juridicos. il promeut l’action de la justice et la défense de la légalité. Un recours en cassation dans l’intérêt de la loi est aussi prévu pour les cas les plus sérieux (articles 41 et s. Celles-ci continuent jusqu’à ce que les buts poursuivis soient atteints (article 15). se présente comme un procès judiciaire .LORCA MARTÍNEZ. de coercition ou sans mettre en danger sérieux la vie ou l’intégrité personnelle d’autrui (article 4). SPÉCIFICITÉS EN MATIÈRE DE PROCÉDURE Le procès pénal des mineurs. 14 Loi Organique 9/2002. sans emploi de violence. en même temps. l’accès à la majorité ne met pas fin à l’exécution des mesures. mais si l’exécution continue à s’avérer nécessaire alors que le mineur a fêté 23 ans. il incombe au juge des mineurs compétent d’en décider d’une façon motivée et à la demande du ministère public (article 23. elle se poursuit à travers les institutions pénitentiaires des adultes.

Valence. 2001. 4. dans certains cas.que le ministère public peut mettre fin aux recherches et proposer au juge de clore le cas. Consejo Vasco de la Abogacia. 2001. « El Anteproyecto de Ley Orgánica reguladora de la Justicia de Menores elaborado por el Ministerio de Justicia ». 1997. 28 juin 2000. La décision doit s'appuyer sur les possibilités de correction dans un milieu familier ou éducatif et sous le contrôle des institutions régionales compétentes en matière de protection des mineurs16.5). « Protección de la victima y responsabilidad civil en la ley penal de los menores ». La Ley. G.164 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 1-2004 1.qui opère ici aussi bien envers la « responsabilité pénale »17 qu’envers la responsabilité civile – s’identifie légalement avec l’accord du mineur de faire quelque chose en faveur de la victime ou de la communauté. Les auteurs considèrent néanmoins que l’acceptation de la victime ne doit pas être nécessairement explicite . II. La victime doit accepter la conciliation ou la réparation18. de réparation. 164. Le ministère public doit dans ce cas tenir compte de la gravité de l’infraction (en particulier. Bilbao. l’absence de coercition et de violence) et des circonstances du mineur : la médiation est dirigée par l’équipe technique. « La abogacía en la ley penal. p. 16 Dans un sens critique. La Ley Orgánica 5/2000 de Responsabilidad Penal de los Menores. LANDROVE DÍAZ. 204 . Le succès dans l’application de la mesure éducative proposée par l’équipe technique pourrait servir. 287. Actualidad Penal. le procès continue (article 19. Une investigation déjà ouverte peut aussi se clore (article 19) si une conciliation ou une réparation intervient. 17 M. MARTÍ SÁNCHEZ. p. Diversion Un des traits caractéristiques du procès de mineurs est la flexibilité reconnue quant à la poursuite. RICHARD GONZÁLEZ. R. 19. aussi F.2). debe asumir el compromiso su representante legal. 15 J. 4. l’absence de refus devrait suffire19. Si la réparation (ou l’activité éducative) n’est pas accomplie par le mineur. p. . Turno de oficio ». C’est seulement alors . N. « El nuevo proceso de menores ». La réparation . 18 « Si la victima es menor de edad o incapaz. p. p. Le pouvoir discrétionnaire est dans ces cas très important mais n’est peut-être pas suffisamment soumis à un contrôle. 19 J. qui permet une importante marge d'appréciation de l'opportunité : « opportunité réglée dans l'intérêt du mineur »15. con la aprobaci6n del Juez de Menores » (art. 77. 2001. La bonne disposition du mineur n’est pas suffisante. PALACIO SÁNCHEZ IZQUIERDO. L’article 18 autorise le ministère public à ne pas ouvrir un cas en raison d’une infraction non sérieuse commise sans coercition ou violence par un délinquant primaire. Derecho Penal de Menores.sauf si la réparation n’a pas été possible pour des raisons autres que la volonté du mineur . La conciliation est considérée atteinte « si le mineur reconnaît le dommage causé et présente ses excuses à la victime et si celle-ci les accepte » (article 19.6). BUENO ARÚS. Eguzkilore. La conciliation et la réparation doivent être effectives.

il a le droit à la protection et à l’assistance sociale. de modification et de substitution des mesures imposées (articles 14 et 15) qui peuvent mettre fin à l’intervention pénale20. Mesures provisoires L'article 28 permet au ministère public de demander au juge des mineurs l’adoption de mesures provisoires en vue de garantir la protection et la défense du mineur. particulièrement. p. la liberté contrôlée. Estudios Jurídicos. En cas de garde à vue. s’il considère qu’il y a suffisamment de raisons ou un risque de fuite ou d’obstruction de l’action de la justice de la part du mineur. 103 et s. G1SBERT JORDA. Garde à vue et détention provisoire 1.LE STATUT PÉNAL DE L’ENFANT MINEUR : ESPAGNE 165 Une fois le procès ouvert et. Ministerio Fiscal. Le temps passé au cours de la mesure provisoire doit se compter en tant que temps d’exécution. De même. Ministerio Fiscal. . même la mesure prononcée. Le ministère public doit être informé de la garde à vue. psychologique. le ministère public (article 29) doit demander l’adoption de mesures civiles en vue de la protection et de la garde du mineur. 221 et s. p. MENA SÁNCHEZ. mais. Le juge doit les ordonner en tenant compte de l’intérêt du mineur et après avoir entendu la défense du mineur. y compris au bénéfice des mineurs non-imputables soumis à un traitement ambulatoire ou à un internement thérapeutique. une famille ou un groupe éducatif.6). il existe d’autres possibilités de suspension. Ces mesures provisoires21 peuvent se traduire par l’internement du mineur. 12001. 2. dans ces derniers cas. ou la garde par une personne. le droit à un avocat (article 520 du Code de procédure pénale) et à l’habeas corpus (article 17. Un mineur en garde à vue a tous les droits des détenus et. « Las medidas cautelares ». Les mineurs en garde à vue ont droit à la présence de leur avocat et de leurs parents ou tuteur et du ministère public. médicale et physique 20 F. l’équipe technique et les représentants de l’institution publique régionale compétente en matière de protection et de réforme des mineurs. au cours des premières 24 heures et peut décider de maintenir le mineur en garde à vue jusqu’à 72 heures. avant qu’il soit mis en liberté ou conduit devant le juge des mineurs (article 17). « Reglas para la determinación de las medidas aplicables : modificación y sustitución de medidas ». I-2001.2). 21 T. les mineurs doivent être gardés par la police dans des installations adéquates et différentes de celles destinées aux majeurs de 18 ans (article 17. 3. Estudios Juridicos.

24 G. en tant que parties au procès. en considérant qu’elle pouvait favoriser des «situations d’absence de défense »23 et parce qu’elle provoquait un monopole du procureur insuffisamment justifié par la primauté des buts éducatifs24. le juge des mineurs. 124. La victime pouvait dénoncer les faits.166 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 1-2004 correspondant à son âge. L’exclusion de la victime du procès pénal n’a jamais affecté la responsabilité civile. n’autorisait pas l’intervention. en tenant compte de la gravité de la conduite. avec une détermination spécifique des moyens de contrôle et de coercition applicables.2). VENTURA FACI et V. des victimes et des particuliers (article 25). p. Le procès pénal des mineurs. LANDROVE DÍAZ. 25 et s. de l’intérêt personnel et des circonstances sociales du mineur. 4. peut ordonner l’internement provisoire de celui-ci : cet internement peut s’étendre jusqu’à trois mois prorogeables pendant encore trois mois (article 28). son sexe et ses caractéristiques individuelles (article 17. La garde à vue des mineurs mériterait une réglementation plus détaillée. p. la réforme intervenue par la loi 7/2000 a prévu l’établissement d’installations spécifiques (éventuellement créées en collaboration avec les Communautés autonomes) sous le contrôle du personnel spécialisé de l’Audience nationale (Disposition additionnelle 4). Autres dispositions 1. le ministère public devait maintenir la victime informée sur l’évolution du dossier (article 16. p. 2000. 2. La Moderna Victimolagía.2). 23 22 . En matière de terrorisme. R.153. dans certains cas et d’une façon limitée. la participation de la victime était autorisée pendant l’instruction au cours de l’audience. Si la victime présentait une dénonciation. Valence. Certaines « normes provisoires sur le traitement policier des mineurs »22 ont conduit à la création de groupes et équipes de police spécialisés en matière de mineurs (GRUME). n°. Ley Orgánica 5/2000 de 12 de enero reguladora de la responsabilidad penal de las menores. du danger social. Madrid. PELÁEZ PÉREZ. qui doit être examinée au sein d’un dossier Palicia. 2000. Exceptionnellement. L’exclusion de la victime du procès des mineurs a été critiquée. 1998. Comentarias y jurisprudencia. en autorisant la participation de la victime au procès des mineurs en tant que partie accusatrice . mais c’était le ministère public qui accusait. La loi 15/2003 a mis fin à cette exclusion de la victime. 3. tel qu’il a été introduit en 2001. Avant l’expiration du délai de détention. 293.

Ministerio Fiscal. explorer les possibilités de conciliation/réparation.. p. L. . 129 et s. 27 J. sur les mesures définitives. I. substitution ou suspension. de la CUESTA ARZAMENDI. L’audience se produit en présence du ministère public. E. La Loi 5/2000 a aussi réglementé la responsabilité civile solidaire des parents et des tuteurs du fait du comportement du mineur. La participation à la séance 25 J.. l’équipe technique a un champ de compétence très important : informer sur la situation du mineur. 26 R. une plus grande marge de discrétion qu’au sein du procès des adultes.LE STATUT PÉNAL DE L’ENFANT MINEUR : ESPAGNE 167 séparé (articles 61-64)25. si le rejet social a été déjà suffisamment montré ou si le fait de le mener à terme est considéré inadéquat étant donné le temps passé depuis la commission des faits (article 27. où le juge des mineurs a. devant le juge des mineurs. de l’avocat. L. p. 175 et s. de la CUESTA ARZAMENDI. Les victimes peuvent intervenir au sein de ce dossier séparé.. 1-2001.121 et s. VENTURA FACI et V. p. sur l’ordre de son application.. p. sa modification. L’acquiescement du mineur à la demande formulée par le procureur conduit directement à une sentence de conformité (article 32). Intégrée normalement par un psychologue. cit. La loi 5/2000 a établi une nouvelle procédure26. J. sauf décision judiciaire. cit. « La responsabilidad civil en la Ley Orgánica de Responsabilidad Penal del Menor ». « Responsabilidad civil ». « Labor y funciones del equipo técnico ». 2001. Consejo Vasco de la Abogacia. . donner son avis sur l’application des mesures provisoires. 1-2001. à nouveau. Une importante caractéristique du nouveau procès pénal des mineurs se trouve dans la participation de l’équipe technique28. dans l’intérêt du mineur. p.4). Cette responsabilité est considérée en général comme une responsabilité objective. Estudios Juridicos. 249 et s. p. d’un représentant de l’équipe technique et du mineur. DOLZ LAGO. « Responsabilidad civil ». mais elle devrait toujours exiger un certain manque de diligence27. L’AUDIENCE La flexibilité est aussi assurée à l’audience. NAVARRO MENDIZABAL. PELÁEZ PÉREZ. un éducateur et un travailleur social (les Communautés autonomes sont en tout cas compétentes pour définir sa composition exacte). .2 Code Pénal).. 212. mais indépendante de l’action pénale. Aussi. elles peuvent aussi présenter au juge civil leurs demandes en matière de responsabilité civile (article 109. Ley. Elle peut aussi présenter des propositions pour interrompre le traitement du dossier. Icade.. qui peut être accompagné par ses représentants légaux. n° 53. 2. 28 M. 184. Estudios Jurídicos. Ministerio Fiscal. cit.

En raison du principe accusatoire. Il peut aussi prononcer son jugement à la fin de l’audience.2 et même si. Icade. G. 2001. Le juge et le procureur doivent assurer l’application stricte de cette règle. le juge peut décider dans l’intérêt du mineur ou de la victime le huis clos. Le juge doit tenir compte avec flexibilité non seulement de la preuve et de la transcendance juridique de la conduite du mineur. étant donnée l’importance de la conciliation et de la réparation par rapport au procès. leur contenu.3 énonce les règles générales pour le choix des mesures.2 établit de façon spécifique que les media ne peuvent pas obtenir ou diffuser l’image ou des informations qui pourraient permettre l’identification du mineur. PROTECTION SPÉCIALE CONTRE LA PUBLICITÉ L’article 35. la séance est publique. prononçant les mesures. TOMÉ GARCÍA.4). le juge de mineurs ne peut pas imposer une mesure plus sévère que celle proposée par le ministère public. mais aussi. A. Il peut aussi ordonner au mineur de quitter temporairement la salle si. la tâche de l’équipe technique (article 27.168 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 1-2004 d’un représentant de l’institution publique compétente en matière de protection et de réforme des mineurs est aussi autorisée (article 35). F. une activité médiatrice préalable sera nécessaire pour l’élaboration de la proposition de la part de l’équipe technique. leur durée et les objectifs d’une façon claire et avec une expression conforme à l’âge du mineur (article 39). Les sanctions générales Comme il a été déjà souligné. et d’une manière spéciale. n°53. de ses conditions 29 J.3 ) est d’examiner les possibilités de conciliation et de réparation et. en règle générale29. En vertu de l’article 35. L’article 7. il le considère opportun dans l’intérêt du mineur (article 37. 176.2). . officiellement ou à la demande des parties au procès. Les mesures d'internement ne peuvent pas aller au-delà de la durée de la peine privative de liberté prévue par le Code pénal des adultes pour les mêmes faits (article 8). SYSTÈME DE SANCTIONS 1. de proposer le contenu et les buts de l’activité réparatrice qui peut amener à l’abandon du procès (article 19) ou à mettre fin à l’exécution de la mesure en cours d’application (article 51. p. le juge rend son jugement public dans les cinq jours suivants. « Aspectos procesales en la nueva ley del menor ». éventuellement. L’audience terminée. de l’âge du mineur. Souvent.

de sa personnalité et de son intérêt. n° 53. Consejo Vasco de la Abogacia.. mais on observe une certaine absence de réponses plus imaginatives . On peut aussi discuter le point de savoir si les mesures prévues vont réellement aider à la responsabilisation du mineur. 1-2001.. En général. Le juge des mineurs peut prononcer les mesures suivantes32: . en considérant qu’il s'agit d’authentiques « sanctions punitives »31. incapacité absolue. 2. vie en commun dans une famille ou un groupe éducatif. cit. « Estudio sobre las medida en la Ley Orgánica Reguladora de la Responsabilidad Penal de los Menores ». 16 week-ends) . 2e éd. A. p. p. ORTIZ GONZÁLEZ. 2000. 106. la loi parle de « mesures ». p. Ministerio Fiscal. 2001. la durée des mesures ne devrait pas aller au-delà de deux ans (100 heures pour les prestations au profit de la communauté. cit. Les sanctions particulières Même si. ... Parte General : Lecciones. liberté surveillée (simple ou avec un suivi intensif). Justicia de menores. En cas de non-imputabilité du mineur. du droit à les obtenir ou de licences administratives de chasse ou de pêche ou autorisant le port d’armes. 32. « Las medidas de intemamiento y sus modalidades ». il est à souhaiter que les programmes socio-éducatifs puissent servir ce but. s’ils ont commis des faits avec violence ou intimidation ou en mettant en risque sérieux la vie ou l’intégrité physique d’autrui. prestations au profit de la communauté. répréhension. . p. Il appartient à l’équipe technique de fournir au juge toute ces informations. CEREZO MIR. en régime ouvert. tâches socio-éducatives. en régime semi ouvert. . compte tenu de la réglementation applicable. Les institutions publiques compétentes en matière de protection et de réforme des mineurs peuvent aussi renseigner le juge sur ces points. Néanmoins. permanence pendant le week-end. ». 173 et s. ETXEBARRIA ZARRABEITIA. Madrid. 33 FUNDACIÓN DIAGRAMA. cit. p.. privation du permis de conduire des cyclomoteurs ou des véhicules à moteur. p.. 31 I. L. internement thérapeutique33. « La nueva ley. 185 et s.. SÁNCHEZ GARCÍA DE PAZ.. Derecho Penal. « Aspectos sustantivos ». 686 . l’équipe technique émet un 30 J. assistance à un centre de jour.. GARCIA PÉREZ. La liste est longue.Mesures non privatives de liberté: traitement ambulatoire. cit. huit weekends pour la permanence en week-end). 719. Estudios Jurídicos.LE STATUT PÉNAL DE L’ENFANT MINEUR : ESPAGNE 169 familiales et sociales. 185 et s. Icade. 32 J. « La medida de intemamiento en la Ley Reguladora de la Responsabilidad Penal de los Menores ».. les jeunes de plus de 16 ans au moment de la commission des faits peuvent se voir appliquer une mesure pouvant atteindre cinq ans (200 heures. un important secteur de la doctrine les considère comme de vraies peines juvéniles30. R. X. O.Mesures privatives de liberté: internement en régime fermé. MUŇOZ OYA. seul l’internement thérapeutique ou le traitement ambulatoire peuvent être imposés et toujours en tenant compte de la dangerosité du mineur.

l’internement en régime fermé peut s’imposer pour une durée d’un à cinq ans. la suspension. Le juge a également une marge très importante quant à la modification. En outre. exceptionnellement (article 9. et 2) volonté du mineur de montrer des aptitudes à la réintégration dans la société et de non délinquance. l’internement peut se prolonger jusqu’à cinq ans (pour les mineurs de 16 ans) et jusqu’à 10 ans pour les jeunes entre 16 et 18 ans. on imposera l’incapacité absolue pour un temps supérieur de 4 et 15 ans à celui de la durée de l’internement (disposition additionnelle 4 c). si celle-ci a été proposée par l’équipe technique ou par l’institution publique de protection ou de réforme des mineurs. en se fondant sur l’intérêt du mineur et si une expression suffisante du rejet mérité par sa conduite est déjà intervenue (article 14). . La loi prévoit la possibilité de suspension pendant deux ans de l’exécution du jugement (article 40) pour les mesures d’une durée inférieure à deux ans sous certaines conditions : 1) ne pas être condamné à une peine ferme pour une infraction commise pendant le temps de la suspension. Les jeunes majeurs de 16 ans pourront encourir l’internement en régime fermé d’un à huit ans suivi par la liberté surveillée pendant cinq ans. suivi d’une mesure de liberté surveillée assortie d’une assistance éducative (et exécutée par les institutions publiques des adultes) pendant encore cinq ans. dont l’une est punie d’une peine égale ou supérieure à quinze ans de prison par le Code pénal. meurtre. En cas d’infractions très sérieuses (c’est-à-dire. en raison de la gravité de l’infraction. substituée ou modifiée avant la moitié de la durée d’internement imposée (disposition additionnelle 4). les mineurs de 16 ans peuvent encourir une mesure d’internement en régime fermé d’un à quatre ans. En effet. assortie d’une mesure de liberté surveillée pendant encore trois ans. En outre. il peut prendre ces décisions « à tout moment ». cette mesure ne pourra pas être suspendue. agressions sexuelles qualifiées) et autres sanctionnées par le Code pénal d’une peine de prison égale ou supérieure à quinze ans de prison. pour les faits d’une extrême gravité (et ce sera toujours le cas en présence de récidive). La mesure ne pourra pas être suspendue ou substituée avant un an d’internement effectif. viol.170 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 1-2004 avis favorable à la prolongation de la mesure (article 9. la réduction ou la substitution et pour mettre fin à la mesure prononcée. Le juge peut aussi soumettre le mineur à un régime de liberté surveillée pendant la suspension ou lui imposer l’obligation de réaliser une activité socio-thérapeutique (avec la participation des parents ou tuteurs). Si les faits sont qualifiés de terrorisme et si le mineur ou le jeune est responsable de plus d’une infraction.5).4). homicide. du nombre d’infractions commises et des circonstances de l’auteur.

parmi celles-ci. Relation entre les différentes mesures Le juge peut prononcer une ou plusieurs mesures s’il le considère adéquat compte tenu de l’intérêt du mineur. le délai total d’exécution ne pouvant aller au-delà de la durée de la mesure la plus grave (article 13). sauf si l’intérêt du mineur conseille une durée inférieure. il sera seulement applicable en cas de recours à la violence ou l’intimidation ou de risques sérieux contre la vie ou l’intégrité physique d’autrui (article 9. En cas de concours idéal et médial on prend exclusivement en considération l’infraction la plus grave (article 2). le juge. jamais pour faits imprudence (article 9. le jeune (âgé déjà de 18 ans) est condamné en application du Code pénal et l’exécution simultanée de la peine ou mesure imposée n’est pas possible. on prononce une seule mesure en prenant comme infraction de référence le fait le plus grave et la mesure est appliquée dans l’extension maximale autorisée par l’article 9. . sauf si. On trouve la même inspiration quant à l’infraction continue ou avec une pluralité de victimes (article 12).LE STATUT PÉNAL DE L’ENFANT MINEUR : ESPAGNE 171 3.1). La loi s’inspire du Code pénal en matière de concours d’infractions. ordonne l’exécution immédiate de la peine de prison (article 47.5). Un critère général quant à l’ordre d’exécution (qui peut être toujours fixé d’une autre façon par le juge) est de commencer par les mesures d’internement et. en raison de la gravité de l’infraction. l’exécution de la peine de prison devra attendre celle de la mesure. Dans ces cas. 4. Si pendant l’exécution de la mesure. compte tenu des circonstances du jeune. il peut les substituer ou établir l’ordre d’exécution. si les mesures ne peuvent pas s'appliquer d’une façon simultanée. Règles de détermination et d’application de la mesure en droit pénal de mineurs En matière de contravention on peut seulement prononcer une mesure de répréhension. entre les mesures de même nature l’ordre légal est d’ordre chronologique (article 47). prestations au profit de la communauté (jusqu’à 50 heures) et privation du permis de conduire ou d’autres licences administratives (article 9. Néanmoins.6). permanence jusqu’à quatre week-ends. par l’internement thérapeutique.2). Quant à l’internement en régime fermé.

Celles-ci peuvent ouvrir des voies de collaboration avec d’autres entités publiques ou privées sans but lucratif et sans se débarrasser de la responsabilité de l’exécution qui leur correspond (article 45). p. SAN MARTÍN LARRINOA « Ejecución ». le mineur devra demeurer à son domicile pour couvrir sans interruption le temps d’exécution manquant . 35 LÓPEZ CABELLO. Les mesures prononcées en raison des infractions de terrorisme sont exécutées sous le contrôle du personnel spécialisé et dans les centres que le gouvernement doit mettre à la disposition de l’Audiencia Nacional. Consejo Vasco de la Abogacía. L’administration doit envoyer au juge. EXÉCUTION DES MESURES L’exécution des mesures fondées sur le principe de légalité34 (article 43) relève de la compétence des Communautés autonomes du juge des mineurs (article 44). L’exécution des mesures d’internement35 se divise en deux: internement dans un centre et liberté surveillée (article 7.3). au procureur et à l’avocat du mineur. 141 et s. Ministerio Fiscal. La Ley. le mineur sera à nouveau interné dans le centre où il se trouvait ou dans un autre centre plus adapté à sa situation. sauf si le juge ordonne le contraire dans l’intérêt du mineur (article 46. également Estudios Jurídicos. le procureur pourra proposer au juge d’y substituer une autre mesure non privative de liberté et. mais la prescription des faits commis par des jeunes de plus de 18 ans et mineurs de 21. cit. Aussi Estudios Jurídicos.. 459 et s.. H..2). E. Juslicia de menores. La Ley... mais ce sont les Communautés autonomes qui doivent la mettre en place à travers les institutions publiques de protection ou de réforme des mineurs. 155 et s. Aussi. En vue de l’exécution de la mesure. Consejo VASCO de la Abogacía.. le cas 34 B. 141 et s. Si la mesure consiste dans la permanence de week-end. A. 417 et s. « Ejecuci6n de las medidas no privativas de libertad ». p. La Loi contient des règles particulières quant à l’exécution des mesures privatives de liberté dans des centres spécifiques (non pénitentiaires) . est traitée directement par les règles générales du Code pénal.p. « Ejecución de las medidas privativas de libertad ». si la mesure n’était pas une mesure de privation de liberté. V. l’administration compétente nomme un professionnel responsable.-2001. ceux-ci peuvent être (ou non) des centres de protection de « mineurs ou des centres socio-sanitaires » (article 54). 1.. .172 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 1-2004 La prescription des infractions et des mesures fait l’objet de l’article 10 de la Loi. La loi proclame le principe de proximité: le mineur doit être interné dans le centre le plus adéquat parmi les plus voisins de son domicile.. ou constituant des infractions très graves ou de terrorisme. cit. cit. LÓPEZ MARTÍN et M. p. En cas de fugue. exceptionnellement un internement en régime semi-ouvert (article 50). Ministerio Fiscal. des rapports périodiques sur l’exécution et sur l’évolution personnelle du mineur (article 49). DÓLERA CARRILLO. 1-2001. p..

leur forme et par la procédure d’application) des dispositions et des principes constitutionnels.2).devant le juge des mineurs (article 60. séparation pendant le week-end. répréhension. La dignité de la personne et ses droits à l’alimentation et à un enseignement obligatoire. Des règles d’une importance spéciale en matière d’internement sont les normes disciplinaires (article 60) de même que toutes celles concernant les mesures de surveillance et de sécurité (article 59). ainsi que sur les moyens de réclamation. CASIER JUDICIAIRE Par Décret royal 232/2002. prévu par la disposition additionnelle 3 de la Loi organique 5/2000. Celle-ci oblige à garantir les droits des mineurs internés (article 56) et à bien définir leurs devoirs (article 57).LE STATUT PÉNAL DE L’ENFANT MINEUR : ESPAGNE 173 échéant. I. La loi ne décrit pas les infractions disciplinaires particulières qui doivent être classifiées par le règlement en infractions très sérieuses. En dehors des effets statistiques.7). 36 Séparation du groupe (en cas d'agressivité évidente et de grave altération de la vie en commun). interdiction de permissions de sortie. Le règlement doit fixer le système de permissions de sortie ordinaires et extraordinaires (article 55. du 1 mars. interdiction de participation aux activités récréatives. par accord avec les Communautés autonomes (disposition additionnelle 4 d). Seules les mesures définitives sont inscrites. sérieuses ou légères.1). Le mineur peut toujours former un recours contre elles -par écrit ou oralement. Un principe fondamental de l’organisation des activités dans les centres est la resocialisation (article 55). a été réglementé le casier judiciaire pour les sentences prononcées en matière de responsabilité pénale des mineurs. Les sanctions disciplinaires doivent être respectueuses (par leur contenu. Le mineur a le droit d’être informé de toutes ces dispositions par écrit et dans un langage compréhensible. plaintes ou de former un recours contre les décisions de l’administration (article 58). ainsi qu’à organiser la vie à l’intérieur de la façon la plus proche de la vie en liberté (article 55. . ainsi que les communications et visites sont en tout cas garanties (article 60. ainsi que réglementer tous les autres aspects du fonctionnement de l’établissement. En revanche. les données du casier ne sont à la disposition que des juges et tribunaux compétents en matière de responsabilité pénale des mineurs et du ministère public. avec mention de leur contenu et des circonstances personnelles du mineur.3). les sanctions disciplinaires36 sont mentionnées à l’article 60 qui fait la distinction entre celles applicables aux diverses catégories d’infractions.

une dotation suffisante de moyens37 est encore attendue afin de permettre la plus complète application de la nouvelle loi. cambio de paradigma : del niño en peligro al niño peligroso ». Seule la Communauté autonome de Catalogne a. C. L’accent est mis surtout sur le contenu de l'exécution des mesures en milieu ouvert et l’exécution des internements.174 REVUE INTERNATIONALE DE DROIT COMPARÉ 1-2004 L’annulation des inscriptions se produit officiellement dix ans après la survenance de la majorité d’âge par le mineur et si les mesures ont été exécutées pleinement ou si la prescription est intervenue. J. « La ley de Responsabilidad Penal de los Menores. les droits généraux et particuliers des mineurs et des jeunes. ainsi que sur le soutien aux processus de réinsertion. néanmoins. CONSIDÉRATION FINALE Plus de deux ans après l’entrée en vigueur du nouveau système. 2001. les compétences du gouvernement catalan. 37 Les Communautés autonomes ont considéré que l’investissement nécessaire devrait être supérieur à 7 milliards €. . la participation des institutions publiques et privées. profité du délai d’un an ouvert par la loi 5/2000 pour approuver une législation spécifique de justice juvénile (loi 27/2001 du 31 décembre). Celle-ci s’occupe de définir les principes directeurs de l’intervention. p. RIOS MARTIN. 53. On attend également le complément législatif et réglementaire. J. 241. Icade.