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Mai 2014  Issue 3

NOUVELLES
DU RÉSEAU
POUR LA
SANTÉ DES
TRAVAILLEURS
Dans ce numéro
INTERVIEW : KWASI ADU-AMANKWAH, secrétaire-général de la CSI-Afrique
Coup d’œil sur la couverture sanitaire universelle
Droits et défauts de la santé sexuelle et génésique
• Assaut sur les droits humains
• La violence sexuelle nous importe-t-elle suffisamment?
• Le VIH-sida et les droits humains : les jeunes à l’œuvre
Also . . .
 RST SUR FACEBOOK
 Nouvelles des syndicats
 Nouvelles des partenaires et d’autres intervenants
Les Nouvelles du Réseau de santé
des travailleursMC sont un projet
réalisé en partenariat entre le
Congrès du travail du Canada
(CTC) et l’organisation régionale
africaine de la Confédération
syndicale internationale
(CSI-Afrique) qui vise à
élargir et à renforcer
un réseau mondial de
militantes et de militants.
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NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
1
INTERVIEWE
Nouvelles du RST
MC
Interviewe . . .
Kwasi Adu-Amankwah,
secrétaire général de
l’Organisation régionale
africaine de la
Confédération
syndicale
internationale
(CSI-Afrique)
Quelles ont été les réalisations les plus notables des
centrales syndicales nationales en matière de sida
depuis l’adoption de la première résolution sur le
VIH-sida pendant le 17e congrès mondial de la CISL
(Confédération internationale des syndicats libres)
tenu à Durban en avril 2000?
L’adoption de la résolution par le congrès mondial
a posé un important cadre dans lequel les travaux
syndicaux relatifs au VIH-sida ont été accomplis par
la suite. Lancé l’année précédente, notre grand projet
réalisé avec la confédération syndicale norvégienne
(LO) nous a aidés à transformer la résolution en
mesures concrètes, particulièrement au niveau du lieu
de travail.
De plus, nous avons collaboré avec le congrès syndical
britannique (TUC), la confédération suédoise des
employés professionnels (TCO) et le Congrès du
travail du Canada (CTC). La collaboration a permis
aux centrales syndicales nationales d’atteindre quatre
principaux buts dans leurs pays respectifs.
Premièrement, nous avons classé les programmes de
travail syndicaux ayant trait au VIH-sida par ordre
de priorité en créant des permanences dotées d’un
personnel à plein temps, en établissant des manuels
de formation, y compris des clauses de convention
collective sur le VIH-sida, et en accroissant le nombre
de lieux de travail qui ont des politiques sur le VIH-sida.
Deuxièmement, nous avons reconnu que le VIH-sida
pose un problème de santé et de sécurité au travail
alors que la question faisait encore l’objet d’un vif
débat avant l’an 2000. Nous avons mené des activités
de concert avec des employeurs, assujetti le VIH-sida
à la législation sur le travail et les inspections des
lieux de travail et incorporé le VIH-sida à la liste des
maladies professionnelles indemnisables dressée par
l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Troisièmement, nous avons mieux fait connaître la
place du mouvement syndical et des lieux de travail
dans les stratégies et les structures sur le VIH-sida
en mettant davantage l’accent sur les politiques du
lieu de travail et les interventions à ce niveau et en
accroissant la participation de dirigeantes et dirigeants
syndicaux nationaux aux campagnes telles que celle des
services de conseil et de dépistage volontaire (SCDV).
Quatrièmement, nous avons continué à sensibiliser
les dirigeantes et dirigeants syndicaux, les
membres de syndicats et l’ensemble des
travailleurs et travailleuses, ce qui a donné lieu à
des changements de comportement positifs tels que
l’augmentation de l’utilisation de préservatifs, une
meilleure acceptation des travailleuses et travailleurs
vivant avec le VIH-sida et une augmentation des
personnes se prêtant à des tests de dépistage du VIH, et
à la création de programmes spéciaux tels que ceux qui
visent à apporter de la nourriture et une aide financière
aux travailleurs et travailleuses vivant avec le sida.
En novembre 2012, la CSI-Afrique, la LO-TCO
suédoise et la confédération des syndicats éthiopiens
(CETU) ont tenu un atelier régional pour renforcer la
participation des jeunes aux conseils nationaux sur
le sida et aux instances de coordination nationale.
Quels ont été les progrès réalisés jusqu’à présent
à votre avis? Qu’est-ce que les syndicats peuvent
faire pour accroître la participation des jeunes et la
participation aux organismes nationaux sur le VIH-
sida?
L’initiative menée par la CSI-Afrique de concert avec la
LO-TCO et la CETU était destinée à sensibiliser les gens
à l’importance de la participation des jeunes à la lutte
contre le VIH-sida. Nous avons effectivement assisté à
une augmentation de l’intérêt des jeunes membres à
l’égard de la sensibilisation et du dépistage volontaire à
l’échelle régionale. L’insuffisance de nos ressources ne
nous a pas permis de mener des activités semblables à
l’échelle nationale et nous devrions nous efforcer d’en
mener.
“Je pense qu’il est juste de dire que nous
ne pourrions pas avoir ce problème avec
les lois anti-homosexuels si R200 avait été
faite partie de la législation nationale il ya
des années.”
The interview continues on page 17.

2
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
SECTION 1:
LES PROBLÈMES DE
SANTÉ MONDIAUX
Couverture maladie universelle Regards
Le choix des mots importe dans l’établissement des
politiques sur la santé ou l’affectation de ressources
à l’atteinte d’objectifs ayant trait à la santé parce
qu’un manque de précision peut littéralement faire
la différence entre la vie et la mort. C’est pourquoi
Nouvelles du RSTMC examine de plus près le terme
couverture sanitaire universelle (CSU).
La CSU semble être un concept simple de prime abord
mais elle est loin d’être simple. Même si une campagne
visant à intégrer la CSU aux Objectifs du Millénaire pour
le développement prend de l’ampleur, le sens de la CSU
pourrait demeurer controversé pendant 15 années
encore, ce qui compliquerait l’atteinte des objectifs
partagés par les partisans de la CSU et les sceptiques.
Qu’est-ce que la CSU?
Il y a des divergences d’opinions au sujet de ce que la
CSU signifie. Les auteurs d’un article paru en janvier
2014 dans The Lancet soutiennent que « pareille
imprécision peut avoir des conséquences involontaires
pour les politiques ». L’article indique un cas où il est
tenu pour acquis que des politiques équitables sur
la santé découlent naturellement de l’adoption de
politiques sur la CSU, même si la conception et la mise
en œuvre de ces politiques varient grandement.
La Banque mondiale et l’Organisation mondiale de
la santé (OMS), principaux promoteurs de la CSU,
emploient des termes ayant trait aux aspirations pour
décrire la CSU : « situation où toutes les personnes
peuvent accéder aux services de santé de qualité dont
elles ont besoin (prévention, promotion, traitement,
réadaptation et soins palliatifs) sans éprouver des
difficultés financières à les payer ».
La Banque mondiale et l’OMS reconnaissent que «
les objectifs de la CSU (réduire l’écart entre le besoin
et l’accessibilité de services, améliorer la qualité et
améliorer la protection financière) tracent l’orientation
globale des progrès mais la réforme dans tout pays
commence par celle du système et du contexte
existants ».
Des personnes qui militent dans le domaine de la santé
mais qui sont sceptiques à l’égard de la CSU – y compris
Amit Sengupta, coordinateur mondial associé du
Mouvement Populaire pour la Santé – prétendent que
la CSU se trouve à associer le financement durable des
systèmes de santé à la conception de ces systèmes. Cela
comporte la promotion de la participation méthodique
du secteur privé à la prestation des services de santé.
Ces personnes estiment que le remplacement du
terme « soins » par le terme « couverture » illustre un
éloignement de l’accent de la conception des systèmes
de santé vers leur financement.
Pourquoi la discussion au sujet de la CSU est-elle
importante?
Le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS,
estime que « la couverture sanitaire universelle est
le concept le plus puissant en santé publique. Il est
inclusif. Il unifie les services et les fournit d’une
façon globale et intégrée fondée sur les soins de
santé primaires ». Des termes tels que « panacée »
et « troisième grande transition » servent à décrire
un concept qui est considéré comme un facteur de
modification de la façon dont les services sont financés
et dont les systèmes sont organisés.
Les sceptiques concèdent qu’en moins d’une décennie,
la CSU en est venue à dominer la plupart des débats
internationaux au sujet de l’accès aux soins de santé.
Ils reconnaissent que la CSU est maintenant considérée
par de nombreuses personnes comme étant la solution
à adopter pour satisfaire aux besoins pressants
en soins de santé dans les pays à revenu faible ou
moyen (PRFM), ce qui rend d’autant plus difficile de
comprendre ce qu’elle promet, au juste.
Dans quelle mesure la CSU est-elle universelle?
Il n’y a pas et n’y aura probablement jamais de modèle
omnivalent de CSU. Il est presque sûr qu’il y aura des
disparités entre les services de santé que les pays
fourniront et les façons dont ils seront financés. Selon
une publication de la Banque mondiale, « chaque pays
instaurera la couverture sanitaire universelle à sa façon
et il n’existe pas de système ou de modèle unique pour
ce faire ».
UHC Forward, vigoureux partisan de la CSU, fait écho à
l’idée que la CSU « peut avoir un sens différent pour des
personnes différentes ». Cette plateforme définit la CSU
en mettant l’accent sur le volet du financement plutôt
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
3
que sur les soins de santé. Sans incorporer les soins
de santé dans ses critères, le site Web UHC Forward
indique que « différents pays peuvent faire des choix
différents relatifs aux politiques mais les pays qui
poursuivent la CSU tiennent compte des trois principes
suivants : 1) réduction des déboursés, 2) prépaiement
et 3) mise en commun des risques ».
Quels pays ont intégré la CSU à leur stratégie
nationale en matière de santé?
Partisans et sceptiques invoquent une grande quantité
d’expérience vécue par différents pays.
Un rapport de 2013 intitulé La couverture universelle
en matière de santé : un engagement à combler
les écarts de santé (OMS, Unicef et la Rockefeller
Foundation) signale que depuis la parution du Rapport
sur la santé dans le monde 2010 - Le financement des
systèmes de santé : le chemin vers une couverture
universelle, plus de 70 pays ont demandé de l’aide à
l’OMS pour aller de l’avant dans l’instauration de la
CSU. Une résolution de l’ONU a été approuvée par plus
de 90 pays en décembre 2012 pour faire de la CSU un
des principaux objectifs mondiaux en matière de santé.
Les partisans de la CSU recueillent les histoires de
réussite des premiers pays à adopter la CSU, comme le
Mexique, la Thaïlande, le Chili, la Turquie et le Brésil et
des pays qui l’ont adoptée depuis et qui comprennent le
Ghana, le Cambodge et le Rwanda. Le site Web de l’OMS
présente des rapports sur près de 20 pays.
Dans la publication hors série du Municipal Services
Project qui s’intitule Universal Health Coverage:
Beyond rhetoric, Amit Sengupta fait remarquer que
des données vivement contestées sur certaines des
premières réformes des systèmes de santé fondées sur
l’assurance universelle qui ont eu lieu dans le Sud (p.
ex., au Chili, en Colombie et au Mexique) n’en ont pas
moins servi à légitimer le programme de CSU actuel.
M. Sengupta soutient que de nombreux partisans de
la CSU désirent en fait créer des marchés de services
de santé pour le secteur privé. Il examine l’expérience
européenne relative à l’établissement de modèles
semblables, qui a fait de la santé une marchandise, et il
présente les cas du Brésil, de l’Inde et de la Thaïlande
pour illustrer que la tendance s’est mondialisée, à la
faveur de nouvelles initiatives de CSU.
Que peut-on faire pour améliorer à court terme la
qualité de la discussion et du débat au sujet de la
CSU?
Thomas O’Connel, Kumanan Rasanathan et Mickey
Chopra, auteurs de l’article de The Lancet proposent ce
qui suit :
Un vaste consensus au sujet d’un cadre
opérationnel précis ferait de l’instauration de la
CSU un processus plus inclusif et dirigé par le
pays plutôt qu’un processus simplement influencé
par des pontifes mondiaux. Le développement de
pareil cadre démystifierait la CSU et encouragerait
la prise de mesures judicieuses de surveillance
et de comparaison mondiale, ferait fond sur
les leçons tirées de la poursuite des Objectifs
du Millénaire pour le développement (OMD) et
contribuerait de façon appréciable au programme
de l’après-2015.
« Nous tenons à exprimer notre crainte au sujet de
la promotion de la couverture sanitaire universelle
dans le contexte du passage terminologique
des soins de santé universels à la couverture
universelle en matière de santé, qui laisse
entendre une dépendance à l’égard du modèle
axé sur l’assurance, particulièrement avec la
participation du secteur privé, commercial et à but
lucratif.
Nous craignons que cela ne perpétue l’approche
sélective à l’égard des soins de santé primaires
qui a remplacé les principes de la Déclaration
d’Alma Ata par un processus fondé sur les forces
du marché. Nous incitons les pays membres à
reconsidérer cette approche, qui peut donner lieu
au démantèlement du système public de soins de
santé en donnant plus de place au secteur privé,
commercial et à but lucratif.
Nous proposons de retourner au concept des
soins de santé universels devant être instaurés
grâce à des systèmes organisés et comptables de
prestation de soins de santé primaires exhaustifs
et de qualité. ». – Medicus Mundi International,
point 10.3 à l’ordre du jour – couverture sanitaire
universelle – de la 132e session du Conseil exécutif de
l’OMS tenue à Genève du 21 au 29 janvier 2013.
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NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
Couverture sanitaire universelle :
Définition de l’OMS
Le but de la couverture universelle en matière de
santé est de faire en sorte que tous les individus aient
accès aux services de santé dont ils ont besoin sans
que cela n’entraîne pour les usagers de difficultés
financières.
Pour qu’une communauté ou un pays parvienne à la
couverture universelle en matière de santé, plusieurs
facteurs doivent être réunis, à savoir:
• Un système de santé solide, effcace et bien géré
qui réponde aux besoins de santé prioritaires
au moyen de soins intégrés centrés sur les
personnes (y compris des services spécialisés
dans le VIH, la tuberculose, le paludisme, les
maladies non transmissibles, la santé de la mère
et de l’enfant) :
– en informant les gens et en les encourageant
à rester en bonne santé et à prévenir les
maladies;
– en dépistant tôt les problèmes de santé;
– en ayant les moyens de traiter les maladies;
– en aidant les patients ayant besoin d’une
réadaptation.
• Des soins à un coût abordable – un système de
financement des services de santé qui évite aux
usagers de rencontrer des difficultés financières
lorsqu’ils y font appel. Plusieurs solutions existent.
• L’accès aux médicaments et aux technologies
essentiels pour diagnostiquer et traiter les
problèmes médicaux.
• Des effectifs suffsants de personnels de santé
bien formés et motivés pour dispenser les
services et répondre aux besoins des patients en
se fondant sur les meilleures données factuelles
disponibles.
Organisation mondiale de la santé
Liens choisis :
Document d’information présenté à la réunion
ministérielle de l’OMS et de la Banque mondiale sur
la couverture sanitaire universelle tenue en février
2013 : Vers la couverture sanitaire universelle :
enseignements et défis pour les politiques publiques
Déclaration sur les résultats de la réunion
Pages Web de l’OMS sur la CSU.
Pages Web de la Banque mondiale sur la CSU.

L’héritage de la libéralisation : le
Cameroun ferme des cliniques
Le gouvernement du Cameroun ferme des centaines
d’installations de soins de santé qui ont été établies
depuis qu’il a privatisé le secteur de la santé il y a
deux décennies. Les fermetures affectent plus de 524
centres de formation médicale et 600 cliniques privées
exploitées illégalement dans ce pays d’Afrique du
Centre, selon l’agence de presse Inter Press Service.
« Les cliniques et établissements de formation
clandestins ont causé la mort ou l’empirement de
l’état de santé de nombreux Camerounais innocents
», dit Biwole Sida, inspecteur national du ministère
de la Santé publique, « parce qu’ils n’ont pas la
formation nécessaire ni le personnel, l’équipement et
l’infrastructure appropriés pour fonctionner en tant
que cliniques ou établissements de formation ».
http://www.ipsnews.net/2014/01/saving-cameroonians-ill-health/
Bidjogo Atangana, secrétaire général de l’Ordre
national des médecins du Cameroun (ONM), déclare
que les cliniques illégales et mal équipées existent
partiellement parce que le gouvernement a « libéralisé
» le secteur de la santé il y a environ deux décennies.
« Pendant les années 1990, les gens étaient autorisés
à créer des cliniques de santé en tant que groupes
d’initiative commune (GIC) », précise M. Atangana.
Aujourd’hui, l’ONM veut que tous les centres médicaux
ayant fonctionné en tant que GIC soient fermés et qu’ils
soient tenus d’obtenir les qualifications et les permis
d’exercice appropriés, que bon nombre d’entre eux
n’ont pas.
« Le secteur manque peut-être de professionnels
qualifiés, mais si la vie de citoyennes et citoyens
innocents est confiée à des charlatans, cela n’aura pour
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
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effet que d’aggraver le problème de santé publique. Il
y a…de nombreux Camerounais possédant les titres
de compétence appropriés pour exercer la médecine,
mais ils offrent leurs services dans d’autres pays où
la rémunération est plus élevée », a indiqué Etienne
Tsou, professeur de sciences de la santé à l’Université
catholique du Cameroun.
Workers’ Health Network™
Facebook Reaches 80,000 People
Comment avez-vous pris connaissance des Nouvelles
du RST
MC
?
Si vous avez découvert l’existence de ce bulletin de
nouvelles grâce à sa page sœur Facebook Réseau de
santé des travailleurs
MC
, vous faites partie du réseau
des médias sociaux qui a la croissance la plus rapide
à tout sujet donné. Si tel n’est pas le cas, vous devez
voir ce que vous manquez.

Organisateurs et organisatrices et activistes, sachez
qu’au moment où ce numéro est mis sous presse,
plus de 80 000 personnes peuvent être jointes par
l’entremise des 20 000 fans de la page Facebook,
ce qui fait de celle-ci une plateforme présentant un
énorme potentiel d’interaction et de communication
entre les syndicats et leur alliés afin de faire la
promotion du droit à la santé pour tous. Pour ceux
qui ne sont pas habitués aux termes, les « fans »
Facebook sont des personnes qui « aiment » la
page. Quand des « fans » affichent des histoires et
partagent l’information qu’ils tirent du Réseau de
santé des travailleurs
MC
, à l’aide de leurs propres
réseaux, ils contribuent à élargir le « rayonnement »
de la page au-delà de 80 000 personnes.
Comme les Nouvelles du RST
MC
,
le Réseau de santé des
travailleurs
MC
est un projet
commun entre le CTC et la
CSI-Afrique et il est accessible
en anglais et en français. La version dans chaque
langue a attiré plus de 10 000 fans et le nombre
continue d’augmenter. Les lecteurs et lectrices
Facebook viennent de presque tous les pays africains,
des proportions moindres venant d’Amérique du Nord,
d’Europe et d’autres pays industrialisés. Bon nombre
des fans actuels des pays anglophones d’Afrique
vivent en Libye, au Kenya, au Nigeria, au Ghana, en
Tanzanie et en Ouganda. Les fans de la page
française vivent principalement en Égypte, en Côte
d’Ivoire et en Algérie. Les lecteurs et lectrices du
Réseau de santé des travailleurs
MC
sont jeunes : ils
ont de 18 à 34 ans.
Lutte contre la tuberculose – l’atteinte des
objectifs de 2015 va-t-elle bon train?
Deux ans avant la date limite
d’atteinte des OMD, le rapport
sur la lutte contre la tuberculose
dans le monde établi en 2013
par l’OMS indique les progrès
réalisés en vue de l’atteinte
des objectifs de 2015 et les
principales mesures à prendre
en priorité pour les atteindre et
les dépasser.
Selon le rapport, la tuberculose demeure un important
problème de santé mondial, même s’il est possible
de prévenir la plupart des décès attribuables à cette
maladie. En 2012, environ 8,6 millions de personnes ont
contracté la tuberculose et 1,3 million en sont mortes
(320 000 d’entre elles étaient également infectées par le
VIH). Sur une note positive, disons qu’en 2012, le taux
de mortalité attribuable à la tuberculose avait été réduit
de 45 % depuis 1990 et que l’OMD de réduction des
décès de 50 % au plus tard en 2015 était possible à
atteindre. Toutefois, il n’est pas prévu que l’objectif de
réduire de 50 % la prévalence de la tuberculose au plus
tard en 2015 sera atteint. L’atteinte des objectifs ayant
trait à la mortalité et à la prévalence ne va bon train ni
dans la région africaine, ni dans la région européenne.
Cela tient principalement aux cas passés inaperçus
et aux lacunes de couverture du programme de
traitement, notamment pour ce qui est de la tuberculose
multirésistante et ultrarésistante (TB-MR et TB-UR). Le
rapport indique qu’environ 2,9 millions d’infections sont
passées inaperçues en 2012, soit parce qu’elles n’ont
pas été diagnostiquées, soit parce que le diagnostic n’a
pas été signalé au programme national de traitement.
La plupart des cas manqués (75 %) étaient concentrés
dans douze pays et le tiers en Inde. La TB-MR est la plus
courante en Europe orientale et en Asie centrale.
L’OMS a cerné trois mesures prioritaires à prendre pour
accélérer le progrès en vue de l’atteinte des objectifs de
2015 :
1) atteindre les personnes ayant la tuberculose dont les
cas ont été manqués ;
2) traiter la TB-MR comme une crise de santé publique ;
3) accélérer la réponse à la TB et au VIH en accroissant
la couverture de la thérapie antirétrovirale (TA)
chez les personnes atteintes de tuberculose qui
sont séropositives et du traitement préventif de la
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NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH ou le
sida.
Giorgio Sulis et Alberto Matteelli, de l’université de
Brescia, en Italie, soutiennent dans une étude publiée
en décembre 2013 qu’il « ne faut pas sous-estimer
l’importance de l’utilisation de médicaments de
piètre qualité car ceux-ci peuvent perturber toutes les
interventions majeures destinées à assurer l’efficacité
du traitement. Il peut s’ensuivre non seulement un
échec du traitement mais aussi, ce qui importe encore
davantage, une augmentation rapide des cas de
résistance acquise aux médicaments ».
Un approvisionnement en médicaments ayant fait
l’objet d’un contrôle de la qualité est indispensable
au succès des stratégies mondiales de lutte contre
la maladie en ces temps où la disponibilité de
médicaments contrefaits et inférieurs aux normes
augmente. Les médicaments contrefaits sont des
produits délibérément étiquetés de façon frauduleuse
dont les ingrédients ont été modifiés ou l’emballage
falsifié, ou les deux. Les médicaments inférieurs aux
normes sont ceux qui n’ont pas été assujettis aux
exigences de contrôle de la qualité.
La faim dans un monde d’abondance :
une personne sur huit souffre de la faim
Les chefs de l’Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO), du Fonds
international de développement agricole (FIDA) et du
Programme alimentaire mondial (PAM) présentent
dans Resurgence (2013) des commentaires sur le
rapport le plus récent produit par leurs organismes
sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde
(de 2011 à 2013). Bien qu’ils estiment que le nombre
des personnes souffrant de malnutrition chronique
a diminué (passant de 868 millions à 842 millions),
environ une personne sur huit souffre encore de la
faim. Seuls 62 pays ont atteint l’OMD 1 consistant à
réduire de moitié la proportion des personnes sous-
alimentées.
Les disparités entre les régions persistent, l’Afrique
subsaharienne ayant le taux de malnutrition le plus
élevé (près de 25 %). La majeure partie des progrès
réalisés l’ont été en Asie de l’Est et du Sud-Est ainsi
qu’en Amérique latine.
http://www.fao.org/resources/photos/sofi-2013/en/
Les chefs des organismes susmentionnés font
remarquer que la sécurité alimentaire dépend non
seulement de la disponibilité de la nourriture mais
aussi de l’équité de la croissance économique et de
l’accès aux emplois. Ils signalent que le développement
de l’agriculture contribue cinq fois plus à la réduction
de la pauvreté que la croissance de tout autre secteur.
D’autres facteurs cruciaux sont l’approvisionnement en
eau salubre, l’hygiène publique, les soins de santé, les
transports et les bonnes pratiques d’alimentation.
Ils concluent en ces termes : « Nous incitons les
gouvernements, les organisations et les chefs
communautaires à rendre la croissance économique
plus inclusive en adoptant des politiques qui favorisent
l’agriculture familiale et l’emploi en milieu rural,…
renforcent les protections sociales,… améliorent la
diversité alimentaire, particulièrement chez les femmes
et les enfants, et la santé de l’environnement, et font
la promotion de systèmes durables alimentaires et de
gestion des ressources naturelles. »
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
7
L’industrie du tabac est protégée par le
libre-échange
http://www.nytimes.com/2013/12/13/health/tobacco-industry-
tactics-limit-poorer-nations-smoking-laws.html?pagewanted=2&_
r=3&hp&pagewanted=all&
Pendant que les campagnes de promotion de la santé
publique et la réglementation plus rigoureuse de la
vente du tabac permettaient de réduire le nombre des
personnes qui fument dans les pays industrialisés,
l’industrie du tabac s’est tournée vers les pays en
développement pour trouver de nouveaux marchés,
selon The New York Times (décembre 2013). Les
fabricants de produits du tabac choisissent des pays
où les restrictions imposées par les gouvernements et
la sensibilisation aux dangers de l’usage du tabac sont
plus limitées.
Il y a un profond conflit d’intérêts entre les buts
et les dispositions de la Convention-cadre pour
la lutte antitabac adoptée par l’OMS et les efforts
faits par les fabricants de produits du tabac pour
compromettre le droit des pays de protéger la santé
de leurs citoyens et citoyennes. La South-East Asia
Tobacco Control Alliance (Seatca) incite tous les pays
qui participent à la négociation de l’accord sur le
Partenariat transpacifique (PTP) à appuyer pleinement
la proposition de la Malaisie visant à soustraire le
tabac entièrement à l’accord. Une des propositions qui
fait l’objet de discussions permettrait aux entreprises
d’intenter des poursuites à des pays qui « violent »
le PTP en imposant des mesures de lutte antitabac.
Puisque les États-Unis sont le seul des douze pays
négociant le PTP qui n’a pas ratifié la Convention-cadre,
on espère que les autres appuieront la Malaisie et
adopteront une position semblable à la sienne.
Voir les rapports de Seatca et de Common Dreams.
Regard sur l’avenir: Le Sommet du G20
Quiconque espère que le sommet de 2014 du G8
différera des décevants sommets antérieurs va
probablement être déçu de nouveau. Les possibilités
d’obtenir des résultats ayant trait au développement
étaient déjà incertaines avant que les alliés ne réduisent
sommairement le G8 en G7 par suite de l’invasion et
de la prise de la Crimée par la Russie. Même si Sergey
Lavrov, ministre des Affaires étrangères de Russie, a
prétendu que « personne ne peut expulser un membre
du G8 », il est prévu actuellement que le G7 tiendra une
réunion à Bruxelles, en Belgique, probablement les 4 et
5 juin.
Summit Time Lines
ITUC L20 timeline
8
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
G20 Agenda 2014 de l’Australie
Le sommet du G20 sous présidence australienne mettra
l’accent sur les thèmes suivants :
• Promotion de meilleurs résultats en matière de
croissance économique et d’emploi
• Augmentation de la résistance de l’économie
mondiale contre les chocs futurs
Le programme du sommet du G20 de 2014 est organisé
de manière à relever le défi relatif à la croissance
qui a été lancé dans la Déclaration des dirigeants du
sommet du G20 de Saint-Pétersbourg en faisant de
la stimulation de la croissance et de l’accroissement
de la résistance de l’économie mondiale des thèmes
principaux. Vous pouvez obtenir plus d’information
sur l’approche adoptée par l’Australie à l’égard de la
présidence du sommet du G20 en consultant le tour
d’horizon de la présidence australienne.
Le Groupe syndical 20 (L20) représente les travailleurs
et les travailleuses au sommet du G20 et comprend
des personnes représentant les syndicats des pays
membres du G20 et Global Unions. Le L20 est dirigé par
la CSI et la Commission syndicale consultative auprès
de l’Organisation de coopération et de développement
économiques (OCDE) et vise à transmettre des
messages clés du mouvement syndical mondial au
cours des réunions du Groupe de travail sur l’emploi,
des réunions des sherpas, des réunions des ministres
du Travail et des Finances et des sommets du G20 qui
font partie intégrante de la procédure du G20.
Le Groupe de la société civile 20 (C20) est un forum
de dialogue entre les dirigeants politiques des
pays membres du G20 et des représentants des
organisations de la société civile. Le C20 permet à
la société civile de participer aux discussions qui
façonnent l’économie mondiale sur les sujets suivants :
• Croissance et emploi inclusifs
• Infrastructure
• Climat et durabilité
• Gouvernance
Peter Piot : 10 mythes nourrissant
la dénégation collective
Peter Piot, ancien directeur
d’ONUSIDA et actuel directeur de la
London School of Hygiene and
Tropical Medicine, a prononcé un
discours principal pendant le
congrès du 20e anniversaire de
l’Alliance internationale VIH/SIDA.
Cliquez sur ce lien pour lire l’article
de l’Alliance (en anglais) au sujet
des remarques de M. Piot.
1. La fin est proche (l’épidémie de sida est
terminée).
2. Tout ce qu’il nous faut, c’est une meilleure
couverture de la thérapie antirétrovirale pour
enrayer l’épidémie.
3. Les interventions comportementales ne sont pas
efficaces : nous ne pouvons compter que sur la
prévention biomédicale.
4. Il n’est plus nécessaire qu’il y ait des programmes
distincts sur le VIH. L’intégration est la clé !
5. L’épidémie est en décroissance. Continuons à
faire ce que nous faisons actuellement et cela
suffira à éliminer le VIH.
6. La stigmatisation et la discrimination sont
disparues depuis que nous employons la thérapie
antirétrovirale, et la promotion des droits humains
dans le cadre de la réponse au sida est un
luxe inutile et une tâche que d’autres peuvent
accomplir.
7. On n’a plus besoin de la société civile : les
médecins vont s’occuper de tout.
8. Le financement national couvrira tous les frais de
la réponse.
9. Nous ne pouvons pas faire mieux avec le
financement actuel, et l’efficacité de la gestion et
des programmes est un concept d’affaires inutile.
10. Il n’est pas nécessaire de continuer à investir
dans la mise au point d’un vaccin.
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
9
Droits et défauts de la santé sexuelle et
génésique
La santé sexuelle et génésique a trait à certaines
des principales phases de la vie. Il s’agit de faire
la promotion de la santé des mères pendant leur
grossesse et la naissance et de la santé des bébés. Il
faut tenir compte du processus de reproduction, qui
a essentiellement un caractère sexuel. Le domaine
comporte de nombreux sujets d’inquiétude, allant de
l’âge des premières relations sexuelles à la disponibilité
des dispositifs de contraception et de l’information
appropriée.
Les droits à la santé sexuelle et génésique (DSSG) sont
les droits qu’ont toutes les personnes de prendre des
décisions au sujet de leur propre sexualité sans priver
d’autres personnes de leurs droits. Ils comprennent le
droit de décider d’avoir ou non des enfants, du moment
de les avoir et de leur nombre, le droit à l’information,
aux moyens et aux services nécessaires pour assurer
la meilleure santé sexuelle et génésique possible,
et le droit de ne pas faire l’objet de coercition, de
stigmatisation et de discrimination.
Les travailleurs et les travailleuses, leurs familles et
leurs organisations sont tous affectés par la restriction
ou la privation de ces droits quand les services sont
inaccessibles ou que leur prix est inabordable. La
discrimination sous ses nombreuses formes, y compris
les lois homophobes, prive elle aussi les gens de leurs
droits en matière de santé sexuelle et génésique,
comme nous en avons vu des illustrations très
frappantes dernièrement.
Notre réseau défend le droit à la santé et s’oppose à
tout ce qui peut le restreindre ou y faire exception. La
santé sexuelle et génésique – bien qu’elle passe par un
champ de mines de tabous culturels et de manœuvres
politiques – doit être reconnue en tant que question
fondamentale de droits humains. La marginalisation
des femmes et des jeunes, l’acceptabilité de la
violence familiale et la discrimination fondée sur
l’orientation sexuelle privent les gens de leurs droits
et compromettent la santé de l’ensemble de la
communauté.
Les syndicats peuvent partager une expérience
considérable de militantisme en faveur des droits
humains alors que d’autres s’efforcent d’éliminer ces
droits. Les syndicalistes repèrent facilement la tactique
consistant à compromettre la solidarité en diffusant des
mensonges, en alimentant la haine et en dépréciant les
personnes vulnérables. Ils savent que si l’universalité
des droits humains fondamentaux ne signifie pas
que ces droits s’appliquent à tous, toute personne
pourra en être privée.
Des syndicats canadiens incitent le
gouvernement à s’opposer à la loi
homophobe de l’Ouganda
Fidèles à leur longue tradition de défense des droits
humains, les organisations syndicales canadiennes ont
répondu à l’adoption récente d’une loi homophobe
en Ouganda. Le CTC, le Syndicat canadien de la
fonction publique (SCFP), Unifor et la Fédération des
enseignantes et enseignants des écoles secondaires
de l’Ontario (FEESO) ont incité le Premier ministre
et le ministre des Affaires étrangères du Canada à
transmettre un message clair au président Museveni
de l’Ouganda pour lui indiquer qu’ils s’opposent à la
nouvelle loi et qu’ils défendent les droits des citoyens et
citoyennes LGBT de ce pays.
Les syndicats canadiens veulent que le gouvernement
souligne la gravité de son inquiétude en rappelant le
représentant consulaire du Canada à Kampala, ce qui
est considéré comme une grave mesure de protestation
diplomatique.
Le 24 février 2014, le président de l’Ouganda a
sanctionné un projet de loi criminalisant les relations
sexuelles entre personnes du même sexe en Ouganda.
La loi prévoit l’emprisonnement à perpétuité pour
les adultes consentants du même sexe ayant pareilles
relations. Ce qui est encore plus alarmant, c’est que
la loi rend passible d’accusations criminelles toute
personne qui ne signale pas aux autorités les personnes
homosexuelles.
La République démocratique du Congo
va-t-elle en faire autant?
Le député Steve Mbikayi, du Parti travailliste congolais
(PTC) de la République démocratique du Congo,
prévoit déposer devant l’assemblée nationale du
Congo un projet de loi criminalisant explicitement
l’homosexualité. Le magazine en ligne ThinkAfricaPress
indique que le projet de loi de M. Mbikayi comprend
37 articles qui rendraient l’homosexualité et le
transgendérisme illégaux. La peine proposée pour
quiconque participant à un acte homosexuel est de
3 à 5 années de prison et une amende d’un million
de francs congolais (environ 1 000 $). La personne
transgenre serait passible de la même amende et d’une
peine de prison de 3 à 12 années. L’agence de nouvelles
allAfrica a publié une utile analyse de la tendance à
imposer des punitions de plus en plus importantes aux
personnes ayant des relations avec des personnes de
leur sexe.
10
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
L’Association médicale mondiale
(AMM) condamne la présentation de
l’homosexualité comme une maladie
L’assimilation persistante de l’homosexualité à une
maladie a été condamnée par l’AMM, comme le fait
que l’on tente de la traiter par une procédure dite de «
conversion » ou de « réparation ».
Pendant l’assemblée qu’elle a tenue à Fortaleza, au
Brésil, en octobre 2013, l’AMM a publié une forte
prise de position condamnant toutes les formes de
stigmatisation, de criminalisation et de discrimination
fondées sur l’orientation sexuelle. Elle affirme que
l’homosexualité est une orientation naturelle de la
sexualité humaine.
Le Dr Margaret Mungherera, présidente de l’AMM, a
déclaré que « l’homosexualité n’est pas en elle-même
une maladie. C’est la stigmatisation et la discrimination
fondées sur l’orientation bisexuelle ou homosexuelle
qui nuit à la santé ».
http://news.nationalgeographic.com/news/2014/02/140228-uganda-anti-
gay-law-smug-homophobia-africa-world/
Extraits de la R200 sur les droits et la
discrimination
Principes généraux, paragraphe 3
c) aucune discrimination ni stigmatisation ne devrait
s’exercer à l’encontre des travailleurs…en raison
de leur statut VIH réel ou supposé, ou de leur
appartenance à des régions du monde ou à
des groupes de population perçus comme plus
exposés ou plus vulnérables au risque d’infection
à VIH;
Politiques et programmes nationaux, paragraphe 14
Des mesures devraient être prises sur le lieu de
travail ou par l’intermédiaire de celui-ci pour réduire la
transmission du VIH et atténuer son impact, en vue:
(a) de garantir le respect des droits de l’homme et
des libertés fondamentales;
(b) de garantir l’égalité entre femmes et hommes et le
renforcement du pouvoir d’action des femmes;
(c) de garantir des actions de prévention et
d’interdiction de la violence et du harcèlement sur
le lieu de travail;
(d) de promouvoir la participation active des femmes
et des hommes à la réponse au VIH et au sida;
(e) de promouvoir la participation et le renforcement
du pouvoir d’action de tous les travailleurs, quelle
que soit leur orientation sexuelle et qu’ils fassent
ou non partie d’un groupe vulnérable;
(f) de promouvoir la protection de la santé sexuelle et
génésique et les droits sexuels et génésiques des
femmes et des hommes;
(g) de garantir la confidentialité effective des données
personnelles, y compris les données médicales.
« Discrimination » désigne toute distinction, exclusion
ou préférence qui a pour effet de détruire ou d’altérer
l’égalité de chances ou de traitement dans l’emploi
ou la profession, au sens de la convention et de la
recommandation concernant la discrimination (emploi
et profession), 1958.
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
11
La Reine Elizabeth II appuie les
homosexuels britanniques pour la
première fois
Dans une déclaration faisant date, la Reine actuelle du
Royaume-Uni et du Commonwealth a annoncé qu’elle
appuyait une organisation caritative homosexuelle
dans ce que l’on croit être sa toute première déclaration
au sujet de la communauté LGBTI. La Reine a félicité
la London Lesbian and Gay Switchboard à l’occasion
de son 40e anniversaire en déclarant : « je transmets
mes meilleurs vœux et mes félicitations à toutes les
personnes intéressées en cet anniversaire fort spécial
». Chaque année, la Switchboard répond à des milliers
d’appels téléphoniques de personnes qui se sentent
isolées par leur sexualité.
Surveiller et défendre les droits humains
des personnes homosexuelles
Human Dignity Trust est une ONG dont le siège se
trouve à Londres et le petit effectif coordonne un
réseau mondial d’avocats qui contestent les lois
criminalisant l’activité sexuelle privée entre adultes
consentants de même sexe. Ses alertes à la persécution
documentent les violations les plus récentes des droits
humains associés à l’activité sexuelle entre personnes
du même sexe. Le Trust ne peut pas donner des avis
juridiques sur des cas individuels mais il s’engage à
aider toute personne affectée par des lois criminalisant
l’activité sexuelle entre personnes du même sexe ou à
l’adresser à une organisation ou à un avocat qui peut
l’aider.
La violence sexuelle nous importe-t-elle
suffisamment?
Dans les Nouvelles IRIN du 13 janvier 2014, Jaspeer
Kindra traite de cas de violence fondée sur le sexe et
de ce que certaines communautés d’Inde et d’Afrique
du Sud font pour secouer l’apathie des gens. L’apathie
paralyse la volonté d’agir et permet à la violence de se
poursuivre.
Il arrive souvent que les gens ne se sentent pas à la
hauteur, trouvent que d’autres sont mieux en mesure
qu’eux d’apporter leur aide ou estiment que leur aide
peut les obliger à participer à de longues procédures
juridiques. Les membres des forces policières peuvent
être apathiques en raison de leur préjugés personnels
Alicia Field
Community members publicly declared
their rejection of female genital mutilation
in Kolda, Senegal, November 2013
– ne différant pas habituellement de ceux de l’ensemble
de la société – qui les portent souvent à reprocher
aux victimes de se trouver au « mauvais » endroit au «
mauvais » moment et de courir ainsi des risques. Si la
victime est un bébé, on blâme les parents.
Jaspreet Kindra/IRIN
Les hommes peuvent commencer à modifier leur
attitude à l’égard des femmes. L’activiste Michael
Urbina tient un blogue annonçant 101 façons courantes
par lesquelles les hommes peuvent être des alliés
des femmes. Il donne des conseils simples tels que «
remarquez où porte votre regard quand une femme
passe devant vous, et changez ce comportement » et «
décrochez les photos de femmes à moitié dénudées de
votre fond d’écran de téléphone ».
Information sur d’autres formes de violence sexuelle :
Le numéro 171/272 (2013) de Resurgence, revue du
Third World Network, est consacré à la violence faite
aux femmes du Sud dans un contexte mondialisé.
Voir aussi les sites
Web de V-Day (le 14
février), movement
mondial pour mettre
fin à la violence
faite aux femmes et
aux filles, et de la
campagne du ruban
blanc menée par des
hommes désireux
de mettre fin à la
violence faite aux femmes. (Remarque : la White Ribbon
Alliance mène une campagne pour la sécurité de la
maternité.)
12
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
Les disparités persistent en matière de santé sexuelle et génésique,
et elles ont de graves conséquences pour la santé et le développement.
222 millions de femmes ont un
besoin insatisfait de
contraception moderne.

15 millions de filles et de jeunes
femmes tombent enceintes entre
15 et 19 ans.
Environ 287 000 décès se
produisent par suite de
complications associées à la
grossesse. On comprend mal
l’envergure des effets négatifs sur
les jeunes personnes, qui
incluent la mortalité maternelle.
Les complications des
avortements dans des conditions
non sécuritaires comptent pour
environ 47 000 décès maternels.
Environ 39 000 mariages avec
des enfants ont lieu chaque jour
à l’échelle du globe.
13,8 millions de filles ont subi une
mutilation génitale en Afrique.
Une femme sur trois vit une
expérience violente dans sa vie,
que la violence soit attribuable à
un partenaire intime ou à une
autre personne, ou les deux.
Chaque année, 499 millions de
nouveaux cas d’infection
transmise sexuellement se
déclarent.
Source: WHO and ICPD beyond 2014
World Health Organization (WHO) and the International Conference on Population Development (ICPD)
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
13
Santé des adolescents en Afrique
subsaharienne : directives mondiales
contre réalités locales
Près de la moitié de la population mondiale
de moins de 25 ans et plus d’une personne
sur cinq sont des adolescents de 10 à 19
ans. Environ 85 % d’entre eux vivent dans
des pays en développement. En Afrique
subsaharienne, environ les trois quarts des
jeunes ont eu leurs premières relations
sexuelles avant l’âge de 20 ans.
Un article paru dans le numéro 12 du volume 4 du
Journal of Public Health in Africa traite de la difficulté
qu’ont bien des pays à traduire les directives mondiales
sur les politiques ayant trait à la santé sexuelle et
génésique des adolescents en politiques et en actions
nationales.
Des complications découlent des lacunes des
connaissances et parfois des conflits d’intérêts flagrants
entre les lois nationales et les directives mondiales. Les
auteurs signalent la négligence de bien des groupes
vulnérables, y compris les adolescents séropositifs,
les jeunes des rues enceintes, les jeunes travailleurs et
travailleuses du sexe, les orphelins et orphelines, les
adolescents et les adolescentes vivant dans des zones
de conflit ou réfugiés et les adolescents et adolescentes
et jeunes adultes des régions rurales et de l’économie
parallèle.
« La mondialisation économique et culturelle a une
influence considérable sur les valeurs et le mode de
vie des adolescents et adolescentes du monde entier »,
écrivent les auteurs, qui font partie du corps professoral
de la faculté de santé publique de l’université de
Thamassat, en Thaïlande. « De plus, l’absence d’accès
à des services de santé génésique est à la fois la cause
et la conséquence de la pauvreté. Celle-ci est associée à
des comportements à risque élevé tels que les relations
sexuelles sous contrainte, le viol et les pratiques
sexuelles dangereuses contre rémunération. Ces
comportements font courir aux jeunes femmes le risque
de tomber enceintes sans le vouloir et de contracter le
VIH ou d’autres infections transmises sexuellement, ce
qui peut affecter leur santé génésique. »
Le VIH/SIDA et les droits de l’homme : Les jeunes se
mobilisent (ONUSIDA et UNESCO) est une trousse à
l’intention des organisations de jeunesse.
In Brief
http://www.who.int/features/galleries/2005/mental_health/02_en.html
Conflit d’intérêts? Aidspan étude CCM
Un autre point indépendant qui a trait au Fonds
mondial est qu’un nouveau rapport intitulé Conflict
of Interest in Country Coordinating Mechanisms: An
Aidspan Survey indique des menaces qui peuvent
compromettre la sélection des récipiendaires
principaux ou la mise en œuvre des subventions.
Aidspan est une ONG internationale dont le siège se
trouve au Kenya et qui sert d’observateur indépendant
du Fonds et de ceux qui mettent en œuvre les
subventions octroyées par celui-ci. Le rapport présente
les résultats d’un sondage auprès de trente-trois CCM
de sept pays qui servira d’enquête de référence aux
fins des recherches futures sur l’ampleur des conflits
d’intérêts entre les CCM.
Là où les syndicats sont peu
nombreux : L’éducation en matière
de santé et de sécurité en vue de la
syndicalisation dans les zones franches
Le bulletin sur les recherches et les politiques publié
en novembre 2013 par le UCLA Institute for Research
on Labor and Employment examine la croissance
des zones franches industrielles (ZFI) et présente un
nouveau guide de santé et de sécurité au travail (voir
ci-dessous). Il jette un examen critique sur les systèmes
d’application volontaire tels que les codes de conduite
et les programmes de responsabilité sociale des
14
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
entreprises et soutient que l’éducation et l’habilitation
de la main-d’œuvre sont les meilleures garanties de
sécurité au travail.
Guide to Workers’ Health and Safety
La maison d’édition sans but lucratif Hesperian
publie ce guide pour aider à faire respecter les
droits des travailleurs et travailleuses et à faire
régner la santé au travail. Il vise particulièrement
à aider les travailleurs et les travailleuses et leurs
alliés à faire régner la santé dans les lieux de
travail des secteurs du vêtement, des chaussures,
de l’électronique et des produits chimiques. Il traite
d’un éventail de risques professionnels d’ordre
général ainsi que du stress, de la santé mentale et
du travail à domicile.
MiNDbank : vers l’inclusivité en matière
de santé
L’OMS a lancé cette plateforme en ligne en décembre
2013 afin de favoriser le dialogue, les bonnes pratiques
et la réforme de la santé. La plateforme rassemble
des ressources relatives à la santé mentale, à l’abus
d’alcool ou d’autres drogues, aux handicaps, à la santé
générale, aux droits humains et au développement.
Elle assure un accès gratuit et facile aux politiques,
aux lois, aux conventions et aux rapports nationaux et
internationaux sur la santé et les droits.
MiNDbank s’inscrit dans le cadre de la campagne
QualityRights de l’OMS qui vise à mettre un terme aux
violations des droits des personnes ayant un handicap
mental.
Handicaps et développement
Le réseau mondial des professionnels du
développement est un forum du Guardian permettant
d’aborder des questions et d’exprimer librement
des commentaires. Le 7 février, Anna Scott a posé la
question suivante :
« Les handicaps sont un important facteur
d’inégalité qui a malheureusement été négligé
dans les politiques sur le développement.
Comment peut-on mieux tenir compte des
problèmes des personnes ayant un handicap?
…80 % des personnes ayant un handicap
vivent dans des pays en développement, où
elles sont trois fois plus susceptibles de se voir
priver de soins de santé et près de deux fois
plus susceptibles de se trouver en chômage
que dans les pays industrialisés. Dans certaines
communautés où les handicaps sont considérés
comme des malédictions ou des formes de
possession, les personnes ayant un handicap
doivent en outre faire face à une culture
profondément ancrée de maltraitance et de
punition. C’est pourquoi il est étonnant que les
handicaps n’aient pas été inclus dans les objectifs
du Millénaire pour le développement… »
Le bavardoir en direct du Guardian a reçu plusieurs
centaines de commentaires sur le billet.
Dossier sur l’allaitement maternel du
Réseau international des groupes
d’action pour l’alimentation infantile :
alimentation des nourrissons et enfants
en bas âge et résidus chimiques
Tous les êtres humains ont une charge corporelle de
produits chimiques d’usage industriel dont le nombre
peut atteindre 200. Les fœtus, les nourrissons et les
enfants en bas âge sont particulièrement vulnérables
aux effets de l’exposition parce qu’ils se trouvent aux
stades les plus sensibles de leur développement. Le
lait maternel contient des agents protecteurs qui
aident l’enfant à développer un système immunitaire
fort. Cela peut réduire les effets de l’exposition aux
produits chimiques dans l’utérus et après la naissance.
Cela demeure vrai même si le lait maternel contient
des résidus chimiques parce que les avantages de
l’allaitement au sein dépassent de beaucoup tout tort
que ces résidus peuvent causer.
Le dossier le plus récent d’IBFAN sur l’allaitement
maternel (no 55) présente des informations
exhaustives fondées sur des recherches scientifiques
jugées par les pairs pour guider les parents, les
soignants et soignantes et les professionnels de la
santé.
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
15
SECTION 2: NOUVELLES
DES SYNDICATS
Nigeria’s National Agency for the Control
of AIDS (NACA)/Nigeria Labour Congress
(NLC) Launch HIV/AIDS Testing Drive
Inauguration du centre national de lutte contre le sida (NACA) et
lancement de la campagne de dépistage du VIH-sida par le congrès du
travail du Nigeria (NLC) à Abuja
Le Trade Union Congress (TUC)
britannique et la Fédération internationale
des ouvriers du transport marquent la
Journée mondiale du sida en mettant
l’accent sur la protection sociale, la
stigmatisation et la discrimination
À l’occasion de la Journée mondiale du sida, le
TUC a publié un rapport sur la contribution que
les seuils de protection sociale peuvent apporter à
l’atteinte de l’option du « triple zéro », soit zéro décès
attribuable au VIH-sida, zéro nouvelles infections et
zéro stigmatisation et discrimination, dans le cadre
du programme de développement international de
l’après-2015.
Transport Workers
Plus de 150 affiliés de la Fédération internationale des
ouvriers du transport (FIOT) ont mené des activités
dans plus de 50 pays à l’occasion de la Journée
mondiale du sida. Vous trouverez de plus amples
renseignements dans le mise à jour trimestrielle no 131
et voici un échantillon des activités menées dans les
différentes parties du globe :
Afrique
Au Burundi, les syndicats des transports ont organisé
des séances spéciales d’éducation par les pairs
aux postes frontaliers et aux pôles d’échanges des
transports à l’occasion desquelles ils ont distribué
des préservatifs. La fédération industrielle des
syndicats des transports et des communications
(TCWTUIF) d’Éthiopie a collaboré avec des
employeurs pour donner une éducation et une
formation sur l’élimination de la stigmatisation en
milieu de travail. Au Ghana, les syndicats ont organisé
un rassemblement et des séances de discussion. Un
regroupement d’affiliés à la FIOT du Kenya a mené des
activités pendant une semaine dans tous les secteurs
des transports de concert avec USAFIRI, le réseau
de travailleurs et travailleuses séropositifs. Il y a eu
des séances d’éducation par les pairs, des ateliers,
des séminaires, des camps, des rassemblements, des
campagnes aux postes frontaliers et des séances de
contage d’histoires.
Au Malawi, les affiliés ont organisé du théâtre de
rue, des rassemblements et des distributions de
préservatifs. À Maurice, le syndicat du transport
maritime et des ports (MTPEU) a tenu une semaine
de services de conseil et de dépistage volontaire à
l’intention des gens de mer et des débardeurs. Le
syndicat et la fédération des transports de Namibie
ont organisé des discussions en milieu de travail.
L’association du personnel du transport aérien du
Nigeria a organisé des séances de sensibilisation et de
distribution de préservatifs dans les aéroports et les
lieux de travail ainsi qu’un atelier sur la stigmatisation
et la discrimination au travail fondées sur le VIH-sida.
Les conducteurs de camion sur long parcours du
Rwanda se sont joints à l’association des conjointes
des conducteurs pour mener des activités à l’intention
des conducteurs et de leurs familles pendant que
les familles du Sénégal participaient elles aussi aux
séances de conseil et de dépistage volontaire et aux
séances de sensibilisation.
Le syndicat des marins du Sierra Leone a tenu un
symposium de concert avec le secrétariat national
du sida. Le syndicat des transports et des travailleurs
assimilés (SATAWU) d’Afrique du Sud a mené des
activités en milieu de travail et dans les centres de
mieux-être. En Tanzanie, l’accent a été mis sur des
camps de services de conseil et de dépistage volontaire
et des séances de sensibilisation dans les principaux
16
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
corridors de transport. Au Togo, l’accent a été mis sur
des séances d’information au sujet de la stigmatisation.
Le syndicat uni des transports et d’industries
diverses (ATGWU) de l’Ouganda a tenu des séances
d’éducation et des camps de dépistage volontaire dans
les lieux de travail. Les travailleurs et travailleuses du
transport aérien de la Zambie ont aidé à tenir une foire
d’information à l’aéroport et un service à la chandelle.
Les travailleurs et travailleuses du transport aérien du
Zimbabwe ont organisé des rassemblements dans les
aéroports des différentes parties du pays.
Asie
Le BREI, au Bangladesh, a organisé un rassemblement
de travailleurs ferroviaires et tenu une réunion avec
le médecin chef du réseau et les médecins-hygiénistes
de district. Les affiliés de la FIOT des secteurs du
transport routier et ferroviaire et des ports en Inde
ont tenu des séances d’éducation à l’intention des
travailleurs et travailleuses et de leurs familles, donné
des représentations de théâtre de rue, visité des navires
pour distribuer de l’information et des préservatifs,
et tenu des rassemblements dans des lieux de travail
et des réunions avec la direction pour établir des
politiques sur le VIH-sida. Outre les visites rendues à
des navires et les séances d’éducation, le syndicat des
gens de mer d’Indonésie a tenu des émissions-débats
et des jeux du sida et organisé une « marche familiale ».
Les syndicats du transport maritime du Myanmar ont
organisé un programme d’éducation des membres et
distribué des préservatifs. Au Népal, les affiliés de la
FIOT ont organisé des activités s’inscrivant dans le
cadre de la campagne et des discussions aux postes de
la frontière entre le Népal et l’Inde. Le centre des gens
de mer à Siracha, en Thaïlande, a organisé de concert
avec des organisations locales différents événements
s’adressant aux gens de mer et aux pêcheurs.
Europe
Le BTB, en Belgique, a discuté des besoins et des
réponses ayant trait au VIH pendant la réunion de
son comité exécutif et a distribué des documents
d’information dans les lieux de travail, comme l’a
fait la FNST-CGT en France. Le syndicat des gens de
mer de la Norvège a visité des navires et distribué
de la documentation de la FIOT et des préservatifs.
Au Royaume-Uni, l’aile jeunesse du RMT a mené des
campagnes d’information dans les lieux de travail. Le
syndicat du transport maritime d’Ukraine a mené
des campagnes à l’intention de ses membres de tout
le pays tandis que les cadets et cadettes de l’académie
maritime et collège technique d’Odessa ont participé à
un séminaire spécial.
Amérique latine et Antilles
Le syndicat national des travailleurs des transports
(SNTT) de la Colombie a organisé des activités
menées dans les différentes provinces qui ont
varié des rassemblements sur les lieux du travail
à la distribution de préservatifs et aux réunions
tenues avec la direction pour discuter de politiques
du lieu de travail. Les affiliés de la République
dominicaine et de la Guyane ont tenu des ateliers
et des rassemblements. Au Guatemala, les syndicats
des transports ont entrepris les activités de la Journée
mondiale du sida le 25 novembre pour marquer la
Journée internationale pour l’élimination de la violence
à l’égard des femmes. Les travailleurs portuaires du
Honduras ont organisé des expositions, une formation
et un rassemblement dans les principales rues du port
où ils ont distribué des feuillets et des préservatifs. Au
Mexique, des rassemblements ont eu lieu devant les
principales gares routières et les principaux garages de
tramways et ont été accompagnés d’une distribution
de préservatifs et de documents d’information. Les
travailleurs portuaires ont organisé des séances de
discussion et des visites de navires pendant lesquelles
des préservatifs ont été distribués. Des camps de
dépistage volontaire et des ateliers ont été tenus sur
les lieux de travail du personnel des transports au
Pérou tandis que le syndicat des travailleurs du canal
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
17
a diffusé de l’information aux gens travaillant sur les
navires qui passaient par le canal à Panama et a donné
une formation à ses membres et aux cadets et cadettes
de l’école maritime. L’affilié du Venezuela a mené des
activités dans les ports et les principaux corridors de
transport routier.
Voir aussi l’article dans Third World Resurgence, no
276-277, 2013.
SECTION 3: NOUVELLES
DES PARTENAIRES ET
D’AUTRES INTERVENANTS
Effet de l’emploi sur l’observance du
traitement du VIH
http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---ed_protect/---protrav/---ilo_
aids/documents/publication/wcms_230625.pdf
En quoi le fait d’avoir un emploi influence-t-il
l’observance du traitement du VIH? Une équipe de
chercheurs indépendants a aidé l’OIT à recueillir et
à évaluer des preuves qui ont été présentées dans un
rapport publié en novembre 2013. Le sondage a permis
de conclure que les répondants et les répondantes
ayant un emploi étaient 39 % plus susceptibles
d’atteindre une observance optimale que les personnes
en chômage. Les recherches ont compris 23 enquêtes
auxquelles ont participé 6 674 personnes vivant avec le
VIH.
De plus, les chercheurs ont fait subir des entrevues à
des répondants clés pour recueillir des données sur
les connaissances, les perceptions et les attitudes
de parties intéressées soigneusement choisies. Une
écrasante majorité des principaux répondants a
indiqué que l’emploi a probablement un effet positif sur
l’observance du traitement du VIH parce qu’il assure
18
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
la sécurité alimentaire et permet de gagner l’argent
nécessaire pour aller à des rendez-vous à la clinique,
acheter des renouvellements de médicaments et payer
les frais modérateurs applicables à d’autres services de
santé.
Les recommandations que comprend le rapport
s’adressent aux gouvernements, aux organisations
de santé et de développement, aux employeurs et
à d’autres intervenants du milieu de travail. Elles
soulignent le besoin de faire la promotion des
interventions propres à assurer le gagne-pain, des
stimulants économiques et nutritionnels, de la
modification des régimes de travail et des heures
d’ouverture des cliniques, des protections sociales
mieux adaptées au VIH et des efforts faits à l’échelle
nationale comme à celle du lieu de travail pour réduire
la stigmatisation et la discrimination. Ces dernières
sont des obstacles persistants à l’accès au traitement et
à l’observance du traitement.
Programme suédois sur le VIH-sida mis
en œuvre en milieu de travail (SWHAP)
http://www.swhap.org/wp-content/uploads/2013/12/SWHAP-Newsletter-
December-2013.pdf
SWHAP’s well-Le programme SWHAP bien établi
permet actuellement de mettre en œuvre 200
programmes sur le VIH et le bien-être dans les lieux
de travail de dix pays d’Afrique subsaharienne. Le
SWHAP a été lancé en 2004 par le syndicat suédois
des métallos (IF Metal) et le conseil international de
l’industrie suédoise (NIR). Il est déployé actuellement
au Botswana, en République démocratique du Congo,
au Kenya, en Namibie, au Rwanda, en Afrique du Sud,
en Tanzanie, en Ouganda, en Zambie et au Zimbabwe.
Les intervenants des lieux de travail où le SWHAP est
mis en œuvre participent activement aux campagnes
de l’OIT « Objectif Zéro au travail » et VCT@Work
destinées à favoriser l’accès aux tests, aux services de
conseil et au traitement des travailleurs et travailleuses
et des membres de leurs familles.
Diabète et autres maladies
Le bien-être est désormais vu dans une optique plus
large dans le cadre de l’information et des tests de
dépistage du diabète offerts pendant les sessions de
sensibilisation au VIH et les journées sur le mieux-
être au travail dans les lieux de travail appuyés par
le SWHAP en Afrique subsaharienne. C’est important
dans une région où l’OMS estime que la nombre des
diabétiques doublera d’ici 25 ans et où plus de 80 %
des diabétiques ne savent pas qu’ils sont atteints du
diabète. Il est utile aux travailleurs et travailleuses
atteints d’autres maladies transmissibles ou non
transmissibles – y compris le VIH – de tenir compte
du facteur de risque de contracter le diabète car les
changements d’habitudes alimentaires et de mode de
vie aident à maintenir le système immunitaire en santé.
En Afrique du Sud, le SWHAP a appuyé une campagne
de sécurité routière et de bien-être pendant les fêtes
de fin d’année de 2013, offrant des contrôles à la
fois aux camionneurs et à leurs véhicules. Plus de
500 camionneurs ont subi des tests de glycémie, de
tension artérielle et de cholestérolémie à des relais
routiers choisis, et la plupart d’entre eux ont reçu
volontairement des services de conseil et de dépistage
du VIH le long des routes pour poids lourds bien
établies.
Vous trouverez de plus amples renseignements sur
le site Web de l’organisation et dans son bulletin de
nouvelles de décembre 2013.
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
19
INTERVIEWE
CONTINUED...
Nouvelles du RST
MC
Interviewe . . .
Kwasi Adu-Amankwah,
secrétaire général de
l’Organisation régionale
africaine de la
Confédération
syndicale
internationale
(CSI-Afrique)
Pouvez-vous indiquer les principaux obstacles à
l’augmentation de la participation des syndicats à
la mise en œuvre des stratégies nationales sur le
VIH-sida? Comment les centrales nationales peuvent-
elles collaborer plus activement avec les syndicats
de différents secteurs pour assurer une réponse
syndicale renforcée et unifiée?
Les principaux obstacles à la participation aux
stratégies nationales sur le VIH-sida sont les
contraintes financières, l’absence de volonté politique,
la dépendance excessive à l’égard du secteur privé et
le fait que la Recommandation 200 de l’Organisation
internationale du Travail (OIT) sur le VIH et le sida
(R200) n’a pas été intégrée au cadre national des
politiques et des lois.
Contraintes financières : Notre participation exige
une quantité fiable et suffisante de fonds. Les syndicats
ont de nombreuses responsabilités mais n’ont souvent
que des ressources restreintes. L’insuffisance de
ressources a indéniablement influencé notre capacité
de participer le plus efficacement possible à la mise en
œuvre des stratégies nationales.
Volonté politique : Dans bien des pays, les
autres intervenants en matière de VIH-sida – y
compris les gouvernements, les organisations non
gouvernementales (ONG) et le secteur privé – ne
considèrent pas les syndicats comme des partenaires
importants. Il arrive souvent que ces intervenants
mènent des interventions en milieu de travail sans
tenter de permettre aux syndicats d’y participer
efficacement. Dans la majorité des pays, les centrales
syndicales nationales ne font pas partie du conseil
national sur le sida ou de l’instance de coordination
nationale (CCM) du Fonds mondial.
Dépendance excessive à l’égard du secteur privé :
De nombreux pays d’Afrique ont adopté le concept des
partenariats entre les secteurs public et privé (PPP) et
les considèrent comme la solution à apporter à tous les
problèmes. Bien que le secteur privé soit un partenaire
clé, le fait de compter trop sur un seul partenaire au
détriment des autres va à l’encontre du but recherché.
Le VIH-sida pose non seulement un problème financier
et de santé économique mais aussi un problème de
droits humains et syndicaux et un problème éthique,
culturel, spirituel et de santé sociale. C’est en tenant
compte de tous ces facteurs qu’on pourra trouver la
meilleure solution. Il faut que les intervenants de tous
ces domaines travaillent ensemble pour lutter contre le
VIH-sida. Le secteur privé ne peut pas régler à lui seul
un problème de santé aussi complexe.
Non-intégration de la R200 aux cadres nationaux
des politiques et des lois : La R200 peut constituer
un soutien très nécessaire à la lutte contre le VIH-sida
dans le monde du travail et au-delà de celui-ci. Je crois
qu’il est équitable de dire que le problème que posent
les lois homophobes ne se poserait peut-être pas si la
R200 avait été intégrée aux lois nationales il y a des
années. Cette recommandation est un moyen très utile
de permettre aux syndicats de participer efficacement
à la mise en œuvre des stratégies nationales. L’absence
d’un instrument comme la R200 à l’échelle mondiale
se fait cruellement sentir : elle a affaibli la lutte contre
le VIH-sida dans le monde du travail. Toutefois, depuis
l’adoption de cette recommandation, très peu de pays
de la région l’ont incorporée à leur législation nationale,
et cela prolonge l’incapacité des syndicats de participer
efficacement aux réponses nationales.
Nous pouvons accroître la coopération entre les
centrales syndicales nationales et les syndicats
sectoriels premièrement en établissant une structure
de coordination régionale entre la CSI-Afrique et les
représentants régionaux des fédérations syndicales
internationales, deuxièmement en créant des comités
directeurs nationaux auxquels participeraient les
centrales syndicales et les syndicats sectoriels et
troisièmement en renforçant la campagne pour
l’intégration de la R200 à la législation nationale et la
conformité à la Déclaration d’Abuja sur la santé.
20
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
Que peut-on faire pour accroître l’engagement des
milieux de travail, publics et privés, dans la lutte
contre le VIH-sida et la collaboration entre les
employeurs et les syndicats?

La collaboration entre les syndicats et les employeurs
sera améliorée quand les CCM réserveront des places
en leur sein aux centrales syndicales nationales ainsi
qu’aux employeurs et au secteur privé, quand des
institutions de coordination nationale inclusives et
transparentes seront créées ou renforcées, quand la
R200 sera intégrée aux cadres nationaux des politiques
et des lois et quand les employeurs et les syndicats
établiront ensemble un modèle national de politique
sur le lieu de travail et d’aide à l’accroissement des
capacités.
Croyez-vous que les syndicats demeureront engagés
aussi longtemps qu’il le faudra pour mettre fin au
sida?
La guerre à la pandémie de VIH ne pourra pas être
gagnée sans que le milieu de travail soit visé et sans
la participation des personnes qui passent la majeure
partie de leur temps dans le lieu de travail. En tant
qu’institutions sociales, les principaux obstacles que
les syndicats ont dû surmonter sont la diminution du
nombre de leurs membres, l’augmentation du coût de
la défense des droits des travailleurs et travailleuses
et la difficulté de négocier de meilleures conditions
de travail et protections sociales. L’engagement des
syndicats est non seulement nécessaire mais bien
indispensable à leur survie en tant qu’institutions
viables.
Comment les syndicats peuvent-ils contribuer
à l’élimination de la stigmatisation et de la
discrimination qui encouragent l’adoption de lois
homophobes à laquelle nous assistons dans quelques
pays africains?
L’adoption récente de lois homophobes dans deux pays
africains inspire de graves craintes au sujet des droits
humains et de la mesure dans laquelle l’État devrait
s’ingérer dans la vie priée des gens. Elle inspire en
outre des doutes fondamentaux au sujet des normes
et des valeurs que différentes sociétés peuvent ne pas
chérir ou tolérer.
Les droits des personnes homosexuelles semblent
controversés dans bien des pays africains. Le
mouvement syndical ne s’est pas encore attaqué aux
problèmes que pose le respect des droits des personnes
homosexuelles parce que les problèmes de pauvreté, de
chômage et d’inégalité sociale sont d’une importance
plus critique. De plus, les syndicats africains s’efforcent
de faire respecter le droit à l’existence même et au
fonctionnement des syndicats.
La CSI-Afrique espère amener ses affiliés avec le temps
à examiner les nouvelles lois afin de pouvoir bien
comprendre la défense des droits de tous, y compris
les personnes qui ont des orientations sexuelles
différentes.
Quelle sera, selon vous, la prochaine étape de
l’action des syndicats africains faisant fond sur
nos réalisations? Croyez-vous que les prochaines
étapes contribueront à la réponse au VIH-sida à
long terme? Quel conseil donneriez-vous au sujet de
l’intégration du VIH-sida aux problèmes de santé et
de sécurité plus vastes qu’ont les travailleurs et les
travailleuses?
La lutte contre le VIH-sida atteint une phase critique
en raison de la diminution des ressources financières,
de la fatigue des donateurs, de la conception
erronée selon laquelle le VIH-sida est sous contrôle,
de l’augmentation des taux de chômage et de
l’augmentation de l’instabilité et de l’insécurité sociale
dans la région. De plus, le nombre des orphelins du
VIH-sida est élevé et le besoin d’en prendre soin se
fera sentir en Afrique même après la découverte d’un
moyen d’enrayer le VIH.
Il s’ensuit qu’il est impératif que les prochaines étapes
comprennent les mesures suivantes :
• Nous devons continuer de rappeler à ceux qui
établissent les politiques et aux décideurs que la
guerre n’est pas encore finie. Nous avons besoin
de ressources plus que jamais pour voir à ce que
la situation ne redevienne pas comme elle était au
cours des années 1990. Les syndicats doivent faire
la promotion de la paix et de la sécurité et venir en
aide aux travailleurs et travailleuses et aux autres
personnes affectées par l’épidémie.
• Nous devons nous assurer que les questions ayant
trait au VIH-sida soient dûment traitées dans le
programme de développement de l’après-2015.
NOUVELLES DU RÉSEAU POUR LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS Mai 2014  Numéro 3
21
Cela nécessite de tenir compte davantage et de
manière plus intégrée des droits en matière de
santé et des droits humains.
Nous devons faire pression sur tous les pays membres
de l’Union africaine pour qu’ils intègrent la R200 à la
législation nationale et se conforment à la Déclaration
d’Abuja sur la santé.
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P.B: 4401 Lome, Togo
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Au Canada :
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donyalo@clc-ctc.ca
Congrès du travail du Canada
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