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Dossier UE5

Micromondes en milieu scolaire :
acceptabilité et développement de l’autonomie
Raphaël Menegaldo
Département IME 2011 – 2012 – Université de Poitiers
Micromondes en milieu scolaire : acceptabilité et développement de l’autonomie
Raphaël Menegaldo
Mots-clés : micromonde, constructivisme, autonomie, Smalltalk, Scratch, Mindstorms.

Introduction aux micromondes................................................................................................3
. !rigine des micromondes......................................................................................................"
#. $es évolutions récentes.........................................................................................................%
3 . &ontraintes impactant l'accepta(ilité.................................................................................#
&onclusion................................................................................................................................3
)i(liographie............................................................................................................................"
2
« L’homme est l’enfant de son environnement. »
— Shinichi Suzuki

Introduction aux micromondes
Concept
*n micromonde est un t+pe d'environnement d'apprentissage , -ins éducatives dont la
conception donne une grande part , l'expérimentation et l'autonomie de l'usager. Ils sont
spéci-i.uement con/us pour un pu(lic d'en-ants.
*n micromonde consiste essentiellement en un langage in-ormati.ue permettant , l'en-ant
de créer ses propres -onctionnalités, et surtout, sa propre -inalité.
*ne couche graphi.ue, c'est-,-dire une inter-ace traduisant les commandes du langage de
-a/on visuelle, compl0te ce langage a-in de le rendre accessi(le aux en-ants.
!n peut voir .u'un 1 micromonde 2 désigne tout , la -ois un environnement
d'apprentissage, un langage in-ormati.ue, et un t+pe d'activité pédagogi.ue.
Objectifs
3es micromondes sont d'inspiration constructiviste. $ans cette opti.ue, ils visent , ce .ue
l'en-ant devienne acteur de son propre développement. &'est pour.uoi la motivation
premi0re des micromondes est d'apprendre , l'en-ant , ma4triser l'in-ormati.ue et non ,
s'adapter aux -onctionnalités .ue propose un poste in-ormati.ue.
3es micromondes servent , l'en-ant , créer .uel.ue chose de -onctionnel. 5n ce sens,
l'apprentissage réalisé dans les domaines de la logi.ue et de la programmation est un e--et
de (ord de son activité. 3'usage des micromondes doit théori.uement permettre , l'en-ant
d'agir lui-m6me sur ses modes de représentation.
ublic
&omme on le verra par la suite, des adultes tout , -ait sérieux 7ouent aux 3ego. &ependant,
3
le pu(lic au.uel s'adressent les micromondes est avant tout constitué des en-ants d'école
primaire et de coll0ge 89-: ans approximativement; ou en <ge d'6tre scolarisés en
primaire ou coll0ge 8puis.u'ils ne le sont malheureusement pas tous;.
!cceptabilité par les formateurs
= travers une étude de l'histoire précoce des micromondes, on verra .u'ils -ont en
dé-initive tous partie d'une m6me -amille de langages in-ormati.ues, restée tr0s vivante et
activement développée depuis ses origines, en raison de son extr6me -écondité. Mais
malgré ses potentialités évidentes, l'usage des micromondes est tou7ours resté peu
développé dans le monde de l'éducation. = partir de cette constatation, plusieurs .uestions
seront examinées :
>uelles sont les contraintes .ui p0sent depuis leurs origines sur les micromondes et .ui
sont , l'origine de cette marginalisation ? 3es évolutions tr0s récentes dans ce domaine
changent-elles la donne de leur utilisa(ilité en milieu scolaire ? 3es (éné-ices .ui étaient
attendus dans le développement cogniti- des él0ves par les pionniers de ces
environnements, il + a un demi-si0cle, sont-ils tou7ours intéressants au regard des
évolutions de la société de l'in-ormation, et valent-ils donc la peine de tenter de surmonter
les contraintes , l'origine du man.ue d'accepta(ilité ?
"# Ori$ine des micromondes
%ean ia$et
@ean Aiaget -ut un ps+chologue et (iologiste suisse, maintenant largement cité dans la
pédagogie moderne. 3a conception de la pédagogie .ui sous-tend pour une large part tous
les micromondes est celle du constructivisme, (asée sur les théories de @ean Aiaget sur
l'apprentissage, et ses découvertes dans le domaine de la ps+chologie du développement.
Bvant m6me l'émergence des théories cognitivistes, issues du mod0le de traitement de
l'in-ormation, Aiaget dé-end l'idée d'une évolution particuli0re des connaissances de
l'en-ant, .u'il pense 6tre le principal acteur de ses apprentissages. &ette évolution répond ,
un impérati- (iologi.ue, .ui est celui de l'adaptation , l'environnement, et en ce sens,
l'évolution de l'en-ant suit ses propres lois, ce processus relevant en dé-initive de cha.ue
individu.
Aiaget consid0re donc .ue c'est l'en-ant va construire ses connaissances 8d'oC la
dénomination de constructivisme; , partir de son environnement, des o(7ets et des
situations .u'il rencontre, et .u'il apprendra en particulier en cherchant , o(tenir un
résultat donné, c'est-,-dire poussé par le (esoin d'agir sur son environnement.
3'une des principales criti.ues -ormulées , l'égard du constructivisme est la rigidité des
stades de développement .u'il décrit, .ui interdisent, du moins théori.uement, dans un
dispositi- (asé sur ce mod0le, de commencer des enseignements participant d'un stade de
développement postérieur , un él0ve n'a+ant pas complété le stade de développement
antérieur.
Aiaget a constaté .ue les en-ants, en -onction des cas, passent d'un stade de développement
au suivant , des <ges di--érents. &ependant, il éta(lit des <ges mo+ens pour la transition de
l'un , l'autre.
$ans le cas des micromondes, le pu(lic .ui nous intéresse en priorité est celui des en-ants
de 9 , : ans. Selon les stades développement éta(lis par Aiaget, cela correspond , des
apprenants a+ant intégré ou sur le point de compléter le stade de l'intelligence
4
préopératoire, c'est-,-dire a+ant ac.uis le langage, la notion de permanence des o(7ets et la
capacité de sérier.
Ils sont au minimum en train d'entrer dans celui de l'intelligence opératoire 89-D ans;, oC
s'ac.ui0rent en particulier les notions de conservation 8du nom(re, de la .uantité;.
Si l'on s'intéresse , un pu(lic de coll0ge, cela correspond selon Aiaget au stade des
opérations -ormelles. 3e pré-adolescent devient progressivement capa(le de raisonner sans
nécessairement avoir de ré-érence concr0te et se met , raisonner par in-érence, et ,
éla(orer des ré-lexions a(straites.
&es rec'erc'es sur l’intelli$ence artificielle
5n E:, Marvin Minsk+, l'un des plus importants contri(uteurs , l'intelligence arti-icielle
aux cFtés de personnes comme Blan Guring, @ohn Mc&arth+, Bllen HeIell ou @ac.ues
Aitrat en Jrance, construit le premier simulateur de réseau de neurones.
5n E:%, @ohn Mc&arth+ développe le langage 3isp .ui deviendra un des principaux
langages pour la recherche en intelligence arti-icielle. 3a raison en est due , la principale
caractéristi.ue du 3isp : chacune des sous-expressions d'un programme est encadrée par
des parenth0ses. &eci permet de -aciliter l'anal+se s+ntaxi.ue d'un programme réalisé avec
3isp 8c'est-,-dire l'examen de la structure du programme et de sa signi-ication par
l'ordinateur;.
&ette propriété -ait .ue 3isp rend plus aisé le codage de programmes .ui codent d'autres
programmes : c'est en e--et l'une des idées de recherche pour parvenir , une 1 machine
intelligente 2 selon la dé-inition de Minsk+, c'est-,-dire capa(le d'apprendre par la
perception, d'organiser sa propre mémoire ou encore de -aire preuve de 7ugement criti.ue.
3e 3isp aura de nom(reux successeurs, dont le Scheme .ui reprend les m6mes o(7ecti-s, et
le 3ogo, une adaptation , des -ins pédagogi.ues.
&e lan$a$e &o$o
3'origine des micromondes se trouve dans le langage 3ogo, inventé en E9K par Se+mour
Aapert et Marvin Minsk+. &e pro7et est né au MIG 8Massachusetts Institute o- Gechnolog+;,
dans le la(oratoire 1 &omputer Science and Brti-icial Intelligence 3a(orator+ 2.
3'intention initiale est de proposer une appropriation de l'ordinateur par l'en-ant selon une
approche constructiviste, par opposition , la pédagogie transmissive traditionnelle.
3'o(7ecti- est d'o--rir , l'en-ant la possi(ilité d'expérimenter des actions, donc de se
construire une représentation des phénom0mes, et de s'expli.uer sa propre démarche
8visi(le, 1 traduite 2, , l'écran;.
3'environnement micromonde se compose d'une -en6tre en mode texte oC se réalise
l'édition du code et d'une inter-ace graphi.ue permettant la manipulation d'éléments
divers.
5
Programmation d’une horloge artisanale en
Logo
5n tant .ue langage in-ormati.ue, le 3ogo se trouve dans la catégories des langages
orientés o(7et ré-lexi-.
1 !rienté o(7et 2 signi-ie .ue le langage permet la dé-inition d'entités disposant de certains
attri(uts. &ela permet, en particulier, de réaliser une modélisation d'une situation. Aar
exemple, la situation d'une personne assise dans un train pourrait se modéliser de
plusieurs -a/ons. Si l'on désire étudier son (ien-6tre, on peut dé-inir l'o(7et 1 passager 2,
doté de plusieurs attri(uts comme 1 <ge 2 ou 1 sexe 2, l'o(7et 1 si0ge 2 doté des attri(uts
1 con-ort 2, 1 inclinaison 2 et 1 direction par rapport au sens de la marche 2, l'o(7et
1 -en6tre 2, etc.
1 Ré-lexi- 2 signi-ie .ue le langage permet d'éla(orer des programmes .ui, une -ois lancés,
peuvent inspecter et modi-ier certaines parties de leur propre code au cours m6me de leur
exécution. 5n particulier, un tel programme peut avoir acc0s aux di--érents attri(uts des
o(7ets .u'on + a dé-ini, par exemple changer l'attri(ut 1 inclinaison 2 de l'o(7et 1 si0ge 2 de
1 relevé 2 , 1 a(aissé 2.
(malltal)
Smalltalk est un langage développé , partir de EK par Blan La+. “To engage in
small talk” est une expression anglaise .ue l'on peut traduire par 1 parler de choses et
d'autres 2, 1 (avarder 2, ou 1 -aire causette 2. Blan La+, , propos du sens de ce nom,
expli.ue .u'il -aut l'entendre comme 1 la programmation devrait 6tre une simple histoire
de -aire causette 2 ou 1 les en-ants devraient coder en “(avardage” 2

.
Mas in ‘programming should be a matter of smalltalk’ and ‘children should program in smalltalk’.N, Blan
La+, Ghe 5arl+ Oistor+ o- Smalltalk, in )ergin, G. @., Pi(son, R. P., History of Programming Languages.
Blan La+ expli.ue .u'il sQagissait également d'une réaction , l'ha(itude de nommer des programmes
d'apr0s des dieux tout-puissants comme Reus, !din, ou Ghor, malgré .ue les programmes en .uestion ne
-assent strictement rien d'impressionnant. Bvec un nom innocent comme 1 Smalltalk 2, il pensait .ue si
7amais son programme 1 -aisait .uoi .ue ce soit de s+mpathi.ue, les gens en seraient agréa(lement surpris 2.
6
Smalltalk est un langage -ortement in-luencé par le 3ogo. Sa gen0se a été in-luencée par
des échanges entre Blan La+ et @e-- Ruli-son, grand admirateur de Aiaget. &eux-ci
convain.uirent La+ .ue le 3ogo avait une approche trop s+m(oli.ue pour .ue des en-ants
puissent vraiment s'approprier le langage, puis.u'il sont , l'<ge 8vers 9 ans; oC leur pensée
s+m(oli.ue commence tout 7uste , devenir opératoire.
= cet épo.ue, des éducateurs aux idées novatrices comme la médecin italienne Maria
Montessori, l'écrivain américain @ohn &aldIell Oolt ou le violoniste 7aponais Shinichi
SuSuki, pro-essent tous l'importance d'une approche plus -igurative et centrée sur les
images. Blan La+ conduit donc son pro7et vers un environnement .ui inclurait des
-en6tres, de la musi.ue, et des images visuellement manipula(les.
Aarall0lement, il imagine le pro7et 1 $+na(ook 2, sorte d'ordinateur porta(le destiné ,
résoudre nom(re de pro(l0mes techni.ues de l'épo.ue, et .u'il imagine pouvoir également
6tre utilisé par des en-ants. Jaute des connaissances techni.ues re.uises , l'épo.ue, ce
pro7et restera inachevé, mais son concept sera repris par le pro7et 1 !ne 3aptop Aer &hild 2
trente ans plus tard.
3ors.ue le Smalltalk est en-in pr6t , 6tre testé, en EK3, Blan La+ le teste aupr0s d'en-ants.
3es résultats sont décevants et compara(le , ceux o(tenus avec le 3ogo de l'épo.ue 8rien
de plus .u'une tortue dessinant es traits sur l'écran;. Auis Bdele Pold(erg de l'université de
Stans-ord invente le concept 1 @oe the (ox 2, et La+ peut admirer des en-ants de # ,
: ans inventer des s+st0mes complets d'illustration et de peinture, de création de
partitions musicales ou encore de conception de circuits électroni.ues.
&ependant, malgré l'introduction de nom(reuses améliorations au Smalltalk pour le
rendre plus intuiti- 8comme les mod0les -onctionnels et la possi(ilité de -aire hériter des
o(7ets des attri(uts d'autres o(7ets;, le constat -inal est un semi-échec : le Smalltalk
-onctionne, mais re.uiert un investissement énorme de l'él0ve et de l'éducateur T et La+
consid0re .u'une vérita(le pédagogie doit pouvoir 6tre menée dans des conditions
nettement moins -avora(les.
Une brutale perte d’intér*t
&omparativement au 3ogo, le langage Smalltalk a a7outé la propriété de t+page d+nami.ue
des varia(les. &eci signi-ie .ue certaines véri-ications d'un programme donné seront
véri-iée pendant son exécution et non durant sa compilation.
Goutes les langages évo.ués : 3isp, 3ogo et Smalltalk continuent d'6tre développés et
auront m6me .uantités d'em(ranchements distincts au cours des décennies suivantes. 3e
3ogo sera intensivement utilisé dans les écoles en particulier américaines dans les années
%D avec la création de multiples déclinaisons du langage. 5n Jrance, l'échec du plan
in-ormati.ue pour tous a certainement contri(ué , la -ai(le implantation du langage.
3es logiciels micromondes continuent donc , vivre et , évoluer, mais leur utilisation reste
-ortement -reinée par l'investissement , mettre en Uuvre pour leur application
pédagogi.ue, et, passé l'e--et de nouveauté aupr0s du pu(lic des -ormateurs dans les annés
%D, leur implantation redevient tr0s con-identielle. M6me le logiciel commercial
MicroVorlds 8distri(ue en Jrance sous le nom MicroMondes;, une des évolutions les plus
adaptées , la classe du 3ogo, reste largement méconnu.

+# Des évolutions récentes
Microorlds Pro
(,uea) et (cratc'
5n EE9, Blan La+, Bdele Pold(erg et $an Ingalis produisent une évolution de Smalltalk
prévue , l'origine pour 6tre utilisée par la société $isne+. Son nom sera S.ueak 8comme le
cri de la souris;.
Il poss0de une toute nouvelle inter-ace visuelle. Il -aut noter .ue S.ueak est sous licence
li(re, .ui permet donc la di--usion aisée du logiciel et l'implémentation de nouvelles
propriétés.
!nterface de "#ueak "malltalk
!
Mitchel Resnick, directeur du 3i-elong Lindergarten Proup au MIG, développe en #DD9 le
langage Scratch. &'est une adaptation de S.ueak .ui est sous licence li(re également.
3e parti-pris de l'environnement de Scratch est la création -acilitée de programmes gr<ce ,
un s+st0me de glisser-déposer .ui se veut 1 tactile 2. &e s+st0me encourage également la
réutilisation de morceaux d'anciens programmes, d'oC le nom du logiciel, .ui est une
ré-érences au travail de certains artistes $@
#
. 3a réutilisation est l'a(outissement du
concept de mod0le -onctionnel imaginé par Bdele Pold(erg.
Sur le plan de l'accepta(ilité, Scratch résout le pro(l0me de l'inter-ace par l'introduction de
-onctions en langage naturel.
Aour ce .ui est de l'apparence visuelle, m6me si on reste loin de ce , .uoi est ha(itué un
en-ant de la société technologi.ue actuelle, Scratch permet une .ualité tout-,--ait décente.
Surtout, il permet aux en-ants de réaliser des pro7ets extr6mement variés, dont certains
sont extr6mement a(outis si l'on consid0re .ue toute interactivité doit 6tre enti0rement
codée 8ou réutilisée d'un autre pro7et...;.


&i-dessus, on peut voir, de gauche , droite et de haut en (as : un a.uarium animé, oC l'on
# &eux-ci créent de nouveaux morceaux de musi.ue en e--ectuant des 1 collages sonores 2, produits en
direct , partir d'autres morceaux 8a+ant comme support des dis.ues vin+les; gr<ce , une ta(le de mixage
et une -orte dextérité manuelle.
"
peut modi-ier le nom(re et le t+pe des poissons présents et les plantes .ui décorent
l'a.uarium T un logiciel de dessin complet, avec gomme, outil de trait, cra+on, et la
possi(ilité de régler la couleur ou l'épaisseur du trait T un 7eu interacti- inspiré des
aventures d'Oarr+ Aotter T et m6me 1 Scratch !S 2, un environnement (ureauti.ue inspiré
de VindoIs, avec (loc-notes, calculatrice, logiciel de peinture et .ui sauvegarde
automati.uement la couleur .ue vous aveS choisie comme -ond d'écran.
&e projet O&C
3a di--usion de S.ueak a été -acilitée par le pro7et !ne 3aptop Aer &hild , partir de #DD9.
&e pro7et, inspiré par le $+na(ook de La+ et sur le.uel il a également travaillé, consistait ,
produire un ordinateur porta(le adapté aux en-ants de pa+s dé-avorisés, en particulier
capa(les d'utiliser tr0s peu d'énergie et de pouvoir ainsi 6tre rechargés par énergie solaire
ou , l'aide d'une simple manivelle. &eci , conduit , la création du W!-, ordinateur con/u
par le MIG, di--usé par la -ondation !3A& 8!ne 3aptop Aer &hild;, et produit par >uanta
&omputer.
$%% enfants de Madagascar ont re&u le
portable '()* con&u par le M!T
3e s+st0me li(re Jedora 8une distri(ution *nix; est le s+st0me de (ase de l'W!. Il + a
au7ourd'hui plus de #,: millions de W! dans le monde, ce .ui représente un énorme terrain
potentiel d'utilisation des micromondes.
&e$o Mindstorms
Aarall0lement , ses activités concernant Scratch, Mitchel Resnick développe un concept de
(ri.ues programma(les .ui a(outira en EE9 , la conception des 3ego Mindstorms.
#$
Il s'agit de (ri.ues 3ego classi.ues associées , composants ro(oti.ues comme des roues
articulées, (ras, pinces, moteurs, capteurs de lumi0re, etc.

= droite, l'ancienne version de R!)!3B).
5n #DD9, le s+st0me évolue pour inclure la (ri.ue HWG .ui est programma(le via
)luetooth ou *S) sur un s+st0me nommé R!)!3B), localisé sur un ordinateur.
)ien .ue ce 7ouet puisse 6tre utilisé d0s 9 ans, les utilisateurs de Mindstorms sont loin
d'6tre tous des en-ants. 5n e--et, du ro(ot .ui ramasse les (ri.ues égarées, , celui .ui les
trie par couleurs, en passant par celui résout les grilles de sudoku, le produit o--re des
-onctionnalités tr0s vastes .ui ne demandent .u', 6tre découvertes par des amateurs
éclairés.
##
+ne imprimante r,alis,e en Lego

+n robot en train de r,soudre une grille
de sudoku
3es legos Mindstorms et Mindstorms HWG sont utilisés comme outils éducati-s gr<ce , des
partenariats avec le MIG. !n ne peut plus vraiment parle de 1 micromonde 2 puis.ue
l'environnement n'est plus clos. &ependant, les principes .ue l'on o(serve en action ici
restent les m6mes : a7out de -onctions par glisser-déposer, inter-ace a+ant un haut degré
d'iconicité, visualisation, réutilisation de programmes et, surtout, une dé-inition tr0s li(re
des o(7ecti-s une ac.uisition de compétences de l'utilisateur par l'expérience directe.
- # Contraintes impactant l’acceptabilité
Aar rapport , son accepta(ilité par le corps enseignant au sein d'un éta(lissement scolaire,
un micromondes su(it deux t+pes de contraintes : celles liées , l'enseignant lui-m6me, et
celles, indirectes, liés aux pro(l0mes de son utilisation par l'él0ve, compli.uant la t<che
pédagogi.ue.
!$acement
5n tant .ue langage de programmation, les seules actions inhérentes au micromonde
seront de produire ou non le résultat intuiti- escompté par l'en-ant. Si la s+ntaxe utilisée
n'est pas correcte, le logiciel renverra un message d'erreur. Si le programme est correct, il
e--ectuera une action, correspondant ou non , l'intuition. Si la di--iculté n'est pas (ien
dosée, l'agacement ou l'ennui peuvent vite gagner en-ant dont le programme ne répond pas
, son intention.
Domaine de réalisation limité
$e la m6me -a/on, un micromonde donné ne pourra donner lieu .u', un domaine restreint
de réalisations, m6me si la 1 restriction 2 peut 6tre toute relative. Aour a(order d'autres
t+pes de réalisations, un autre langage doit 6tre utilisé, ce .ui demande un nouvel
apprentissage de la part de l'él0ve.
Investissement nécessaire
3a -a/on dont -onctionne un micromonde, et en particulier la grande li(erté, rend
primordiale l'importance du (ut recherché lors de ces activités.
3es micromondes demandent donc scénarios pédagogi.ues particuli0rement travaillés. 5n
#2
plus de cela, le micromonde, .uelle .ue soit sa complexité, n'est pas autre chose .u'un
champ d'expérimentation. Il -aut donc prévoir un important travail de cadrage,
d'accompagnement, et d'apport de connaissances , l'él0ve selon une autre modalité.
Sinon, l'enseignement de t+pe constructiviste attendu peut (asculer rapidement vers un
mod0le de t+pe transmissi- 8ce .ui est d'ailleurs l'une des principales criti.ues -aites aux
3ego Mindstorms;.
Compétence tec'ni,ue
3es langages .ui constituent les micromondes doivent 6tre tr0s simples, de sorte , ce .ue
leur apprentissage et leur utilisation soit a(ordées -acilement par les en-ants.
&ependant, , l'inverse, il doivent 6tre su--isamment riches pour réaliser des activités
diverses, et intéressantes pour l'en-ant. &eci -ait .u'un micromonde aura tou7ours un
certain niveau de complexité, et .u'un éducateur ne peut pas réaliser un atelier avec un
micromonde sans pouvoir répondre e--icacement 8m6me si ce n'est .ue ponctuel; , des
.uestions techni.ues et doit donc avoir été -ormé en consé.uence, sau- , posséder des
(ases de compétences en in-ormati.ue au préala(le. &ette situation est malheureusement
peu -ré.uente puis.ue l'a(sence d'enseignement de l'in-ormati.ue au coll0ge -ait .u'on +
trouve peu d'enseignants a+ant une prati.ue ou a+ant dé7, re/u une -ormation.
Conclusion
= premi0re vue, si l'on regarde certains dispositi-s comme celui du &onseil Pénéral de
&orr0Se .ui a distri(ué plus de 3DDD iAads , des él0ves et pro-esseurs de coll0ge, on peut
admettre l'intér6t d'ha(ituer les en-ants , des s+st0mes in-ormati.ues modernes,
ultraporta(les et personnels, présentant un haut degré d'accepta(ilité.
3'en-ant, en plus d'ac.uérir des compétences relatives , la société de l'in-ormation
8manuels électroni.ues, outils colla(orati-s, navigation et recherche sur Internet,
(ureauti.ue;, dispose d'un espace virtuel personnel identi.ue , l'école et , la maison.
M6me si leur utilisation pédagogi.ue n'est (ien sXr pas une évidence, l'adoption de ces
outils est .uasiment instantanée étant donne .u'ils sont le produit de recherches intensives
en ergonomie et expérience utilisateur.
&ependant, on peut se demander si ce -aisant, on ha(itue pas également l'en-ant ,
n'utiliser .ue des s+st0mes propriétaires 8en l'occurrence i!S, connu pour sa conception
particuli0rement verrouillée; et dont l'inter-ace, par-aitement a(outie au regard de son
utilisa(ilité, malgré les milliers d'applications disponi(les, ne propose -inalement .ue des
activités soigneusement compartimentées.
Aar contraste, le W!-, comme tout A& é.uipé d'un s+st0me li(re et ouvert, o--re ,
l'utilisateur la possi(ilité d'accéder aux couches les plus pro-ondes de sa machine et permet
8ou en tout cas rend possi(le; une appropriation de l'essence réelle de l'in-ormati.ue. 3a
distinction de langage application Y programme est ici -ondamentale. !n peut voir
directement l'installation d'un programme 8par une -en6tre de terminal; ou (ien o(server
ses e--ets 8apparition sur le dis.ue de di--érents -ichiers;. = l'opposé, l'installation d'une
application est par-aitement, et irrémédia(lement, opa.ue.
Si une inter-ace, sur le plan ergonomi.ue, doit pouvoir se -aire ou(lier pour alléger la
charge cognitive, sa 1 disparition 2 programmée par la philosophie d'Bpple n'est une
(onne chose .ue rapportée , des o(7ecti-s purement -onctionnels T en d'autres termes, on
gagne en proximité avec la réalisation d'un o(7ecti- 8par exemple, consulter son courrier
électroni.ue; au détriment de la compréhension de ce .u'on est réellement en train de
#3
-aire. $oit-on édu.uer les en-ants , 1 ou(lier la machine 2 ? &'est tr0s discuta(le. Jormer
une génération ignorante des principes .ui sont , la (ase de la nouvelle société
technologi.ue dans la.uelle elle vit est dangereux. )rouiller la distinction entre réel et
virtuel par une disparition totale de l'inter-ace l'est tout autant.
!r, c'est par les caractéristi.ues percepti(les de l'inter-ace 8sa visi(ilité, par opposé , son
invisi(ilité; .ue l'inter-ace est reconnue en tant .ue telle. &'est , partir de ce seul moment
.u'elle ac.uiert une réalité pour son utilisateur T et c'est seulement .uand elle -ait partie de
la réalité .ue l'on peut agir sur elle 8développer des capacités par rapport , son utilisation
et sa modi-ication; et .u'elle peut constituer une -ronti0re e--icace entre le virtuel et le
réel : ni une (arri0re, ni une autoroute d'in-ormations, mais un lieu de transition ou
s'exerce le choix, le contrFle et le 7ugement criti.ue de l'utilisateur.
3es micromondes, , l'opposé, rendent clairement visi(le le point d'accroche entre virtuel et
réel, et laissent li(re en écriture leur propre dé-inition. Ils participent ainsi de cette m6me
idée de donner , l'él0ve un pouvoir sur la machine : un pouvoir de manipulation par
l'apprentissage dans un espace li(re, , partir de -onctions élémentaires, et non simple
utilisation de programmes dé7, constitués, -igés et pr6ts , l'emploi T un pouvoir de
compréhension 8le premier pas vers la sagesse; par l'expérience des mécanismes sous-
7acents au calcul et , la programmation in-ormati.ue.
.iblio$rap'ie
Brnheim, R. 8EK9;. La pens,e -isuelle. Aaris: Jlammarion.
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