D<Sbut d'une sërio de docuxK'ots en couleur Couwettute mMtieuœ ntanquante

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CONFESSIONS D'UN

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COSMOPOUTE

M~o(!!er)na)t). Ï'<M,t<:t- Loi. – Les Pitu~tdUci). – man traduit tubannis~t- J-ei) RouAd~). Traduit < j M.teC'*ï'MXt)K.Un\o!. demnioparMM.):K(:ot.m. du in.tB. aM vn.LK fit V. t'K XK~nx. Un vo!.in.<:<3~ BjOK~SM U<J.).–~MtO'<)'<'< ~MJt~X'.–tMMOXft'fOf.t'M't. ~). a – A<j< F.u)~ nu')~K'r r«'<.–Traduit t'onMi~ en aetea. tht))t)fVH«!t)u A. MoxMUERct t)on française par AdtptaMM.J.. pxrMM.Aua. ALMAKt.Un vot.in.<<) Lonaira et Schûrmana. Une i! – ,'<M.f~M/i)! i" t't2' hrût-huro in.<S. des – Tr<<dut't{on <:ttTCtttn!<ifnE. – .Wc~eM~ do < parties. MM. A.Monniot' <it Li!t)))3)tronan traduit (tuson.UnYohin-tS.350 <MM/<~ M" Mnrina Porussf, par Un -–t/ae/ai!ft~, ont actes. lonsky et G. Dobesso. M pi6co du adaptation fran<dsûMM. – yot.in.i8.3 Scharmann otJ.Loxaire. ~At~o))M d'HM/)f/OM.Vi'i Un9br.in-i8.ï'rix.a et twuturcs de NicitKor Xa. comëdîo -–t/M~ant, en3Rctes. trapuxny. Traduit du russe, Traduction ttc Aug. M<)n. par M'"Mari))'tPo!on8ky Un volume nier. nvol.in.i8. U Prix.3SO otG.Dehcssc. 3 50 en 4a.!tcs. in-tS. –– Z~na~a, !6co p Une f!<Mt<e, en4ac. HCUEGAKnAY.– tf ~)YM<< pi&ce Ga~ Traduction ~~o, pièce an 3 notes. Adaptes,6tableaux. Un tation française de MM. de M. Aug.Monnier. i 3SO Schurmann et J. Lemaire. ~ol. n-i8. 2 – 3f~My<<'e< Po~aMte. Tr&- Unebr.in.t8.Prix. deMM. Mon- ( dncUon Aug.Une GRtGOROviTCH Les (Dhnitri). nieretG.Montignac. –1 r f<!f€n<t <~ /a Ca;)!<o<e, o~taM brochure in-iS. traduit du russe, par M"* – dramon4actes. e – te J~'fOt, dramen4ac- E!éoNoro Tsaknv. Un vo). /OMftM~f< e in.iS. 3 SO tes. Traduction M. A. ïlAUi'TMÀNN de – ~MM l UnvoL Monnier. in.tS.3SO Mf!<a:)'M. (Gerhart). d'ATraduction BRAfDËs (Edouard).MA!- lexandre Cohen. Un .volume – la .<<(Une visite.–Sous i!t.i8.

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V. DESCREUX
– NOUVRI.Ï-.H MMl-i'ION –

PARIS
T?,-V. 27, STOCK,

– I~r~RR.
ÉDITEUR 27

RUE DE RICHELIEU, 1903 'tous droits réserva.

PREFACE DU TRADUCTEUR

Les CoM/MtOH.? <fw! M<ïMg-<?«r ~'o~!Hn: présentent. le double caractère, Is double intérêt d'eue une autobiographie et le récit d'expériences nombreuses et variées sur un des agents les plus puissants que la nature ait donnés a l'homme. Toutefois elles ne sont pas complètes en tant que confessions, car très développées en ce qui concerne l'enfance et la jeunesse de l'auteur, elles ne s'étendent guère sur sa vie littéraire et sa maturité. Elles ne sont pas absolument complètes, en tant que récit d'expériences sur l'opium: un accident qu'il raconte dans son introduction l'a prive de nombreux documents et l'a réduit en certaines circonstances à consulter ses souvenirs. Or, l'on sait que trop de précision dans ceux-ci expose le narrateur au même soupçon que trop de précision dans les prophéties on suppose dans les deux cas de l'illusion, sinon de la mauvaise ibi, de l'écrivain le défendra de ces L'autobiographie

t'MKt'f;HMJTt<AMJtn'KUR

deux reproches. U est des qualités qu'on peut avouer sans fausse modeste le sévère I.a RochetbuciuUd met dans ce nombre la mémoire. Ce droit est encore moins contestable lorsque, par une discipline suivie, l'on a fait subir :t cette t.tcultc un entraînement énergique; ainsi qu'on le verra, c'est le cas de notre auteur. Donc, pas d'illusion de sa part, et de plus il notait pas dans la nécessite de conblcr par l'imagination les lacunes laissées par la perte de ses documents. Quant a sa bonne loi, il l'a détendue par des arguments irréfutables. Il fait remarquer la prévention de ses compatriotes contre tout écrit ayant un caractère contre la sincérité à outrance d'un autobiographique, J.-J. Rousseau. II a lutté contre cette réserve presque fatouche qui fait du Aowe anglais un sanctuaire 'impénétrable, et du for intérieur d'un Anglais un MHC~M:. sanctorum dans ce sanctuaire même. La variété, l'intér~t.de ses autres écrits le dispensaient d'avoir recours aux confessions et de'raconter des expériences .psychologiques dans le simple but de captiver l'attention. On peut le croire quand il dit qu'il a souffert de passer pour un Mangeur d'opium, qu'il a plus souffert encore après avoir avoué son habitude, et que le seul .désir d'être utile l'a décidé à écrire. Cette apologie à l'égard de l'erreur de l'illusion et de la mauvaise foi serait nécessaire aujourd'hui eoeore, car l'opium est resté l'objetd'une aversion avouée, pu. blique, d'autant plus bruyante, qu'elle sert à dissimuler l'usage qu'on fait de cette substance. H est difficile de persuader qu'on s'y abandonne par la seule impossi-

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b!H!e défaire autrement. Tout homme qui en use est r<u'd~ )~~ /~f.'<t' comme un chercheur de paradis t<rtihciei~, comme poursuivant la volupté phyiiiquc dans ce qu'eue a de plus intense et de p!us rauine, ennn comme lui donnant ce ratunement suprême qui consiste a la rendre purement intellectuelle. Une cause qui contrihue a an~mouer ces prévenvenue à quetqucs esprits tions, c'esUft erainte~uiest voir i'optum remptacer i'tdcont comme poison nade tiona! et ~urtom comme poison poput.urc. M. Vercscha~<n, dont on connaît te ta!ent et la sincérité tant comme artiste que comme explorateur, déclare que dans un avem!' assez rapproche, cette substitution sera accomplie.. HnAng~e!e~c, elle est ircquente, comme l'x démontre Th. dcQuinccy lui-même, nonseuicment p~rmi les hautes classes, mais, encore dans les crands centres ouvriers. Alphonse Esquiros nons apprend que le laudanum~ c'est-à-dire un liquide capable d'ajouter aux effets de l'opium ceux d'un alcool très concentré, est émployé couramment a Liverpool par les ouvrières qui ont de jeunes enfants afin de pouvoir travailler dans les ateliers en laissant leurs enfants la maison. L'on dirait que la Chine, à qui l'Angletcrre a Impose !!M)H<u' x litari-l'usage de l'opium, se venge de sa défaite par un talion rigoureux et exact comme une loi de la nature. France même, qui a été quelque peu complice de ~L.a cett~ ~ol~nco, n'est pas à l'abri de l'invasion. Les études de M. Charles Richet ont prouvé la diffusion du est une forme plus subtile et plus morphtnisme~qui encore de l'opiomanie. Et nous ajouterons dangereuse

PRÉFACE

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~1 ~~M-t. ici i; comme t~<: tous les ~V.<t~!Af que, t~~t~~t~ exemples corrupteurs, cet exemple vient d'en haut, H y restera confiné sans l'admirable équilibre de notre tempérament doute national, qui nous fait bientôt revenir des extrêmes et nous montre tôt ou tard tout excès sous un aspect rldicuic, nous arrêtera bientôt dans cette voie. Nous pouvous donc espe~t'que la race anslo.saxonnc gardera le monopote de ce fléau, avec tl'autres monopoles non moins pesants, comme son paupérisme~ son esprit de destruction qui fait que, partout où e!îe se montre, les races antérieures et leurs monuments semblent s'évunoui: Race extrême~ avec son sang-froid proverbial, elle doit subir une loi naturelle que je me hasarderais à formuler ainsi. Dans les caractères nationaux comme dans les caractères individuels, les extrêmes s'appellent coexistent et agissent soit en se combattant,; soit en alternant leur action. C'est ce qu'exprime un livre dépourvu de la sereine clarté des Grecs, mais non moins beau par les innombrables lueurs d'éclair qu'il jette dans la nuit delà nature et de Famé. On devine qu'il s'agit ici de la Bible. EUeditqucIque part cequete puis bien appliquer ici ~MM~MMtM !M~oc<!<. cités Les les plus adonnées aux préoccupations matericHesetmercantiles n'ont pas été par cela préservées, ou si l'on aime mieux, privées des écarts de l'imagination et des illusions mystiques. Lorsque mille signes y persuadaient l'observateur superficiel qu'on adorait un seul Dieu, Mammoa, Plutus, le dieu des voleurs et des mat'. chands, tout y laissait voir un fonds puissant de rêveries~ d'atTracticn Four ic côté chimérique, ténébreux des

t')~fAC):))U-mAM'R'n:UR

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choses. Les J<om.un~ ces modules de Fcspnt positif, tt qui la conquête et l'exploitation du monde huposuient comme une nécessité lit vision exacte de tout ce qui les entourait, eux qui ont créé un empire par les deux réalités les pins inexorables de tontes, le droit et l'épée,ont créé aussi la superstition. L'homme qui n le plus aime et le mieux connu icnr poète natiomd,Heync, réditeur de Vigile, insiste fréquemment sur le caractère Hla fois naturaliste et sombre~ des mythes itatiqucs. La contre-partie de cette loi démontre !a loi e!!e-meme. L'Allemagne, réveillée par IH Prusse de son sommeil plein de rcvcs mctftphysiques, est devenue industrielle, et a fait de ïa guerre même une science dirigée vers les applications immédiates. Indépendamment de cette loi, qui fait correspondre dans le même être un extrême a un autre, loi sunisante pour exalter chez la race anglo-saxonne les dons de création imaginative, que semblerait neutraliser son esprit positif, les faits sont là-pour démontrer sa haute virtualité intellectuelle. Le plus vigoureux penseur de ce siede est peut-être Herbert Spencer; Darwin et Wallacc ont donné à l'Histoire naturelle des siècles d'impulsion et de progrés l'ère de Victoria, comme on la nomme en Angleterre n'est pas moins féconde que l'ère d'Elisabeth en poètes profonds et subtils, en mêtne temps qu'elle lui est bien supérieure en délicatesse. L'on ne voit pas même que cette.ère soit séparée des précédentes par des époques de stérilité relative. Or, l'on a bien le droit de regarder une telle culture comme une manifestation extrême, une exacte compensation au

M~FACtC

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génie poaitit qui disperse partout ment la race tngto-saxonno.

et enracine solide-

Si, de ces considérations sacrales, nous revenons par une transition naturelle al'amen)qui a connu p~r une expérience de cinquante ans Fun des u~ents les plus puissants du réve~ nous trouverons dans le sujet qu'il a traitè un autre sujet qui y est rehterme. et qui ne man' que pas d'intérêt. Th. de Quincey a décrit av~ minutie, avec précision, les effets de l'opium; nulle part il.ne cherche & les expliquer. C'est là une question qui se po'se d'eHe-tneme. Dans ces descriptions l'on remarquera abondance des ëiëments moraux, logiques, imaginants, l'absence totale de i~tement sensuel. C'est une surprise pour le lecteur/qui sait dans quel but l'Orient se livre il i'opium. On peut attribuer cette iacùnea plusieurs causes. La principale est peut-être !n réserve excessive de l'Anglais, qu:<~Midére ieseut fait d'écrire des confessions.comme une audace. On peut admettre !tuasiqa& Th. de Quineey 'n'a pas connu ce cùin du paradis de l'opium, et que, rompu de bonne heure a là méditation purentent intellectuelle, il devait échappera cei entraînement Qu'on iise l'Opium de ï~. Paul Bonhetain, livre qui porte la trace de bien des impressions person' :nelles, on sera frappé desa différence, de son opposition absolue avec les Co~MfoM. L'on ne saurait expliquer cettè diversité par la manière de prendre ropîum que l'un fume et que l'autre emploie sous forme de solution AU <4" :,I~- .J. on~ .t.u;ArQA~¡" eu ~etne~i nN'sr&~l'ea doi* supp~s*" ~~K~<rg<*nt<.t-

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tions différentes qui font glisser les deux t~rivains sur deux versants opposés, alors même qu'ils ont le Même point de départ. De plus, l'auteur francaia place son oh personnage dans )a partie de l'Kxtreme-Onent des couleurs et des mouvement:: est h plus l'agitation intense; il remplit ses journées par des songeries amoureuses, ou par les scènes d~ lu vie alternativement iiévrcuse et torpide qu'on mené dans cette région, et tom cela est d'origine extérieure. Quand l'opium étend sur nos deux personnages sa toute- puissante innucnce, il agit d'un côté sur un homme qui a médité et contemple, dont lit vie psychologique est aussi animée que son existence matérielle est tronquilic et pum- ainsi dire vide, de l'autre sur un homme qui remplit cette existence par des passions, du mouvement, des rêveries indéterminées. De partetd'aune, I'inteUi~ence,revcillec se b;Uit son théâtre avec les matériaux par l'opium, qu'elle renferme, y joue en drames ses souvenirs, ses idées, ses sensations; de part et d'autre ellene tired'ellcmême que sa propre reproduction. Ce n'est pas que la sensibilité fasse défaut à Th. de Quincey. L'on ne saurait accuser de sécheresse d'âme celui qui a ose écrire l'épisode de la pauvre Anne, et a fait par un simple récit, d'une prostituée de Londres, une charmante et sympathique ngure féminine. Mais cette sensibilité n'est pas la passion. Elle s'étend à tout ce qui souffie dans rhumilianon et le malheur, elle refuse même de tenir à distance par une rigueur phari:. saïque, les êtres qui ont mérité ce malheur et cett& humiliation jelle puise dans le souvenir de ses propres

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fautes l'indulgence pour celles d'autrui. Lu sensibilité chez Th. de Quincey, est donc une harmonie exacte entre l'émotion personnelle, instinctive, et des motifs tout intellectuels pour cette émotion. La passion diffère de cette sorte de sensibilité par la violence, l'ëgoïsme, l'aveuglement, c'est-à-dire qu'elle en diffère du tout au tout, qu'elle en est pour umsi dire la négation. Th. de Quincey insiste longuement sur .la faculté que possède Fopium.au moins au début de son action, d'établir un parfait équilibre entre les affections et les idées, de donner à l'Intel [tgenc~la sensation et la santé mentale, où l'imagination, la mémoire, le jugement, les sympathies, les antipathies, tiennent leur place, jouent leur rôle, se renferment dans -h:urs limites et les atteignent dans tous les sens. En face de ce tableau, il trace avec une singulière puissance descriptive, celui de l'excitation que donne l'alcool, et què la langue anglaise appelle si énergiquement intoxication. Ainsi, voilà deux substances dont Func est connue, au point que M. Berthelot a pu la reconstituer de toutes pièces, l'autre l'est en partie. Toutes deux se réduisent en définitiveà des groupements d'atomes. Qu'on fasse pénétrer ces substances dans la circulation, que la circulation les mette en rapport avec les éléments, cérébraux, aussitôt la scène psychologique s'ouvre, s'éclaire, se peuple; une vanété infinie de spectacles intérieurs s'y déploie. Et cela a lieu devant une partie de nous-méme qui est la conscience, et qui éprouve devant ces spcctacles, terreur, extase, colère~ remords. Cette même j et jConscièttCc qu; tout & i'h$t!<* ~!<"t pMMMnte<Jibre. JI

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disait ~Ia mémoire: tais-toi, a l'imagination: tu ha!. jusque-là et pas plus loin; elle est immobile, muette, quand le spectacle est terminé, elle éprouve une senaution de regret ou de soulagement par laquelle elle exprime l'impossibilité absolue où elle était de diriger, de prolonger ou d'interrompre le drame intérieur. Cette idée qui ne s'est pas prexemcea Th. dsQuincey, terrinait Baudelaire. Lui qui a si bien analyse les fantaisies de l'opium et du haschich, apprécie et traduit l'alcoolique Edgar Poe, il n'a jamais recouru a ces excitant:, et comme le dit Th. Gautier, rM~~e~M&er Ma~re lui, reftrayuit, au lieu de l'attirer. Qu'est-ce donc que penser maigre soi, sentir maître soi, comme cela arrive sou~. l'innuence de certains agents, comme cela arrive aussi en dehors de leur influence? Un auteur ingénieux, mois par malheur un mauvais écrivain, De la Salle, compare la mémoire a une longue bande de parchemin qui s'enroule ù la façon d'un volumende Pompée à mesure que s'y inscrivent toutes les idées, toutes les sensations, sans qu'aucune échappe à cet enregistrement automatique. La mémoire est sous certains rapports une faculté indépendante, isolée, une sorte d'agenda que nous pouvons consulter, mais auquel nous ne pouvons rien ajouter, rien retrancher. A de certains moments, sous des influences violentes et soudaines, extérieures, morbides, le rouleau se déploie tout à coup dans toute sa longueur, et oSre.a nos regards toute notre vie passée, non pas en symboles plus ou moins abstraits, non en induÏerentes.nptauons

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algébriques, niais en représentation:) directes. Nous pemont Mux funérailles d'un grand homme cela M reproduit aux regards de la conscience sous la forme d'une pa~o de livre, d'une colonne de journal quand nous avons ninsi connu lu f.)it; mais si nous en avons éte les témoins ocui~ires, nous assistons à uneveritabie résurrection de la scène, exacte comme une photo~r~ phie, mais vivante, pleined'uu bruit etd'un mouvement de foutf?, comme ces réapparitions de nos existences antérieures, que M. Camille Fiammarion nous promet dans Lumen. D'autres fois, ce tableau qui se pfesenîcà nous, a été réellemcnt sous nos yeux, nous croyons ne l'avoir jamais vu. Richard Snva~c Landor raconte, avec un souvenir de terreur, l'impression qu'il ressentit en voyant pour la première fois (c'est-ù-dire en croyant voir pour la première fois) un pays~e absolument identique à celui qu'il avait vu en rêve quelques jours auparavant, fait qui prouve que les choses oubliées ne disparaissent nullement de notre esprit. Les auteursctas* siques de la psychiatrie citent un homme qui, dans un accès de délire, récitait de longues tirades de PAMr~, avec une intonation fort dramatique. Une savait ni lire, ni écrire, et le seul incident de sa vie qui eût quelque rapport avec la pièce de Racine, c'était qu'il l'avait vu représenter une seule fois. Il n'avait rien corn-' pris, mais il avait vu et entendu, il n'en avait pas fallu davantage pour graver dans sa mémoire une inutile représentation de la pièce. Ainsi, de l'action de certaines substances sur l'intel* +. .1' KgcMC, ïîcss F~CMx }'cx<rci?e sstOT!tiqas,inv!

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et pour ainsi dire convulsif d'une paniù N'y a-t-il pxsl~ uupo~a~C. itnport<ntedel'tntdlijt<ence. tout naturel? L'analogie sera bien p'm marquée jt~ nous nous reportons aux travaux récents sur )a physiologie cérébrale. Ils nous décomposeront lu n'.em'~ire en plusieurs mémoires bien distinctes, dont chacune peut disparaît) e internent; ils placeront ce-: f«cul!es de même ordre dons une certaine circonvolution de Broca. lontaire Certains faits donnent à penser que l'intelligence, en tant que distincte de lu mémoire, c'est-à-dire en tant ne s'exerce que faculté de combinaison,dcconstruction, avec conscience et volonté. Le docteur pas toujours Love, prédicant américain, rapporte un de ces faits Un voyageur, endormi dans une chambre d'hôte!, fut réveillé par le bruit d'un coup de feu tiré dans la pièce cont:i.;ue; entre le moment oit le son arriva a son oreille et celui où il se r~veilia, il avait eu le temps de voir ~e développer le songe suivant. Il était reporté au temps de sa jeunesse, s~en~ageait. prenait part à diverses batailles, désertait, était repris, jugé et condamné n être passé par le& armes; il avait confondu le coup de feu tire à côté de lui avec celui du peloton d'exécution devant lequel il se croyait place, et il se réveillait avec le souvenir d'aventures militaires qui avaient duré plusieurs années. –M. Alfred Maury, dans son livre si les /~t'M,en rapporte un du complet sur !e~MttN~ même genre. Comme il dormait; la barre tjui soutenait les rideaux de son Ut;tomba sans lui faire de mal, mais de cette ~<L~~M-te(i~Faa~Hcont<M:t

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barre froide avec son cou suffit cependant pour faire naître un rêve complet, parfaitement ordonné, dans lequel il assistait tout le développement de la Révolution française, depuis l'ouverture des Ktats.Genëraux jusqu'à la Terreur. 11se croyait l'une des vi(.'imes du Tribunal révolutionnaire, il montait sur Fëchafaud, il avait la tête engagée dans !a ~uitiotine, et il s'était revdUe confondant le choc de ~a barre avec la chute du On sait aussi qu'un des épisodes du Mâhacouperet. est fondé sur un rêve de cette sorte, qui fait bhârata passer pendant la durée d'un éclair, devant rinteUi:;ence d'Ard}ouna tout un système métaphysique. Enfin le mystique Ballanche, dans sa F~tfM d'jH~&a~,a sdopté la même mise en scène. Du reste, il n'est pas nécessaire de recourir à ces faits qui, sans être rares par eux-mêmes, le sont par la difficulté de les constater par soi-mème et chez les autres, et dont robservanon suppose une grande habitude psychologique. Pour peu qu'on se soit adonné aux recherches philosophiques, aux exercices littéraires, on sait qu'à certaines heures, dont on profité sans pouvoir les ramener pu les prolongera l'on est dans une disposition d'esprit particulière, qu'alors les idées appaMissent avec des rappôrts, des enchaînements ingénieux et justes, qu'elles se présentent vêtues de métaphores exactes ou brillantes, tandis qu'à d'autres moments, ellessont pour ainsi dire de si mauvaise humeur, et arrivent dans un négligé tel qu'on préfère les repousser 'et attendre le retour de ce qu'on nomme Finspi ration. Une autre observation que chacmt « pu f5!rC)'sc

PRÉFACt OU TKAnUCTEUR '1

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rapporte &ces révélations soudaines qui nous font voir la combinaison longtemps cherchée, et à laquelle, en désespoir de cause~ nous avions essayé de ne plus songer. Cela n'indique.t-il pas un travail souterrain, ou l'intelligence reprend, loin du regard de h conscience, la tache que la volonté avait renoncé à exécuter? H semble qu'on voit se réaliser le conte de fées ci) une jeune princesse enfermée par une marâtre avec un tas de graines mêlées ensemble, a pour obligation de les trier; elle se désespère, mais arrivent des fourmis que jadis elle a évite d'écraser, €t en peu d'instants, à son insu, tout est rangé par tas distincts. Dans le j~orc des les brownies se rendent utiles de lit même Highiands, façon pendant la nuit, mais s'ils s'aperçoivent qu'on cherche à les épier, ils disparaissent après avoir commis un méfait. Peut-être aussi, la psychologie fera-t.elle bien aussi de laisser l'intelligence inconsciente accomplir son œuvre dans l'obscurité. Mais tout en constatant ces faits, nous bornant là, et nous gardant de vouloir en pénétrer la substance, nous pouvons nous demander s'ils ne contiennent pas tous les éléments de la fantasmagorieque déploient en nous l'opium et les substances analogues. Ils nous prouvent un phénomène d'une importance capitale, la distinction qui existe entre les facultés mentales; l'intelligence peut échapper à la volonté et à la conscience, travailler loin de leur action avec force et régularité, pour ne leur apporter ensuite que le résultat dénnitif, la solution du problème cherché; elle peut aussi travailler sans

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fKK.'ACHRU TK*nUCTKUR

but proos, sans un problème résoudre. commequand le compas do l'architecte se distroh en n~ures symétriques et compliquées, qui n'ont aucun rôle dans rcdi* Rce. Elle peut eniin prendre la mémoire pour compagne de ses jeux et de ses excursions capricieuses, ou lui laisser toute la place. H résulte de tunt cela des combinaisons bien plus vari~ que cdtes du kaleido~cupe, car ia reguiarité et la symétrie sont un accident fortuit et non d'e~t néceMaire de !a disposition de l'ins~runtentiMeUectueL U n~t pas nécessaire de montrer que cette indépen' dance de la mémoire et de rtnteUi~ence ne sont pas des phénomènes propres à l'état de rêve. Sans doute le sommeil relâche jusqu'à les rendre flottants et insensibles les liens qui nous rattachant au monde extérieur, liens qui pendant Fêtât de la veiUe sont tendus parfois au pointde vibrer douloureusement en nous. Mais cet état de veille n'est autre chose que la volonté et l'attention nous savons bien que toutes deux nous coûtent un effort continuel. Il faut une sorte de volonté pour vouloir; dès que le regard est nxé sur un point, il se lasse et recommence à errer; pour pèu que la surveillance se suspende, toutes les folles du logis s'ccbap' pent, s<: groupent, s'isolent, racontant, raisonnant, rieuses ou grondeuses; cela constitue l'état aussi agréable que dangereux qu'on nomme rêverie, maladie qui pousse Ter< lA~oiKude, et qu'à son -tour la solitude «ggr,a<M!. du Ces fànt~ste$.d?j~ mémoire, de nation raispnoemea~i(C. ;a€tlieai ioft bieOt avec ce bel :~u i-

DUTACK HUT)(At'UC-rt:UR XV libre intellectuel que l'h. de Quincey nous dépeint comme un effet de l'opium. Cet a~ent a une vertu narcotique remarquable, et celle-ci ne se borne pas une action toute-puissHute sur lu douleur physique. HUc s'exerce avec non moins d'énergie sur la douleur morale aiguë ou chronique;, sur celle que cause en nous un choc violent et subit, sur celle que nous fait éprouver la morsure incessante d'un amour trompe par l'abandon ou la mort, d'une ambition dont l'objet nous fuit et nous inquiète. Est-il prouvé d'ailleurs qu'une douleur morale diS'ere essentiellement d'un& douleur physique, qu'elles soient confinées dans des régions qui ne communiquent jamais eatrc elles? Cet équilibre inteHecmel que Th. de Quincey décrit avec tant d'éloquence, avec la sensation d'une incomparable volupté qu'est-il, sinon l'anesthésie de la douleur morale au mctne de~re que l'engourdissement de la douleur physique? Il reste alors l'intelligence, la mémoire, l'imagination; devant ces facultés passent des objets qu'elles contemplent à loisir, sans être violemment distraites par ces douleurs. Sans doute, Th. de Quincey nous laisseentendre qu'à la longue, cette action anesthésique s'épuise, et fait place a des souffrances. C'est là un phénomène physiologique nous savons que la plupart des agents produisent par leur abus ou leur long usage l'effet même qu'ils étaient destinés à combattre. Il n'est donc pas étonnant que ce bel équilibre-que Fopium. produisait soit détruit par l'opium lui-même, que les fresques majestueuses et calmes, devant lesquelles on se promenait en dilettante charmé, soient remplacées par des

XVI

PRÉFACE DU TRAPUCTKUR

courses haletantes à travers un enfer aux cercles bien autrement nombreux que l'enfer dantesque. Un caractère frappant sur lequel Th, de Quincey insiste avec raison, consiste dans un lien intime entre les visions de l'opium et les incidents de notre vie. Ces océans agites dont l'étendue interminable donne le vertige, et dont chaque vague est composée de figures qui grimacent, menacent ou supplient; ils ne sont pas autre chose que ces foules qu'il a jadis parcourues., regardant attentivement chacune des molécules humaines qui les composent, dans l'espoir toujours trompe d'y découvrir sa pauvre amie. C'est encore un souvenir des foules de Londres, de ces deux ou trois millions d'êtres entassés dans une cité, de ces deux ou trois millions d'êtres dont le piétinement anairé s'entend de loin, et qu'un poète anglais contemporain a comparé au puissant rugissement du tourbillon central (mighty central upwar). Cette poursuite d'Anne, dont tous les incidents réels sont devenus les textes d'autant de drames visionnaires, n'est que la vie de Th. dé Quincey comme il l'a dit lui-même, son autobiographie est la substance de ses rêves. Une dernière question se pose; que les observations précédentes nous aideront à résoudre. L'homme de lettres peut-il puiser dans l'opium ou dans les substances analogues des ressources intellectuelles? Nous répondrons oui et non. Oui, s'il s'agit de se placer dans des dispositions favorables au travail, et de combattre h do"r physique et morale qui est le princi-

FREPACt: M) TRAPUCTKUR
1-1 1 11 -1 9

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pal, et, au fond; le véritable obstacle il ce travaiLOui, encore, s'il s'agit de soutenir cet effort en vue d'accomplir une tâche qui demande l'unité d'inspiration. Non, s'U veut créer, ou simplement voir. Shakespeare dit dans .HaM!~ « H y a bien plus de choses dans la réalité, que ne saurait en rêver toute votre philosophie. » L'opium, avec toute la splendeur, la variété, le mouvement de ses visions, restera toujours au-dessous de cette réalité, et l'auteur du Cosmos, alors même qu'il se bornait au monde physique, n~vaitrieu a enviera Th. de Quincey, à Edgar Poë, à Hoffmann. L'opium restera donc, à ce point de vue, un plaisir ëgoïste, et .peut-être par cela seul, un plaisir stérile. H n'ajotiterit rien a nos facultés, ni aux objets de nos facultés. Se bornant tirer de nos ressources intellectuelles ce qu'elles contenaient il l'état latent, ce que nous y avons accumule par un travail antérieur, à dissiper, sans qu'on puisse compter toujours sur cet effet, les obstacles qui nous empêchaient dc les employer, il est incapable denous révéler des problèmes, des solutions, des aspects inconnus des choses. V. Dt:SC!:EUX

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AU LECTEUR

Je vous présente ici, bienveillant lecteur, le récit d'une période remarquable de ma vie. S'il répond à mon désir, j'espère qu'il offru'a non seulement Fintëret des faits, mais encore une grande part d'utilité et d'instruction. Je l'ai écrit surtout pour ce dernier motif, et cela doit me Mre pardonner d'être sorti de la délicate réserve qui le plus souvent nous empêche d'étaler en public nos erreurs et nos faiblesses. Le malheureux et le coupable ont une tendance natùrelle à fuir les regards du monde ils préfèrent l'obscurité et la solitude jusque dans le choix d'une tombe, ils cherchent à s'isoler parmi la foule souterraine. On dirait qu'ils renoncent à revendiquer leur part de fraternité dans la grande famille des hommes, qu'ils veulent, comme le dit cnergiquement Wordsworth, Exprimer avechumilité Leur remords par la solitude. En somme, dans notre intérêt à tous, il vaut mieux

xx

AU t.KCfKUR

qu'il en soit ainsi, et pom' moi, je me ~ardenu bien de blâmer des sentiments aussi salutaires. Mais d'une part, ma confession volontaire n'est pas un aveu de culpabilité, d'autre part, si elle en était un, je persisterais peut-être encore &penser qu'en racontant une exun service périence payée aussi cher, je rends autrui tel qu'il compense largement toute violence fuite aux sentiments dont j'ai parle et qu'il justifie une exception à la règle générale. La faiblesse et la misère ne sont pas fatalement liées à une faute. Les ombres de ce couple ténébreux se confondent ou se séparent selon les motifs visibles, le but qu'avait l'offenseur, les excuses manifestes ou cachées de l'offense, la force des tentations qui ont fait faire le premier pas vers celle-ci, selon l'énergie avec laquelle on a lutté pour agir ou résister. En ce qui me concerne, je puis sans faire tort à la vénte ou a la modestie, aMrmer que ma vie dans son ensemble, a été celle d'un philosophe; ma. naissance m'avait destiné à une existence intellectuelle dès le temps. même de mon séjour à l'école, mes projets et mes plaisirs ont été intellectuels. Si l'usage de l'opium est une volupté sensuelle, si je reconnais m'y être livré jusqu'à un degré qui n'a été atteint par aucun homme, de son ~i~M, il n'en est pas moins vrai que j'ai lutté contre cette ensorcelante domination avec un zèle religieux, que j'ai fini par accomplir une tâche qui n'avait été imposée & aucun homme, que j'ai brisé un à un, jusqu'au dernier les anneaux de la chaïne maudite qui m'enserrait. Une telle victoire sur soi-même doit, ~n toute juM'ce, faire pardonner la faiblesse qu'on s'est

AUJ.KCr~UR

XX) i

soit la nature on l'étendue, Et je quelle qu'en a étc incontes. pas sur ce fait, que ma victoire ma défaite table, alors que j'aurais pu justifier par des de casuisie. On pnut employer cette expresarguments permise, n'insiste sion soit qu'il s'agisse d'actes ayant pour but unique de souder la souffrance, soit qu'ils aient été inspires d'un plaisir par la recherche superflu. e! Coupable, je ne le suis donc pas, ù mon sens, a quand je me reconnaîtrais tel, je pourrais persister écrire ces confessions, en songeant au service que je ainsi à la classe des mangeurs Mais d'opium. cette classe y en a-t-il? Lecteur, je suis oblige de le dite est très nombreuse. J'en ai eu la preuve il y a quelques rendrais en comptantceux connus années, directequi m'étaient ment ou indirectement comme mangeurs d'opium, dans une partie très restreinte de la société anglaise d'hommes partie composée remarquables par leurs talents ou leur notoriété. Je citerai par exemple l'éloquent et généreux William le défunt Wilberforce, doyen de docteur Isaac Milner', le premier lord Erskine~. Carlisle, ÎMacMitner. – Le public le désignait sous ie nom de doyendeCarlisle; dans laconversation, l'on s'adressait toujours nu ~qye'! Milner; mais dans son propre cercle, il était traité endettement comme le chef de Queen's College Cambridge, sa résidence ordinaire. Ainsi que son frère Joseph (de Hut) it était, au fond, .néthodiste wesleyen, et c'est sous l'influence de ces principes et des sympathies qu'ils lui suggéraient, qu'il a continué et con<t Jusqu'au temps de Luther l'ouvrage de son frère, t'o!re nos jours, oni'eût considéré non comme ~?<'McAr~<<e)t)M.De méthodiste, mais simplement comme partisan de l'Eglise inférieure. Quoi qu'il en soit, on peut se demander en passant comment un homme d'une honnête~ aussi bien établie que M~ idées morsies st != <.e!!t:uu doyett Mnnet-, tneHattn'Mttû.d cumul d'une fonction ecclésiastique comme ce importante,

XXU t<

AUt.MTKUR r~

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do même importance doyenn):, avec la direction d'un coH~ l,'itüU de.r :l~llX Clr1t'~CS c~it forvnteut L'une dct deux chnrses était ~br~tnent ne~ti~ee. Cet exempte rtr:r;linée, t:et exentpla ~h voir quels prf~re~ t't-~iM a )ca)i~< pendant h dernière des principe i'eti~ieux ~~MMtiûn, dans Fobaert'ation de désintéressement. pratique Aujourd'hui, l'homme te plus ind~tic.tt ans .utpaMvan: ~'n ecf'csiastiqua rtfuteMitcequetrente metho. disM, rigide, et mémo innati~uc, sctnn t]uciqucs-un&, per~~t.tit faire, Mni: se croire tenu i\ aucune csptic.uion. Si j'.u pre~ut~ cet exeMpte sous son vrai jour, n est t~s propre a rrou~rque h ~!)~<tt!oft uctueUe a un ..entituent plus eleyj de b diotH~ morate. Nous ne cessons de traitct' injui-tentent notre temps, et Ctpendan!, à certains &if;nes m~niiestet nu secret, je vois que depuis t'epn~ued'Kti.ah~h et de Charte~ nutjc période n'~t plus inteileetuette, ptuAnnitMce, ptusditticifeenveMeite-metue' rexcimtion oxtrenrd'nnirc ()Ut rùHnc dans !'tntctli~cn;e ne tarde pa~ il se. traduire par un de~etnppentent proportionnel de la senfibititc n)t.M}e. Les distinctions ot! meMp)))'. p~'c)to)oi;iques &)qu(.-sttU) servent à notre pen~ moderne comme de membres et d'articuiations, accusent )e car.tctefe plus défie des sujets qui occupent nos réflexions. De teitc~ distinctions aumient paru, il y a cant trente ans, entachées de pédantisme, ou même pleines d'une obscurité suspecte, on les eut peutêtre on les eût eUees comme coupables Ju~esimpMtic.tbiesauxsessions trimestrielles de Middiesex, avec l'.&'coMfwc poiitiquc de Mande~itie. Revenons au doyen Miiner. Pour montrer quelle place ses talents lui donnaient dans la première génération du dix-neuvième ~c!e je rappellerai qu'il ne faut pas le juger par ses ocrin; ils lui ont été imposés par quel;:lue circonstance pressante et fortuite e est dans la conversation qu'il retrouvait sa vraie p!aM à un rang supérieur. Pour Wordsworth, qui l'a souvent rencontre à la Mbte du feu JordLonsdaie, etait~ miitre incontesté des causeurs de son temps; lui seul, depuis la mort de Burke, sans être réduit i des souvenirs, entrer dans un sujet savait lui plaisait, te manter d'un mouvement personne) et aisé, lui qui donner un tour original et nouveau. Comme mangeur d'opiu.n. le doyen ~.htner, dit-on, faisait face avec vigueur à la neeessue h.): &vait tmpos~ cette habitude. J'ai appris de divers côtés que sa que dose était de grains (environ N~o gouttes de prenait de six en six heures, avec l'aide d'un ~udanumiqu'it de domestique u~ confiance, est ce ph!:osophe nomme &? ~uel En vérité, )c ne m'en MUt-tens plus. Sans que fy fusse pour rien, grâce à un absurde

AULKCfKUR

:.t!)t

feu M. Addington, frère du premier (c'était lord Sid< Il me décrivit les sensations mouth). l'avaient amené qui à l'usage de l'opium dans des termes à ceux identiques le doyen de Carliste « C'était qu'employait comme si des rats Nommons bien d'autres une autant d'un classe lui mordillaient aussi Samuel les membranes Taylor à peine moins connues. Si donc très nombreuse a pu fournir et cela dans les limites d'information il était naturel de conclure que la l'Angleterre présenterait la même de l'estomac. il y avait Colerid~e

personnes relativement

d'exemples, seul curieux, de toute population de cas. proportion Cette rcusc conclusion jusqu'au jour naissance me nrcnt correcte mable&; j'achetai surèrent i" Trois établis Ibrt

ne me parut pourtant pasassez rigouou certains faits arrives H ma conasscx voir qu'elle était parfaitement

de Londres, pharmaciens gcnscstiloin les uns des aunes, chez lesquels m'aspar hasard de petites quantités d'opium, avait alors un nombre infini de gens qu'il y

poltron quj avait de l'autorité sur la presse, tous les non~ propres furent supprimés a mon insu dans la première édition de ce livre, il y a ttente-e;))q ans. Je ne fus pas consulté, et je ne découvris ces blancs absurdes que plus tard quand je fus raillé à leur sujet, et avec grande raison par un journaliste satirique.. Rien ne pouvait être plus plaisant quecesappeis à des ombres, a Lord D. au doyen D, au philosophe P. En tout cas, n'y avait aucun prétexte pour justificr cette absurde intervention, en alléguant qu'il y avait là des personnatites qui mouvaient offenser les hommes désignes. Tou$ )c$ cas, sauf peuMtre ce!ut de W))berfotce, au sujet duquel j'eus alors de légers doutes, étaient connus ~amjfierementdans des cercles nombreux d'amis. Je dois rendre justice M. John Taylor, l'émineat éditeur d,e c~ livre, en dëciarant qu'il n'eut aucune part dans cette inepte ~< suppression.

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AUACTEUR

qui prenaient de l'opium par plaisir (on peut bien les nommer des amateurs), que la difnculté de distinguer ces personnes, auxquelles l'habitude avait rendu l'opium nécessaire, d'avec celles qui en achetaient en vue d'un suicide, leur occasionnait chaque jour des embarras et des discussions. Ce renseignement ne concernait que Londres. s" Mais ceci paraîtra peut-être plus étonnant au lecteur. H y a quelques années, en passant par Manchester, j'appris de plusieurs manufacturiers en coton que leurs ouvriers s'adonnaient de plus en plus à l'usage de l'opium, si bien qie le samedi à partir de midi, les comptoirs des pharmaciens étaient chargés depilulesde un, deux ou trois grains, fabriqués pour faire face aux demandes prévues pour la soirée. La cause prochaine de cet usage était le psu d'élévation des salaires d'alors, qui ne permettaient pas aux ouvriers de s'adonner à l'ale ou aux autres spiritueux. On pensera qu'une augmentation des salaires aurait mis fin à cet usage, mais je suis fort éloigné d'admettre qu'un homme, après avoir savouré les divines voluptés de l'opium, se dégrade par la suite jusqu'aux grossiers et mortels plaisirs de l'alcool. Ce qui me paraît bien établi c'est que Ceux-là en usent aujourd'hui, qui n'en avaient jamais usé auparavant. Et ceux qui en avaient toujours usé auparavant, en' usent aujourd'hui plus que jamais. D'ailleurs le pouvoir fascinateur de i'opiHm est admis même par les écrivains médicaux, ses plus grands adversaires. Par exemple Àrosiier, pharmacien dei'hôpi-

AU t.HC.THUR

\~v

tul de' Greenwich dans son J~AMt sur les <~<?~ de /'oy<!<)!! publié en t~ë~. indique dans un passage pourquoi Mead n'a pas été assez explicite dans l'exposé des propriétés de cette substance, des remèdes qui les combattent, et il s'exprime lui-même en termes mystérieux, mais p~M cru~to<o!jfort clairs pour les adeptes « Peut-être pensait-il que ce sujet est d'une nature trop délicate pour être éclairci à tout le monde beaucoup de gens ayant les moyens d'cn user sans réserve, cela aurait pu leur ôter cette crainte et cette hésitation qui les empêchent de faire l'épreuve des :nnombrab!es propriétés de Fopium. Car il y a dans cette substance ~!eMdes qualités dont la COnn<M(!MCC rCM~t'~t~ ~OM habituel et le ttte<<'r<ïtf CMy<~CW C~f~ MO?M usage encore plus que c~e~ les Turcs e«.v-t:M. La diifusion de cette connaissance, ajoute.il, serait un malheur public:~ Je n'admets pas sous réserve la nécessité de cette dernière conclusion, mais c'est un sujet que ~aurai l'occasion de traiter avec plus de liberté au cours même de cet ouvrage. A ce point de vue, je me bornerai à dire t" que l'opium a été jusqu'à présent le seul analgésique universel qui ait été révélé à l'homme 2" qu'il est le seul, l'unique analgésique qui soit inextrêmement grande de cas; faillibledansuneproportion ~° que sa puissance dépasse de beaucoup celle de tous les agents connus contre l'irritationnerveuseet la maudite maladiedu ~p~:MMH~~P, 4."qu'il pourrait bien être et je le pense d'après un fait absolument convaincant pour moi, le seul remède qu'il y ait, non pour guérir quand elle a éclaté, mais pour arrêter quand sue es~

XXV!

AU LKCTKU~

latente phtisie pulmonaire, ce HëaH si redouMb!e fn Angkt<rre. Je dis que si Fopiunt possède ces quatre propriétés on quelques-unes d'entre elles, tout agent qui justifie d'aussi belles prétentions peut, que) que soit aon nom, se refuser trônent omor tinns la d~~a. tion et à subir tMhetnent que ~'on impose d l'opium dans les livres, je dis que l'opium ou tout ~um-e agent d'égale puissance peut uMn~et' qu'ii ~e révélé à l'homme pour un but plus élève, que d~ servir de cible a des dénooewions morales ou sugge' rces par l'ignorance~ sinon par l'hypocrisie, –qu'il devrait être clevuà la di~nited'ëpouvantaHsc~nMuepour même en fuite les terreurs superstitieuses; car ceUea~i n'ont le plus souvent d'umre résultat que d'ôter la sou~tance j)umainecequi lu soulasernitle plus promp. îement leur objet est d'amuser les enfants et de fournirdes textes de composiuons Itttéraire » ut pueris placeant, et declamanio fim). En un sens, et de loin, tous les remèdes, tous les modes de traitement médical nous sont offerts comme analgésiques, leur but définitif étant de soulager la spuS'rance qui est la suite naturelle des maladies et des infirmités. Mais nous n'employons pas le mot d'analgésique dans son sens propre et ordinaire, en l'appliquant à des remèdes qui se proposent le soulagement de la douleur comme un enct secondaire éloigne, conse~ cutif à la guérison du mal. Ce mot ne s'applique avec justesse qu~ux remèdes qui produisent ou poursuivent ce résultat comme but premier et immodiat. Lorsqu'on ads's!re de? toniqHM à u'jt cMMurquïsoucrc peno-

AU

ï.tSCTKUK ~r et

MVtt a a!a t~ 1"u,.1I.

de l'estomac, diquement qu'on supprime ces sounrauces, cela ne nous autorise pas ces toniques la suppression d'analgésiques; leur est le terme extrême d'un circuit que parcourt 'accomplie. six gouttes et demande Mais sans doute des semaines un analgésique véritable, de laudanum, ou une cuillerée

longue à qualifier de la doula nature pour être

par exemple d\m carmi-

natif chaud mélange A du brandy, peut souvent guérir en cinq ou six minute:, ta torture que soutire un enfant. Parmi 16$ plus puissants nous citerons des analgésiques, la ci~në, la {usqniame, le chiorotbrme et Foptum. Mais il champ out un pt'emiers on les compare a de beaucoup Celui-ci tous les agents l'opium. surpasse a l'homme, connus car il est le plus puissant dans son et sur la douleur cette action est trëj étendue. action, tellement les autres en puissance dépasse que selon que d'action fort restreint, quand moi, si dans un pays naissance adéquat" l'on était arrive a la conpaïen, de ses effets, si l'on avait connu est incontestable les trois

La connaissance adéquate. -C'est justement là qu'était l'impossibilité. Parmi les détails de la vie antique, il en est un qui a entièrement échappé notre intention, c'est l'excessive rareté, la cherté, la difficulté de se procurer les drogues les plusactives, surtout celles d'origine minérale, celles qui exigeaient une préparation minutieuse, ou une grande habileté industrieHe. Quand il faUait du temps et de la peine, pour se procurer une denrée artificielle, on eu faisait rarement usage et si l'usage en était rare, quel motif avait-on de )a fabriquer? Que le lecteur jette un coup d'œii sur l'histoire et l'époque d'Herode le Grand, telle qu'elle se trouve dans Josèphe, il verra, quel mystère, quelle dë<iance soupçonneuse entourait l'introduction de ces drogues, que l'on pouvait regarder comme des moyens d'assassinats; il .se rendra compte des lenteurs, des difncult~s, des (tankers qui s'opposaient à ce que la connaissance de l'opium fût familière.

XïY):t

par l'expérience l'étendue de ses effets magiques et leur rapidité, l'opium aurait eu des autels et des prenez pour célébrer ses facultés bienfaisantes et tutélaires. Muis tel n'est pas l'objet de ce petit livre. Bien des gens s'en sont fait une idée absolument fnusse. Qu'on me permette de profiter de cette premièrepréface,légèrement modifiée pour dire que mon but, en ces confessions; était de décrire le pouvoir que l'opium possède non seulement sur les malaises et les soutfrances du corps, mais encore sur le mondeplus vaste et plus ténébreux.des songes,

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AULECTEUR

PREFACE DE LA DERNIER

ÉDITION

Lorsqu'il a été décidé que dans cette réédition de mes oeuvres, les Confessions d'«M Mangeur d'opium formeraient le cinquième volume; j'ai voulu mettre a profit cette occasion pour revoir l'ouvrage tout entier. Par suite d'un accident, une grande partie des Confessions (en un mot le tout excepté les songes) avaient été primitivement écrite a la hâte; différents motifs m'avaient empêché de les revoir et de leur donner quelque chose de plus que la simple correction grammaticale. Mais il leur fallait bien plus encore. La partie narrative se serait naturellement promenée à travers une série d'épisodes secondaires, et avec du loisir pour les retoucher, il aurait acquis par là une grande animation. Les circonstances n'ayant pas permis ces améliorations, ce récit a été forcément appauvri. Il en est résulté qu'il aurait besoin de corrections et de retranchements, mais surtout qu'il laisse à désirer l'achèvement de ce qui n'était qu'à l'état d'ébauche, lé développement de ce qui avait été indiqué d'abord d'une manière trop sommaire.,

XXX

t'KKfACt:

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Hn suivant <:aplan, c'eût été une tâche facile, bien que laborieuse, de refondre le petit ouvrage dans un moule meilleur, et à tous les points de vue, le résultat eût pu obtenir tout au moins l'approbation des premiers lecteurs. Comparé ce qu'il était jadis, le livre doit le seul fait de son ehangemeQt, et quelle que tendre, par soit l'exécution de ce changement, à devenir meilleur; dans mon opinion il est en effet meilleur, si l'on veut bien accorder l'indulgence et faire les concessions que mérite le bon vouloir. Il suffirait pour y avoir droit, de faire appel à la nécessité logique et rationnelle, car en se bornant à développer ce qui a reçu déjà un bon aocueil~on ne fait qu'ajouter à ce qui existait auparavant. Tout ce qui était bon dans le premier ouvrage se complète par beaucoup de détails qui sont nouveaux. De plus cette amélioration est due à des efforts; à des souffrances qui paraUnuent incroyables si l'on pouvait les représenter exactement.' Une maladie nerveuse d'un caractère tout particulier qui m'a atteint par intervalles pendant ces onze ans, est revenue au mois de mai de cette année, au moment même où je commençais cette revision; cette maladie a poursuivi son siège silencieux, je dirai même souterrain, car aucun de ses symptômes ne se manifësM à l'extérieur, et cela d'une façon si obstinée, qu'après m'être entièrement consacre dans la solitude à cette seule tache, et Favoir poursuivie-sans rinteï'rompre ou la ralentir, j'ai rëeHement dépensé en quelques ~Gurs six grands mois pour refaire ce Htnpie petit volume. Les conséquences ont été déplorables pour tous.les

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intéfessës l'imprimerie t'est plainte de mes fréquentes visiter les cônapositeu!t frissonnent la vue de mon écriture bien qu'on <t<puisse l'accuser d'être illisible, et j'ai bien des motifs pour craindre que dans les jours oit mes souffrances m'accablaient de leur poids le plus lourd, U~'en soit résulté un certain affaiblissement dans la cl«të de mon coupd~co! critique. Je puis avoirilaissé échapper bien des bévues, des erMura, des répétltionl de faits ou même de mots. Mais plus souvent encore j'ai pu me tromper en appréciant les effets réels, dans l'ordonnance inexacte du style et des couleurs. Ainsi parfois la lourdeur et l'enchevêtrement des phra* ses a pu détruire Peftèt d'un détail qui, jeprësenté naturellement, aurait été pathétique il n pu arriver au contrairequc, par une légèreté inopportune, j'aie éteigne la sympathie de mes lecteurs–de tous ou de quelquesuns. Mille occasions ouvrent la porte à de&erreurs de ce genre, c'est-à-dire dos erreurs qui n'apparaissent évidemment telles. Quelqucibismêmë il s'agit d'une pas faute incontestable on la voit, on !a reconnaît, on peut l'effacer par un soudain et vigoureux effort, dont roccasionnereviendra pas lorsque par exempte l'épreuve est devant vous pour vingt minutes, prête à recevoir une modincation, après quoi elle sera reprise et signée sans appel, toutes ces circonstances étant réunies, l'humanité du lecteur pardonnera la faiblesse qui laisse passer une erreur dont -on a nettement conscience, lorsque la €orrectien qui la ferait dispat~ttre exige tm effort, à l'instant même ou la souffrance s'exaspère, lorsque surtout cette correction en impose ïinq ou six

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autres, afin de rétablir dans les idée! un enchaînement tolërable. Je ne dis pas cela parce ~«e je crois avoir commis d<~ fautes, je ne le croit pas. Mais je préfère ces une erreur conservée en.pleine connaissance imaginer de, cause, afin que des négligences vénielles puissent parcomparaison avec ces licences tout apparentes, ob-tenir l'indulgence d'un critique bienveillant. Lutter contre les attaques épuisantes d'une maladie qui se développe, exige une grande énergie. Je n'essaie pas de décrire cette lutte; on ne saurait ni se faire comprendre, ni être intéressant quand on veut exprimer l'inexprimable. Mais le généreux lecteur ce sera pas moins disposé à l'indulgence, à raison des concessions que je demande, si contre ma volonté, Foccasion se présente pour y faire appel. J'ai fait aussi connaître, au lecteur l'un des deux -"1 courants qui tendaient à contrarier mes efforts pour améliorer cepetit'Iivre. Hyen a eu un second, et moins accessible à ma volonté même avec. toute son énergie. Pendant longtemps j'avais compté sur une fin intéressante dont je me proposais: de former-les dernières pages du volume; c'était une série'de vingt, ou vingt-cinq songes ou visions diurnes qui avaient surgi devant moi dans les derniers temps où l'opium exerçait sur moi son influence. Ces feuilles, ont disparu, les unes dans des circonstances. qui me laissent un espoir assez fondé de les retrouver, les autres par des hasards.inexpHcabIes~ d~autresën6npar'de&motHs'peu honorables. pinqou six furent, je crois, brûlées; pendant que j'étais Mul, occupé à lire dans ma ehamhj~à.~Mteh~f~ Nae

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étincelle tomba sans que je la visse, de ma bougie sur un tes de papier, et y mit le feu. Si elle était tombée <~aH) e tas et non dessus, le feu aurait bientôt été le l plus fort ,etse communiquant à la boiserie légère et aux draperies du lit, il aurait atteint les solives du plafond comme il n'y avait pas de pompes dans Je voisinage. toute la maison aurait été brûlée en une denn-heure. Mon attention fut d'abord attirée par une clarté soudaine sur mon livre, et toute la différence entre la destruction totale de ce qu~on possède et la perte insignifiante de livres qui valaient ciaq guinées, fut duc à un large manteau espagnol on le déploya et on le maintint fortement sur le foyer de l'incendie, avec Faide d'une personne, qui malgré son agitation n'avait point perdu sa présence d'esprit, et l'incendie fut étouffé. Parmi les papiers qui furent atteints, mais non au point de devenir illisibles, se trouvait < La fille du Liban. » Je Fai imprimé et placé avecintention à la fin du volume, comme formant la suite naturelle d'un récit ou l'histoire d'Anne, la pauvre méprisée n'était pas seulement l'épisode le plus remarquable et le plus douloureusement pathétique, c'était aussi une scène qui m'apparaissait sous des couleurs nouvelles disons mieux: cette scène transformée, faite, refaite, ~aa$ cesse composée, recomposée, formait la substance commune à tous mes rêves d'opium. Les traits decette Anne que gavais perdue, et que j'ai poursuivie dans les foules de Londres, )e les ai cherchés dans un sens plus N~al dans mes rêves, pendant bien des années. :+.i~ aâ~o,an'ia..xasuO. T~!5eë gênera <rsi:C~CTS~K~,d~!aec~M~
3

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CONFESSIONS 0'U.M

D'OPIUM MANGBUR

m'a L*<M*. aoaveM demande d<ths quelles circonstances, par quel enchaînement je suis devenu mangeur d'opium. f&Me par degré, par CM<ds, avec défiance, comme on 4esc<atdpar Me plage de sable-vers les profondeurs de !a mef,<n McbMtt d'avance quds dangers on trouve en ehe-' BMa, en te louant ces dangers avec une sorte de coquettene, qM 'revient <n deftnhtvë à les braver? Ou bien en encore fm-ce par ignorance compiéte de cesdangcts, cédant aveugtëtoent aux conseils intéresses d'un cmpinqae ? i~as d'une fois des préparations destinées au iràhe- ` meot.des aSections pu.tmonaine6 ont dû leur ef6cactt<?à !'<pMt)n q~i entrait ~aas leur composnion, à lui seul, bien qu'on pKHeetAt brnyamment contre cet auxiliaire compromettent Y~MtB ce déguisement fallacieux, une foule de dans ~tneeelavage qu'ils ~ensocjcoM IwiMé attirer n'avaient pas prévu, par WB remède ignoré qu'ils ne II wn~as~ sourveat <e~BaMs~ni de-nom, ttuam qu'on ne dëcotFM'e~esHen&d'une abjecte servitude que tetjrrTeMaoinextricaMe à travers toute ~aànd&~BttMsë

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eoNMMtom

l'économie organtque. En troisième et dernier lieu, cela se tRt-it. Ou!, réponds-je, dans mon empressement passionne, avant que la question soit nnie. sous l'impulsion soudaine et toute-puissante qu'exerçait une souffrance corporelle? Je répète à haute voix, oui, je le redis avec force, avec indignation pour répondre à une opiniâtre calomnie. Ce fut comme à un simple analgésique, et par la seule viotence de la douleur la plus cruelle, que j'eus pour la première fois recours à l'opium, et il Vagissait justement de cette même douleur, ou de quelqu'une de ces variétés qui entrainent la plupart des gens à l'emploi de cet insidieux remède. Voilà le fait, voilà l'occasion. Si, dès le principe, j'avais connu les subtiles énergies contenues dans cette puissante substance, et dont l'emploi bien réglé a pour effets, – t* de calmer toutes les irritations du système nerveux, a* de stimuler les dispositions gaies, }" de répondre à l'appel d'un effort extraordinaire, comme les hommes en trouvent des occasions fréquentes, et de soutenir pendant vingt-quatre heures de suite, les forces animales, qui sans ceia diminueraient par degrés, – très certainement j'aurais débuté dans l'usage de l'opium, en appelant un supplément extérieur de force et de joie, au lieu de m'y jeter pour fuir une tohure extérieure. Et pourquoi non? Si c'est là une faute, n'est-ce pas aussi une faute que commettent tant de gens, et tous les jours, avec l'alcool ? Sommes-nous autorisés à le regarder seulement comme un remède P Le vin est-il permis simplement à titre d'analgésique ? Je pense que non; autrement je serais obligé de mentir et de prétexter un tic anormal dans mon petit doigt, et ainsi commedans une d'Ovide, moi qui suis un amant de la vérité, <M?fawwyAoM deviendrais, jour par jour et pouce par pouce,, un ]C trompeur. Non, toute l'humanité proclame qu'il est permis de boire du vin sans donner pour excuse un certi&catttu médecin. Ce quon.a le droit de chercher dans le vin, on a tûremeat le mêmedroit de le. tro~tr dans l'opnjtn,jtj)lus

B'UK MAKGKUH D'OPtUM

3y

forte raison uaM les cas nombreux et analogues au mien, où !'opium exerce sur l'économie des ravages bien moins graves qu'une quantité équivalente d'alcool. Coleridge se trompait ldonc deux fois, quand il se donnait la liberté de diriger les attaques les moins amicales contre le prétendu raffinement de volupté qui me faisait employer l'opium; il M trompait en principe, il se trompait en fait. Une lettre de lui qui a été publiée sans son aveu, je l'espère du moins, mais qui n'en a pas moins paru, attire l'attention de son correspondant sur la différence profonde qu'il y aurait eu entre sa situation comme mangeur d'opium et la mienne it semble qu'il soit tombé dans cette habitude par des causes excusables, c'est-à-dire par nécessité, l'opium étant la seule ressource médicale qui f&t efficace contte sa maladie à lui. Et moi, scélérat que je suis, j'ai,. comme chacun sait, reçu des fées un charme contre la douleur; si j'ai adopté l'opium, c'est par un penchant abominable pour la recherche aventureuse de la volupté, et j'ai péché le plaisir dans toute sorte de ruisseaux, Coleridge se trompe dans toute l'étendue possible du mot, il se trompe dans son fait, il se trompe dans sa théorie; un petit fait, une grosse théorie. Ce dont il m'accuse, je ne l'ai pas fait, et quand cela serait, il ne s'ensuivrait pas que je suis un citoyen de Sybaris ou de Daphné. Jamais distinction ne fut plus mal fondée, plus fantastique que celle qu'il lui a plu d'établir entre ses mobiles et les miens, et il n'est pas possible que Coleridge ait été induit dans son erreur par de faux renseignements, car personne sans dout~ n'a prétendu en savoir plus long que moi sur une question qui était du domaine de mon expérience particulière. Mais s'il existe une telle personne, elle trouvera peut-être quelque intérêt a refaire ces confessions d'un bout à l'autre, à corriger leurs innombrables fautes, et comme lés fragments qui n'y ont pas été publiés ont été en partie détruits, elle afMt ~honté de les rétablira pile pourra encore rendre de i'éeiat aux couleurs fanées, retrouver l'inspiration qui

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CQMUCSStONS

s'est évanouie, combier les hiatus béants qui sans cela pourraient bien m'échapper et défigurer pour toujours mon petit ouvrage. En fait le lecteur, s'il s'intéresse à la question, trouvera que pour moi, qui dons un tel sujet suis non seulement le menteur, mais le seul juge, je n'ai jamais varie d'une ligne eh racontant l'anhire d'une façon dinërente. J'ai été véridique en disant au ~entièrement lecteur que c'est non pas la recherche du plaisir, mais l'extrême vioience d'un mal de dents causa par le rhumatisme, que c'est cela, cela seul qui m'a conduit à l'usage de l'opium. La maladie de Coleridge était le rhumatisme simple. Pour moi, cette maladie, qui était revenue avec violence pendant dix ans, était un rhumatisme facial combiné av.ec là névralgie dentaire. Je le devais a 'i mon 'père, ou, pour mieux dire, je le devais a mon ignorance honteuse, car une dose in~igniname de coloquinte, ou de quelque autre remède, prise trois fois pnr semaine,, m'aurait, plus sûrement que l'opium, arrache à cette terMais en cette ignorance, qui m'amerible malédiction nait à faire la guerre à la rage de dents quand elle était mûre,, quand elle eclntait en sensations douloureuses, au lieu de l'attaquer dans ses germes et. dans sa marche, je ne faisais que suivre l'habitude gêné' nie. Atteindre le mal, tel quand il en était encore à sa période déformation, étair le vrai remède~ alors que dans mon aveuglement, je D~ux causes contribuent 4 aH'aibtir le sentiment d'horrear qui, sans elles, s'attacherait à !<t rage de dents, savoir son extrême fréquence; o't trouverait ma)a!~ment en Europe' une fantiite qui eft ait n'ait. pas retenti des <tëeMmpte, une maison dont chaque chatnbre ~mi~'ements arrachés par cette cruelledouleur.Cetteubiquité contribue t ttfttre traiter légèrement.En secondUeu.<T) ztfache ptts d')n)por. n'y ttnee pour un niotif indtqud dans un pr.apoeqn'en Ettrjbueà ainPhiUp SMn~y,)e~B<Mi9sur quelle autorité.; < S'i) y avait des cas mortels de rage de dents,fussent-ifsinnnimentrares,certen)t)adie serait regardce «tmntt'<.m<<pi<'«'SeB)Tt de )'e~?~te.)]Uff)iti<)e.M.<iseot!)nM )es,pan'ont jamaiseu d'isMamofKXe,commeses crises jftntysn'este&ptu~aigua têt plus violentes cessent tout à coup pour faire place à d< Jongues période" auni caimee que te temps des atcyons,'il en résulteuu d~dimt <tM<x<)M<MM" ~s~??y~&~ J* <.cttf MtjtitMe, r on oeMit p)u& e

?9 me bornais à chercher quelque adoucissem~M au mat toute quand il était déjà constitue, et qu'il échappait prise. Dans cet état de sounrance, état complet et développé, j'étais expose sans défense a un conseil fortuit, et par là même, par une conséquence naturelle, ù l'opium, le seul, l'unique analgésique qui soit universellement reconnu comme tel, le seul auquel tout le monde reconnaisse ce rôle important. Ainsi donc, Coleridge et moi, nous occupons la même situation, au point de vue de notre initiation baptismale aux. effets de cette substance énergique. Nous sommes embarqués sur le même esquif, et le pouvoir que posséderait un. ange même, pour fendre un cheveu en quatre, ne suffirait pas pour trouver une dincrcnce, fût-elle aussi fine qu'une pointe d'aiguille, entre les ombres que nos fautes, la mienne et la<sienne, jettent sur ce terrain. Faute contre faute (en supposant qu'il y aie faute), ombre contre ombre (si cette faute pouvait jeter une ombre sur-le disque etincelant comme la neige d'une morale ascétique), 1&fait, chez idenlui, comme chez moi, recevrait une interprétation tique, serait compté comme une dette d'égale valeur, serait mesuré comme une faute dans la même balance de responsabilité. C'est en vain que Coleridge essaie de créer une différence entre deux situations qui concourent vers une identité absolue, et ne varient que comme le rhumatisme diffère du mal de dents. J'ai toujours été au de Coleridge, mais je. premier rang parmi les admirateurs n'en fus que plus étonné quand on me prouva bien des ttf et)equ'une épreuvepour notrecourageet notre patience.Je ne saurais mieux représenter son intensité, son extrêmeviolence,que par )Mfaits suivants. Dans )e certie de mes connaissance5particulières, j'ai ren' aenMdtox personnes qui avaient subi en même temp&ies~ tortures du; nui de dents-et:du cancer..E))e~dêe)araientque le premieretatf. je beaude Mtip~e.ptus crud. sur rccheUe la souffrance.Tous les deux,présentent par intervallesce quêteschirurgien!:appeXeHtdMsenMtionsfanctnanteSt – ce sont des radiations rapides,eNouissaotes,vibrantes de)douleur, – et sur cette ba~ede comparaison, aroxysme contre paroxysme, eur opi'p ) comme l'ai indiquée. tMOttpiaMitt'naedet deux.Muiîr<m<:ts. )e

B'UMM*NQ<UR D'ODUM

CQKfMStO~ 40 fois combien il est négligent dans l'ordonoonce d'un sujet discutable, et quel démon le possède pour l'empêcher de constater exactement lès faits. Je n'en ai que mieux ressenti l'étourderie injuste que Coleridge témoigne en ce qui me concerne personnellement. Si Coleridge commet une aussi grosse erreur dans l'énoneiation des faits, propos de nos fréquentes expériences sur l'opium, cela vient en partie de ce qu'il lit à la volée, en partie de ce qu'il lit avec partialité, et sans suite, et oublie naturellement ce qu'il a lu. Chacune de ces négligences habituelles, comme le lecteur Mle dira de lui-même, est une faiblesse veoieUe, cela est certain. Mais ce qui n'est pas véniel, c'est de se permettre ces négligences au point de nuire gravement à la réputation qu'un ami fraternel possède de se gouverner lui-même, et c'est un frère qui n'a jamais parlé de lui sans exprimer une admiration enthousiaste, admiration que les ouvrages exquis justifient si amplement. Supposez qu'enf réalité j'aie mal agi il aurait alors même été peu généreux, et j'aurais été attristé que Coleridge se fut précipité vers le public pour lui dénoncer ma faute a Par les présentes, on fait savoir a tous que moi, S. T. C., homme d'aspect agréable, avec des grands yeux gris s, je suis un mangeur d'opium patenté, tandis que cet autre est un boucanier, un pirate, un flibustier' et il ne peut avoir qu'un faux permis dans sa poche suspecte. Au nom de la vertu, nrrêtez.lei < Mais la vérité est que la nègligence <lans les faits et les citations tirées des livres, était, chez Voirecharmant ortraitquefaitWordsworthe S. T. C.et delui. ! d p t même,ousle costume dansleCAafMtt d'tSmnehis. ~f.MoA'ac~. Cemotétait emp!oyeansie queje luidonne eveet'orthogrophe d sens et que )'emptoie,,pM!n~!et e j;rand~boucaniers 'autrefo; )cs Angtais t d denotregrand Françaiscontemporain! v Dampier, ers1aSnduxvn':iec]e. –J) a reparudansje! {ourMux:s Eott.t'nt". d propos xtMrtsde Il d des <~iba,maisavecuneorthographe ifférente, on écrit tuaiours,je ne ei d Mis pourquoi i ~<tM<~r.t. ~<)oi u'ilensoit,et souscesdeuxformes, l q resteundenve p&rcor)rcptw) la bouche Franco-Espagnols, dans du -––– du motans'aitfreebootM~fM.ac-eithrdit.

C'UH MAHQCUR &'OP!UM

4t

Coleridge, une in~rmitJ naturelle. 11y a moins de trois jours, je lisais une courte appréciation de feu l'archidiacre Hare (dans Les Conjectures $!~ la vérité) relativement à des considérations très hardies, et non moins fantastiques de Coleridge sur la manière dont on fabrique des vers latins à Eton. Mon ancienne manière de voir Il ce sujet me revint dans toute sa fraîcheur avec une force d'un comique irrésistible, attendu que Coleridge, voulant appuyer son opinion' de citations tirées des livres, ne manque jamais de citer des endroits rêvés par lui-même sans qu'on puisse un instant le soupçonner de mauvaise foi dans ce dévergondage d'imagination c'est là même ce qui fait l'intérêt de ce cas. Le sourire bienveillant de l'archidiacre à propos de cette méprise étonienne me fit naturellement penser au cas dont il s'agit maintenant, en ce qui concerne l'his. toire de nos divergences dans la profession de mangeurs d'opium. Il est inutile que j'en parle plus longuement, le lecteur ëtantprëvenuque toutcequ'n ditColeridge aeesujet estparfaitement lunatique, et ressemble auxscches sculptees sur la lampe suspendue dans C~r~fa~. « Tout était dessiné conformément aux images cérébrales du sculpteur. Cette affaire peut donc être considérée comme tranchée, et tout ce qu'elle pouvait contenir de divertissant paraît véritablement épuise. Mais, après réflexion, une autre erreur de Coleridge, erreur bien plus grave, devient plus évidente comme elle est )iée à l'affaire d'une façon qui explique à fond tout l'ensemble de ces eon~ssions, l'on ne saurait la laisser de côté. Tout lecteur attentif, après quelques instants de réflexion, sentira que, quelle qu'ait été la cause occasionnelle qui nous entraîna, Coleridge et- moi, à l'usage de l'opium, elle ne peut expliNi quer l'usage continu de ~'q~t'Mt)!. le rhumatisme, ni le mal de dents ne sont des maladies qui durent et habitent dans l'économie. Tous deux sont intermittents, et ne peuvent nullement expliquer une, habitude permanente de des mois x~nt n~ststires pouf en mangerdeTopiuut

4~ mw

com'tHmoNs

arriver !<t. Bn tenant compt< des. dinerences constitution. MUes, je dirai qu'en'moin& de cent vingt jours, l'habitude de l'opium n'est pas si profondcment enracinée, qu'il faiUe an enbrc surhumain sur soi-même pour y renoncer, et même lit' quitter tout d'un coup. Le samedi vous eMs un mangtur d'opium, le dimanche vous. ne t'êtes plus. Quelle est donc la. cause qui fit de Cotend~e l'c9c]ave de l'opium-, un esclave qui jumais ae put rompre $a chaîne? Dans-son éternelle; légèreté, il imagine qu'il a expliqué cette habitude et cet esclavage, et il n'a pus dit un Mot qui puisse éetairer cette question. Le rhumatisme, dit-i!Fa conduit !~iun), tret bien, mais avec un trai«m<ant médical approprié; le rhumatisme aniMMtdiapartc; U fmnHt même diaparu~nsfr~ifenteot, parler osei!)a!)OtMt ordinaires qui font se succéder les causes naturelles. Er !a!doui~af cess:tac, l'usage d~ l'opium aurait dû cessera I~ourqunr n'ea fut-H pa: ainsi? Parce que Coleridge avait fini par apprécier !e plaisir reniât que doano l'opium, et qu'ainsi; !e'véritable obstacle qu'il s'imaginait avoic esquivé par quelque voie mystérieuse, se représente devant iui~avec une ibrce infi)térée. L'attaque rhumatismale aurait pris nn longtemps avant que l'habitude eût le temps de se former. Supposez que j'exagère !a &ibiesscde l'habiiude probable ? Cela serait également en ma faveur, et Coleridge nfavaitpns le~dMit de'me refuser un-ptaidoyer dont il usait four lui-même. C'est vëritaMemtnt un fait à. inscrire dans les annales des erreurs volontaires de l'liomine, que Gotendgemt pu tenir ~ta tel langage devnnt telles réalités. Moi,.q<ti.nc vais pas proclamant mes victoires sur moi-même,, et qui n'emploie aucun argument moral contre l'usage de lfoptutB, ;en'en ai pas moins brisé plus d'une fois mon engage-.aent, par des motifs de ~rM~tMC, a tors que j'ai fait pour cela des enbrts qui'figurent dans mon récit comme les plus ardues des souffrances. Goleridge qui professe, sans' en donner de ïnonts, que manger de l'opium est un crime, et'un, crime hssx.~u phi~grave, ponr des TâJHoas. myst~t~t~M~~p~~

t~'UN

MAKGKUR

O'OPtUM

~)

vin ou du porter, et .qui a, par suite, les motifs les plus graves pour s'en abstenir, n$ s'en laisse pas moins choir dans les liens de ce maudit opium, et ce):) dans les conditions les plus cruelles dont on ait jamais parle, sans y être obligé, sinon par le peu qu'il nous en a dit. U était l'esclave de cette puissante substance, au .même point que CaHhan il détestait son despote. Comme Cali-' l'était de Prospère ban, il use les fibres de son coeur contre les anneaux de s:tchaine. Parfois, a quelques reprises, pendant les sombres veillée*) de sa captivité, vous entendez les grondements dont la brise vous ëtouBës d'une révolte impuissante, apporte les dernières vibrations Itaxquc tconmn Vincta rccus.mt'~n Recusanttim,- on refuse, c'est vrai, on refuse, et on accepte sans cesser de protester contre le mors impitoyable et et pour toujours, on se soumet, on se le tout-puRsant, laisse mettre à la bouche. Ceci est connu a Bristol (pour cette ville je puis en répondre moi-même, mais la chose est probablement vraie pour d'autres), il en était venu à – commissionnaires, charretiers, etc., – payer des gens, afin qu'ils l'empêchassent par force d'entrer chez les pharmaciens. Mais comme l'autorité qui permettait de l'arrêter venait de lui seul, ces pauvres gens se trouvaient naturellement pris' d'ans un piège métaphysique tel que ne l'ont prévu ni Thomas d'Aquin, ni le prince de la casuistique des ]ësU'tes. Erce redoutable dilemme devait amener des scènes d'ans le genre de celle-ci d'un. ton. – Oh, Monsieur, disait le commissionnaire niais. assez impératif, car qu'il se suppliaut (suppliant, montrât dispose a l'ëner~'e~ou aux concessions, les cinq, le pauvre homme ctaienc shillings pan )ourqufattendait! également compromis). Monsieur, il 'ne faut pas. Monsieur~ !Hechissez~ songez à votre femme, et.

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CONMSSt&NS

Le philosophe transcendantal. Ma femme 1 Quelle femme ? Je n'en ni pns Le commissionnaire. – Mais vraiment, Monsieur, vous avez tort; vous me disiez pas plus tard qu'hier. Le philosophe transcendantal. Peuh 1 hier est passé depuis longtemps, Savez-vous, mon garçon, que des gens tont morts pour n'avoir pas eu de l'opium à temps ? Le commissionnaire. C'est possible, mais vous me disiez de ne rien entendre. Le philosophe transcendantal. C'est absurde. Un accident ennuyeux, un accident est arrivé, tout à coup. Peu importe ce que je vous ai dit il y a longtemps ce que je vous dis à présent, c'est que, si'vous n'ôtez pas votre bras qui m'empêche d'entrer chez ce brave pharmacien, je vais avoir de quoi vous assigner pour coups et violence. Est-ce à moi de reprocher.à Coleridge cette soumission servile à l'opium Dieu m'en "préserve. Ayant moi-mêh.e gémi sous ce joug, je le plains, je ne le blâme pas. Mais assurément il doit s'être imposé à lui-même une telle servitude, en toute liberté et pleine conscience, par son propre désir de se donner les stimulations géniales; !e blâme ne vient pas de moi, mais de Coleridge lui-même. Quant à moi, dès que cessaient les tourments qui m'avaient forcé à chercher un soulagement dans l'opium, je renonçais à sans avoir. le mérite d'une difficile victoire, précelui-ci, tention que je ne mets nullement en avant. C'était le simple instinct de la prudence qui m'avertissait de ne pas jouer avec un instrument si terrible de consolation et de soulagement, de ne pas gaspiller, pour un instant de malaise, ce qui contenait un élixir de résurrection au sein même des ouragans capables de tout bouleverser. QueUe est donc la cause qui, en réalité, a fait de moi un mangeur d'opium ? Cette anection qui a fini par étabiir en moi t'<Mffe de rbpium, quelle ~tait-eHe ? Etait-ce la douVoyez (~Mo.

O'UM MAKGEUK n'ODUM

Etait-ce la disparition teur? Non, c'était l'abattement. accidentelle de la lumière du soleil? Non, c'était la livide désolation~ Etait-ce une obscurité qui pouvait se dissiper ? Non, c'étaient des ténèbres fixes, perpétuelles, c'était « !<'ëc)!pse toute, Sans espérance d'un jour nouveau Mais d'où venait cet état ? QueMes en étaient les causes ? H venait, je pourrais le soutenir sincèrement, des misères de ma jeunesse à Londres. !1 est vrai que ces misères étaient dues, en dernière analyse, à mon impardonnable folie, et qu'a cette folie je dois bien des ruines. 0 esprit compatissante, ange d'oubli pour la jeud'interprétation toi qui exauces toujours comme si tu nesse et ses erreurs, entendais la musique délicieuse d'un lointain concert de voix féminines! 0 choeur qui intercédez, ange qui oublies, consentez à vous réunir, pour mettre en fuite la fantôme Il puissant, qu'ont engendré les brouillards du remords vole à ma poursuite, il s'élance du sein des jours oubliés, il grandit toujours, il prend des proportions colossales; il s'élève au-dessus de moi, et son ombre pèse sur ma tête, comme s'il était derrière moi, tout près, et pourtant sa naissance date d'une heure qui est écoutée depuis plus d'un demi-siècte. 0 ciel, se peut-il qu'un enfant de dix-sept ans à peine ait, par un aveug!ement passager, pour avoir écouté le faux, le menteur conseil que lui donnait son coeur exaspéré, pour un seul pas hors du chemin, pour un simple mouvement à droite ou a gauche, se peut-il que sa destinée ait changé de direction, que le poison ait souille les sources de son bonheur, qu'un clin d'oeil ait fait de toute sa vie un constant remords 1 Mais, hé!as, il me faut rester dans les réalités des choses. Ce qui est évident, c'est que parmi les amers reproches que je me fais à mot~mè'ne, 'Vo~«&!MM)t<M!!fM.

4~

CO}(FSSSO!<S

etque m'arrachent aujourd'hui les douleurs évciMëes par ce n'est pM pour combiner des excuses mes souvenirs, pIaunMes ou échapper au blumc, que je fais remonter de l'opium jusqu'aux mon<'lMtb!tude dénnittM besoins qu'ont crée en moi mes anciennes souffrances dans les rues de Londres. Car si le contre-coup de ces nou<ïrances de Londres m'a forcé, plusieurs années «près, a employer l'opium, il,n'est pas moins vrai que ces souftrances eUesmêmes avaient pour cause ma propa e folie. Ce qui demande à être excuse, ce n'est pas .l'usage de l'opium, si l'opium est devenu le seul remède efncace pour la maladie ce sont les folies qui ont elles-mêmes produit cette mtdadie. Quant à moi, après être devenu un mangeur d'opium par habitude, après etretomba par inexpérience dans de pitoyables excès d'opium, j'ai néanmoins lutté quatre fois avec succès contre !n domination de cettes~bstance. J'y ai renonce quatre fois, j'y ai renoncé pendant de lon~aes périodes, et si j'y suis revenu après des énexions lucides et persévérantes, c'est que de deux maux, j'ai choisi le moindre de beaucoup. En cela je ne vois rien qui demcnde une justification. Je le répète une fois encore, ce qui me tourmente ce n'est pas l'empli de l'opium, avec ses éneret vont jusque dans les dernières gies qui tranquillisent les maux causes par mes souffrances profondeurs apaiser de Londres; c'est l'extravagance de la folie enfantine qui me précipita au mitieu de scènes qui devaient amener ces souffrances comme tésultat naturel, Ce sont ces tableaux que je vais retracer.'Il se peutqu'i!~ aient par eux-mêmes un intérêt qui leur mérite un court souvenir. Mais, en ce moment, et dans les .circonstances actuelles, ils sont devenus indispensables pour rendre intelligible tout ce qui. suit. Ces incidents de ma Jeunessefbrment le s)ibsiratum ~fondamental, le secret MM<t/ des rêves resLe motif. Le terme de motif est employéici dans le sent que )e9 artistesetles amateursd'art attachentau termetechniquede <Vof;fp, appiiqué aux tableaux,ou aux devetoppemeuts successifs d'itmiMmeamsiciU.

1 ptendissants, des déploiements fantastiques qui étaient tealitë l'objet de ces confessions, et qui le sont encore.

D'UNMANGEUR t~OPtUM

~y ea

Mon père mourut lorsque j'avais sept ans. }Haissait ~ix. enfants, moi compris, savoir quatre lUs et deux fuies, aux soins de quatre tuteurs et de ma meff, « qui tu loi on donnait aussi l'autorité. Ce mot excite un frémissement de colère dans mes nerfs, tont le pouvoir spécial du tutorat, tel que l'exerça l'un d'eux, a -eu d'influence sur l'erreur unique, mais capitule de mon onfancu. Elle n'aurait pas été surp<)<sëe par ma folie, si celle-ci n'avait pas été aidée par l'obstination des-autres. L'amer souvenir de cette'faute de <na part, de cette obs. tination chez un tuteur qui m'était hostile me fera pnrdonner si je m'arrête un instant a considérer les devoirs légaux de cette charge. A mon avis, il n'est pas dans !a société humaine, quelle que soit sa forme de civiiisation, un devoir impose par la confiance ou la loi, qui ait été aussi souvent expose aux effets de la nëgHj~ence ou même de la perfidie. Pour les temps classiques de la Grèce et de Rome, la comparaison de nombreux détails m'a donne cette impression que de toutes les formes de l'autorité domestique, nulle n'a, plus qua ceUe-ci, ouvert un vaste champ a la rapacité facile à la concussion. Là relation de père à fils, telle que 'l'était celle du patron au client, était généralement dans la pratique de la vie ordinaire, l'objet d'un amour et d'un dévouement tout religieux, tandis que les devoirs sacres d'un tuteur envers son pupille-avaient leur véritable origine, leur source dans les plus tendres adjurations d'un ami mourant bien que rappelés à l'espritparle spectacle continuel des orphelins sans protection qui jouent autour des-préciptces caches sous les fleurs, ils ne parlaient que rarement a la sensibilité d'un 'Romain avec le ton impsrntif d'un oracle. Les obligations qui influaient sur le Romain, dans un sens purement moral, étaient bien-peu nombreuse,

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COM~ttMtONt

ti même il en existait. Les pures sources de l'obligntion morale avaient été profondément empoisonnées a Rome par la loi et la coutume. Le mariage s'était corrompu de lui-même par la facilité du divorce grâce aux suites de cette facilité, c'est-à-dire à la légèreté dans les choix, à nnconstance à rester fidèle dans ce choix, il en était résulté un si subtil trafic d'égoïsmc, qu'il ne pouvait assortir un modèle idéal de sainteté. L:< relation du mari et de la femme avait perdu à Rome tout ce qui en fait le caractère moral. La relation du père et du fils avait perdu de même toute sa sainte tendresse, sous l'innuence écrasante et !e poids impitoyable des sévérités pénates et vengere&se!. Les devoirs du client envers son patron n'étaient point fondés' sur la simple reconnaissance ou la simple fidélité, correspondant à ce que le moyen âge nommait ~«H~, mais sur une terreur liée à la prudence, terreur qu'inspirait ou loi où l'opinion sociale. Dès que la loi intervient dans les mouvements des plus hautes affections morales, c'en est fait de la liberté d'action, de la pureté des motifs, de la dignité dans les relations des personnes. C'est ainsi qu'en France avant !a Révolution, en Chine à toutes les époques, la loi positive n'a pu venir en aide à l'autorité paternelle, sans produire les plus désastreux effets. En ce. qui concerne l'ancienne histoire de Rome, on peut dire que ce vice originel.et primitif atteignant la sainte liberté des atïections humaines, a eu pour effet de détruire toute inspiration de la conscience dans les temps postérieurs, et dans toutes les directions. Par suite, chez un peuple qui devait à !a nature .des principes plus élevés que n'en possédait la Grèce, si -l'on excepte les explosions d'esprit public et de patriotisme et trop souvent d'un chauvinisme sans noblesse, le .motif t" de la stricte légades actions ne s'élevait pas au-dessus 3*' de la complicité lité; 2~ de la crainte superstitieuse; servUe* avec les exigences insolentes de l'usage populaire. .11 eût donc été étrange que le tuteur d'orphelins obscurs, M portée les moyens entoure de tentation~ ayant

!)'UHMANOEUK n'OPtUM

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de iM MtJnfaire, se' fût montre plus fidèle à son mandat des provinces, un préteur ou un que ie gouverneur proconsul. Et qui montra plus de perfidie, plus de rapacité ? Bien rares ét'ient les gouverneurs intègres qui n'acceptaient aucun présent des coupables, n'extorquaient pas de rançon aux faibles. Et pourtant, en qualité de dépositaire d'un pouvoir public, un gouverneur était surveillé par la jalousie de eompétiteurs politiques; il pouvait avoir à faire face à un interrogatoire solennel dans le sénat ou dans le forum, ou dans l'un at l'autre. Mais le tuteur qui remplissait une t3che privée envers des orphelins était assure que l'attention du public ne se porterait jamais sur des anatres si obscures et si dépourvues d'importance politique. Oh peut donc admettre en raisonnant par analogie, que, pour un Romain, !e tuteur particulier était forcement un délinquant secret, qui mettait pront les occasions et les droits de sa charge pour travailler à la spoliation et à la ruine de l'héritage connë a ses soins. Ce vice mortel et destructeur de l'époque païenne a dû mille fois épaissir les ténèbres qui entouraient le lit de mort des pères. Trop souvent le père mourant lisait avec certitude dans l'expefience de toute sa vie la perspective-de suspendre sur ses enfants un danger distinct et imminent, alors qu'il cherchait pour eux une -protection toute particulière. H laissait derrière lui une maison peuplée d'enfants, une petite flottille (on pouvait la représenter ainsi) de charmants vaisseaux, prêts à lever l'ancré, sur le point de partir pour traverser les infinies profondeurs de la vie, il faisait le signal d'appel pour les escorter. Un homme ou deux, ceux qu'il connaissait le moins mal parmi les hommes qui avaient parcouru les mêmes mers, s'ocraient pour cette tàche il acceptait avec doute, avec chagnn, avec effroi. Au moment où les .traits deses enfants s'enaçaient dans le brouillard de la mort,sonâme devenue prophétique était traversée parune é horrible pensée; peut-être l'escorte, cédant aux tentations pressantes de l'occasion, aHait.ellese changer en corsaire,

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eONfMStOSS

tout au moins en voleur; peut-être le tuteur deviendrait-il de paru pris un e~dùeieur perttde pour l'iMxperieuee de ses enfants. Cette aggravation des angoisses qui assirent le !it de mort des pa<en<&enlevés à leurs enfants en bas âge a été dis~ip~ par l'innuence libératrice qu'a exercée le ehri-ni~. nisme en s'étendant de siècle en siècle. A notre époque, partout où l'on respire un air purifie par la charhc oh-c. tienne, par les principes chrétiens, ce fléau domestique s'est atténue peu à peu, et dans l'Angleterre actuelle, il n'v a pas de sorte de fraude, dont on entende parler plus rarement. On en -trouve une preuve dans k peu- d'tatepet qu'inspire en générai l'absolue sécurité cherté par !t Cour de la chanceuerie. Aussi, mon père bénéficia pour te repos de ses derniers moments du bonheur de son temps et de son pays. H choisit pour tuteurs de ses six enfants les personnes qui; parmi ses relations, lui oS'raieM }e plus de ga. ranties; il tit appel, .'dans le cercle de ses amis intimes, a ceux qui occupaient le plus haut degré dans son idéal d'honneur et de sagesse pratique; ensuite, comptant, pour compenser ce qu'il y aurait de trop dur dans l'influence de dont ma quatre hommes, sur le pouvoir discrétionnaire mère était investie, il sentit ses inquiétudes se dissiper. De tous ces tuteurs, aucun ne se montra indigne de son choix au point de vue de l'honneur et de l'intégrité. Mais, après tout, il y a une limite (plus vite atteinte peut-être eh Angleterre que dans le reste de la chrétienté) pour le bien que l'on peut réaliser par une sage prévoyance. Oh peut dire de la race anglaise avec plus de justice que de toute autre, chez nous, riche, que nous ne sommes pas des fainéants pauvre, chacun a quelque chose à faire. C'est en Italie que nous trouvons des paysans qui passent les deux tiers de leur temps à ne rien faire. C'est en Espagne qu'il faut aller chercher une aristocratie physiqaecaeat dégradée par l'aHest reconnu par des ~oya~ear!. – :6it tt~tais, soit fun~is, soit ~tman~~qaero~pe ducatd'E~F~M, tMKMi~Usementàt'ëMr: d<

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O'OfiUM 4

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vitisMnteeducation des femmesetdespretres etqu'on trouve des prince qui, comme Ferdinand VI I, se Rusaient gloire d'avoir brodé un jupon. Dans notre génération actuelle, on peut compter sûrement que le tuteur exercera ses fonction!: avec une loyauté consciencieuse, en eo qui concerne i'intcrct de ses pupilles, mais on tant qu'elles exigent une vi~itance de tous les insunts, et de la prévoyance à longue date, eUcs sont, à vrai dire, à peine compatibles avec l'état prient de notre société nngiaise. Les tuteur,! choisis par mon père, lors même qu'i!s eussent été les plus sa~s et!es plus énergiques des hommes, n'aureient pu réaliser, dans bien des occasions, ses secrets désirs. Parmi ces quatre personnes, l'un était marchand. Je ne prends pas ce mot au sens étroit qu'on !ui donne en Ecosse, d'après le mot cm* France, où jamais les princes n'ont exerce le pruntéâia tnais dans le sens large et noble de l'Ang~ common: terre, de Florence, de Venise. Par suite ses relations etcn-* dues avec les ports de mer et les colonies lointaines absorbaient son attention, exigeaient noëtne sa présence, l'enïevaient à sa vie domestique, et l'on ne pouvait s'attendre à ce qu'il fit davantage pour ses pupilles; il devait se borne!' à surveiller somnMirement leurs intérêts pécuniaires. Notre second tuteur était un magistrat rura! d'un district populeux aux environs de Manchester, et à cette époque même, il était aux prises avec une population turbulente et toujours plus nombreuse d'étrangers, Gallois et Irlandais. Lui aussi, accablé par les occupations de sa charge publique, il avait peut-être le droit de penser qu'il avait entièrement rempli ses devoirs de tuteur quand il se tenait prêt à agir à propos de quelque difficulté accidentelle; et dans les cas ce que, dan; te Kentacky, l'onnommeraitune n'étb~e rude et tarba!e!)f~ (roag hand tumbte)d'eduMtion poputnire.trahit jusquedans )'extent<net ~vidects d'h~bitM<iM ted~tfoppement physique les eSeM ea'<mineM qTti cet agi pendant plusieurs genetation?. ii serait intéressant <!ecom):!tfe sut ce point ia vérité exacte,mais la vérité nontravestiepar des pr~)U{ie$ aati&Maxet démocratiques.

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CONFESSIONS

ordinaires, il se reposait de ses devoirs sur ceux qui avaient plus de loisirs. A. cène uerniëte catégorie appartenait assurément le troisième tuteur, le révérend Samuel H. qui, à la mort de mon père, était.vicaire d'une église, à Manchester ou à Salford, à ce que je crois'. Ce personnage faispit partie d'une. classe que la nature. de l'homme a nécessairement' rendue nombreuse en tout temps, mais qui l'était encore La classe dont je parie est plus alors qu'aujourd'hui. celle. qui ne possède aucune sympathie pour le sens intellectuel et les facultés intellectuelles de l'homme, elle considère la religion comme un code de règles respectables, fondées sur de grands mystères tracés obscurément, et rappelés à la mémoire dans certaines grandes fêtes ecclésiastiques. Celles-ci ont été établies par les Eglises primitives de la chrétienté, par exemple par l'Eglise anglicane, qui-ne date que de la Réforme, par 'l'Eglise rvmaine, par l'Eglise grecque. Il avait composé un recueil de trois cent trente sermons environ, à raison de deux par dimanche. il y en avait:pour:un cycle de trois ans; sa modestie lui faisait regarder ce temps comme suffisant pour assurer l'oubli total de son éloquence. Un impertinent aurait pu soutenir qu'il fallait beaucoup moins de temps pour produire cet e8et, car les sujets traités ne s'élevaient pas audessus du niveau de conseils utiles, et !e style, sans mann'était pas d'une passion quer de correction-académique. entraînante. Gomme p'édicateur.M. H. était de bonne mais il manquait de vivacité. C'était un homme bon et foi, un consciencieux il regardait la chaire comme instrument est Sa!ford une grande ville, séparéelégalement.de Manchesterpour des rations électorales,séparée physiquementd'elle par cce rivière, mais à cela près, au point devue des relations et de t'inauence,eétait un. quartier deManchester,commeSouthwarkest un qûartitr de Londres. Si le !e<tM)'~eutse faire une idéede celle situation par un souvenirctassique, c'était Je tn~merapport qnecetui d'Argos avec Mycfnes.Uneinxitation à dtner, procfamee par le herau)t pub)ic d'Ar~o~.pouvait s'entendre du milieu deMycene! et un gourmandt'aurait entenduedes faubourgs !et &itentenu était M[Ueuti<.t'cmedtetM.meant. p!<p~"j

actif de qui quand on prend des sujets aussi terre à terre, aussi ternes, aussi décousus que ceux-ci les bienfaits de l'activité, le danger des mauvaises compagnies, la nécessite des bons exemptes, les effets de la persévérance, il est difficile de produire en soi-même et chez ses auditeurs un courant énergique de passion. H est vrai que ses auditeurs ne formaient pas une. classe qui eut grand besoin d'émotions

i\es. Elle n'était pas composée de gens de rien; beaucoup d'entre eux étaient riches et venaient a l'église en voiture. Le résultat naturel de l'estime qu'ils avaient pour mon tuteur fut qu'un certain nombre d'entre eux s'associèrent pour lui bâtir une égu!e, celle de Saint-Pierre, à la rencontre de la rue Morely et de la future rue d'Oxford, qui venait d'être décidée et qui alors n'existait que sur le plan d'un ingénieur. La circonstance qui me mit en rapports individuels avec M. H. fut celle-ci deux ou trois ans auparavant, un de mes frères qui était mon aîné de cinq ans, et moi, nous fûmes confiés à ses soins pour recevoir l'instruction classique. Cela fut fait, je crois, pour obéir h une volonté suprême de mon père, qui avait une estime bien fondée pour mais qui se faisait une idée trop le caractère de M. H. haute de sa valeur comme lettré, car il n'entendait rien au grec. Quoi qu'il en soit, il en résulta que ce gentleman, qui auparavant était notre tuteur à tous dans le sens que les Romains donnaient a es mot, devint un <Kfor pour mon frère et moi, dans le sens anglais de ce mot. Depuis l'âge de huit ans jusqu'à celui de onze et demi, le caractère et le fonds intellectuel de M. H. eurent donc une grande importance pour le développement de mes facultés, telles qu'elles. Même les trois cent trente sermons qui se déroulaient sans faire grand enet sur l'ensemble de.sa congrégation, contribuèrent en réalité à mon instruction. En fait, je n'entendis que la moitié des sermons;. la maison paternelle de Greenhay se trouvait alors en pleine campagne, Manchester ne s'étant pas encore agtandi jusque-là, l'éloignement

Ï)'UM MANGEUR n'OPJUM '<–i~i-<t' civilisation devait aider les livres. ~<* Mais

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3<t noas oMigeait Mais !< prendre

CO.4FESSlONS une witure, de cet

le service du pMM~ot office m'était chaque sermon icoposé comme un texte sur lequel ;'avais à improviser dojtx sortes d'imitations. tantôt le diminutif, la miniature, tantôt l'ttmen conservant autant tes puacation oratoire, que potM&tt et aussi (ce qui m'impoaut un t~Rwrt expre~Hono original l'ordre des idées. Ceta eut été bien &d!e, si douloureux) matin. cesidccs avaient été rattachées naturellement les unes aux elles avaient été !esdëve}oppMaeats autres, &i par exemple, d'un sujet, teur disposition mais arbitraire, toute iottoite, me rendait cet exercice aussi mataMp sur la que de danser torde. de toute ia congrë~attoc', à Aussi, j'étais !e seul. écouter avec une attention à éprouver dévorante, <teTentation sous rinHu~oce n~~e de eerte parole qw cox!ait sur les autres comme r«m mr des da!!es de ttxn~r~, têtes, c'cst-â-dire sous l'influence endonnante de quelque «nnon de mon rement passait somnolent tuteur. Mais ces perdu; mêmes seize minutes, pas par chacun, cet ennui ne fut pa: entièdont ta dufae ne désermons, et qui étaient aussitôt oabHes furent moi un exceHent pour

qu'approuvés

–ï)s'<ts[t:eid'~i<tt9<!ont i'aiottNtOt'com: Tb)tt<<t<-<MtS)'ot!. tncn}eant ~«pargnait.ttors&m~ mùnoire.desftpde<nnm<op~<tr~. Deux OM trois ans .plus tard, quand )'approc))!)i de tnj dixi~toe année, l'église de S&int-Pietfe fut terminée et ouverte au service. 11y eut donc tmetm)t<ertt)on d< t'ediSM par !que de <e diMtte (diee. <te Chtater). En qualité de papiUt du tituteire. )e Sgttr~i mtartntment pM<ot!tt personnes invitées à cette Kte, et je me rappelle un petit incident qui montre bien la httt< de ~CHtiments qui i) «e léguée à t'É);ttte d'Angteterre ~r !ts Puritains du xvn* iiede.L'tptiM était tpattr~ite dans le t'j~< <r«; assurément les ornenxnts étaient assez r~ret, extéricurs et nntrieurs ossM maigres. Mais au centre du plafond, pour dimintter t'eftet mMtotmt d'une vaste Mffftce Manche, onavait app~iqee .t!M tOMtt to pMtttie. tBpt)~ sentant uj)e.corne .d'abondance, avec des Heurs, des fruits. Pendant ji)u< nous étions réunis dans la sacristie, recteur, gardient, architecte. et te rtMedM <;&f!it ~tt~h yeat an gMBd 'intH'nutK'd'iH~~tutt, q*! pas a s'exprimer en parties;~ T-ed~ttait qu~.t'~vt~Me oe ~e.crùt <tb)i}!c comme les ieonoctastcs bourras de :6<t5, afntnnn~r ttn dcerct da pros)a:votte.Me<n!de cription contre cette simple orMratnttttionde eranne, nous parcottrûttc~ ta;p<m<e <Mf,.A S)tite.<hu!p)M)«t. SaStij;<te)M'KJe'~ Jes yeux. rnai$,fut-ce par courtoisie, pu par approb.ation, ce dont~e _q-=~1'v:t:'¡¡'t1;

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Tt'Utt MAKGKUR H'OptUM

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exercice de gymnastique mteUeetueue, bien plus en rap< port avec ma ~ib)esse enfantine que ne l'eussent été les sermons d'Isaac Barrow ou de Jëremie Taylor. Ceux-ci, avec leur luxe d'images, auraient ébloui ma pauvre vue, la grandeur gigantesque de leurs idées aurait accablé les efiorts de mon intelligence. En fait je tirai donc de cet exercice hebdomadaire !e plus grand profit. Peut-être aussi se forma dès lora une faculté qui ne devait mûrir que plus tard je me plaignis longtemps, avec amertume, de ce que l'emploi du crayon pour prendre des notes m'était interdit, et ma mémoire avait :t supporter tout !e fardeau. Mais on sait que plus l'on charge la mémoire, plus elle se fnriine, que plus on a de confiance en elle, plus elle mérite cette confiance. Aussi, aprts trois ans de cet c~ercic. .je trouvai que ma facutte d'abstraire et de condenser avait pris un développement sensible. Mon tuteur était de plus en p!uss&Tis&it, mais par malheur (dans tes premierstemns il n'y avait d'autre moyen de vérifier c'était ~wM!eur) mon exactitude que de recourir au sermon même bien qu'it fût sûrement caché parmi les 330, le mauvais échappait aisément au coup de harpon. Mais ces recours devinrent de plus en plus rares, et comme je l'ai dit, mon tuteur était chaque fois phjs cou.tent. D'autre part, on se demandera si j'étais toujours content de lui et de ~es trois cent trente sermons Oui, je l'étais, j'avais afïection et sans reserve, grâce aux conSance, sans arncre-pensce, principes de vénération profondément enracinés dans mon caractère, lorsque je rencontrais une expression de force supérieure à la moyenne ordinaire de mon tuteur, jamais il ne me yint~ l'esprit qu'il fût mains bon, moins intelligent que les autres; je Je trouvais simplement différent. Je ne lui cherchais pas querelle pour son engourdissement caractéristique, pas plus que je n'en aurais voulu à un ruban vert de n'être pas bleu. Un simple hasard fit qu'un jour je citai un distique qui me parut sublime. il était question d'un prédicateur, comme il en'apparaît parfois dans'les

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CONf(!M<ONt

un Hhdu. temps difficiles, aux époques d'e!Ïervtscenee, tonnerre, qui regarde en face tous les ennemis, et qui re* lève un dén, alors même qu'il lui, serait facile de t'éviter. Ces vers ctnie.nt de Richard Baxter, qui se battit souvent nvee des orages qu'il avait crées tui-mcme, depuis l'au-: rore de la guerre parlementaire en (G~a, pendant )'! période de Cromwell, qui le détestait cordialement, et enën jusque. sous les règnes timides de Charles H et de Jacques Il. Comme orateur religieux, il était peut-être le Whittield du xv)t* siècle, le I.eMConowM de Cowp<;r. Voici comment il décrit l'ardeur passionnée de sa prédication < Je prêchai comme tûrement je ne prêchera! plus, » cela est déjà quelque chose, mais Ja suite est un coup de tonnerre.. « Et comme homme qui meurt~à des hommes qui meurent. un Ce distique, qui me paraissait de l'or en bâfre, pas tant par son éclat que par sa pesanteur, dévoilait w! autre aspect de l'Église catholique, et la révélait comme une ÉgHse de soldats et de croisés. Par là je ne veux point pourtant sigoa!er utMHmperfection positive chez mon tuteur. Lui et Barrer avaient été Le placés par le hasard dans des générations dinérentes. sièc!e de Baxter, du commencement jusqu'à la fin,' était révolutionnaire. Pendant toute la durée de ce xvu* siècle, les. grands principes du gouvernement représentatif et les droits de la conscience traversaient les épreuves douioureusesde la résistance et d'une dure expérience. Mais de mon temps, a ta Sn du xvm* siècle, il est vrai que tous tes été'.Les droits de la conscience. !) est ptnjMe de constater que Baxter n'ev*!t aucun goot pour eux. t) qualifiaitla tolérancere!)gteu!ele n)eur* tfodes~met'. Et quand on lui objectait que c'était à l'intolérancereli) ~icusequ'i) devatt ses plus crueite!.souti'r.tnce!. ! r~potd~it < Aht~5 Ci~ttaient bien différent:; j'avais raison, tandis'quel'immentemajoritéde ceux qui profiteront de cette nouvelleinvention qu'on nommetolérance, d .&oat ansune erreur révoltante. <

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MAKOEUK D'OPtUM

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mentt de.Ia vie sociale furent jetés au creuset; toutefois il s'agissait de nos voisins, et non plus de nous-mêmes. Désormais on n'avait plus besoin du prédicateur héroïque, prêt au martyre, et parlant « comme sûrement il ne parieAussi je ne songeai plus à reprocher à mon rait plus tuteur !e manque d'énergie pour combattre contre des maux aujourd'hui' oubliés, il n'avait pas davantage le devoir de se lancer avec un dévouement patriotique, dans un gouffre, comme le Romain de la fable, Curtins, ou de monter sur un échafnud par zèle pour la liberté, comme Algernon Sidney, le véritable martyr anglais. Chaque di. manche me ramenait régulièrement cette cruelle inquiétude. La nuit du samedi, par cette triste prévision, la nuit du dimanche, après une expérience encore plus triste, )e dormais mal; mon oreiller était bourré d'épines; tant que le lundi n'avait pas ramené l'inspection du matin et la revue d'armes, et ensuite la nn de la parade, puis le cpM~, je me sentais dans l'état d'un sous-ofncier en mute, au moment où il va passer en conseil de guerre. Supposez que le lundi soit envahi par quelque intrus assommant, pnr quelque visiteur faisant partie de la troupe des parents pauvres qu'avait mon tuteur. Il me semblait en voir fourmiller dans quelque partie' inconnue du Lancashire; un seul cri de <ccaw, caw les faisait envoler par nuage épais, comme les corbeaux, et ils venaient s'installer pendant des semaines a la table de mon tuteur, et de sa femme, qui, dans.leur hospitalité généreuse, n'auraient pas laissé le plus humble d'entre eux sous la triste .impression d'un accueil glacial. Dans ces circonstances il pouvait arriver que la semaine entière se passât sans mettre un terme à mes ennuis. C'est.ainsi que pendant trois ans et demi, c'est-à-dire depuis ma huitième jusqu'après ma onzième, année nous vécûmes en bonne intelligence, mon tuteur et moi. I! ne se factia.it jamais, et a vrai dire il n'en avait aucune occa-; sion; de mon côté, je ne laissai pas voir ce que je trouvais d'odteux dans ma tâche (et elle l'était d'une manière abo-

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comt~i<M'

miaxbt~), M h* f~ble <Hbr< qu'été me contai:, après que l'habitude m'eut rendu 'capable de la remplir ~v~: une tMMtce prë4<>mptueute. En dernier lieu, je M trouvais aucune facilité A exécuter cet exercice hebdomadaire, qui ne cessa jamais d'être « une épine dans la chair x. Je.crois que mon tuteur, comme certaines divinités cru<ll(;sdu Paganisme, respirait un parfum d'encens brûlé, 01 voyant l'irritation inquiète ~u'il entretenait, comme rotation, une. vestale surveMc !e ~u sacré, par ce tourment perio éprouvait du plaisir à me poursuivre jusque dans dique. mes s<M)~s. asile &ûr a;etne pour un paria, si bien que le dimanche, ce )oarqin ouvre aux hommet, et même aux animaux, te~ poftea du repos, éMtt pour moi un.jour de martyre. Mais après tout, il est possible qu'il n~ait rendu service, car !< constitution matadiv<* de mon espfit ne m'enirainait que trop vers te s<MDM. de la rêverie sans de ]a vie et de ses reatités, que je nn, et l'cbignement dans des Astractiôns chin~enques.. fuyais Qu'il fût utile ou non, mon séjour chez coon tuteur tirait à sa fin. Quelques mois âpres Je onzième anniversaire de ma naissance, Creenhity* fut vendu, et la maison de ma enfants et domestiques, futtransportëe mère, à Bath. Pendant peu de mois, mon frère et moi no~s fômes laissés aux du moins en ce qui concerne soins de M. Samuel H. notre éducation. Quant au luxueux contortabte d'une verttable d':meure anglaise, nous devînmes, par une invitation spëeiate, les hôtes d'un jeune ménage de Manchester,M.<:t Mme K. CetëvéncnaeM, bien qu'il n'ait pas. eu de suites, a laissé en moi des sentiments d'une inexprimable profondeur, il forme comme une parenthèse ~iamanMe de boNheur intime, tel quel'homme !e coanattuae fois~ une bâtie par mon père. A i'~pnquede Ct-Mata~– Maison<fe campagne ou sa construction (<7<)t 1792), lle était ~toignéed'un j;r:tnd-mij)edes e dtrniefM m~spnsde MtnttMter.ai~tnainteaaut, tt m~roe<jc.)tusjM)f;. temps,e))e été at~etnte.fa'' tes r~i~s.MMois~eoM.ntsde.eeU~tmu.tf absotMe da)~i<pn bruys)!:et vmtë to.trbition. MUC, etaepois JOngKOpS

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MAKGtUm

D'OPtUM

une vie. M. K. était un jeune ax~c!t!H)d seuk.daas~outt' qui devenait Américain; je veux dire par là que c'était UN An~!ais qui exportait aux Ëta~-Unis. H avait épouse, trois ans auparavant, une jolie et charmante jeune femme, bien éievëe et douée d'une remarquable largeur d'intelligence. Mais le trait distinctif de cette maison était l'esprit d'amour qui, sous l'influence bienfaisante de la maîtresse, se répandait chez tous ceux qui en faisaient partie. Feu te docteur Arnold, de Rugby, entre autres idées nouvel qui n'ëMient pas toujours bien accueiUies mcmc de ses amis, insistait fréquemment et-avecibfce sur e~leci, savoir que notre système social en Angleterre tt~tt menace d'an grand péril, par la sëparat~n inexorable tNK'e nos classes s!evces et nos classes laboneuses; que, si Jt'o)a n'adoptait pas un tMO.~ v!f<M~! plus conciliant entre ces de notre corps social, ou tout deux n-actionStJiver~entcs autre moyen, il fallait s'attendre à une effroyable rcvotution. Ce n'est pas '!e lièu de discuter un &u}et aussi va'!te; je me bornerai donc à faire deux observions. Voici !a Bien qu'un changement tel que le désirait le première docteur Arnold, si on le considère comme Ctuse, puisse produire des effets avantageux, d'autre part, si on le regarde comme effet lui-même, il constituerait Mne sorte de société moins noble que celle que nous avons possédée, moins noble de beaucoup. Chez les nations où ~M classes supérieures ont à l'égard des classes laborieuse~ et surtout à l'égard des domestiques, un langage paternel et Menveiîlant, il en est ainsi parce que ces classes occupent une situation élevée et qu'elles se composent de personnes qui ont des droits civijs, en- face de personnes qui n'ea ont aucuns. H y a de tx siècles, quand un chef militaire lisait à ses-soldats Mes enfants a, il agissait ainsi pafce ~u'H c~KT!R dcspo~~n-esponsaMc, qui cxcrpaii sans coa~Ie le droit de vie ou de mort. Mais dès le jour où les droits légaux ont été concédés aux classes les plus pauvret, }e respect iacvKS&Ic ccs'cissses supërtcures etetn: pour

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CONft!SStONS

jours l'affection et fait. disparohre le langage avec lequel. on traitait naturellement des classes en état de minurite ou de sujétion enfantine. Le Voilà ma première remarque. Voici la seconde demande le docteur Arnold,.soit qu'il le changement que promette ou non, est pratiquement impossible, ou, s'il est possible, il ne l'est que dans un champ limité, celui de la servitude doniestique. C'est là seulement que les deux classes en question sont en contact continuel. C'est sur cette scène qu'elles se rencontrent sans se heurter. ou sortir de: leur place, et là seulement peut avoir lieu un changement. Une sage maîtresse de maison, ayant ..assez de tact pour allier une gracieuse affabilité avec une dignité qui ne s'endort pas, qui ne lui permet pas de s'abaisser au bavardage étourdi, s'attachera l'affection de toute femme Elle jeune et capable d'émotion. Telle était mistressK. avait gagné tout d'abord la reconnaissance de ses gens en leur assurant un large bien'être; leur confiance en les écoutant patiemment et leur donnant de sages conseils; leur respect; en refusant de s'intéresser aux cancans, aux propos qui n'avaient d'autre objet que des médisances. Jusque-lù, il ne manque peut-être pas de maîtresses de maison qui pourraient suivre son exemple. Mais le bonheur qui régnait alors chez-M. K. dépendait surtout de causes toutes particulières. Les huit personnes qui l'habitaient avaient l'avantage de la jeunesse; les trois jeunes servantes ressentaient l'influence.d'un enchantement tel qu'on le voit rarement, par le spçctacle qu'elles avaient à toute heure sous les yeux, tableau qui de tous est le'phis propre à émouvoir une sensibilité iéminine; chacune d'elles pouvait espérer, sans présomption, qu'il serait celui de sa propre vie. Je veux parler d'une heureuse union conjugale.entre deux personnes qui vivaient en si parfaite harmonie, qu'elles étaient entièrement indépendantes du Ce qu'il y avait de tendresse, de satisfacmonde extérieur. ti,on ispme dans c~ttë union, .cHës~touvuiënt !ë voir, par

tt'UN MAKfiEUR R'OPtUM

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elles-mêmes. On était alors au milieu de l'hiver, époque qui a pour effet de resserrer tous les liens domestiques. Leur travail, comme dans toutes les maisons anglaises qui était d'ordinaire sont bien ordonnées, achevé h deux arrivait le soir, et que l'instant où le maître heures; lorsque de la maison allait rentrer sans retard, s'approchait, rien n'était plus gracieux que le sourire qui se dessinait d'avance sur la jolie figure de la jeune femme; il y avait plus de grâce encore dans le sourire qui se rëncchissait, à moitié involontaire, à moitié contenu, sur les physionomies des servantes, qui tympathisaient avec cette joie. Une enfant, une petite HHe de deux ans, avait alors mis le comble au bonheur des K. Elle se prêtait naturellement a toute heure, et en tous les endroits à In fois, à ce qu'il semblait, a compléter des groupes de famille. Mon frère et moi, nous avions été, depuis notre enfance, élevés à traiter les domestiques avec politesse; nous remplissions les places qui restaient libres dans cette gradation d'âges et nous ressentions à différents degrés la profonde paix ou apprécier d'une que nous ne pouvions comprendre -manière raisonnée. Parmi nous, il n'existait pas un mauvais caractère; il n'y avait aucune occasion pour des jalousies personnelles; grâce au privilège de la jeunesse, que nous possédions tous, il n'y avait.pas de passé douloureux dont le souffle .se :fît sentir, on n'éprouvait pas les inquiétudes irritantes qu'amasse l'avenir. L'Esprit d'espérance, l'Esprit de paix, aiHsi que cela m'apparaissait quand formé pour leur je me rappelais ce calme profond,,avaient propre plaisir, une alliance fraternelle pour enfler une bulle isolée de bonheur fantastique, pour faire le silence et le sommeil pendant quatre mois, autour dune demeure solitaire de huit personnes, au sein même des éternels orages de la vie; il semblait que'ce fût une tente arabe, l'abri de.tout envahisplantée dans .un désert inconnu~ de tout soupçon même.de son existence, sement humain. ~race à des sphères Qe:DrMutUafd'prctceteur.

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co~rnssioxs

Qu'il était profond, ce repos! mais comme il était entouré d'une atmosphère humaine, cwnbicn il était fr< gtte! Cette bulle d'illusion se rompit-elle, tout d'un coupt' P Non; elle se fondit peu à peu, on silence, comme un palais de neige se dissout. Seldn la magnifique expression qu'a employée Shakespeare, et qu'il n tirée de son a~nenne fantaisie, elle se dé-de&sina (dis)imned) comme un nuage perd ses contours, par degrés ifnper<ep.iHe: Déjà ie mot départ (mon frère et moi nous étions rappelés & Bath) avait donné !e premier signal de cette dissolution. Ensuite, fort peu de temps après, ce fat un autre signal confus, l'alternance des mots joyeux et douloureux- le mariage et la mort désunirent lo groupe cffcctueux des jeunes servantes. Enfin, en troisième lieu, mais bien des années après, la maîtresse même de la maison, en même temps que son enfant, quitta cette terre, quitta le repos le plus doux que cette terre puisse souffrir, pour entrer dans un repos plus doux encore. Bien des années, peut-eire vingt àns après cette époque, un jour que, pour m'abriter contre la pluie, j'étais entré dans une boutique, dans la rue la plus animée de Manchester, le maître de la maison memontra un gentleman qui était de l'autre côte de la rue et qui errait d'un pas incertain, paraissant touf à fait etran" < Voyez, me dit le maître ger à l'attention qu'il attirait de la boutique, c'était autrefois un des principaux négociants de notre ville, mais il s'est trouvé dans do grands embarras commerciaux; il n'y avait rien à dire de son intégrité, ni, je pense, de sa conduite, mais par le fait de ces malheurs en aSatres, et des décès quront eu lieu dans sa famille, i! est tombe dansje désespoir, et vous voyez de quelle manière iL se console, Il donnait à entendre que la démarché de ce gentleman était celle d'un homme ivre. Je ne pensai pas qu'i! en fût ainsi. Son regard exprimait une désolation habituelle, mais en même temps un égareïaeat nerveux qui ne pouvait- augmenter sans lui faire de la v'~ua.uppors:bis f~rdMti.Jt: ne tercvis plus, je

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n'UN MANGEUK n'OPtUM

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penstt avec horreur qu'il était destine a lutter dans sa vieillesse avec k's tragiques cruautés de la vif. Bien des raisons m'empêchèrent de me. faire reconnaître de lui; mais j'avais appris, quelque temps aupnravnnt, qu'il était avec moi, le seul survivant de cène famille autreibis si joyeuse. Aujourd'hui, depuis bien des années, je suis le seul qui reste de ce sanctuaire sacré, si doux, si solennel, si profond, qui, semblable à l'arche flottant sur tes mers désertes, contenait huit personnes; toutes, excepté moi, ont été l'une après l'autro rappelées pour entrer dans le seul repos qui puisse etr« plus profond que celui dont nous jouissions alors. En quittant les K. je quittai Manchester; pendant les trois années suivantes, je fus envoyé ù deux écoles bien diiïerentes, savoir, d'abord a une école publique, celle de !~th, alors et depuis célèbre par son excellence, ensuite à une école privée dans le Wittshirc. Ces trois ans écoutes, jo me retrouvai à Manchester. J'avais alors un peu plus de quinze ans. L'un de mes tuteurs, M. H. banquier dans le Lincotnshirc, que j'ai omis plus haut de mentionner, était celui que l'éloignement empêchait le plus de remplir ses fonctions; sans cela je lui aurais rendu volontiers hommage, comme au plus capable de tous. H avait appris que certains avantages pécuniaires résulteraient de mon séjour à l'école de grammaire de Manchester, et comme sous d'autres rapports elle valait autant que celleci ou celle-là, il conseilla ma mère de m'y envoyer. En un séjour de trois ans a cette école faisait obtenir fait, pendant ser'1 ans une aUocation de cinquante livres, ou peu s'en faut, ce qui, ajoute a me; cent cinquante livres de revenu, aurait fait un 'oral de deux cents livres par an; c'est l'a!ljcation moyenne qu'il faut à un sous-gradud d'Oxford. Comme il n'y eut d'objection d'aucun côté, ce plan ut adopté, et ne tarda pas a ctre mis à exécution. En conséquence, vers la fin- de l'automne, ou plutôt au csn!meas:!Bsat de i'hi'*e'' <e 8< jf Si*HM~ &au@ed.ms

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CONFESSIONS

recote de-grammaire de Manchester. La salle de classe, par sa grandeur, affichait déjà la prétention qu'avait l'école sorte d'écoles d'appartenir a une catégorie élevée~ cette que je crois particulières a l'Angleterre. Pour atteindre ce but si rapproché, l'on avait eu recours à l'influence imposante de l'architecture, mais avec une gauche parcimonie, et l'on s'en était tenu la. Les murs immenses et blancs étaient ornés à peu de frais de moulures et de grands medaillons en plâtre qui rappelaient aux jeunes élèves les principales gloires de la littérature; à cela près, ils étaient nus comme les murs d'un dépôt de mendicité ou d'un lazaret. Ces derniers édifices dont la. destination évoque des idées tristes et noires, éloignent de l'esprit tout dessein de les embellir par des peintures ou des sculptures, mais la salle dont il s'agit avait un caractère plus noble, et la nudité de ses murs implorait quelque décoration. Il eût été bien facile d'y mouler des scènes variées. L'on aurait tout d'abord, pour rendre hommage aux lettres, représenté Athènes; la sagesse d'Athènes, personninéedansPisistrate. il aurait fait de son mieux pour donner l'~t'~e complète et correcte. En second lieu, les captifs athéniens en Sicile, Ils s'attiraient une quatre cents ans avant Jésus-Christ. généreuse compassion, « en redisant les chants du mélancolique poète d'Electre <. Les passions terrestres étaient si promptement oubliées, grâce au poète athénien d'alors, que l'orage de la colore sicilienne, avec ses vagues, faisait soudain place au calme céleste il suffisait pour se racheter d'un souvenir fortuit, d'un fragment mutilé des vers divins d'Euripide; aussitôt les chaînes tombaient, le captif qui le matin s'était réveillé esclave dans une-mine~ entrait comme hôte bienvenu dans un palais de Syracuse. On aurait pu représenter « le conquérant glorieux d'Emathie '~au début de sa carrière, parcourant Thèbes avec des désirs de vengeance, et calmé par des pensées littéraires, « ordonnant d'épargner la maison de Pindarè, alors que les temples, les tours s'abattaient sur le sol a. Oh 'eût'pu montrer Alexandre

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MARGEUR

f'OPiUM

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sous les cotonnades d'une ville persane, Echatane, Babylone, Suse, P~rsëpolis, lorsqu'il recevait de Grèce un nuzzur plus vénérable qu'aucun présent de la « barbarie orientale », une cassette ornée de pierres précieuses, et ces créations déjà aussi contenant l'Iliade et l'O~~f, anciennes que les Pyramides. J'éprouvai donc un sentiment de répulsion à l'aspect de ces murs et de leur nudité puritaine, lorsque mon tuteur et moi nous entrâmes dans ce hall. Nous marchions d'un pas solennel, non pas, comme Milton, pour. aller nous mais vers le siège présenter devant le trône du Soudan où trônait un despote aussi absolu, bien que son royaume fût tout petit. Le despote, c'était le directeur, l'<!rcÂ!Mcalus de l'école de grammaire de Manchester, et cette école sa avait des qualités bien diverses. i" Elle était ancienne fondation remontait à un évêque d'Exeter, au commencement du vt* siècle; ainsi elle a maintenant (!856) plus de trois cent trente ans; – 2". elle était riche et le devenait daelle était distinguée par les vantage tous les jours; –3° bénéficiaires qu'elle ava~t avec la magnifique restions Université d'Oxford Le directeur était alors M. Charles Lawson. Dans les premières éditions de cet ouvrage, je l'ai élevé au rang de docteur, afin de déguiser la réalité, et de supprimer par là bien qu'elles me fussent indifférentes, les personnalités elles auraient pu, dans certains cas, déplaire à quelques Lawson n'était nullement docteur. Il personncs.MaisM. n'était pas non plus un clergyman, au sens légal. du mot. Bien des gens néanmoins, sous l'influence. d'associations un mvolon;aires dans les idées complexes qui représentent directeur d'école, lui attribuaient un caractère ecclésiastique. Le fait est qu'il avait reçu l'ordre du diaconat dans Le pt!Mge par t'~cotede- Manchesterconférait certains avantagesà L i'Univertite d'Oxford. 'on a vuptus haut qu'its assuraient à fauteur un a cette université (N.d. 'r.i. revenuce onqutatthTrtsptndttntseptsn!

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COSt'ESStûKS

t'Élise d'Angleterre. Mais Use considérait lu!-mcme comme un laïque, et recevait cette qualification sur les adresser des lettres de ses correspondants distingués, et on peut supposer qu'Us étaient bien au fait des règles techniques de l'étiquette anglaise. L'étiquette, d~ns les cas de ce genre, ne ditïere pas entièrement de la forme onEdeUe. Aujourd'hui la loi anglaise, ainsi qu'on l'a vu pour l'adiré de Horne-Tooke, est celle-ci quiconque a été cler~ymau, reste cter~ maa. Le caractère sacre dont on est revMu par l'ordination est indéiébi.e. Mais, d'autre part, qu'~t-ce qu'un clergyman? On ne l'est pas quand on a reçu seulement l'ordre d~ diacre, à ce qae j'ai du moins entendu dire; on l'est serment quand ona reçu lesecondordre, qui estdéfinitif, la prêtrise. S'il en était autrement, les amis de M. Lawson cotaoaettaient une bien grande erreur en le qualifiant de squire dans leurs lettres Qu~il fût squire ou non, clergyman ou non, qu'il eût un caractère sacré ou profane, M. Lawson n'en méritait pas moins quelque intérêt par sa position et son existence claustrale. La vie n'existait plus pour lui, quant à ses espérances ou sçs épreuves. La seule épreuve qui lui restait subir, était de lutter avec une maladie douloureuse, et de combattre à mort. Il avait a payer sa dette de mortel, il était en retard; à cela près, tout était fini pour lui. Je ins frappé de l'idée qu'il avait une pauvre espèce -d'intelligence; je pouvais me tromper, à cause de mes moyens limités Mais cela ne détruisait pas Tintérat qu'il d'appréciation. alors dans sa vieillesse: il avait au moins soixanteinspirait quinze ans; cela n'ôt~it rien à mon désird'épelerà rebours et de lire ainsi -le livre de sa vie. Quelles avaient été ses aventures en ce monde Avait-il -eu 'des hauts et des bas dans sa carhere?'Quels-triomphes avarMi-obtenus dans t I.e sensde motstels quec~rgym~n,gM~nMK,squire, est trop connu en France pour qu'il soit nécessairede !es,remp)xeer ar des equivateNts p ceux-cid'ailleurs manqueraient 'exactitude;un clergymann'est pas.tout d un eecMsiastique, &fait un~;ent)eman n'estas ut] ~toasteur d..3\).

6~ M et ~enneilex voûtes d'Oxford? Queues ~colles paifubles lusions lui &vait causées le rude contact du moudeeMoieur!' De celles-ci, deux seulement avaient survécu dans les souvenirs malicieux de < ses amis )'. Il était jacobite, comme du l'eiaient tant de gens parmi mes chers compatriotes avait avait bu à la santé du prétendant;'il l.ancashirt,! il fait cela en présence du docteur Byrom, qui gratifia l'assemblée de son célèbre, mais équivoque impromptu a la A!. Lawson fut donc obligé d'assister santé de ce prince de son parti politique. Telle fut la première à l'écrasement mortification qu'il éprouva. La seconde lui arriva sept ans plus t~rd,et d'après ce qu'on m'a dit, elle fut accompagaee de cruelles épreuves de dédain. Avait'il interprète dans un sens trop favorable pour lui les indices douteux de la faveur de la dame? Celle-ci avait-elle, en coquette impitoyable, désavoué les espérances qu'elle avait encouragées ? Quoi qu'il en soit, un demi-siècle avait passe .en adoucissant, en cicatrisant )es,blessures du pceur de M. Lawson. Si la dame de !y5x vivait enco.re en t8oo, elle devait être bien ridée. ïci surgit un singulier problème métaphysique. Lorsque l'objet d'un amour passionne est devenu un )/ain fantôme, l'ardente passion peut-elle survivre, prendre une forme abstraite, se .désoler des souffrances qu'elle éprouve, implorer leur ~onsolatiQa? J'~i entendu dire .que cela était 'DaM cette réunion M;~ro!M~)M Caputets se trouvaientm6)csavec ru't de ceux-ciinvite le docteur Byrom à porter Ja.siintfi tes-MontaigM; x du roi « Dieu, bénisse roi! Qu'i) confonde)e prétendant! Ettedoeteur le chanta
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Le docteur .n'était pas connu seulement commeJacobite. Il a écrit un 'manuelfort bien fait, qui, d'âpres ceuxqui )'ont)u, s'ë!eveà une-hauteur entre autres, eu parle ainsi « Si vraimentphitosophique.!)aviaMartLey, telle jamaisil yenait à se formernue langue phi!osophique, que t'ont souhaitéeTevequeMitkins.Leibnitz, t'ouvragedu D'Byrom fourniraitles etc., iMfacteresqutMavieadMienl.te~eux~sonAcMtur~

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CONFKMtOKS

arrivé. Dans !e poème de Ruth, qui est fondé sur des événements réels, ainsi que je l'ai appris, Wordsworth place un épisode pathétique. Quand les soins médicaux eurent apaisé chez la jeune personne les premières fureurs de la folie, et que la maladie eut pris une forme plus douce, on cessa de la tenir renfermée. Se retrouvant en liberté parmi les scènes champêtres au milieu desquelles elle avait passé son enfance, elle reprit peu à peu les habitudes qu'elle avait, avant que son esprit fût troublé par le chagrin. Quelque chose de pareil était arrivé à M. Lawson; peu de temps après avoir reçu le premier choc, il avait cherché les moyens d'effacer l'impression profondément gravée, et l'un d'eux fut de revenir autant qu'il lui fut possible, à l'état d'élevé de collège. Il fut aidé dans cet enbrt par la singulière disposition de l'édince où il exerçait ses fonctions officielles. Pour une maison située en Angleterre, elle ne manquait pas d'originalité, car elle était bâtie comme une maison romaine. Toutes les chambres de tous les étages avaient leurs fenêtres sur une petite cour centrale. Cette cour était carrée, mais de dimensions si exiguës, qu'un Romain l'aurait appelée un tw~MWMM!. M. Lawson.. avec se la représenta comme la un petit effort d'imagination, cour d'un collège. C'était là qu'avaient lieu les appels quotidiens, auxquels chaque élève devait répondre quand on prononçait son nom. Le malheureux M. Lawson, à force de tenir toujours en éveil l'idée qu'il était encore dans,la cour d'Oxford, parvint peut-être à se mettre dans la tête, que tout ce qui concernait la dame avait été un rêve, et que la dame n'était qu'un fantôme. D,e plus, les usages du collège, eh ce qu'ils pouvaient fortifièr cet imaginaire alibi, étaient respectés à Miltgate; ainsi celui qui consistait à avoir deux assiettes, à dîner, l'une pour la viande, l'autre pour les légumes. Le seul luxe qu'il eût gardé, bien qu'il fût assez coûteux, était celui qu'il se donnait à Oxford, comme les jeunes gens bien rentés, et il y persistait, bien qu'il ne pût en profiter qu'à des intervalles de plus-en plus

6() C'était un cheval de selle pour lui, un second éloignés. à les conserver malgré pour son domestique; il s'obstinait des taxes de guerre, et cela pendant des l'augmentation années après qu'il eut cessé de monter à cheval. Une fois en trois ou quatre mois, il faisait seller et sortir les chevaux il se donnait beaucoup de peine pour se hisser sur la selle, et quinze ou vingt mipartait à un amMe bien modéré, nutes après, on le voyait revenir dc sa chevauchée de deux milles, avec la conviction qu'il s'était donné de l'exercice, et que cela devait suiïirc pour une autre période de cent jours. Mais M. Lawson cherchait le meilleur de sa consolation dans les grands classiques d'autrefois. Les grands élèves s'adonnaient à l'étude des grands tragiques qui avaient fait frissonner le public athëmen pour lui bien des leçons, qu'il commençait toujours et ne finissait jamais, furent des occasions journalières de se consoler avec tes gaîtés .d'Horace dans ses Epitres pu ses Satires. Les plaisanteries d'Horace ne s'usaient jamais pour lui. Lorsqu'il retrouvait le~<MMO~M,ou quelque autre bonne encore dans son fauteuil, tout il se renversait saillie, comme il l'avait fait pendant cinquante ans, et paraissait éprouver de ces accès de gaîté contagieux qui secouent bruyamment la poitrine. M. Lawson aurait pu convenir que le mot de~<MH~ était le véritable motif de sa gaîté. H existe de sombres tyrans qui se délectent dans une dispour eux et pour leurs élèves, ce mot cipline de terreur doit ramener des souvenirs trop dégradants pour que leur 'hilarité ne soit pas feinte.. Les allusions, quand elles sont des personnalités terribles, cessent d'être une occasion, de plaisanterie. C'est l'hypocrisie seule qui éclate de rire en ce cas, et cette hilarité n'est que le langage d'une malédiction rentrée et sournoise. A la vérité, il n'en était pas de même i-l'école de grammaire de Manchester. Il faut le dire à l'honneur des maîtres et des grands élèves, qui les uns et les autres étaient seuls les auteurs de ce. résultat, tant que d? '?<}<;a !8o2, toutes ëco~t c'€5t-dir~ jeconnus.ee!te

C'UK MANGEUR D'OMUM

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à CONftXStOX!

tes punitions qui avaient pour principe !a dou)ei)r cofporelle, tombèrent en de&uemde, et cela longtemps .nvnnf 1 que l'opinion publique se fût émue à ce propos. Commenf la discipline etait-eiïe donc maintenue? Elle l'émit par h<i conduite que, s imposaient les grands ejèves et par l'emcrfcité de leur exemple, combinée avec leur système d'e'règtes. Les instincts naturels sont noofes, dès qu'ils ne sont pas foncièrement mauvMs,U'heure de h~'irinténais~nte~eveux du moment o{t le sens poétique donne ses premières par!er entrevoir !e .fleurs, et oit les adolescents commencent paradis qui se dessine furtivement dans un sourir" fëftinin. Si !'étab)issement n'avaiteu que ses etève'! exterses, i: est plus que prpbabte que les tendances à la

Related Interests

u!gatrité bruyante y auraient prévalu. Mais il se trouvait que la partie la plus celle dont les élèves étaient tigëe de l'école, eest-à-dire sur la marge de l'adolescence, et se montraient de beaucoup les plus studieux, ayant tous le goût de la lecture, de la réflexion, tous sentant se développer en eux l'amour des Les lettres, cette partie se composait de pensionnaires. élèves appartenant à la maison exerçaient donc une in" sur l'école. Ils étaient unis entre Huence prépondérante eux par des tieTis fraternels, tandisque les externes étaient isolés. Mais, ce qui était l'essentiel, il n'y avait point de conr de récréation, si petite qu'elle fût, dans l'école; ou plutôt il n'y en avait point pour la classe supérieure ou la classe de grammaire. Cap i!ex!&tatt aussi, grâce aux libe~ ratthes pùbHque~, une école inférieure, ou toute Porg~ni* satioa: de l'enseignement était ~ëduits' aux procèdes les plus elémentaires pour apprendre à lire ë< à écrire. La sa)!e où s'exécutait; cette' tâche urvile é~it: située sous l'éCoie supérieure, et formait, je pease~ es repr&duetioa souferfaine de !a salle d'en haut. CeHe-'et étant de deux ou trois pieds seulement au-dessus du niveaQ de la ru& voisine, l'ëcoleinfërieure devait être Sttuecbten au-d~soos d&ce ïliveitU. E)!e ëfatf sans doute une crypte obscure, comme otï en voit sous maintes' cathedfaies t it faoff que la coQ<<-

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D'OFtUM

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true!eur ait été siogutièrement imprëvcyaat pour avoir condamne une partie -de son édidce à une obscurité sépulcrale. Cette école plébéienne n'était accessible que par de longues séries d'escaliers, et je n'ai jamais eu de l'énergie de reste pour étudier la question sur place. Comme le terrain descendait en pente extrëme.nent raide vers ce bas fond, je pense en y réfléchissant que la crypte soutenaine a pu recevoir quelquefois la visite du soleil ou de !a lune. H est possible, après tout, que cette classe inférieure vouée aux exercices manuels ait possédé une cour de récréation; mais la nôtre qui était située dans les régions supérieures n'en avait pas, ainsi que je l'ai dit, et cette lacune offrait des avan.tage!, qui n'avaient pas etc prévus. C'est lord Bacon qui remarque les subtils arrangements que peut dissimuler la forme extérieure d'une table. Si elle est carrée, comment nier qu'elle a une tête, des pieds, deux pôles opposés, l'un boréal, l'autre austral, un périhélie, un aphélie, des côtés qui représentent l'équateur ? Cela ouvre une vaste perspective à l'ambition. Mais une table ronde coupe court à ces rêves de grandeur, de même une table triangulaire. Pourtant si cette dernière a un angle droit, le Lucifer placé à cet angle peut dire qu'il sous~tend ses deux voisins à chaque bout de l'hypoténuse, et se croire supérieur à eux, comme Atlas était ph t noble que le globe qu'il portai:. Disons en passant qu'une disposition de ce genre formait la base de la hiérarchie chez John O'Groat lui-même, et non dans les hautes latitudes septentrionales de sa demeure. H paraît que John lieu de décider les querelles de préséance O'Groat,-au d'après cette règle-ci ou ce principe-là, les tranchait pat la racine, au moyen: d'une table ronde. Il est probable que le roi Arthur en usait, de même à l'égard de ses chevaliers, Charlemagne avec ses preux, et c'est ainsi que font les matelots pour décider qui s'exposera au danger d'une réclamation s-éditieuse.. Comme le remarque Harrington dans son OeMK~deux fillettes, sans autre ressource que

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COKFESStONS

l'esprit qu'elles tenaient, de leur mère, ont découvert le moyen de partager une orange de telle sorte que toutes deux soient satisfaites; ce moyen est si efficace que toutes les sectes de philosophie n'auraient pas trouvé mieux c'est que la première coupe l'orange et que la seconde a le droit de choisir. Tu partages, et moi je choisis, voilà la recette.Un ange ne trouverait-rien de plus ?ur pour garantir l'équité d'un partage forcer celui qm le fait à hériter des inégalités qu'il a pu faire dans l'opération delà division. En ces cas une précaution qui semble banale fait voir dans. la scène qui: précède tout un monde, de conséquences nécessaires fatales. Dans notre situation, un résultat tout. -aussi disproportionné provint de ce fait tout fortuit que nous n'avions pas de cour de récréation. Nous autres ~înés, par nos dispositions méditatives, par l'amour-propre. -que nous inspiraient nos rapports fréquents avec les lettres,. nous étions déjà peu disposés aux jeux .d'enfants, et nous couvâmes que l'absence d'une cour de récréation nous faisait une .nécessité de notre préférence et de. cotre de orgueil. Même les plus fiers d'entre nous bénéficièrent cette obligation, plus d'un aurait vendu son privilège et serait devenu d'orgueil pour une heure d'amusement au moins par occasion. Un jour plus beau conformiste, que d'ordinaire, une lutte d'habileté qui aurait excité plus que d'habitude le sentiment d'une supériorité particulière, .aurait.pu engager plus d'un parmi .nous à se départir de; son isolement,. et.pour. toujours. Une. familiarité .sans- i limite aurait été la conséquence, le résultat était certain, Si l'on accepte la société d'autrui pour faire des affaires, il peut n'en résutter aucun, inconvénient pour :le résultat de la réserve. Grâce aux intérêts communs que fMpus,avions comme habitant.sous:le même toit, grâce aux 'restions amicales que créaient entre nous.les sujets de -discussion tirés des livres, nous avions fbtmé un club d'adolescents dont quatre ou. cinq. âgés de dix-hu)t ou t~x-neuf ans, .étaient.déjà .des jeunes hommes, et on y

&'UN MANGEUR B'ODUM 't 1.1 ~.>

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montrait autant de réflexion et Ut. respect pour soi-même même parn.i des adultes. L'école qu'il y. en a souvent souterraine contribuait aussi quelque peu à notre bonne tenue. Elle formait dans notre établissement une division subalterne qui rendait plus sensible à nos yeux, par la force du contraste, la réserve qui nous était naturelle. Son programme se-bornait aux humbles résultats qui sont.dans tout ce qui est la limite bornée des efforts mécaniques; mécanique est restreint. Pour nous au contraire, alors donnait en même que le. terme d'école de grammaire l'idée .d'un cercle d'études bien étroit, nous apparence sentions que réellement ce cercle était vaste, et s'étendait même à l'infini. Il me fallut peu de temps pour m'apercevoir que ce mot nous donnait à tous une idée fausse. Si l'on demandait la et le sujet de son définition d'une école de grammaire, il est presque sûr que l'on obtiendrait cette enseignement, réponse ~«L'enseignement? mais c'est celui de la gramC'est 1~ une erreur. Comme maire, et pas autre. chose. l'ai montré ailleurs, le mot de gr<!H!)Ha<!M pris dans es je sens, ne signifie pas la grammaire, bien que la grammaire obéisse, elle aussi, à des lois d'une subtile philosophie, mais la littérature. Voyez Suétone. Ces ~'<~Mw<:<!C! u'il q représente comme inondant Rome sous le règne des Flaviens,.n'étaient j)as des ~<:M!M:f!'eM~ le moins du'monde, ils appartenaient à ce qu'on désigne -en France par le. mot très compréhensifde littérateurs. Cela veut dire i" qu'ils 2" qu'ils avaient pour profession d'étudier la littérature; 3° qu'ils y contribuaient par leurs travaux. En l'enseignaient; somme le mot de granttK~tM est. peut-être. le terme latin qui représente le moins inexactement notre mot /er<t<Mrc. Maintenant .que j'ai esquissé. les traits caractéristiques qui distinguaient notre.école et son' directeur (quant aux professeurs de premier et de second. rang; il y en avait quatre .pour la.classe supérieure), je reviens à mon examen d'entrée. Ce jour.est.MëmorabIe pour moi, en ce qu'tl.est

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OMMBMWM

le p~tM de départ d'MM longue série de ~eaot attristes par d'un côté, et ke MsuhaM qu'alla l'Of~eiu~Mt obstia~ioa produisit grâce à ma propre- folie de l'autre côté. Ausait~t que mon tuteur ae fut retiré, M. L~wa~t prit dans. aoa bureau un volume du $~c~<'< et me p<ia de meure en aussi bon latin que po&~ble quelques page: de Stt.eit,a.p<at près le tiers d'un am~éro. Le hasard ne panom tu~mu une tMitleure occasion pour attester tout* fet<ta<k<€dé me< forces com'atel.Hiaiste. !ei)edoMtqu<tqa<M expHcatioas. Dans la precëd~me tdtuon 4e ce* Cw</itMm~, qm avM<~t été écrites trop M&b&<e,et d'MUMaiOre trop peu précise d.)a~ les dettits MM MOpOttoM~ j'ai produit une impression qui n'était p<& daM mon dessin, en ce qui vrai cara<tért de a;e& aptitudes «Marne hetieregarde tHSte. Je dois <tne<ttW de ht même manière ce qui est relatif à la facuit~ pttK luaitee qui était l'objet de mon aussi bien qu'en latin, nMs con. exMaeo. ~ctue!. En ~c, aaiss<mçes n'e<«ieot p$s et~<fHfa; à mon âge cela était et il y <a avait une autre cause toute particuimpossib~ aucun guide qui pût nous Here; à cetteépoqwei! n'existait conduire avec sûreté dans les )ungk& épineux du latin, et à p!u& forte raison, du grec. Quand j'aurai dit ~'ta la de Porc-Royai traduite parle docteur: grammaire ~ue Nu~t&at était la seule clef que nous possédions en Angleterre pottf les innombrables difncultés dejt construction grec<t«~ M que pour la ~< M<a<ftc<:r, l'estimable Thesau. ra~ de More! n'ayant pas été réimprime, se trouvait !e lecteur icoaclura-que la tecce d'un ecoiter. fjtftatent, cooeoe helléniste ne pouvait être quepau de chose. Et la. mienne était fort p~u de chose. Mais eriteadons-nous Q~e~t-ce qui était ~eM de cAoM? c'était seulememnw connaissance du grec, et cette connaissance a des limites extrêmement étendues. !1 n'en était pas ainsi de ma ~aMeM«M du grec. La cor naissance est toujours presque au temps q't'on y a consacré, et par proportionnelle MnMqueMyfuponidnho!ip sans doute à l'âge de l'etu-

ttUN MANGKU~ t)'OP)UM y5 h poxseMion d'un langue, la ~c~tàde diant. Mah l'adap. <er, dé la mouler sur vos propres pensées, est absolument u~tquMfKnïnn don naturel, et le temps n'y.estque pour peu de chose. Que l'on prenne h trinité domiaMte des érudits heMén~tes qui norissment entre la cév<tlution da x;x* siècle, anglaise de t688 et le commencement trinité que l'on formera, je pense, de Bentley, Valckcnner et Porson, l'on s'imagine généïalement que ce sont les hommes' auxquels il faudra nous adresser si nous voulons une éloquente inscription grecque pour un monument peM<. Je ne suis pas de cet avis. Les plus grands érudits se sont d'ordinaire montrés les plus piteux écrivains dans les !angue& classiques, qusUes qu'elles soient. H y a soixante ans,. quatre docteurs nous donnèrent autant de traductions de l'Elégie de Gray, et ces quatre traductions faisaient fort peu d'honneur à l'érudition anglaise.. Et pourtant l'un de ces docteurs avait précède Porson dans la chaire de grec de Cambridge. Si l'on objecte que le docteur C&okc (n'est de lui que je parle) n'avait guère de réputation, nous ~!Ion&prandre un helléniste indiscutable, un homme d'une précision pointilleuse, Richard Dawcs, l'auteur bien connu des « Misce)knea critica! Celui-là, il était un vrai gourmet en fait des finesses de la syntaxe grecque il eut été en Grèce un érudit de quelque valeur, et plus d'une fois il prit à la gorge Richard Bentley. M écrivit, il publia. la traduction grecque d'une partie du Paradis perdu, ainsi que deux idylles pleines de flagorneries qu'il dédia a Georges HI,. au sujet de la Mort da son < auguste papa, Il est difficile de rien concevoir de plus niais dans la conception,, de plus enfantin dans l'exécution que ces deux tentatives. Je vais maintenant '~Hf opposer le~ver~ iambiques composés par ur enfant qui mourut à dix-sépS ans il était fils de Aï. Tomtine, évêque de Winchester, Je soutiens absolument qui fut le précepteur de M. Pitt f~f~M'M~M~.– Onte~trouve~am i~n'~M de'~Jjt.itcH.cv? ',e jg Ca);utta,sur t'afticfcgrec.A cetteoccMio)), ferji c~t~tqt.t. ~tiûu< \e):t ) je

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CONFKSSJONS

que la faculté de donner aux idées un vêtement grec est du ressort de la sensibilité naturelle, et qu'elle est presque sans rapport avec l'étendue ou la précision grammaticale -que possède celui qui écrit en grec. Ces explications sont-trop longues. Le lecteur comprendra en somme que ce qu'il me fallait en pareil cas, ce et familière de la n'était poi!M-!a-c<w)ajssance précise syntaxe en cette langue, ce n'ëttMî pc'mt une copia verboc .TMM!, e n'était point uneexirême agilité à parcourir les rapports mutuels des idées, c'était surtout la faculté de considérer les objets modernes, étrangers à- l'antiquité .sous un aspect capable de me suggérer des périphrases quand !e mot propre faisait défaut, et de donner de la vivacité à ma traduction avec des idiotismes pleins de saveur et de variété, partout où l'occasion se présentait. J'y réussis et je me surpassai, car pour la première fois, M. Lawson.me félicita vivement. Cela. ne lui était jamais -arrivé, comme on le savait, et ce fut aussi la dernière fois. il me fit un autre compliment d'une nature plus substantielle, qui mit le comble à sa gracieuse condescendance, dans la classe ~e veux dire qu'il me plaça provisoirement Ce n'était point alors la classe supérieure, car supérieure. il y en avait une autre plus élevée, mais les jeunes gens ~ui la forntaient allaient prendre leur vol vers Cambridge dans quelques semaines; alors ia première classe s'ouvrit pour nous, c'est-à-dire pour, moi et deux autres. Deux ou trois jours après cet examen, un dimanche, je transportai mes pénates chez. M..Lawson., Vers neuf -tommeceaxde Dawes,où l'on se propose d'imiter Homère ou Théocriteg .en d'unemanièregenerate,que des vers hexamètres dactyliques,sont par. ~aitementinutiles pour.prouyt:r qu'on a la facutte de penser en grec. En !es examinant, on verra que la magnificence orehe:tra)edu mètre, que la -c~denc:sonore qui est propreà chaquevers isoté,imposenécessairement -jtla penséetadiseontinuite;Le~yers iambiquess~nairesottseuisexen~pis s de ce défaut, car ce mètre possède la facutté de se'rEouter, de recevoir ~i'T!'=f! d-* !s~<-a!e*, et Mu: r:ppc:t i! ts: :~sb'sb!e, s! is:ar ~)nversbhnc des Anglais,tel qu'il est mani~par Mi)ton.

D'UN MAXGjtUR B'OPtUM

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heures du soir, un domestique me conduisit par un petit escalier, me fit traverser une enfilade de petites chambres obscures et démeublées, qui avaient des fenêtres, mais pas de portes, jusqu'à la salle commune (comme on dit x les seniors. Tout s'était réuni pour Oxford) qu'occupaient m'accabler. Je quittai la société de femmes charmantes, ce qui était déjà une perte sensible. De plus, la saison était pluvieuse, et cela est suffisant pour produire de la dépression. L'aspect désolé des chambres mit le comble à mon abattement. Mais la scène changea dès que la porte fut outer:~ Je vis apparaître des physionomies pleines d'animation. Quinze ou seize jeunes gens étaient dispersés dans la chambre; deux ou trois d'entre eux, qui paraissaient d'âge à les diriger, vinrent à ma rencontre et me reçurent avec une politesse sur laquelle je ne comptais pas. La bonté sérieuse, la sincérité absolue qu'on voyait dans leurs façons me fit l'impression la plus favorable. J'avais vécu familièrement avec des enfants venusde toutes Ie& parties de l'Me, à l'école de grammaire de Bath, et pendant quelque temps, a Eton lorsque je rendais visite à Lord Altamont, j'avais fréquenté des enfants qui se piquaient d'appartenir à la plus haute aristocratie. A Bath et à Eton,. régnait, à des degrés divers, un ton souverainement poli; l'extérieur, le langage, la tenue annonçaient chez presque tous et dès l'abord' une connaissance du prématurée monde. Ils avaient sans doute l'avantage sur mes nouveaux amis, sous le rapport de la réserve gracieuse, mais d'autre part, ils perdaient à être comparés avec ces :n{ants de Manchester au point de vue des qualités d'amourpropie extérieur et de dignité. A Eton, les titres étaient en grande abondance; dans l'école de Manchester, beauou de personnes de coup d'enfants étaient fils d'ouvriers, cette clause, quelques-uns même'avaient des scëurs qui étaient servantes. Ceux qui occupaient le rang le plus élevé par la naissance et l'ancienneté appartenaient pour la p~psrt $ Sa ncMcssc de cs!)!psgnc os as cierge. Je crc~

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CW~M~M~

atM&i qu'à l'eMeption de troi&~t ~wtre itères, qwi <!«<iaat fils d'un clergyman a Ynri~ tous étaient eotmne moi du I~anof&hire. A cette époque j'avais tr&p peu d'e\périence pour avoir une opinion de quelque poids au sujet des morale on intellectuelle prétentions de supériorité qui régnaient dans les différentes provinces de hêtre île. Mais depuis j'ai reconnu que je pouvais être d'accord avec leu et concéder !a supër<oritë aux led<*cteur'CookeTayIo'r, natifs du Lancashire, au point de vue de l'énergie, de l'aptitude à affronter la souffrance et d'autres beU<;s qualités. Il y a un siècle, ils se distinguaient déjà par leur culture et la délicatesse de leurs goû<s. Nulle part en Europe si ce n'est dans quelques partie de l'Allemagne, ils n'avaient de rivaux dans l'habilite 'nwsicale et-la sensi" bilité; .aussi même aù temps de Haend~, les chanteurs de chœurs du Lancashire jëtaicat les .seuts pfmr qui ses oratorios ont dû ètre un trésor, .fut q.nip~urles~utres sinon formé, du moins tr'es imparfaitement toujours <;onnn. Un des jeunes .gens, remarquant mon air abattu, m'apporta un peu de brandy. Je n'avais jamais soute l'alcop) sous cette forme, ne connaissant que le vin et n'en ayant jamais bu en quantité suffisante pour me troubler l'-esprit. Aussi je fus très surpris .du changement soudain qMi s'opéra dans mon état, changement ..qui me .rEndLt .aussitôt .mon aptitude naturelle pour la conversation. Il ne lui manquait plus qu'un sujet assez intéressant. Et ce sujet* sortit de la manière la plus simple d'une remarque qui me fut faite .par un des enfants il donnait & entendre que je de mon mieux pour esquiver, en arrivant, .m'étais.arrange ..l'exercise du-dimanche ;soir.– Non, repondis-je, pas du Mut, mais quel eMit cet exercice? –Tout .simplement Ja orale dans le petit livre, .de Grouus sur l'E~* traduction .depce du chrtst~iMsme~ –- Connaissais-je Je jivre? -– 't.eM<e<x<ctee9t:t~cAr~Mt<Fr~t'Ot!fx.t r~

?9 «Mt ce que je savais par moi-même de Grotiutmvait Non; en vers latins, de nombreux pour base ses traductions fragments qui restent des tragiques grecs, traductions qui D'autre m'avaient frappe par leur beauté remarquable. son livre d'un caractère plus élevé « De Jure j?~~ et part, dont lord Bneon a fait un si grand doge, m'était entièrement inconnu, mais j'en avais entendu parler par une personne fort réuéchie dans des termes tels que, seion toute probabilité, Grotius était mieux doué et se savait mieux doue comme homme de lettres que comme philosophe. A propos de son petit livre sur les révélations mosaïque et chrétienne, j'avais entendu des jugements tout à fait dédaigneux, deux entre autres. De l'un, il ressortait simplement que le sujet était traité avec une force logique bien inférieure a celle de Lardnerou de Patey. Aussitôt, plusieurs jeunes gens exprimèrent vivement leur approbation, surtout n l'égard de Patey. L'~y~c~cM de cet auteur, avait paru sept ans auparavant, et énit devenue déjà un sujet d'étude parmi eux. Quant à l'autre objection, elle s'attaquait inoins a la pénétration dialectique de Grotius qu'à son érudition, du moins sur un point particulier. Selon une anecdote bien répandue, le docteur l' Edward Pococke, le grand orientaliste anglais du xvue siècle, fut engagé à traduire en arabe ou en turc le petit ouvrage de Grotius; il répondit en mentionnant la sotte légende du .pigeon ou,de la tourterelle qui servait d'intermédiairecntre -le prophète et le ciel; légende accréditée et adoptée par Grotius avec la plus aveugle crédulité. Une fable aussi mal fondée produirait, selon Pococke, un double inconvénient; -d'abord elle détruirait l'autorité de ce livre-là en Orient, de plus elle nuirait au christianisme pendant bien des générations, en apprenant aux sectateurs du prophète que leur maître était l'objet du mépris des Francs à cause de ce des contes de ce genre conte de nourrice, et parce'que trouvaient accueil auprès des ér~dits chez les Francs. .11 ~njésulterait~un dosbif dommage.) d'abord, le chrjstia-

D'US t<AMGM~D'OMUM

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CONFMStONt

nisme serait méprisé dans son érudition et-dans la personne de ses érudits, mais cette conséquenccpouvait laisser aux mahométans la conviction'que le christianisme avait une force propre, indépendante des erreurs et des sottises commettaient. Non, en outre, il se proqùeses.déienseurs duirait dans ce cas une forte réaction contre If chistianisme lui-même. On soutiendrait d'une façon assex plausible qu'une vaste philosophie religieuse ne 'devait guère avoir d'arguments puissants en reserve, s! elle attaquait le mahométisme sur une fable aussi puérile. Adopter cette légende même sans la blûmer, parmi des nations qui niaient pas e!t rapports directs avec les musulmans, cela seul indiquait nans le christianisme une faiblesse choquante, et tous ses arguments étaint fondés non pas sur la force propre, mais sur les points défectueux de son adversaire. La cause de Grotius paraissait tout à fait désespérée. G. )eune garçon, dont j'eus plus tard occasion d'admirer tout la fois le courage, la loyauté et la prévoyance, changea tout à coup le terrain du combat. H'ne'chercha pas a défendre la ridicule fable du pigeon au contraire il mit dans un même sac le pigeon et un autre oiseau qui, selon tes musulmans, conduisit les premiers croisés, une oie qui sans doute a été un personnage historique, dans un certain sens. Il reconnut donc que sous ce rapport Grotius n'était pas défendable. Mais en somme, quand il s'agit du point essentiel, de l'infériorité apparente de Grotius en présencedePaley, etc., il bouleversa d'une phrase tout l'édifice. de ce parallèle.– Pale Lardner, dit-il, quel but se Leur bût avoué c'était de triompher proposaient-ils? par tous les arguments, toutes les évidences, toutes les pré'somptiohs, quelle qu'en fût la ~source, et de les faire concourir à prouver tous les éléments du christianisme sans exception. Bien, c'était là ce qu'ils voulaient, était-ce aussi ce qu cherchait Grotius? Pas--du tout. Bien souvent le jeune G. avait remarqué à part lui, que Grotius laisse de 'côté sans' motifs visibles, des arguments de première force;

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MAHûHURU'OPiUM

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auMi G. Je soupçonnait-il de rétrécir lui-même son champ clos~volontairementet cela-pour des raisons tout extërieures. Il lui semblait évident que Grotius avait ses motifs pour refuser les évidences qui lui venaient d'une classe particulière de témoins. La-dessus plusieurs d'entre nous se mirent à rire de le voir se faire sa part avec une hardiesse orgueilleuse. Il paraissait agir comme certains versificateurs dont l'adresse acropatique s'évertue glorieusement a composer une série de stances d'où ils excluent successivement chaque consonne, chaque voyelle, chaque diphtongue; leur succès peut se comparer à la couronne de lauriars .qu'un coureur gagnerait en sautant a cloche pied, à ceUe qui imposerait aux copcurrents l'inhumaine condition d'avoir les deux jambes dans un sac. – « Non, non, interrompit C. avec impatience,, toutes ces luttes fantastiques avec des difficultés qu'on s'est données soi-même, ont un but d'ostentation et ne profitent à personne. Mais Grotius, en s'imposant ces exclusions, avait un dessei)\particulier, et il a obtenu un résultat qu'il ne pouvait atteindre Si Grotius n'accepte d'autres évidences et autrement. .d'autres probabilités que celles qu'admettent les musulmans, les infidèles ou ceux qui restent neutres, c'est qu'il a écrit son livre pour un public distinct et particulier. L'indiHer.entsera docile aux autorités tirées des indifterents notoires les musulmans témoigneront de la déférence aux les sceptiques s'inclineront aftirmations des musulmans; .devant les arguments du scepticisme. Tous ces gens, qui auraient été arrêtés dès le seuil par des témoignages qui s'annoncent avec un caractère hostile, écouteront attenti.vement les suggestions qui leur sont offertes dans un esprit conciliant, et à plus forte raison, celles dont les auteurs sont partis de l'endroit même ou ces auditeurs sont restes. Au risque de commettre une longue digression, je me suis kisse alier rapporter une première conversation entre ces pnnopaux ëiéyes. G. avait* tout à fait raiso~ quand r -a
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COSMMMM il voulait employer une clef secrète pouf er~querte {~t livre de Grotius, je l'ignore. Si je l'ignore, c'~M par ma écot dansles études faute, car j'ai dû être invité hpayermoa du 'dimanche soir sur le De Veritate et par suite tM résoudre la question ont été i 'ma = moyens propres portée En tout cas cette force solitaire d'observaltonsi)enctt.ase chez un garçon de quinze ans, cette idée perspicace de iG. en opposition direcce avec l'idée .reçue, me frapperont .d'admiration. En même temps <e me demandai ï'H avah tort-ou raison en ce qui regardait le fait lui-même. Lorsque, dans une chasse entraînante comme un torrent, t~t'une .ardeur précipitée dirige tous les.éians da.ns ui seubcoarant, une personne est capable de songer en un clin d'ceit aux crochets inattendus du gibier, qu'elle le suit du même mouvement, qu'elle résiste avec obstination aux inc'!nct'i d'une arrogance impérative, cela n'indiqùe-t-il pas ~ie raison PAloi .sagacité bien rare dans l'enfance. G.avait-il tl ouvrait par surprise une serrure que les autres n'avaient Dansée cas il avait tracé leIle .pas su ouvrir. Se trompait-il? .plan et l'esquisse d'un ouvrage meilleur que celui de<jrotius, .en ce sens qu'il aurait été :plus original et 'plus approprié .a un but déterminé.. Toutefois ce n'est pas à cet enfant, mais à !toute l'école que j'ai voulu rendre hommage -et témoigner ma reconnaissance en cette occasion. Plus Mrd., ,quand )'étMs sousgradué à Oxford, j'étais bien piacéipour voir comme dans un miroir, les prétentions caractéristiques et le niveau moyen .de la plupart des écoles renomcoé&s. Ce miroir, c'était la conversation ordinaire et les JivMs.favoris des jeunes gens 'Je su'd <xcusab)s,dans unocertatae mefMre,de tette négligence,car e peu de tempsaprès monntrée, M.l.awsonrEtt)p)a;ai!atecondudimanche soir, Grotius par )e NouveauTestament, du docteur Ciarke.< Loindes » du ~e .~Btix,.)oio &0)tveair. <T~t ')A 'iettt.focf qu<:e paiste Uottuerpour j mon oubli d'éclaircirce sujet. J! peut.se.faire, après tout, que je i'itte -réellementêctait'ci.m~isquete courant des années ait fini par ftjeter le ttMdtjUturtebofd. j .) ,)

D'UM MANUKUR H'OPiUM

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en r&be qui .appartenaient aux nombreux collùges d'Oxford. Disons d'une manière générée que chaque collège était on relations niiales (strictes ou non) avec une .ou plusieurs .de nos grandes écoles publiques. II es,t heureux pour ~es écoles soient dissén~inées dans tous l'An~lMerre que les ~om.tes. Comme toutes les nominations aux principaux emplois dans ces écoles .publiques sont souvent conférées parJa loi aux Universités .d'Oxford ou .de .Cambridge, i) en résulte que le système d'enseignement .~at exilent. S'il M produit des .lacunes, on peut sans doute jt~s .attribuer aux individus et leurs études. Et m&oie, à mon avis, cas iacuoesN~en sont pas. Les prodiges d'instruction classiques, ceux mèn:<es qu'on pourrait qualiner de merveilleux, n'étaient pas alors, et n.e :sont pas aujourd'hui, peu communs. Et cepBndjMt, sous un certain rapport fort important, nombre de ces écoles .et des meilleures, a les juger par leurs iruits, laissaient l'impression désagréable d'une lacune. Ou plutôt ce n'était pas une lacune au point de vue de l'objet jc'etait un dédain qu'elles se proposaient forœeUementj a. l'égard d'un objet qu'elles convolontaire, systéma.tique sidéraient comme étranger à leur tâche; cène lacune était on négligeait d'en lire les relative à la littérature tMC~?' chartes expressives, et dans cette littérature moderne, on dédaignait par une faveur spéciale, qui paraît fort brutale, notre littérature nationale, anglaise, et cela tout en proclamant à son .de trompe son évidente supêdorité. Moi, qui jour et nuit faisais brûler J'encens de mes hommages sur les grands .autels de la Poésie ou de .Hcloquence anglaise, j'éprouvais Mn sentiment .d'h.unuJ.iMion et de révolte, lorsque .je refMootrais des .}euNes .gens à l'esprit sievé, dont j.e coeur brûlait en ivaia d'une sensibilité qui cherchait un objet digne d.elle, et .que je trouvais en eux Mne ignorance *&rt0f<'tOtt «xt. -:Dans quelques collèges les droits des abattit d (bo:trMers) e certainesécolesétaient formels; dans.d'Mtres, ils ettient d coadiHonne)s~ans d'autres enfin; iis étaient en compétition avec ies '–" !)<<–<–<<:«. n~~fjt«<'tf..

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COtFESSMNS

absolue d'un culte qui eût pu les satis<«ire largement; )e! veux dire d'un magninque héritage littéraire, qui parfois excitait: l'envie de nos ennemis. Qu'il est'douloureux de voir ou de savoir qu'il existe des mondes de'grandeur et de beauté voués & une destruction incessante, des forêts où <e déploie une vie luxuriante, des fleurs sauvages éternellement inaccessibles, alors que d'autre part à ce malheur correspond un malheur égal, je veux dire, alors que la même puissance pour éprouver le bonheur se dépense en pure perte se consume sans avoir jamais eu d'objet C'est là en .éalité un gaspillage, dans le monde des impressions de plaisir, et il est parallèle à une perte égaie dans les organes et le système du plaisir. Ce. tableau n'est-il pas propre à serrer le cœur d'un Anglais? Quelques années, c'est-a.dire vingt ans avant mon entrée, à Ox{<~rd,circonstance qui m'a fait souvenir douloureusement de ce dédain a l'égard de notre littérature nationale, il y avait à la Cour de Londres.un ambassadeur français, homme qui, aeion quelques-uns, représentait brillamment l'esprit national à vrai dire il possédait quelque chose d'infiniment plus noble etpius profond,de patriotisme. Car le patriotisme véritable et dépourvu d'affectation, se fait aimer d'un amour généreux par !a sincérité et la vérité.' L'esprit national, au contraire, ainsi que je -l'ai toujours vu, est niais; il est malhonnête, il est dépourvu de grandeur, il est incapable de simplicité; toujours assiégé par des tentations de mauvaise foit il finit par se changer peu. peu en esprit de mensonge. Ce Français mettait au-dessus de tout Ja littérature c'était sur ce champ de bataille qu'il avait conquis tous ses trophées, et pourtant, quand ii dut passer en revue la littérature de l'Europe, il se~it dans son honnêteté consciencieuse, obligé à faire de sop ouvrage un-monument à l'honneur d'un seul homme, qui avait pour patrie un pays ennemi. A ses yeux le nom de Milton effaçait tous les autres. Cet homme était Châteaubriand. L'éclat personnel qui l'entpurait.donnait un éçtatnare~a<sduits..Etpar

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P'UN MA~iGHUR D'OrtUM

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suite de sa qualité 11d'ambassadeur, .c'est-à-dire d'homme représentatif, cette, conduite pouvait être prise pour un .acte représentatif. Dans cette circonstance le génie tutélaire de la France semblait s'incliner visiblement .devant le génie de l'Angleterre. D'autre part un hommage aussi libre, un aveu aussi noble avait droit de recevoir un accueil également empreint de générosité. Ce n'était pas comme le témoignage de Balaam en face d'Israël, une soumission forcée à. une vérité odieuse, c'était l'honneur rendu dans un esprit de magnanime sainteté, à un intérêt qui, dans la nature humaine, dépasse d'une grande hauteur toutes les. considérations purement nationales. Cela dit, à ce respect sans bornes que professait envers. un astre brillant de.notre monde, littéraire, et que rendait publiquement .un Français. notre ennemi par .nature ,er par éducation, opposons le spectacle humiliant de jeunes Anglais, à qui on laisse, du moins pendant leur instruction,. ignorer jusquà l'existence de ce puissant poète..Cela veutil dire qu'il faille, selon moi, placer le..Par~er~K, le Paradis reconquis, et le ~tM~OM, dans la bibliothèque des. écoliers? Nullement. Le degré de sensibilité qu'il faut pouréprouver la sublimité miltonienne, est rarement développépendant l'enfance; la prudence demande que ces ouvrages. divins soient mis en réserve pour la virilité, accomplie.. Mais on devrait faire connaître qu'ils existent, et quels sont les principes de respect souverain pour le. poète qui font agir ainsi. Jusque-là, des extraits de Milton, de Dryden, de Pope, et de bien d'autres écrivains, alors même; qu'ils ne seraient pas appréciables à toute leur valeur pour ceux qui ne connaissent pas grand'chose de la vie, ne dépasseraient pas, en général, l'intelligence ou la sensibilité d'un enfant de seize ou dix-sept ans. Dans les autres. branches de la littérature, il en est deux que je vais indile devenir entre quer, qui sont capables (ou pourraient des mains habiles) d'exciter l'intérêt .chez ceux. qui sont bords ae l'enfance et n'ont pas encore atteint l'âge moyen

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eosf6sa<o~s

<~t ]roo! pM<< se faire imm<Mtie~!er dans une Uoiversité anglaise, jet feo~ dt~e !& fin de ht dix-hmiteme année. Che!fche< daas Ïe~.hmguea de tous tes pays, depuis ta mystique Benarès, les bords du. Gange, a!!M à l'ouest aux sources de fHudson, vous mets ait dën. d? .trouver, former une bibliothèque micressartM en vo<' de la pour jeunesse, rMn: do mieux que ce qui suit En premier lieN, M. Cousin a sewena' fecenttMfMt âne erreur que l'on pourrait qualitier -de mensonge, si eUe ne da sujet; s'expliquait simplement par l'i~nofanceeonftplète nous n'avons pas de ppesaMur passable H préteMd <p«~ depuis Bacon. Cela est faux Icxvn* siécfe, et surMer la partie de ce siècle- à laquelle il fait aUusion, e'est-â-dire tëzS-tyoo, a produit des oeavres d'une etoqacnçe achevée, et en même temps pa.faite au éloquence philosophique point de vue de la forme littéraire et de la passion; il est .d'une: richesse' que ne connaît pas ta !ittera<ure française -en prose, il est le point culminant' de notre littérature, et pas une lit~ïe de' cas ceu~res qui ne soit postérieure a la mort deLordi Bacon. DonKe, ChUiingwoFth, sirThotHa~ B:'Gwne, Jeramië Taylor, MUfon, South, Barrow forment un~ constellation des sept étoiles d'or, dont un~~t~, aucune littérature ne peut offrir l'équivalent dar~ leur Il me suffirait de prendre ces sept écrivains, et genre. d'omettre tous leurs contemporains, si je me proposais de construire un système complet de philosophie refatTfaux M..CoNsïn intérêts suprêmes'de rhuma'aité~. Uneerreurde <onsïstë'e~tdenient à ne pas voir ee' iait, qu~ tous les problèmes phiitoMphiques, quels q~'Hs soient, peuvent se i 'PA~oM~At'e.–C.'estàpfopu~dect'motqu'ilpourrait y «voirunnuJee.tendu. B!e')des ge~s..sejffguroontque le magasin.deces fcrhain~ cott~entt 'l tt~c'egxt et non dtf)a pMtotOphië. ais j'<i stiMeattqteh)Be M part que la totai~de ce qu'il yadephUosophieenAngteterre~'est. tour jours cachéedans fa scieuce ecc)~!astiqueangtaise. Jerémie TAytor,par t ia d~ ~ttmpie~ooay atbntre-.Mut es c6t~sp!%tii!ue:'d<~ p!nfoso))t:ti~ ce!)6~ <i a ~eui'.6S{ett!ftv)e, ta me<~)e, h pfttdenea.soaTeratUtted'.ttd'ttM; de Cettequeles Grecsrapportaiert ai !Mm);t)tM toHMM,

D'un MANGZW D'OPtt'M 8y 'eau sous un masque thooh)giqac; s'est présenter de nouveau sous un masaue thooh)a!aac: il s'est
de 1~-e bien des libres anglais qu'H prenah, aina.di~eMe d'après les. a.pparencos, pour des traités de controverse pro. testante, alors qu'ils sont réellement une mine inépuisable. d'eloq~mc~ et de spéculation phitosophique. Ea second lieu un choix très complet dans la littératurc dramatique anglaise, depuis l'année !~So }usqu'en~ t635, époque où elle fut congelée par le froid do l'esprit puritain qui assaisonnait toute chair pour Ja guerre par!ementaire. Il n'est pas de littérature, sans excepter même celle d'Athènes, qui ait jamais offert un théâtre aussi vatant de types rM~ u~ déploiement aus&i carnavalesque; ou démasques, tant de vie passionnée, qui KspimaaqMes ra.y remMait, agissait-, souffrait, riait votum,, timor, ira, fo!i'p~, Q)«~Htc! <u)t< /tOM)t)te~, ( GftH<<)'~fi~CM).!t<~ Tout c<Ia, mais avec plus de sincérité, plus d'exactitude qu'on n'en trouve, et qu'il ne peut y en.avoir dans le genre adopté ph<' !e sombre satirique, tout ce que- nos ancêtres du moyen âge représentaient; dans. leurs « Danses scènes d'ivre~s douloureuse ou riante, tQut Q&&Morts cela, nous le retrouvons en groupes scéniques, sn vêtemea,M et en couleurs. resplendissantes. Qu~le aut):& n~taon Le peut offrir une littérature dramatique comparable. drame athénien, a disparu en grande partie, celui de Rome a péri, étouffé'dès sa naissance par les sanglantes réalités de l'amphithéâtre, comme la lumière d'uae bougie devient invisible. au soleil. Le drame espa~nol~ même après a.voir passé par les mains de Calderon n'offre que des esquisses inachevées. Ls théâtre françs::s a bien des défaut essen* tiels que l'on n'a pas encore définis avec )usiesse,*tnais il Il cette infériorité évidente, qu'il n'atKigaits.on~ apogée que. soixante ans, que deux générations, âpre:; le nôtre. H est e?' <MM! grande periads du drame anglais se ferma precisëmem quand s'ouwcit l'époque di: théâtre, tt'&a'.

COUt'KSStOM cmx celui-ci a donc perdu tu supériorité merveilleuse que t}onne à la scène une époque romantique et pittoresque. Cette époque s'était évanouie quand le théâtre français atteignit son apogée; i) s'ensuivit naturettement.que ta délicatesse française, qui alors était trop développée, étouffa ou fit'dévier tes libres mouvements du génie de !a <union. Je prie le lecteur de me pardonner cette digression trop longue, & taquette m'ont entrainè mon amour pour notre belle littérature nationale, mon désir de la voir figurer parmi les moyens d'éducation, avec des ressources minisîërieHes d'une étendue bien plus grande; j'ai voulu, en tout cas, protester contre le dédain superficiel qu'on professe a l'égard de nos:meilleurs écrivains h ce dédain nous pourrions devoir un reproche cuisant, celui de « marcher avec des souliers à srosc!ous)t (pour employer t'expression de TCowtM)sur ce que les étrangers d'un esprit élevé régaident comme le. )oy<tùle plus précieux de notre diadème nationaL Ce reproche tombait ;de tout son poids, comme mon expérience dans ses limites m'obligeait à le cratndrt, <ar la plupart de nos grandes écoles, si admirablement dtngees faut -remarquer dom!&périodequi précédaimmédiatement qae la avaitfait dest(ror:t pour exprimtruee Corneille, tragédie française Gttiïota tiré d'unevieillepièce notarepta! forteet plusvivante. (je !aittt e))fest de Rotrou, u de Hardy) scèneextrêmement ne o une émou. vante.tt s~f;!td'un princequiest devenuamoureux d'unejeuneCHe de bassenaiMance. lleest fidèleet constante, ais les eouttiMm qui E m entourentle prince,la calomnient pure méchanceté; pftneeMt le par dans trompépar les apparences les bruitsqu'ilsfontcourir,il y afoute c foi, maissansse décider,commesescourtisans à l'espèrent, renoncer à ton amour.Aucontraire. esthantéparcèneimage Mnesprit deplus H de dansune.scène,le plus vildeces catomnieteorif~it en.plus malade; de Mnmieuxpourdétourner pensée princeversd'autresobjets'noua la du faired'inutiles fforts ~oyomie prince e pourse maîtriser, our êtreat:en. p ! desonamourlui faittrouverdessouvenirs tten. tif,)M!!t aprofondeur a d drissants anslesparolesmêmes dont!e but est de )es!uifaireoubiier Selonla remarque Guizot ui-meme, de cettescèneen tout Afait dansla ! manière e Shakespeare, je mehasardeà dire qu'unetelleappréciation d et XUt«!ttic~HHttt);fMt~tttChitt!tB!.t<)UU.

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MAKGKUK tt'ONUM

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Mn!<! une sous d'autre rannnrts~ ce genre rapports'. Mais )!n<* ~ritifmf~f de ce eenrtt critique aurait. rebondi sans effet sur l'école de grammaire, de Manchester, Ma première conversation avec les. ct~vesavait été amende naturellement sur un sujet fortuit, et m'avait fait voir qu'ils étaient assez familiers avec les uic. ments do la controverse chrétienne dans sa lutte avec le Juif, le MahomëMn, l'inndelo et le sceptique. Mais ce n'était la qu'un CM exceptionnel, et nous ne tarâmes pas & chercher nos sujets ordinaires de conversation duns ht littérature, c'ett-à-dire dans la littérature nationale. Ce fut alors que je commen~maeprauver un respect profond pour mes compagnons oui, ~'Jtait un respect profond, et il ne fit que s'accroître par une expérience plus longue. Depuis j'ai connu bien des gens de lettres, des hommes. qui faisaient professiqn de littérateurs, qui étaient connus comme des hommes voués !t la littérature; quelques-uns avaient adopte un genre spécial, un petit coin où ils exerçaient leurs talents-!iueraires avec un soin minutieux. Mais parmi de telles gens, je n'en ai trouvé que deux ou trois qui sé rapprochaient de ce que je considérais comme une connaissance étendue, telle que je la voyais chez ces. jeunes gens, pris ensemble. Ce qui manquait &l'un, l'autre le possédait; aussi, par des échanges continuels, la contribution incomplète de l'un s'ajoutant à la contribution incomplète d'uft autre, les connaissances individuelles de chacun s'étendaient peu a peu jusqu'au total de ce qui existait.dans toute la réunion des seniors. Il va sans dire que quelques points littéraires restaient inaccessibles, mais c'était parce que les livres eux-mêmes étaient hors de ta portée.d'enfants à l'école tel était Froissart, dans. l'antique et trois fois séculaire traduction de Lord Ber-

L'onptitMntque des cavra~ tels que le .WcroM!)nc, l'onsait que Ïtf< t'œuvftdes jeunescensd'Eton,et par)& mEme Cannfn~, df de un d& de-' uneffet tonnant, carla connaissance de!<ttr< );uif)e;,ont prodaire é nationale taitpourchacun é nomeutement. f!t_)it(j!ratttre descollaborateurs atMire !ym~x!Nt, de m.5 :CK:red"KMt MiMtenMbte. :

C~

MmHS'MM~t

é!«!ent MtureHcnera; d'Mtoa pMtitt de b it~r~M ment an<}pMM(}<xs de jeunes }!)tt~o<M,M.ua on aeppii*. quant le terme g~Mr~ d'âpre la. assure que )'ai troMVte en mMge pour les UttOrateura de pro&stion, ~'ëproavaft :t un l'égard dû pres<;u< tous let ~niors mes condiscipkt respect que je ne <n'ë!<tM)guère aucnttu h r<xaontif à t' gard. de n'itnportt quels eufams. Mea Mbangeit d'Me<& av<<: ceux d'entre eux qui avaient du talent pour la paro!e/ stimulèrent vi«m<nt mon intelligence, Cet échange fut cepood~t r<!n!erim~ dans de plus étroites limites peu de temps tpr~s moa entrée. Je reconnais avec an grand !~w~r<'aqne;C)<mitt~«txdetouh:tlex facilités qui étaient eompanb~es avec t'orsaaiMtion de i'e~ tabHM<uaent. Aussi ;'avai& une chambre particulière, qui me serMH non s<;).]ement de <:f)binet .d'étude, mais encore .de chambre & coucher. Comu)~ elle était acrëe et bien édaïrce, je n'éprouvai aucun iaconi.'entent h l'employer & ce's) deux fins. Mais l'effet naturet de cette iadHite de retraite était de me séparer de mes compa~no)~, car, tout en nimant la soctété de quelques-uns d'enur~ eux, j'avais pour la solitude un'goût mortel, peut-~tre une disposition maladive. PotM'donner un pouvoir plus fatcinateur a ma' solitude, ma mère m'envoya un ~f<T. de Cinq guioec~ ann de payer mon ndmiïMon~ a la bibticibjeque de 'Man~ che~ter. Aujourd'hui je ne regarderais pas une te!ie bibUo-* mais eMe e~n.~ompoece thèque comme fort ~~Me, d'une manièro fort utile, et très bien admiahtree, grâce an bon sens er a l'inteHJ~ence de quelques membres du co~ mité fondateur. VoH~ deux choses qui: étatent rëe!tenMnt t))n luxe. Uoe troisième, dont m'etai& promit par avance un plaisir encore plus grand, échoua eamptÈtemeo~ poaa un motif qu'il est bon d'indiquer, car il peut être utile à d'autres. J'eus un piano-forte, et en même temps la surnage nécessaire pn.tn'p'rendre des Iecos<n«t}vi<s d'un maître de musiQue. Je découvris tout d'abord que huit et même dix heuce! d'exercice par jour étaient indispeaMMes

))'UN WA<<On!«

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pwuc Mre un pfcyrM Mtitfhxmnt sur <:ct instrument. Une <utre d~tou~orte mit comutt: à mot dtsenehuntew~nt, ce fut f~ie'ei. Étaot du~tM If but p~rticulMr qu~ )t" me poof mot qu'aucun degré proposà<s, il devint aident d'hubilete sur cet instrum~nr, que !t talent nome de Thatb~s, <attituuf6jMtMt. Je ~'arriva! que trop tôt !t reùonnn~re <}a< pour goûter touttt !a profon~tuf du. ptaisir mu~teat, l'auditeur doit )5<reth)ns)mé!.nabMtutïM'ntpa~if. ~vene~ aussi habile t)u<}vous voudret, il n eo fucdrj pas mo<ns d<r<Mnthe, de'iat vh!t)an<:e, Je!me~tion pour etcumsr d'une manière !rrëprochah!e, < cette dhpumion est in" pouf compatible avec i'exta&e, t<! repcn qm est n~~saire joeif vraiment de la musiqué suppeae< m&w ~u'&a paHi~ff coa~itmMe une vusie machine capable d'exécuter tout un oratorio, s'il ~tut un petit nMmvemcM du pied, à de longs !n<e~<ue~ pour que l'~udiMar coUahore rexc<;utt0«, cela suffirii pour dëfruire tout son p!aisir. Ce fut donc une simple d<!couvcfM pxyehotogiqu)! qui lit évanouir d'avance mes arnbhians musi<:a!<!s. AuK.i un do mes p!:m&iMde luxe creva comme une bulle, dès le temps de mon entanM. Puisque dans cet état de chose, l'instrument était pMS~ l'état de bulle, il fallait que H}:professeur de Comme il ctaic musique subit, la même métamorphose. irès bon et qu'il me plaisait, je ne pouvais me r~eoneilief honnc avec ridée d'uacteUe catastrophe. Mais martela volonté dent il faisait preuve dans de certaines limites, il était consciencieux et avait un amour~propts légitime, ïi je ne faisais aucun e&a't seMeax pour me &'apercBt que aussi un beau jour, ii at< serra la main et perieettonaof; prir congé ptntr toujours. A moins d'être employé pour souligner une n~orale ou pour enobe!l'c un; eoote, te piano était devenu in'atHe il était trop gros poup titre suspendu aux saule~ et H h'.y a~ait pas de saules dans le voisinage. H reaa là pendant dte& mois~comfne monumeat'encom~ brant de travail mal emptoye, de.plaisir .ditaipé eo~me une bulle de mon, coMtCMt~paYeatf de Twoas musicales

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COMFMMOW!

qu'un examen psychologique avait dispersées pour toujours. Oui, cela était eer«in, sur trois ou: quatre objets, de luxe, il en était disparu un, qui avait prouvé sa nature fugitive de bulle aérienne; cela était trop certain il s'était fondu, mais il en restait bien deux. La chambre tranquille, située à deux étages au-dessus des exhalaisons terrestres, et interdite à toute intrusion importune; la bibliothèque de Manchester, dont les divisions les plus intéressantes étaient pourvues avec tant de symétrie et de jugement, – pas une qui empiétât sur les autres –- ce n'étaient pas des bulles, et rien ne s'en était évanoui. Oh 1 comment expliquer, comment faire concevoir l'inexplicable développement delà destinée mauvaise en moi.meme et chez les autres dans l'été de !8ot ? Alors que régnait ~surtoute la terre une paix qui succédait h sept ans de guerre sanglante, .mais une paix qui annonçait déj~t l'explosion d'une guerre bien plus sanglante, mon cœur refléta dans ces troubles obscurs, sembla répéter comme.un écho, reproduire comme un miroir les menaces de la politique;; les nuages que chassait l'ouragan dissipèrent la radieuse: et.sereine aurore qui .alla précéder mes premiers-,pas dans. la vie ? Inexplicable :.tel est le terme dont j'ose qualifier cette fatale erreur, de mavie, car c'est ainsi qu'elle doit apparaître aux: autres. Même pour moi, toutes les fois que je tente de .réaliser le fait. en reproduisant par un retour en arriére la nature et. le degré des: souffrances qui firent disparaître mon meilleur ange,, oui, même pour moi cet évanouissement de; mes. facultés de résistance paraît inexplicable. Mais disons la'vérité pure, maintenant que les changements amenés par le temps.me mettent:en état de dire. la chosetelle! qu'elle fut, au lieu de n'en dire qu'une partie comme dans les précédentes éditions, il est certain qu'elle n'était nullement mystérieuse. Toutefois ia circonstance dont il s'agit est un des cas nombreux.qui prouvent ppurmonesprit l'impossibilité absolue.de faire des confessions.entiéres~ d'une parfaite franchise, aussi long-

!U« MAXGtUR D'Ot'tUM <)3 existe encore des personnes qui eurent 'dnns temps qu'il les événements. La chose est encore plus difficile quand ces personnes, étant mortes et enterrées, survivent toujours dans d'autres pe~onnes qui sont attachées à elles par l'affection et la parenté. Plutôt que d'infliger des mortifications à des gens ainsi places, l'homme doué d'un cceur sensible préférera mutiler son récit, H supprimera des faits, et ses explications sorant illusoires. Par exemple, en cet endroit de mon rëdt, j'ai acquis le droit, je devrais peut-être dire quej'ai assume le devoir de qualifier de-brute un médecin de l'avant-dernière génération oui, certes j'ai le droit de l'appeler une'brute criminelle. Mais puis-je le fair~, sans ressentir un profond remords tant que ses fils et ses filles vivront, après en avoir reçu pendant mon enfance tes soins lea plus dévoués? Souvent le même jour où mes souffrances me démontraient l'horrible ignorance du papa, j'éprouvais quelque soulagement gr~cc aux bontés de ses filles et aux connaissances scientifiques du fils. Il n'en est pas moins vrai que cet homme est devenu mon mauvais génie au moment même où l'obscurité d'un orage s'épaississait sur ma route. Ce n'est pas qu'à'lui seul, il eût pu faire réellement un mal durable, mais il était pour d'autres un coopérateur inconscient, et par 1~il a scellé et ratiué la condamnation qui tenait menaçant sur ma tête un orage de ps:nes. En'fait trois personnes ont contribué sans le vouloir a ce désastre, cette ruine qui étend son ombre sur moi jusqu'à maintenant encore, et qui alors fit de moi un vagabond errant sans asile, quand je n'avais pas encore dix-sept ans. De ces trois personnes, je fus la première par suite de mon désespoir volontaire, de mon renoncement résolu à toute espérance de second-ordre, alors qu'après tout, je pouvais compter sur quelque adoucissement, en supposant que -la' guérisoncomplète n'était pas possible. La. seconde personne fut ce médecin sans conscience qui ne sut pas arrctenna maladie avant qu'e!!e eut atteint un degré avancé. En troisième lieu ~venait

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MWMM&itt

M. Lawaon, dont les intirmi'tts toujours ~roimnte< ~n~oM (M( )Mttre oa maladie et l'avaient accrue de be«tae tteure. H Mt .etcMt~e, mais il est vrai pourtant que M. L~wtoo devint par décret ua fléau pour to~MceuK qui tototweM Ma< son ta~enee, et cela par son ~Matt<nae &retnpUr t~ d~foirt. S'U «It été pire, it aurait ëté béai bicc-plu:) !.inc6mmeat dans <on entourage. S'U avait pu <e reeonciHer avec ridëe d'oefompUr avec nc~ji~emoe M tâche, il n'aurait pas si bien fait Y<Mr combien il e!:ut au-dessous de cette tAche tn~me. Man il' ne voulait pas en entendre p<M-ler. Il s'MtèMit i parcourir jusqu'au dernier pwce:Ia <~rri~rc qui lut ,était prescrite, et les x:ea)Mquen&Mprouvaient douiouccutement le mtiMte de ~ous aeua qui J'eaipuraieni, Seten iet <atiqMe< et <MditionBe~t Mswfr<s e l'école, la d e!a<M «MnaMHncth&<eptt~eure*du ~Min~aMa ~uriootda !a quitter &neuf, et jouir.une hBure.e'MtètB.derepos avant En CMete~tUM, ~M~~i)iFe~~j'«pos striciedc~oer. était .tem=t due Hux.ëJÈ~s, et ne devait aubif tuc~ne .rcduc~!on 'par le &it .du caprice ou de la lenteur du m~ïn~ suprême. Mais ptr suite des empit&temejMs xucce~&if:. sur tcette heure, les cloches de l'église oollégiale qui, -selon un wieil usage, .Monnaient depuis neuf heures ~etdemie )usqu'a -dix, et marquaient par Aeurs'ehaBSt.nxeat! de .ckf muiie.i!s et de rythme l'approche de dixieBwe~hcMre,jBnirent par nous-annoncer qu'à la sortie de la das$e, le,pain etle lait :composant aMtre modeste dë}eucer devaient .être expédies tvee une rapidité qui convenoit Mieux ~ux ;oAsea,ux l'air de .qu'a de: dttciptes de la plutosop~e grecque. N'avions'&ous pas caeMM compensation, le .dfcit. d'etapiëter mr 'rheure SMiv.tta.te, de.dix à OMe? N'9n,:pas tueme d'uoc .fraction de oeeottde.. JM~queJte dertuer.coup de cloche aM<itMMKMaeé heun:&, 00 voyait M. Lawson monMr dix ~caJier ~e .ta db~c <:dui ~ui sou~'Kut .;e plus .de ce du devoir,, ne. pauvait* pas -rigouBea)f. accomp!igsMnent J~ jL.a~on .en souSrait jmouM..S'~ jetait ~àMgwerq~ :Mn~pu!)MUt ~j~d d'autnn, U. s'~eoMttait Ae sa dette

~'UM-MtttMMtUtt tt'OHUM Q~ · fi '10 > Atfn!er farthin~. Le n~mo entpif~ment se pré" )U<)qu*)r< dui~it, M de même sans amener la moindre compensation pour et qui aurait dû ~tre notre tem}~ de )r<'))('s, les deux heures <prM io d!ner. Ce fut seulement pour de*: motrfs sans doute pur égard pour les raii~Hs de mystérieux, famille des externes, dont une seule Ytoiation aumit déterminé une i<t<.urrection de pères et de mères, ~u'H s'~n tint ~d~Iement a cinq heures du soir, cotunif tnomc~t de !a ctôtura des exercices journaiiers de l'école. Dès que tout fut or~tnise ainsi, la n~ifai~jtnte machine fonctionna avec régularité au bout de six mais, sauf un court répit df quatre semaines, eHe avait produit quelque elfet. Pour commencer, M. Lawson avait s.ms le vouloir, et m&tae à ton insu, fermé toutes les i~u~s par lesquelles nous poovion!,dun)tHin jusqu'au soir, prendre quelque exercice -corporel. Deux ou trois iatervaUes de cinq mitlUtes chacun, et tous longuement sépnrés, ~'oitu tout ce dont nous disposions pour :dter nous promonet' dans la campagne. Mais dans nnevasM cite comme Mxnchester, nous ~'eussions pas atteint l'entrée des faubourgs que ce court intervalle était termina. 'Lu manie de M. Lawson dès qu'elic agit avec quelque -résultat fâcheux aur l'abrevia' tion de nos tnstants de repos, ne tarda pus inftuuncct' ~r&vement ma santé débite. Le foie devint par degrëx, et cet état 'fut accompagne de !a disposition qu'il produit d'ordiMire, d'une profonde metuncohe. Dans ces comme d'ailleurs à la moindre indisposicirconstances, été sconse, par 'mes tuteurs, faire venir le tion, t'arais médecin, mais )e n'avais ~s été laissé libre de choisir mon coasetUer. Celui-ci n'était pas tnedecin; un docteur aurait demandé Je prix réglé d'une ruinée par visite; il n'était pas chirurgien c'~taM'unjMOpie pharmacien. Dans te cas d'une maladie sérieuse ~'<tvatsle droK de recourir à tmfaedeem. Mattunoeonsultatiûnd'un prix mMcs cie'vé pourrait faiMn~abiement paraître sufftsante pour une indts-poMKMt peNBettait au pa~Mt-de toaMhier, ~-t'sftt&

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CON)*)SM)OtM

.doute eUe l'eut été, car rien n'était plus simple que tR~n cas. Trois doses da calomel oudepi!u!es hleues, ce que par. malheur j'ignorais alors, m'auraient certainement rétabli en huit jours. Un moyen, meiUeur encore, et qui f toujours opéré sur moi avec une rapidité, une. sûreté magique, aurait consisté A m'ordonner, après avis donné en parucuHer à M. Lawson, une promenade dt. soixante-dix milles par semaine. Maiheureusejfnent mon conseiller médical était un vieux monsieur comateux, riche au delà de ses besoins, insouciant dans l'exercice de sa profession par suite de l'usage qui réglait alors la pratique de la médeclne, il était interdit aux pharmaciens de recevoir des honoraires pour consultations, et H lui fallait subir Je douloureux expédient qui consistait à se faire payer en .recommandant une quantité fabuleuse de remèdes. Mais. ~in)p!ement par paresse, il s'abstint de me tourmenter par la variële de ses médecines; avec une simplicité sublime, il ~'en tint à une affreuse mixture, dont la composition s'était-présentée h son esprit quelque jour ou i! avait eu ù traiter un tigre. Dans les circonstances ordinaires, avec un exercice suffisant personne ne se portait mieux que moi. Mais mo~ organisation était d'une fragilité périlleuse lutter en même temps contre un telle ma!adie,et contre un te!}~ médecine, celq semblait trop. Le proverbe nous apprend que trois déménagements sont aussi désastreux qu'un incendie..qela, se peut. Je suis porté à croire, d'après Je même etpri~ de comparaison mathématique, que trois doses bonnes pour un tigre équivalent à une attaque d'apo- 1 plexie, ou même au tigre lui-même. Apres en avoir pris deux, qui me secouèrent assez pour me laisser à peine vivant, je me refusai à exécuter l'injonction coUée sur .chaque fiole, et ainsiconçue < Repetatur haustus. Au lieu de me. hasarder à cet acte périiïeux, j'envoyai chercher M. (le pharmacien) et je lui demandai si dans l'arsenal de son art, qui passe pour posséder une innnité de ressources, Hn'txistait aucun remède qui fût moins abominable, et S 1

D'UM MANGEUR O'OrtUM

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qui ebranUt moins un organisma aussi délicat que cetui.ci. – < Non, il n'y en. a pas », me répondit-il. H était très t'en, il insistait pour que je vinsse prendre du thë avec ses filles, qui étaient réellement aimable, mais il me répétait à différents intervalles <t Non/il n'y en a pas, il n'y en a puis il rassemblait ses forces, et criait très haut pas n H n'y en a pas x en appuyant sur les dernières syllabes, qu'il prononçait ainsi n en-en-en a-a-a pa-a-as 1a Tout l'esprit que possédait cet homme avait.ctd dépensé, semb!ait-it, dans la composition de cette infernale mixture. M. Lawson, le'somnolent D~ lors, à nous trois, et moi–nous avions construit une echeHe où pharmacien, les fautes allaient croissant. M. Lawson n'avait eu qu'~ se montrer scrupuleux, pour détruire ma santé le pharma' cien avait souscrit pour sa petite contribution en ratifiant et triplant les effets fâcheux de cette vie renfermée. C'était a moi, le dernier. de la série, à parfaire et compléter le résultat en apportant ma faible part, la seule chose que j'eusse à offrir, c'est-a'dire mon désespoir absolu. Ceux qui ont parfois souncrt d'un grave dérangement du foie, savent pf;ut-ëtre que dans toutes les gammes du decoura". gemcnt humàin et leurs infinies variétés, il n'en est pas de plus redoutable. L'espérance se mourait en moi. Je n'avais aucun secours a attendre de la médecine, grâce a 'ma profonde ignorance, qui n'avait d'égale que celle de mon conseiller officiel. Je ne pouvais espérer que M. Lawsbn modifierait son système; l'instinct du devoir était trop fort en lui, et son incapacité à remplir ce devoir devenait chaque jour plus évidente. « J'en arrive au point, pensai-;e, qu'il ne reste plus de secours qu'en moi-même D'ailleurs pour tout homme, la dernière ressource n'est autre chose que. sa propre personne. Mais ce lirai-même paraissait en état de banqueroute complète, banqueroute dans le sens de l'action, – de conseil, d'avis, d'effort de suggestion dans le sens dé la direction suivre. Depuis deux mois je poursuivais ~«~m de mes tuteurs ce que i ~)t4J.'
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coxMMtom

j'appelais une négociation dans ce but; l'objet que je me proposant était d'obtenir que mon séjour à r<co!<: f< threge de beaucoup. Mais le mot de négociation était une désignation trop Hatteuso pour une correspondance ou depuis le commencement je n'avais trouvé en mon tuteur, rien qui ressemblât à l'ombre ou h l'apparence d'un compromis. A vrai dire, quel conirromis e~i: possible, quand d'aucun côté l'on ne pouvait faire de concession p~rdettc, si petite qu'elle fût il fallait tout ou rien, car nul M<e~o ~W!M~ n'était admissible. Lorsque je jetai un premier regard sur cette vérité désagréable – qu'il n'existait aucune possibilité de concession ntutneUe, et que l'une des'deux parties devait tout céder, je fus frappé de l'idée naturelle qu'it ne faHatt compter pour cela sur aucun tuteur. En m'me temps je fus frappé de cette autre idée que mon tuteur n'avait pas un seul instant discuté en vue d'un résultat eSecttf, mais simplement dans l'espoir de me convertir à ce qui, raisonnable ou non, était irrévocablement etab!i. Ces deux découvertes par leur lueur soudaine et simultanée, étaient tout fait suffisantes pour mettre fin brusquement a la correspondance. Je comprisaus.si un détaU qui par un fait 'étrange, m'avait échappé jusqu'au moment où tous ces désappointements se révélèrent, savoir qu'un de mes tuteurs, fût-il même disposé à céder, n'était que l'un des cinq. Tant mieux dans les ténèbres qui m'entouraient de tous côtes, cela fut pour moi comme une lueur de vrai encouragement. Après avoir dépensé si longtemps jusqu'à minuit d'excellent papier et du suif (j'ai honte d'employer. ua mot aussi bas, mais ma véracité m'empêche de dire de l'huile) si le résultat obtenu devait être insignifiant, c'était une sorte de consolation que de ne pas l'avoir atteint. Toutes les raisons possibles s'accordaient 'désormais pour m'engager à ne plus perdre ma rhétorique mon. suif et ma logique avec ce tuteur, bloc impassible de granit. A la vérité, en relisant sa dernière <:oaimuatcation,}e soup~ant!M$quej'avais cpuise jusqu'au

C'UH MAKGtU~ .iIi.

B'OPtUM _)-

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Jcr'tkt pMM <)~ Mp.tHentë, ou pour cmployemn terme toute la lon~"r du câble au de marme qu'il avait bout duquel il s'asi'ait. Des. lors si gavais voulu imiter voulu lui Fapothicaire avec son « rcj~ctatur hausties et faire avaler une dose nouvelle de sollicitation, il aurait la troisième imité ma réponse à l'invitation d'avaler son tion résolu H mon audapotion, en m'opposant cieuse MUttHive. Je dois cependant rendra justice ti mon tuteur d'abord et surtout l'absence d'arguments do ma part, et de motifs d'une apparence sérieuse, le peu d'importance qu'il attachait à ma maladie de foie, qui pour lui avait dît n'être qu'un mot, s'ajouteraient aux considération* puissantes qui suivent tt que cet enfant étourdi, aurait-il dit, trouvera de quelque poids dans trois ans. Mon revenu patrimonial, comme celui de mes ft~res, atûia au nombre de trois, était de ceht cinquante livres lors de la mort de mon père D'après l'opinion courante, ou pour parler plus hardiment, d'après la maxime d'une autorité traditionnelle qui était répandue en Angleterre, ce revenu était trop faible pour un sous-gmduë passant quatre trimestres à Oxford ou à Cambridge~ Trop faible de combien? de cinquante livres, le revenu nécessaire étant fixé à deux cents livres. En conséquence la somme que l'on supposait il tort ainsi qui je le vis plus tard par moi-même, manquer il mon revenu pour vivre à Oxford, était justement celle que la caisse de l'école de Manchester allouait a ses élèves après âne résidence de trois ans, et qu'elle payait non mais pendant sept ans consécutifs. pendant trois'ans, II fallait des raisons bien décisives pour lutter contre les motifs aussi évidents de juste et honorable prudence qui exigeaient ma soumission à un plus long séjour a l'école. – Cent c~ttt.ttfc ~'yr<~ rfMHM. Commentse fit~-it que pendent une Jonquetutelle de ptds de quatoMeans.ce revennsoit que Stationlonguetute))e de plus- de quatorzeans, ce revenusoit resté Mhe? Je n'ai pu )t tt~'oir. Personne n'était nposé à des soupçonsde d~:oufBttaent cti, cependantcette circonstancedoit s'aiouter aux c.t'ide r a~igeece pMsivt, de torts ncgjtiriqui rendentai <K!agreaHe contem& le MM<tQ la situation des o'pht)ins t<Mttoatt la thretXott. je pttr

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COMftMtOKS

.& Lec<M! n'MCttM)pas tM arguments qui crient en fureur, en désordre, contre moi. J'en éprouve un chagrin trop sincère. Sur la résidence exigée de trente-six mois, j'en avais déj.\ dix-neuf, c'est-a'dire plus de la moitié, de terminée. D'autre part, il est vrai que mes souffrances étaient absolument intolérables, et que sans concours aveugle et inconscient de deux personnes, ces soun'rancet n'auraient pas existé ou auraient été promptement soûla. gées. Dans la grande ville de Manchester, il existe sans doute assez de mercure pour charger tout un vaisseau, et il en faut gros comme un gland de chêne pour le calomel qui aurait fait changer d'aspect toute une existence humaine, et fait taire la cloche funèbre dont les sons douloureux, douloureux encore, bien qu'etoun~s en parlui répètent les reproches qu'elle se fait avec tie, remords. Des lors, le seul excès de mes souffrances corporelles et de mes désillusions inte!!ec!uc!tes, suffit pour développer une frénétique et enthousiaste énergie. Aux Etats-Unis, il est un fait bien connu, très souvent décrit par les voyageurs sous t'innuence des variations dans la quantité du sel de la nourriture, un instinct furieux attire toutes les bandes de bisons vers le centre commun des < lèche-sel C'est une impulsion analogue qui pousse les sauterelles, qui chasse les lemmings dans leur marche mystérieuse, ïls sont sourds au danger, sourds au cri de la bataille, sourds aux trompettes de la mort. Que la mer se trouve sur leur chemin, que des armées avec de l'artillerie leur barrent la_ route, ces obstacles terrinants ne les arrêtent qu'en les détruisant les abîmes les plus affreux, lorsqu'ils se disposent à les. engloutir, lorsqu'ils, sont prêts à les entraîner, ne suffisent pas pour modifier ou retarder la ligne qui avance inexorablement. Tel était cet instinct; son commandement était aussi impérieux, aussi puissant, mais hélas aussi aveugle, quand le coup de fouet d'une indignation tumultueuse,

B'UN MAMGKUX B'OP)UM

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d'une espérance naissants, l'atiuma en moi et tran~gura soudain tout mon être. Un clin d'œi! donna à ma résolut!on la dureté du diamant, comme si elle n'était pas le résultat d'un acte ou d'une délibération venant de moi, mais l'effet subi passivement de quelque oracle dicte par une sombre puissance située hors de moi. M'échapper de Man" chester, telle était la résolution. Afe cacher aurait été le vrai mot, si }'avai:. médite quelque chose de criminel. Mais d'où venaient cette indignation, cette espérance? L'indignation avait sa cause naturelle en mes trois bourreaux, le tuteur, l'archididascalus et le professeur de <<o~!e En e<Tet eux qui coopèrent matériellement a un résultat, c même par une intention trcs vague, sont réunis par JL'es. prit en une fatale confédération. Quant u l'espérance, comment l'expliqua. ? Etait-elle tepremier.no de la résolution, ou la résolution était.elle le premier-né de l'espérance? Elles allaient ensemble, inséparables, comme l'éclair et le tonnerre, ou bien l'une courait tour a tour devant ou derrière l'autre. Grâce à cette extase transcendante que faisait éclater la perspective d'une soudaine dd!!vrance, toute anxiété naturelle qui, sans cela, se fût entrelacée avec mes sentiments, disparaissait dès lors dans un flamboiement de joie, comme la lumière de là planète Mercure est pendue et éteinte à cause de son trop grand rapprochement de la splendeur solaire. En pratique, je ne portais pas mes soucis au delà d'un avenir qui dépassât deux ou trois semaines. Ce n'est pas par insouciance ou imprévoyance. car je vais naturellement dans d'autres directions. N~:t cela s'explique secrètement par ce que Wordsworth indique en décrivant la joyeuse disposition de la France pendant la il belle aurore de sa première Révolution (tySS.t~o) nomme cet état une joie ~'OK ne sent pas (senselessness of joy), c'est-à-dire une joie emportée,. frénétique, irreSé'~?!.d.T.~

!<M -1. et

COSFK~tONS

subtile 1: comme Wordsworth le chie, par dit avec raison, une joie qui submer~etut toutes les venimeuses inquiétudes, tous les doutes qui ton~M le coeur. J'éttus, ;'<vais été longtemps prisonnier, )'6ta~'enferme dans une maison de force; un mot puisant comme In foudre, sois libre, était prononce dans un repli secret de ma volonté, et il avait fait tomber comme par un tremblement de terre, les portes de ma pr~un. A chaque instant je pouvais sortir. Mon imaginmmn me précédait sur les doux sentiers galonnés des coUines champêtres; je re:pirais d'avance les brises des montagnes eterneHe~ dont )e MutHe me semblait venir du jardin du Paradis; au scuit de ce ciel terrestre, il m'était désormais impossible de distinguer nettement, ou avec uno longue attentionnés détails épineux qui pouvaient plus tard se multiplier autour de moi, de même qu'au milieu des roses de juin, et pendant quelque belle matinée de juin, je n'aurais pas réussi me mettre sous la froide impression et dans l'abattement que produisent les brouillards vers la fin de décembre. P<H tn', voilà qui était décide? Mais quand? Mais où? Le quand? ne pouvait avoir qu'une réponse. Bien des raisons m'obligeaient à choisir la saison d'ëtë, dès son commencement si possible. Outre ces rinçons-la, le mois d'août devait ramener mon anniversaire, et un des articles de ma charte générale était que mon anniversaire ne me retrouverait pas à l'école. J'avais aussi quelques préparatifs faire! d'abord j'avais besoin de quelque argent. Par suite, j'écrivis à la seule personne qui fût mon ;amie confidentielle, à lady Carbery. Autrefois, elle et lord Carbery, anciens amis de. ma mère, m'avaient honoré à Bath ~t ailleurs, quelques années, d'attentions flatteuses; 'en particulier, dans ces trois années, lady Carbery, jeune femme qui ne .C€ttc)oie;qtt'on sentait as,étaitsublime. ACatais, p < Word&worth eu (voirFrc à anwnetFl eé~reoortait 1802. ireise-avr.eu crrièra,à lagrande trede).t résurrectionociale ent8ot.à qui avait suivi on sotMMit èredela ~surfectionsociatede s de ~SS.Sg, avaitsuivi un sommeil dix dix fois sfcuhirc.

cela _A. même 1

D'UKMAHGKt)RH'Om)M

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avait dix ans de plus que moi, et qui était aussi remarquable par ses qualités intellectuelles, que par sa beauté et su avec moi sur hanté, avait entretenu une correspondance des questions littéraires. Elle avait une opinion trop haute de mes facultés et de mes propres, et partout elle parlait de moi en termes enthousiastes, u tel point que si j'avais eu cinq ou six ans de plus et possédé quelques avantages personnel, son langage aurnit pu faire sourire a ses dépens. Je lui écrivis alors, pour la prier de me prêter cinq guinées. Une semaine se passa tout entière sans m'apporter de réponse. Cela me ntéprouver de l'indécision et de l'inquiétude sa seigneurie possédait une grande fortune tout & fait indépendante du contrôie de son mari, et j'étais assuré qu'elle m'eût envoyé avec empressement une somme vingt fois plus forte, à moins que sa sagacité ne fût parvenue, contre toute mon attente, a pénétrer dans quel dessein je demandais ces cinq guinees. Avais-je commis l'imprudence de laisser échapper dans ma lettre me'nc des mots dénonciateurs? – Certainement non, mais a:ors pourquoi.? A ce moment même toutes mes suppositions furent interrompues brusquement par une lettre qui portait un sceau orné d'une couronne. Elle était de lady Carhery, comme cela s'entend, et contenait dix guinées au lieu de cinq. Les voitures allaient lentement à cette époque; de plus lady Carbery était partie pour.les bords de !a mer, et c'était là que ma lettre avait dû la rejoindre. Des lors, avec ce qui restait en poche, j'avais douze guinées qui me paraissaient une somme suffisante pour mon but immédiat. Quant a ce qui arriverait plus tard, le lecteur se doute bien que je marchais dessus avec dëdan. Pourtant cette somme dépensée l'hôtel sur le pied de la plus stricte économie, ne pouvait pas durer plus d'un mois pour ce qui est de vivre dans les auberges de second < rJrc, d'abord elles ne sont pas toujours moins coûteuses, et une objection décisive se Dans les contrées solitaires de montagnes, présente ~cambriennas aussi bien que cumbriennes), on armement

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CQ~t!)0?<S

rembarras du choix, celle qui coûte cher est !a seule. De ces douze-guinées, il fallait déjà en déduire trois. L'époque des pourboires et des étrennes données aux trois ou quatre domestiques de la personne chez laquelle vous dînez, cette époque-la est passée depuis .trente ans environ. Mais cet abus évident n'avait aucun rapport avec l'habitude de dis' tribuer de l'urgent entre les domestiques dont la tache journalière était augmentée par suite du séjour d'un visiteur dans la famille. Cette habitude, qui, je pense, est propre à la gentry anglaise, est honorable et juste. Je 'a tenais de ma mère qui avait en horreur les façonssordides, et je regardais comme ignoble pour un gentleman de quitter u<M maison sans reconnaître l'obligeance de gens qui ne peuvent rappeler tout haut leurs droits. En cette occasion la seule nécessité me contraignit à ome'tre la gouvernante de la maison; H m'était impossible de lui offrit' moins de deux ou trois guinées; mais, comme elle était inamovible, je renëchis que je pourrais les lui envoyer plus tard. Pour les trois domestiques de second rang, je pensai ne pouvoir donner moins d'une gumeea. chacun .dans ce but je laissai la somme nécessaire aux ma!as de le plus honorable et le p!us intègre des seniors; la G. remettre moi-même, c'était m'exposer à faire connaître mon dessein prématurément. Ces trois guinées 'déduites, il m'en restait neuf ou à peu près. Des lors tout était arrangé, excepté une chose; j'avais tranché-les questions mais non la question CMP Elle restait ~K<M<< co~MWMf, et <M~~H~!C~. Mon dessein primitif avait été de voyager vers le nord, c'est-a-dir~ vers la région des lacs anglais. Cepetit district montagneux est placé comme une tente entre quatre points bien connus, savoir les petites villes d'Ulversione et de Penrith ses deux pôles, nord et sud, entre Kendall à l'est, Egremont à l'ouest; la première distance est d'environ quarante milles, la dernière d'à peu près trente-cinq milles. Cette <:on~e exerçait ~ur moi une attraetioa fascinante,

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D'UN MANGKUR B'OMUM

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$uhtUe, douée, fantasque, qui n agi avec force sur mon i~Uigence dès l'âge de dix-sept ou dix-huit ans. La partie Méridionale de ce district, d'environ dix-huit ou vingt nnUes de longueur qui porte la nom do Furness, ngurc tdgaiement dans la géographie de l'Angleterre provinciale, comme une section du I.ancashire, bien qu'elle soit séparée de ce comté par l'estuaire de la baie do Morccombe. Or, le Lancashire étant mon pays natc!, j'avais, des mon énonce, par Fetiet de cette simple fiction légale, aime comme un privilège mystérieux, aussi tenu qu'un n! de la vierge, n me regarder comme client, comme affranchi dans le petit domaine féerique des lacs anglais. La plus grande partie de ces lacs se trouve dans le Westmoreland et le Cumherland, mais les eaux si belles et si calmantes d'Esthwaite, avec quelques petites îles d'cmeraude, et la plus grande iie de Coniston, avec leur subHme chaos de groupes montagneux, le petit réseau de vaHëcs tranquilles qui s'étend vers la tête et suit tout le chemin en remontant vers !e Grasmere, ces eaux se trouvent dans lit partie supérieure du Furness. C'était sur elles, ainsi que sur les ruines d'une abbaye si fameuse jadis que s'était, quelques années auparavant, le d ta<< – L'extrémité 'unh)Cport': dans paysle nomdef<?~dans l'endroitoùi) re;o!tlescoursd'eauet lesfutMe.tUt )'.t)imententpar qui se la MSme opposée,par où torte~t les e.<ux, mttaphoft, rextrcmtt~ de nomme Cette distinctiontoute naturelleme donnet'ocMs:on pied. r d en d'un ~Mf ans tcni.irquer passant,que l'existenceéelled'une<f~ et l'ironiedeLord à d fouies étendues 'eauxternies, ôte toutfondement les avecdédainde poètes qu'il qualifie ByronIl l'égarddes poète: lakistes,cnnsidtrecettealtérationdesfaits entiera demarais.Lepublicpresque naturelledu dépitsi bas,et en app.ir.iuce tna~ comme conséquence une -.i à fonde,que.LordByronéprouvaitsi vivement t'tigardde Wordswortil encore nvers e Lef.'itdettans. des Southey. et pour motiftpiusfaotas~ues un e formerune imagevivante représentait mouvement incessant, n qui resuiw tansib'e. Maisquelle untableaude stagnation torpide,avaitun de ~tCM Virgile, lesmaraiscoret différenceavait-ilentre les t'M y et rompus couvertsd'une nappeverte, sinonque les premiersavaient. a;t n'aient pasune {~fc<t unpied, cesprincipes mouquelesderniers ie vement ncessant. emplacer mot de lac,par untermequi ex'.intou i R u sa essentielle ui caractérise n lac,c'est-à-dire q supprimela di.îerence d'uneins~ite, ùla o mobllité c agitéeet éternelle, 'estse rendrecoupable "K* t! «!ttint*. p*{* is*Me c'e**!*M

to6 J!t*~<t-~–t.–t~< étendue la

splendeur solaire que leur donnait td grande enchaatar:5Sù d'alors, Anne Raddine. Mais plus encore qu'Aaat Rtdctifte, les peintres paysagistes, si nombreux, si varies, avaient contribué à la gloire du district des lacs ~ng!a!$; ils avaient retracé aux yeux, ils raient gravé dans le coeur ses retraites pudiques avec-leur saint repos, les grandeur!: alpestres de plusieurs dentés tels que Waatdate-Head, Langdale-Head, Horrowdalp, Kirskstone, Htwsdaie, etc. Ils n'avaient pas néglige ta paix monastique qui parait régner sur cet aspect particuUer de ln vie pastorale, bien grandiose, comme le remarque Wordsworth, avec sa rude simplicité, la lutte avec le danger que recèlent dans leurs vastes draperies les brouillards qui entenèhrent les hauteurs, et celui qu'apportent les vents du nord dans leurs orages de neige et de grêle, si on la compare avec la vie eneminee des bergers dans i'Arcadie classique, ou dans les pâturages fleuris do la SieHc. A toutes ces choses qui m'attiraient si fortement vers les lacs, vers cette aimable contrée, s'ajoutait la puissance magnétique, qui à cette époque me paraissait unique au monde, de WUiam Wordsworth. Cette connexion intime du poète qui m'avait le plus dmu, avec la région, te paysage qui tenait à mon cœur par les tiens les plus forts, et captivait mon imagination, devai: avoir pour effet inévitable, en des circonstances ordinaires, d'exercer sur mes délibérations incertaines une action rapide etdécisive. Mais dans les impressions faites sur moi tant par la poésie que par l'aspect du pays, il y avait trop de solennelle profondeur, ainsi que je puis le dire sans exagération, pour qu'elle, pût produire un entraînement hâtif ou fortuit, comme résultat capable de traduire exactement sa force, ou de réfléchir son caractère intime. Si vous étiez, lecteur; un Mahomëtan dévot qui tourne chaque jour des regards pleins de respect mystique vers la Mecque, si vous étiez un Chrétien religieux qui contemple avec même extase l'&oruoa vers. Saint-Pierre de Rome,

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D'U?< MAKMU~

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ou vers Et Kodah, la sainte cité de Jeru~lem, ainsi nommée par les Arabes mêmes, qui haïrent élément ~~hMtiens et J~ifs, n'eprouveriM.vous une vive douleur, pas si un ami vous rencontrait sur une grande route, et qu'entoure, selon la circonstance, d'un nombreux équipage de chameaux ou de voitures, il vous dit en acccidnmt tout h « Allons, vieux camarade, trottons côte coup sa marche à côte; me voilà parti pour la mer Houge, et j'ai un chameau de reste a ou bien s'il vous disait « Me voUa en route pour Rome, et j'ai une voiture bien capitonnée. H peut se faire que l'invitation tût h propos, qu'elle fût nvantageuM; mais vous n'en seriez pas moins choque de cc qu'un voyage qui prendra forcément le caractère formel d'un pèlerinage religieux, puisse avoir pour point de départ, pour cause occasionnelle, une otTrc fortuite, une circonstance née d'une rencontre passagère. Dans lo cas actuel, aucun fait ne me permettait de rêver que je nie présenterais moi-même à Wordsworth. Le principe de était vénération, pour parler comme les phrenoto~istes, trop développé en moi pour me porter n un tel acte. C'est à peine si je serais allé le trouver, si j'aurais repondu a une telle invitation venant de lui. Je ne pouvais me faire à l'idée, envisagée comme une simple possibilité, que Wordsworth aurait entendu prononcer mon nom pour la première fois au moment mê.ne où je me trouvais dans quelque embarras pécuniaire. Ce n'était pas tout. La poésie et Je pays enchante auraient perdu à mes yeux tout intérêt (c'est le seul mot qui puisse rendre mon idée d'une maniera totale); tout mon intérêt pour les personnes et les êtres, la vigne et la vendange, les gardiens et les, dames de ces Hespérides, et en même temps pour leurs fruits d'or, se serait évanoui, s'il m'avait fallu y bire irruption dans un état de bouleversement qui neutralise la pensée. Cette précaution dsticate m'était rappelée par une tradition qu'a conservée Pausanias. A ce qu'il raconte, les gens qui visitaient pendant la nuit le Janaeux champ de bataille de Ma-

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COK~KMtOtt!

rathon, parcouru à certaines époques par des cavalieu fantômes qui faisaient des charges et des manoeuvres de combat, si ces gens étaient attirés par une vulgaire curiosité, et n'obéissaient pas à des mobiles plus nobles qu'une dégradante indiscrétion, étaient accueillis et maltraités dans les ténèbres par des êtres analogues sans doute a ceux qui infligèrent une si rude correction à Falstaff sous les vénérables ombrages de Windsor; ceux qui au contraire venaient en visiteurs pieux, et animés d'une véritable et filiale sympathie pour les hauts faits de leurs ancêtres athéniens, ceux qui se présentaient comme nls de la même terre, recevaient l'accueil le plus hospitalier, et pouvaient remplir en toute sQrcto les devoirs de pèlerinage ou de mission religieuse. Dans les circonstances où je me trouvais, je vis que les motifs d'affection et de respect qui auraient si fortement fait pencher !a balance en faveur des lacs dunord, étaient justement ceux qui me poussaient avec force dans la direction contraire/les circonstances dont je parle étant de nature !t produire en moi du trouble et de l'incertitude. A ce moment même se révéla un nouveau motif puissant pour m'empêcher d'aHer vers le nord seule penje songeai a ma mer*. Mon cœur se serrait à sée de lui causer une émotion trop vive qu'y avait-il de mieux pour la calmer que ma présence même, dans un moment opportun? A ce point de vue, le nord de la Principauté de Galles était le havre le meilleur pour moi; la route qui partait de mon séjour actuel, traversait Chester, où ma mère avait alors nxé sa résidence. Si j'avais éprouvé quelque hésitation, et je dois dire que j'en éprouvai, sur cette manière d'exprimer les égards que je devais à ma mère, cela venait non de quelque indécision dans mes sentiments, mais- de ce que-je craignais qu'on interprétât cet acte de tendresse, en disant que j'exagérais mon importance aux yeux de ma mère. Pour que je fusse capable de lui causer une émotion alarmante, il fallait que je me. supposasse l'objet d'un intérêt tout

B'UH MAKGKUR n'OHUM

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particulier? Non, je n'admettais pas cetto conclusion. Mais peu importe. Mieux valait m'exposer ù mille raineries, que d'encourir un seul de ces remords que l'on se fuit à soi-même et que le temps n'adoucit jamais. Aussi je me résolus a braver ces raiHeries sans faibiir, et o faire une excursion vers ic Prieuré Saint-Jean qu'habitait ma mère, ptcsde Chester. Au moment même où je prennis ce parti, un incident singulier vint m'y confirmer. La veiiic même de mon fatal départ, je reçus pnr !a poste une lettre dont A Monl'adresse était tracée d'une écriture inconnue sieur, Monsieur de Quincy-Chester ». Cette répétition do Monsieur Monsieur, qui était pour tes usages français' l'équivalent de notre expression de ~M!'rc, émit alors pour moi une nouveauté ininielUgibie. La meilleure manière de me l'expliquer était de lire la lettre, ce que je m'enbrçai de faire, dans la mesure du possible, mais en vain. J'en deehinrai cependant assez pour rcconn:ntre que la lettre n'était pas pour moi. Le timbre de h! poste était, je pense, mais elle était datée a l'intérieur d'un endroit ~fatM&oufg', situé en Normnndie. 11était possible qu'eiio fùt adressée il un pauvre émigré, à quelque parent des Quairemere de Quincy', qui était venu it Chester comme professeur de français sans doute, et h qui la courte et pernde paix d'Amiens avait permis de revenir en France en 1802. Un p 'Pottr~MMMyM/'MK~t! Ce n'étalent oint desusagesmodernes – la Lafameuseomtesse e'Derby, harlottede la Tr<mo)))eutdiffgM c C d q château StanleyétaitI.~thom des défense e Lathom'HouM d (leprincipal et non Know~cy). écrivaitau princeRuperten adressantses lettres: ' AMonsieur, AMK~~xr prince Rupert,au tieu de A .VoM~wM)fe pr<wfRupert; c'étaiten l'année1644,danst'enntede Marston-Moor, l'avant-dernière guerreparlementaire. de)« 'De QMtKcy.La famille Quincy, u Quincey, Quincie, ont!e de o ou d noms'estécritcomme o touslesnomspropres u tempsde)'anarchiertho' a graphique ui régnaitIl y a cinq ousix cents ans,de toutesles façons q l était Dèslecomquepouvaitnventere tapr!c<, d'origine i nor\veRtenne. mencement xt*siècle, lle émigra Norw&ge du de dansle sud;et sebrisa e en troispartie!), funcatse,une anglaise, ne ongtû-ftmericaine, une u dont chaconecritMnnomavecdetegere" é différences.

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t.~Ntt.~i~St

homme Mai obscur devait être forcément inconnu dans tous les bureaux de poste en An~eterre, et )a lettre m'avait été adressée, comme au plus ~gé des repré::ent«nts masculins de la famille de Quincey, qui était, comme on le pente, très connue à Chester. ~~efH~étonné de me voir transformé d'un tr.-it de plume non seulement en un Monsieur, mais en un AfoMMKt' multiplié, ou pour parler en termes d'algèbre, en un ~'OM< jt«Hr élevé au can'e, ce q~i me faisait prévoir !< possibithë d'être un jour Monsieur uu cube (Monsieur). Quant à la lettre, en l'ouvrant à la hâte, j'en fis tomber un effet sur Smith, Ptiyne et Smith, d'environ quarante guinées. On pourrait croire qu'à ce moment, l'intérêt que ma decou** verte m'inspirait prit plus de force, car si cet envoi fortuit m'était adressé tout exprès, il n'y avait pas malentendu; jamais homme, à la veille de s'engager dans une périj!euse aventure, n'avait vu tomber un secours plus opportun, et qui vînt à un moment plus critique. Mais hëlus mon regard'n'eut pus de peine à raisonner les chances défavorables. Prophète de malheur, je le suis toujours pour moimême, forcé que je suis à tirer de tristes augurer, sans pouvoir les dérober à mon cceur, même pendant les rêves d'une seule nuit. En un instant )e vis trop clairement que je n'étais point le Monsieur au carre. Je pouvais être AfOM* WMf, je ne pouvais pas être AfoH~'eKrà !a ssconde puissance. Qui donc m'aurait dû quarante guinëes? Si j'avais un débiteur, pourquoi avait-il recuté jusqu'à ce moment !<:paiement de sa dette? Qu'il était honteux pour lui d'avoir attendu ma dix-septième année avant de me faire connaître sa dette ou même son existence si intéressante? Il est incontestable que la morale en toute rigueur rendait ce retard sans excuse. De plus, comme cet homme témoignait-son repenUr sous la forme ia plus pratique, M M< sous la forme d'un paiement, je me sentais tout disposé à lui donner l'absolution pour ses péchés passés, une quittance générale de ses arriérés, s'H en existait, et cela pour

n'ux M*nGKU<t 'onuM n

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toam !et génération! à venir. Mois hélasl il suffisait que cet avoir fût opportun pour qu'il fit tomber mes espéroneex. Un homme qui aurait dû cinq guindés pouvait être un personnage réel, il pouvait exister un tel débiteur en choir et en os; cela était croyable, mais ma crédulité n'allait pas au delà, et si l'argent m'était ree"ement adressé ~ott~~c. à coup sûr, il ne pouvait venir que de l'Ennemi, et dans ce ces il fallait examiner sur-le-champ si je devais Dans le moment actuel, il s'unissait d'une l'accepter. énigme de Sphinx, et la solution, s'il en existait une, devait être cherchée dans la lettre. Mais, ôcieHô terre avec cette lettre). Si le Sphinx dnutrefois avait propose son et In lui eut fait énigme à Œdipe par correspondance, remettre par le bureau postal de Thebes, il était pour moi d'une évidence frappante, qu'il aurait bien fait d'employer la main d'un Français, pour que son énigme pût braver éternellement son fatal interprète. A Hath, où les émigrés ce français étaient reunis en grand nombre, six mille, les trois dernières années du que je crois, pendant xvm* siècle, j'avais, grâce aux relations de ma mère avec les principales familles emigrées, acquis une grande connaissance de la calligraphie française. Cette connaissance m'avait prouvé que l'aristocratie française persistait encore, et pendant cette période de iyoy-j8oo, dans le mépris traditionnel pour tous les talents de cette catégorie, les regardant comme bons pour des gens de loi et des gens du peuple, gens qui, comme le dit Shakespeare en parlant '!e préjugés analogues chez ses compatriotes, ne sont que Il bons à servir un yeoman M. Tous s'en remettaient du soin d'écrire aux valets et aux femmes de chambre, parfois même ceux d'entre eux qui battaient leurs habits et leurs tapis, épluchaient aussi leur écriture, je veux dire leur écriture de la.semaine,car, pour leur écrituredn dimanche, cette écriture surfine qu'ils réservaient à leurs prpductions littéraires, ils s'en rapportaient aux compositeurs. On conserve encore aujourd'hui des lettres écrites par la famille

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CO'<FES!iiOMS

royale de France en ty~a-gS, dans les mémoires de Cléry, et d'autres fidèles serviteurs, et on y trouve la plus grande ignorance de la grammaire et de 'l'orthographe. Quant à l'écriture, elles paraissent toutes de la même main, toutes taillées dans le même bloc de vieux bois, dans la même vénérable planchette, toutes présentent ces mêmes traits raides et verticaux que l'on dirait tracés avec une paire de mouchettes. Je n'en parle pas ainsi pour m'en moquer; les latents de cette sorte étaient négliges avec' !M<eM<!OM, pnr amour-propre, et leur absence était une façon de proc)amer hautement son mépris pour les arts à l'aide desquels bien des pauvres gens gagnaient leur vie. Un homme de haute naissance ne se considérait pas plus comme déshonore par des lacunes dans la perfection banale de l'écriture, de la grammaire, de l'orthographe, que chez nous un gentleman qui ignorerait les mystères de l'art de cir<r les souliers ou de faire briller les meubles. Néanmoins leur mépris systématique et affecté pour la calligraphie, entraîne les plus grands embarras pour les personnes qui sont obli. gees de déchiffrer leurs manuscrits. Harrive que les effets de leur insouciance dînèrent de beaucoup; l'écriture est grossière et peu élégante, cela est constant, mais parfois, disons une fois sur vingt, elle est remarquablement lisible. Il en était tout autrement de la lettre que je tenais. Vive. ment trouble par mon départ du lendemain, je ne pus lire deux phrases de suite. Malheureusement il n'en fallait que la'moitié d'une pour me montrer que le contenu était adressé à un Français qui était dans le besoin, loin de son pays, et qui luttait probablement avec les maux qui ac. cbmpagnent cette situation, – l'absence d'amis, et l'exil. La lettre avait subi quelques jours de retard avant de m'être remise; quand je m'en aperçus, je sentis ma sympathie pour le pauvre ëtt'anger. s'accroître naturellement. Déjà, et fatalement, il avait eu à sounrir par suite des retards dans la remise de la lettre, mais des ce moment, et toujours, il lui faudra souffrir encore par l'inquiétante

n'UMM*t<G):UR D'OKUM t!3 la lettre est perdue. Pendant ce jour d'adieux, pensée que je ne pouvais prélever un instant pour aller au bureau de poste de Manchester et je ne pouvais me décider !t meséparer de cette lettre sans avoir donné mes explications en personne, pour m'ôter tout scrupule, et me décharger par une reconnaissance écrite de la poste, de toute responsabilité future. H est vrai que pour toucher l'argent par fraude, il aurait fallu commettre un faux matériel, crime qui à cette époque était impitoyablement puni de mort, et ce fait, s'il avait été connu du public, suffisait a écarter tout soupçon à Fëgard de la personne que le hasard avait rendue détenteur de la lettre. Mais le danger était aiUeurs pendant que l'affaire serait étudiée et jugée, et qu'elle attendrait sa solution définitive, des rumeurs fâcheuses pourraient se répandre parmi bien des personnes qui ne connaitraient la chose que partiellement, et ces rumeurs iraient trouver une de ces personnes. Enfin tout était prêt. La Saint-Jean, pareille à une armée avec ses drapeaux, s'avançait dans le ciel; déjà le jour le plus long de l'année avait fui les quelques arrangements incomplets par lesquels j'avais voulu éviter en partie les obstacles qui allaient sans doute surgir, étaient achevés; de toutes les choses que je pouvais faire, laquelle restait à faire? Aucune, et cependant au moment même où il m'était permis de reprendre ma liberté, j'hésitais encore; je m'attardais comme sous l'influence de quelque obscure perplexité, ou même de je ne sais quel attrait passager pour cette captivité, au moment même où je faisais un violent effort pour m'en délivrer. Mais ce qui m'apparaissait le plus clairement, c'était un attachement aux êtres animés ou inanimés qui avaient entouré et égayé cette prison. Ce que j'avais hâte de quitter, j'éprouvais de la peine en le quittant; sans la lettre étrangère, j'aurais pu longtemps encore hésiter et traîner. Mais grâce à celle.ci et aux motifs variés et pressants qu'elle tenait éveillés, je hâtài mespréparatifs. La même heure qui apporta la lettre 8

H~ J.u v f

CO~tMiOMt 1 t

jusqu'en mes mains, fut témoin de ma résolution, que je formulai h haute voit dans ma chambre, de partir le len< tiemain matin de bonne heure. Il ctait donc enfin, il était arrivé un certain jour qui serait presque soudainement le dernier, le denuer de tous ceux que je passerais à l'école? I.e docteur Johnson a fait une remarque aussi juste que touchante, quand il dit que faisant pour la dernière lois, et sachant que c'est la dernière fois, une chose qui nous est depuis longtemps habituelte, nous éprouvons toujours un serrement de cceur. Ce sentiment secret d'adieu ou d'acte testamentaire je le portai avec moi, je le mis dans chaque moi, dans chaque mouvement de ce jour mé<norable. Que je fusse actif ou passif, isolé ou dans un groupe, j'entendais sans cesse un nouvel et soudain écho d'adieu dans tout changement fortuit ou régulier qui marquait le cours des heures depuis le matin jusqu'à ï< nuit. Je trouvai ce son d'adieu comme un emouv~t appel, surtout avec la fin du cours le quand cinq heures amenèrent service solennel du soir de l'Eglise anglaise, lu par M. Lawson, lu cette fois comme les autres au milieu du silence respectueux de toute l'école. Outre la solennité des prières, la lumière du jour mourant possède par elle-même une sorte de tristesse pensive et sympathique. Et si les de la lumière se font remarquer d'une changements manière moins profonde dès cinq heures du soir en été, nous sommes néanmoins sensibles à l'approche du temps de repos, avec les secrets dangers de la nuit, autant que si nous étions en plein hiver. En ces circonstances même, il y avait pour moi quelque chose de profondément émouvant dans la cérémonie du soir, et dans la prière contre les périls des ténèbres. Mais cet effet était encore augmenté par la. manière symbolique dont la liturgie parle de cette obscurité et de ses dangers. J'avais été amené à MCoanaUre natureUenKnt/ca voyant cette peprésem~tiM~,

h'ODUM D'US MANGKUR
le ou d'évocade rhaMomancit pM~Mr le christianisme a dep!oy~ en cela et dans tion magique que Celui h rhaMomancie des cas semblables. qui pratique de tirer des sombres et natureUe, ordinaire entreprend qui ï~marqu«Me d'eau dans ses pro" terre !es puits perdus se propose de faire rarement qui plus tes minéraux, ou les dépôts de bijoux et d'or nnr.titre sa a une entre enseveus, :;race sympathie magnétique cache de sa divination, ceh)i-!a et l'objet possède binette Fendroit oit l'on pourra chercher' ta faculté d'indiquer H en c&t de même du avM quelque cet objet espérance. a fait sortir dont le merveiUeux christianisme, magnétisme cavité de notre ou fondeurs, – Le mot ~'e~ !)n mot Mf!))cftcortetj'ond.utt 'M.).fo')).t))c< to"i!M )'e)(ment <i<f d'un grand nombre d.' t'<'n)p<<. t) '.ijinitK' ditimnon. ou f:eu)ï<tde d~doire ma~i~uen~nt, d'une f.t~~t ordin-tirement proimport-tutt: tt) h tir.txt de ~u:)qu'nn~ de:. :tourcM ph~tiqne, une .?ertion h i.upemitiott patcnnj. Kn g'in~r.'tj.t source <~t Mn~t~usM qu'autori'ait d~i~n~e proprement par )c premier terme du mot compose niosi on~')'M indique le n)odede d!viUnifie e~) (;'cc le 'oose, et !c mot OMt.w;t;tC;t' de'- !o))~c' f)~ mSmeo~f~au foude sur )'iuterpretatiot) tutiot),quit:.t j;~ni(i! omt/Ao~, est le mot grec qui :i,;nifie oiseau. et le mot orft/fAo. t;f<!);ct'<*ésigne cenre particulier de propti~tie fonde sur t'o~ervntiol) d du vol dans certains rassembtemcnt'. fortuiti. d'oi~M~x. C/tA')', est te mot grec qui signifie main; d'oh )a cAf'ro'MKC't' est l'art de prédire la destinée d'un homme par les iignet de st main, ou par ):< f<m; /.? (du toth) n <brm~ .tA)f));M<'t\ p.!h;M, creux de la m~in). 'A't~o~ (cadavre humain) prophétie fondée sur la réponse qu'on arrache Ades fantôme<. cnmme c'e~t eo:nme le cas pour la Pythonise d'Endor, ou au~ t~davre~ eux-m~m~, le fait Erichtho dans Lucain; Je me suis !a)ss~ aller A éclaircir ce sujet p.tr tectenr~- avoucu: plus:eurs exemples, parce que, depuis bien des nnn''e~,des 'ngenument leur ignorance des JanguM classiques, et me reprochent d'expliquer trop brièvement les mots que ;'tmp)oie. Je continuer.)! en disant de vxr~c qni que le mot rhabdos veut dire \erg?. Ce n'est pas cette sorte était portée par les licteurs romains et qui ~ta!t en réalité un f~o: de branehaf;e!, mais une baguette de la grosseur d'un crayon, ou tout au plus de celle des tiges de !aiton qui 'errent &fixer les Upi~ d'eM~Her; cette dans un taguette faite en bois de *au)e, était et est encore aujourd'hui comté méridional de t'Angieterre, un puissant instrument de divination. Mais il faut savoir que le sens de ce dernier mot est bie:t plus étendu que celui du mot ~cfAAt'f, bien que ce mot de prophétie, tout en ayant u.t sens plus étroit qne celui de divination, soit encore rétréci à tort dans le o<B:ie)!a de ta Bibte. Devoiter o~ sens que lui donne notre traduction En co:t< déchiffrer ce qui est caché, tel est le sens r~et du mot divination. siquenee, dans les écrits de saint Panl, les mots dans de p)'ojfA<'i:'e n'indiquent pas uue seule fo:s ce que suppose te lecteur anglais, mais les dons

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COMFESS)ONS

des ténèbres les sentiments les plus augustes, inconcevables auparavant, informes et sans vie; en effet, avant lui, nulle philosophie religieuse n'avait sufR à la tache de faire mQrir de tels sentiments. Do plus, et en même temps il a incarné ces sent!caents dans des images d'une grandeur égale, et par là il a exalté leur puissance de manïere a les implanter éternellement dans le cœur de l'homme. Un exemple les fleurs qui nous font tant d'impression par leur beauté aussi fragile que les nuages, par leur <:o!oration aussi splendide que les cioux, ont été, pendant des milliers d'années, l'héritage des enfants eux seuls les honoraient comme les joyaux divins, quand soudain la
exotique!, les dons d'interprétation appliquée A ce qui est obscur, le don d'analyser ce qui cMcompiiquéttupoint de vue logique, de développer ce qui est condense, d'exécuter d'une manière pratique ce qui pourrait paraître purement tpecuiatif. Dans le Somersetshire, qui est le comté le pins défavorablement traité parla nature au point de vue des eaux, lorsqu'cn vent bâtir une mai<on, l'on se trouve toujours en présence d'une ditScuité, qui consiste &trouver un endroit convenable pour creuser un puits. La solution consiste convoquer une troupe de rabdomantistes du pays. !.€<.hommesparcourentie terrain environnant, ettiennentla baguette ~e tante horizontalement; l'endroit où elle dev!e, ou s'incline d'e))e-ni6me ~-trs le sol, est celui où l'on trouvera de l'eau. J'ti vu d'une part ce pro-cédé réussir, et d'autre part j'ai été témoin des peine! énormes,des retards des frais que l'on avait à subir quand on se rangeait au parti contraire qui refuse les avantages de cet art. En suivant un plan empirique, e'est.a-dire en perçant le sol au hasard pour trouver i'eau, on finissait, d'âpres ce que j'ai toujours vu, par des ennuis sans nombre. En réalité, ces pauvres gens ~ont preuve, après tout, d'un esprit bien plus philosophique que ceux qui rejettent leurs services avec dédain. Les artistes subissent sans le savoir la logique de lord Baeoit.its bâtissent sur une longue chaîne d'induction, sur les résultats uniformes d'une expérience de tous les jours. La faction «ppcsee ne nie pas cette expérience. tout ce qu'elle peut xiieguer, c'est que d'après toutes les lois qui lui sont connues à priori, ii n'y aurait pas d'expérience applicable à ce cas. Or, une série suffisante de faits bouleverse toutes les probabilités antérieures. Quoi que puissent dire les savants ou les sceptiques, la plupart des bouilloires à thé de la vaifée de Wrington sont remplies grâce à !a~rhabdomancie. Après tout, les scrupules qu'on se fait d'avance au sujet démette rhabdomancie, sont du même ordre que n'avaient ceux quiaaraientdec)aret'impoMibiiitéde)abousso)emarine,s'i)s été précèdes par l'expérience. !i y a dans les deux cas une sympathie invisible entre des forces inconnues, que personne ne peut exptiquer: ii y a "t a'ec )mteMe,dors même qu'on un indice )'5ifqui dirigcprati~'ien)' trouverait MephistopheK: au fond de l'affaire.

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&'UNMANGMUK n'ODUM

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voix du christianisme, appuyant celle de l'enfance, les a élevées une grandeur qui dépasse celle du trône hébreu, qui pourtant était de fondation divine, et a prononce que Salomon, dans toute sa gloire, n'était pas orné comme l'une d'elles. Quant aux vents, aux orages, éternelles haleines violentes ou calmes du règne d'Eole, pourquoi ont-ils dans leur rage, comme dans leur sommet), échappe a toute prison morale, ù la captivité ? Simplement parce qu'il serait vain d'offrir un nid a la naissance de quelque nouvel être moral, alors que la religion n'existe pas chez leshommes sous une forme capable de le produire. Cest en vain qu'on voudrait représenter par une image un sentiment céleste, si le sentiment n'est pas né. Mais aussitôt qu'il est devenu nécessaire au but d'une religion spirituelle, que l'esprit de l'homme, source de toute religion, contemple sa grandeur et sa profondeur mystérieuse réfléchies dans une image proportionnée à lui, alors la majesté et les routes inconnues des vents et des tempêtes, qui soufrent à leur gré, et qui viennent de sources secrètes pour l'homme, sont évoquées, hors des ténèbres et de l'oubli, pour donner et recevoir un état saisissant, dans lequel le mystère d'en bas fait'resplendir et étinceler le mystère d'en haut. Appelez devant vous le plus grandiose de tous les spectacles terrestres qu'est-il ? C'est celui du soleil couçhant. Appelez le plus grandiose de tous les sentiments humains qu'est-il ? C'est que l'homme oublie sa souffrance avant de s'étendre pour le repos. Et ces deux grandeurs, la puissance du sentiment, la puissance du spectacle, sont mariées par le christianisme. Ici donc; dans cette prière < Eclaire notre nuit, nous t'en supplions, Seigneur! a l'obscurité et les grandes ombres de la nuit étaient représentées d'une manière ces deux grandes puissymboliquement significative sances, ta nuit et les ténèbres, qui appartiennent au chaos primordial, étaient figurées comme signes des périls qui

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CO~itMtONS

notre n~mvri menacent incessamment wntra pauvre et malheureuse humaine. Ce fut avec une sympathie des plus nature profondes que je m'unis à la prière contre les dansera dm ténèbres ces périls, je les voyais dresser leurs pièges nocturnes autour des lits où dormaient les nouons )e voyais ces périls d'aspect encore plus effrayant surgir dans le-; rep!is des aveugles coeurs humains, les périodes tentations tissant leurs filets invisibles devant notre marche, les pcriis que nous font les bornes de notre connaissance mal dirigée. Les prières étaient terminées, l'école se dispersa. Six heures sonnèrent, sept, huit heures, qui rapprochèrent d'autant le jour mourant de sa <in. Nous étions donc rapprochés de trois heures de cette obscurité que notre liturgie anglaise évoque avec tant de grandeur symbolique, comme cachant sous son manteau noir tous les périls qui uss!egent notre faiblesse d'hommes. Mais en été, aux faubourgs immédiats de la Saint-Jean, la vaste proportion des mouvements célestes se lit dans leur lenteur; le temps devient la inesuM de l'espace. Alors, lorsqu'il fut huit heures sonnées, le soleil s'attardait encore au-dessus de l'horizon la lumière, large et belle, avait encore deux heures de voyage à parcourir avant de prendre cette nuance douce et évanouie qui prélude au crépuscule Alors avait lieu la dernière cérémonie officielle de la journée tous les élèves étaient réunis, et les noms de tous étaient appelés dans l'ordre de préséance. Le mien le fut, comme d'ordinaire, le premier 8. Je m'arrêtai en passant devant M. Lawson, j /tM Je <n crépuscule. mesonv.'trns crèpuscule. I) s'agitdu second effet 'avoirlu dansun tj~teaUemaudurlesnntiquites M)ra!qms, d s h ainsi que et exnn grand th~otos'cn anglaisde t63o,!s;f.!e ~brose,qne)es A de anciensuifsavaientdeuccrtpMeute!, avoir,le cr~puKute tatours j terelle,oudu jour, le second étaitle cttpu'.cutedela nuit,ondueorbc'u. g del'école,je n'auraispas ététe pré'e~remf~?'. – Dansl'ensemble trinitc que formaita premicre lasse, l n'y avaitpasde l i m!cr,cardans)K c absolue !ner!ttt;c))e n'étaitqu'une anititcde hasard. ou nrtt<titr<piatt Notredignité, ommechefsdel'école.nousinterdisaitesmfnue< c l )!tK- R il il !ite~!Mi!comme étaitinévitable u'i)y eûtun classement, e faisait ,j q n
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t!~ le regardant gravement en face et me je m'inclinai, en !t est ~ieux et innrmo, et en ce monde je ne te disant reverrais plus. x Je ne me trompais pas je ne l'ai jamais revu et je ne le verrai plus. H me rendit mon regard avec complaisance, me sourit placidement, répondit a mon sn!ut sans savoir que c'était un adieu, et nous nous separâmes pour toujours. Au point de vue de l'intelligence, je n'avais rien vu en lui qui méritât mon respect dans le vrai sens de ce mot, mais j'avais ce respect sinccre pour lui, parce qu'il était consciencieux, ndcie il ses devoirs, et lors même qu'il avait en ces derniers temps tuttc avec peu de succès pour les remplir, i! s'était impose plus de sout" irances qu'il n'en avait cause aux autres, ~ntin ie le respectais comme un lettre solide et attentif, quoique sans éclat. Pour ma part, }eiui devais beaucoup de reconnaissance il m'avait témoigne une bonté toujours e~atc, m'avait accordé toutes les ~acitites qui dépendaient de lui, et je songeais avec peine la mortiitcation que j'aUais lui causer.
Le matin arriva qui devait me lancer dans le monde

O'UNMA!<0<UR t)'ODUM

<c)'<t'xt ~fc~ y<!)-< Mats pif <n<:ft))ne!e. AuM), en tant que~MMt'or, j'étais mes deux seniors eta':t externes, l'occupais la ptori~rc p)aeednnsr-:ï;<M)MtM. Je do))!)<: tous Mi'-seme))t~e M. Law-.o)). ~)M j'étais jM'tM~ t< minces ii~taUt pour qn'o!) ne puisse )ne )tptoc);tt- aucune n~'Rcnee à cet unvra, diminuerait si crjnje oa petite. t.'h'tcrCt qu'oit prend~it le )e:)cur pouvait supposer un moment qne quelque fait a 'm d<')).<!u))i ou mx!i!c. DèB )<)p'cMK't'c )isne. )'<') observé fidèlement les toit de t'txncMais je suit insignifiantes. titude, même dans des choses absolument de Rrand éclat devenu jatoux de M soin, depuis qu'un critique irhodais, contester l'exactitude de comme homme d'esprit et comme lettré, a voulu mon récit, dansft p~rHequ) concerne Londres, et m'a attribut d~s raisons posonnc)ks pour cette (nexactitude. J'aurais voulu pouvoir dire avec vérité que nous, qui composions )a première clisse. nous n'etieM pas une H-Md<?. mais une ~N<t~. Mnis les faitsne )t)e perm:ent pas de t'.tmrmer. !.c! faits, ainsi que tOft )e n)onde en convient, sont det êtres entêtes. Sans doute, et trop souvent aussi, ils sont des êtres htit~nt', car s'iis éoit:)t autre! )e pourrais prétendre que je u'avais qu'un Mut camarade de c);!6M;d.)ns ce ça! nous aurions et<i conhne Castor et Po!)ux, qui se succedjtcut comme )e'. seaux montent et c'<'t.)it Phosphores, et l'autre. descendent, l'un se tev~ut avec t'auro.e, c'e!M-di[e)ttu!,M:t~f:: H«F:rs*, t! ~t.M')d«ttt~t)tt)jH]uit.

tao

COHFJCSStOKS

ce matin qui par lui'meme et par ses conséquences en bien des points importants, « donné à ma vie consécutive sa propre couleur. A trois heures et demie, je me levai, jo contemplai avec une émotion profonde l'ancienne église elle commencollégiale, revêtue de la lueur matinale çait à rougir sous l'éclat ëtincelant d'un jour de juillet ù son aurore sans nuage. J'étais ferme, inébranlable dans mon dessein, et pourtant agité par la perspective de dangers et de peines incertaines. Ce trouble formait un contraste émouvant avec la sérénité innnie du matin, et y trouvait en quelque sorte un remède. Le silence était plus grand encore qu'a minuit; pour moi, je suis plus sensible au silence d'un matin d'été qu'à tout autre. La lumière, tout aussi large et forte que celle de midi dans les autres saisons, semble digérer du jour complet, ce qui vient principalement de l'absence de l'homme; aussi la tranquillité de la nature et des innocentes créatures de Dieu paraît durable et profonde, tant que l'homme, a~ec son inquiétude d'esprit, ne vient pas en troubler la sainteté par sa présence. Je m'habillai, je mis mon chapeau et mes gants, je m'attardai un peu dans la chambre. Il y avait un an et demi que ce lieu était devenula « forteresse de ma pensée )'. Là, j'avais lu et étudié jusqu'aux heures avancées de la nuit. Il est vrai que pendant la dernière partie de ce séjour j'avais perdu ma gaîté et la paix d'esprit dans la lutte et la fièvre de mes contestations avec mon tuteur, mais d'autre part j'étais un enfant passionnément amoureux des livres, et consacré aux exercices de l'intelligence et j'avais pu trouver bien des heures de bonheur dans mon état ordinaire d'accablement. Heures de bonheur? Oui, et était-il certain que dans la suite je retrouverais jamais dételles heures? A ce moment, il n'est pas impossible que, laissé à moi-même, à mes impressions finales, je renonçasse à mon projet. Maisil me sembla, comme il arrive souvent en pareil cas, que la retraite m'était fermée.. La confidence que j'avais été

O'UN MANQKUR D'OMUM

!2t

contraint de faire an domestique de Lawson était un danger. L'enet que produisit cette rénexion détournée fut non pas de modifier mon plan, mais de jeter pendant une demiheure une impression de découragement sur toute la perspective qui s'étendait devant moi. En cet état, les yeux ouverts, je me mis S rêver. Tout à coup un saisissement pareil au frisson glacial qu'aurait produit une révélation mortelle, m'enveloppa tout entier, et je sentis se renouveler en moi le souvenir odieux d'un moment qui était bien loin dans le passé. Deux ans auparavant, quand j'étais aussiloin de mes quinze ans accomplis que je l'étais alors de mon dixhuitième anniversaire, j'avais passe a Londres une partie de la journée, avec un ami de mon âge. Naturellement, parmi les huit ou dix grands spectacles qui attirèrent notre attention la plus vive, se trouvait celui de la cathédrale de Saint-Paul. Nous visitâmes, et par suite nous vîmes la De tout ce que je vis, rien ne me fit une galerie sonore plus forte impression. Encore une demi-heure après, nous nous trouvions sous le dôme, et autant que je m'en souviens, près de l'endroit même où peut-être plus de cinq ans après fut enseveli lord Nelson de ce point nous voyions flotter triomphalement dans les hauteurs d'une aile de l'édifice qui se prolongeait à l'ouest de notre place, de nombreux drapeaux pris à la France, à l'Espagne, à la Hollande. La sensation de respect que j'éprouvais était devenue profonde à la vue de ces trophées solennels des hasards et des changements entre de puissantes nations, et je me trouvai tout à coup plongé dans un rêve aussi saisiesant que maintenant, et dans lequel une pensée qui m'avait souvent obsédé faisait un rôle dominant. Cette pensée avait pour objet la fatalité qui d'ordinaire est réservée a un Pourceuxquin'ontjamais )ag-~r/c.MKor~, quin'ontluaucune m ou description es phénomènes d it acoustiques qui5'yremarquent, utilede dire pouren donneruneidéenette,qu'unmotouunepeutêtre murmuredt!a manière plusfaibleà unboutdela gâterie, question la est répète& s'iti~&<-«! utte{orM «M :omp:rs&te &c:'te de tcaatft?,

1 n~nmveie mauvais niwiv choix, .1_l. Je

CO~)MMMS

me rapp<h~ comme un oracle terrifiant ce redoutable conseil ro~ata A~~e~ y<w M)tM« tw~r« (le mot qu'on a laissé échapper ne revient plus) et il me parut un arrêt froid comme la glace jeté dans les mouvements d'espérance trop. bruyante qui me hantaient sous diverses formes. Longtemps avant ma quinzième année, j'avais remarqué e<Mt<neun ver cacha dans le coeur de la vie et qui en ron~t !a sécurité, ce fait que d'innombrables choix prennent un autre aspect et sont di~remment appréciés aux diiïertnts âges de la vie, qu'ils se transforment par la succes$!on des heures. Des t'age de quinze ans, j'avais été profondëmùnt humilie de jugements que j'avais formulés jad!<~ de vains espoirs que j'avais jadis encourages, de temoig«agtt d'admiration ou de mépris auxquels j'avais jadis donné mon assentimcnt. Et quant aux actes à i'es< desquels j'éprouvais que!ques doutes, je n'étais jamais sûr que !a sueeetsion des années ne m'amènerait pas de nouveaux motifs de doute, tant au point de vue des principes qu'à ce!«i des résultats inévUabies. Ce sentiment d'hésitation nerveux pour toute parole ou tout acte qui ne pouvait être modifié, avait été soudain réveillé en cette matinée de Londres, par l'expérience ft-appaNte que je fis dans la galerie sonore. Mon ami, placé à un bout de la galerie, mo chuchota dans le plus..doux murmure, une vérité solennelle, mais mal venue. A l'autre bout, cette vérité solenheUe, après avoir roulé le long des murs, m'arriva en grondements menaçants d'une force assourdissante. Et maintenant, dans mes derniers moments d'hésitation, quand je rêvais les yeux ouverts dans ma chambre de Manchester, en cherchant des présages, cette Menace, entendue à Londres, venait de nouveau fondre tuf moi avec fureur, comme un épais et violent orage une voix, trop tardive pour être obéie, me criait « Sors de cette maison, et un Rubicon se formera entre toi et toute posstbUité de retour. Tu ne <iiras pas que tout ce que tu fais, tu l'approuves dans le fond de ton coeur. En ce

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moment même, ta conscience le combat dans son murmure soudant, mais il l'autre bout de la galerie de m vie, cette me)ne conscience te le répétera avec une voix de tonnerre, a Un pas retentit tout à coup sur les escaliers, et dissipa mon rêve, en me rappelant à moi. Les heures dangereuses raient venir, et je me préparai en toute hâte aux adieux. Je versai des larmes en jetant autour de moi un regard sur la chaise, le foyer, le bureau, et lcs autres objets qui m'étaient familiers, sachant trop sûrement que je les contemplais pour la dernière fois. Dix.neuf ans se sont écoutes depuis, et pourtant je vois aussi distinctement que si Jetait hier, les traits et l'expression de l'objet sur lequel s'arrêtèrent mes derniers regards. C'était te portait d'une aimable dame il était suspendu sur la cheminée. Les yeux étaient si beaux, et tout l'ensemble rayonnait d'une si céleste tranquillité que j'avais mille fois dépose ma plume ou mon livre pour lui demander quelque consolation, comme un dévot le fait pour son saint patron Pendant que je la contemplais, les sons graves de la vieille cloche annoncèrent six heures. Je m'avançai vers le tableau, je le laissai, je m'en éloignai sans bruit, et je fermai la porte pour toujours. H y a tant de hasard et de bizarrerie dans l'alternative des occasions qui font naître le rire et les larmes, que je Ecrit <n«oûttStt. La gouvernanteavait t'habitudede me raconter que cette dame avait vécu (eUevoulait dire sans doute qu'elle était n~e)deux cents ans aupt. ravant, date qui concordaitmienxavec la tradition qui attribuait son por* trait à Vau Dytk. Tout ce qu'elle s~ait de plus rehtivement à !a dame, c'était quelle avait été une bienfaitricedefoH~e.soit pour )'e;o)cde Hr''mtMire, soit pour le to)'~e d'Oxfordqui était en relation avecl'école,soit pour)e cott~e d'Oxfordauquel c'ait spcciatement ttachéM. La\s0n,soit a enfinpour M. !.awsonlui mCmc. :Ueavaitam.siété une bienfaitricespst ciale pour moi,gtâcc à ton expressioncharmantede Madone.Ce qui con. tneHeau~si jusq~ un certain point à rendre ce bienfait plus idéal, plus oet't:, c'est qu'elle mele rendait t.ans le savoir, sans que je connusseson com, ni son rang, ni son âge, ni le pays oh elle av;)itvécuet fini sa vie; t'!e ttait séparéede moi par deux siècles,et t'étaisséparé d'ellepar l'abîme «< !'<:tctn:t;.

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ne puis maintenant me rappeler sans sourire un incident d'alors qui fut bien près de déconcerter l'exécution de mon plan. rabais une malle d'un poids énorme, car outre mes effets, elle contenp.it presque toute ma bibliothèque. La difnculté était d'arriver à la remettre à un voiturier ma chambre était située a un étage aérien de !a maison, et, qui pis était, l'escalier correspondant, à l'angle du briment, n'était abordable que par une galerie qui passait devant la chambre à coucher du professeur. J'étais en excellents termes avec tous les domestiques sûr de leur discrétion et de leur connivence, je fis part do mon embarras à 'un valet du professeur. Le valet jura qu'il ferait ce que }e voudrais et quand le moment fut arrivé,~ monta l'escalier pour descendre la malle. Je craignais que cela ne dépassât les forces humaines, mais le valet était un homme Aux fautes d'Atjas. faites }Murporter Le poids des plus puissantes monarchies, et il avait le dos aussi large que la plaine de Salisbury. En conséquence, il s'entêta à vouloir descendre la malle à lui tout seul, tandis que j'attendais au bas de la dernière marche, inquiet de ce qui pouvait arriver. Pendant quelque temps je l'entendis descendre à pas lents et fermes, mais malheureusement comme il tremblait en franchissant le passage dangereux, a quelques degrés de la galerie, le pied lui glissa, l'énorme fardeau, tombant de ses épaules, prit un élan croissant à chaque marche de l'escalier, et arrivé au bas, il roula ou plutôt bonditen droite ligna, en faisant autant de bruit que vingt diables juste devant la chambre à coucher de l'archididascalus. Ma première pensée'fut que tout était perdu, que la seule chance qui me restât d'exécuter une évasion était de sacrifier mon bagage/Cependant, après réflexion, je me déterminai à attendre les événements. Le valet était dans la plus grande alarme, tant pour son compte que pour le mien, mais, en dépit de cela, le'sentiment de. ce qu'il y

n'U« MAMGKUR tt'OMUM jta~ avait do grotesque dans ce fâcheux contretemps s'~ait si fortement empara de son imagination, qu'il poussa un long, sonore, bruyant éclat de rire capable de réveiller les sept dormants, Je ne pus m'empêcher de participer aux éclats de cette gaité tapageuse, aux oreilles mêmes de l'autorité ainsi bravée j'étais moins diverti par l'empressement risible avec lequel la mftiie bondissait da marche en marche, avec une vitesse croissante, un tapn~o redoublé, comme la ~aa: a~S~ (le rocher indomptnble) de Si;yphe', que par l'effet produit sur le valet. Nous nous attendions naturellement à voir M. Lawson bondir hors de sa chambre, car d'ordinaire, au moindre trottinement de souris, il en sortait comme un mMn de sa niche. Chose étrange pourtant en cette circonstance, quand le vacarme des éclats de rire eut cessé, nous n'entendîmes dans la chambre a coucher ni un bruit, ni même un mouvement. M. Lawson avait une douloureuse maladie qui souvent le tenait éveillé, mai:, rendait aussi son sommeil très profond quand elle le permettait. Encourogé par ce siience, le valet reprit la malle, et accomplit le reste de la descente sans accident. J'attendis jusqu'à ce que j'eusse vu la ma!!e chargée sur une brouette, et la brouette partie pour la voiture alors < avec lu Providence pour guide a, ou pour mieux dire, dirigé et conduit par ma folle étourderie, je m'éloignai à pied, emportant sous le bras un petit paquet <~ui contenait quelques articles de toilette, dans une poche un poète anglais qui était mon préféré, et dans une autre un singulier volume qui renfermait la moitié des pièces de l'Euripide édité par Canter. Au sortir de Manchester, je pris une route qui se dirigeait par le sud-ouest vers Chester, et le pays de Galles, et j'arrivai tout d'abord (si mes souvenirs sont exacts) à la ville d'Altrincham, dont le nom se prononce .AM~W~ew. de trois ans et atteint de la coqueluche, j'avais été Agé Honore.(MyM~.

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Cù~FtMtO~t

transporté, pour être traité par le chaat;emen< d*<lr, sur dinerents points du Lancashire, et pour que je profitasse dans la plus large mesure possible de la variété dans la nature de l'atmosphère, on nous avait envoya, ma bonne et moi, passer la première nuit de notre voyage dans cette Le lendemain qui annonjolia petite ville d'Attrincham. çait comme une splendide journée do juillet, je me levai plus tôt que ma bonne n'aurait voulu, mais peu d'instants après elle jugea bon de suivre mon exemple, et après m'avoir infligé mon ablution matinale, suivie de la prière domlnicnle, elle n)e revêtit de mes jupons, me couvrit, et me soulevant dans ses bras, elle ouvrit largement la fenêtre, ce qui offrit soudain à mon regard la scène la c'était la petite place plus gaie que j'eusse vue jusqu'alors d'Altrincham à huit heures du matin. Il y avait marche ce ;our-lâ, et comme jusqu'alors je n'avais pas la moindre ~idee de ce qu'était une vitie, réprouvai autant d'étonnement que de joie devant ce spectacle nouveau et animé. Des fruits comme on peut en avoir en juillet, des fleurs, il y en avait des monceaux. Les étals de bouchers, grâce à leur brillante propreté, me semblaient aussi intéressants, de même que les bonnes jeunes femmes d'Altrincham, qui circulaient en bonnet et *n tabliers coquettement arranges. La gaîté de cet ensemble, à cette heure matinale, jointe au murmure d~ ;?sversations joyeuses et des rires, qui montait comme celui d'une source jusqu'à la fenêtre, me firent une imp~ssiû~ si profonde qu'elle ne s'est pas dissipée. Tout cela, comme je l'ai dit, était réuni à huit heures dans une superbe matinée de juiMet. Ce fut aussi à ce moment, par une autre superbe matinée de ;'uHet, que deux heures après mon départ de Manchester, je me retrouvai au milieu du marché d'Altrincham. Rien n'y avait changé. C'étaient les mêmes fruits, les mêmes fleurs, les mêmes bonnes jeunes femmes qui circulaient avec les mêmes jolis bonnets, qui pourtant n'étaient pas les M~)K~. Peut-être la fenêtre de la chambre où gavait couché

H'U~ MAKGEUK tt'OMUM

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ctait*<ti< encore ouverte il n'y manquait que moi et ma boMC, car hfhts quatorze ans entiers avaient pusse sur cette scène, et j'y songeais. Ne.mmoins le moment du déjeuner est toujours une des agréables péripéties de la journée, c'est bien alors qu'un homme peut oublier des soucis, c'est alors, et pour une raison de plus, quand il a fuit une promenade de sept milles. Je le "entais; aussi me suis-je arrêté a faire cette remarque, à noter la coïncidence qui me ramenait deux fois et tousingulière jours par simple hasard par le fait, les cloches sonnaient huit heures, un même jour de juillet, quand elles m'apportèrent cette sensation agréable a l'œil et à l'oreille qu'offrait k petit marche d'AItrincham. J'y déjeunai. Déjà par t'enet de deux heures de marche, j'avais éprouve une demi-guérison. Après un repos d'une heure, je me remis en route; toute ma tristesse, tout mon découragement avaient disparu, et quand je sortis d'Ahrincham, je me dis Tous les endroits ne sont pas la G< M~iore. La distance entre Manchester et Chester était d'environ 40 milles. devenue par l'effet des chemins de fer ? Qu'est-elle Je l'ignore. Je comptais la parcourir en deux jours, car bien que je pusse faire ce trajet en un seul, je ne croyais pas utile de me fatiguer a l'excès, et mes f.~cu)tes ambulatoires étaient rouillées par un long repos. Je me proposais de couper le voyage en deux parties égales, et a bien peu de chose près, c'est-à-dire à deux ou trois milles, ce parà une auberge fort tage égal était obtenu en m'arrêtant située sur la route, et d'une catégorie assez proprette commune en Angleterre. Une bonne et maternelle propriétaire, jouissant de quelque aisance, que rien ne forçait à être rapace, et qui tirait les ressources moins de l'auberge que de sa ferme, voila qui me promettait pour la nuit un sûr et profond repos. Le lendemain matin, il ne me restait plus que dix-huit milles à parcourir pour atteindre la vénérable Chester. Avant que j'y fusse arrivé, l'effet salutaire que l'air et l'exercice avaient produit en moi, comme

<*3 COMUMtOMt ils l'avaient fait et l'ont toujours fait depuis, était si énergique, que je me sentais enivré et débordant d'ardeur bouillonnante. Sans la maudite lettre qui parlois Planait sur moi, Comme le font Jet corbeauxau-dessusde la maison condamnée, je n'aurais pas tardé à oublier ma gravité sous l'influence de cette santé renaissante. Car deux heures avant d'arriver &Chester, par suite de la direction sud-ouest que la route suivait, je vis se déployer complètement devant moi cet incomparable spectacle Nouveauet cependant aussi antique Que les fondationsdu ciel et de la terre d'un splendide et triomphant coucher de soleil au-dessus des montagnes du nord du pays de Galles. Les nuages passèrent graduellement par des formes diverses, et dans la dernière je lus distinctement !a scène que t'avais trouvée six mois auparavant dans un poème parfait de Wordsworth; elle était tirée entièrement d'un journal de Londres, la à ce CAroM~Me ~<!tM<-J<!MtM, que je crois; il s'agissait d't'n lac canadien Avec toute sa foule féerique D'iles qui <cntgroupées ensemble, Et reposent avec un calme comparable aux coins du ciel Qui se voient entre les nuages du soir. Cette peinture, que l'auteur du poème de ~M<A.avait faite d'après le ciel, il semblait que 1~ciel la ressuscitait et lui rendait la vie en copiant le ciel du poète. En juillet ï8oa, pouvais-je donc citer réellement Wordsworth ? Oui, lecteur, et j'étais le seul en Europe. En 1700, j'avais connu ~VbM~OMMte.! sept, à Bath. Dans l'hiver de tSot-z lu Ruth en entier; dès le commencement de t8o3, j'avais j'avais écrit à Wordsworth, et en mai i8o3, j'avais reçu de Wordsworth une longue réponse.

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D'UM

MARGEUR

D'OPtUM

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I,e matin, dès que je fus arrivé a Chester, la première pensée qui m'assaillit à mon lever, fut le souvenir de la malencontreuse lettre tombée h ma charge. L'odieuse responsabilité que m'imposait cette lettre devenait h chaque heure plus irritante, car chaque heure ajoutait à remcette lettre pouvait mettre les barras de mes mouvements de ln poste au nombre des gens qui étaient à ma employés ~ro-trsuitc. L'indignation me saisissait, h la pensée qu'elle faisait peut-être de moi un complice coupable de l'anxiété, ou même du malheur du pauvre émigré. Elle m'exposait doublement à être soupçonne avec injustice; d'abord son état le faisait présumer pauvre; de plus, il était étranger. J'étais furieux de voir que ce chitïbn de lettre allait me forcer, dans les auberges, à toutes sortes de démarches évasives et sournoises, car il me paraissait important pardessus tout, de n'être point arrêté, de n'être pas même interrogé un instant comme détenteur illégal 'd'une lettre importante, et il fallait, en la remettant moi-même, démontrer que je n'avais nullement caressé l'idée de l'utiliser à mon profit. J'étais en quelque sorte obligé de rapporter la. lettre. Mais alors une démarche qui n'était pas simple, c'était de prendre mon chàpeau avant de déjeuner, de me présenter au bureau de poste, d'offrir mes explications, et alors, comme le chrétien dans l'allégorie de Bunyan, de déposer le fardeau qui accablait mon âme aux pieds de ceux qui pouvaient me signer un certificat d'absolution. Quoi de plus simple? QuoideplusfaciIe?Riennel'étaitdavantage cela était hors de doute. Et si le faon que vous aimez était emporté par le lion, rie serait-il pas fort simple, fort aisé de suivre le voleur jusque dans son antre, et de déde sa conduite. montrer à ce gredin toute l'indélicatesse Dans la situation toute particulière où je me trouvais,-le bureau de poste n'était rien moins que l'antre du lion.. Heux troupes distinctes; comme je le savais à merveille, étaient à ma poursuite en ce moment, et toutes deux nsic. allaient se réunir au bureau de poste. De tous les tobjets
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OONFM&tOMS

que j'avais an vue, il M'en était point de plus important que d'éviter d'être repris. J'étais inquiet au sujet du pauvre étranger, mais je n'étais pas frappe de Jt'idée que je dusse me sacrifier à cette inquiétude, et ce-sacrifice me.paraiasait le résultat inévitable de ma démarche au bureau de poste, et dans la suite, j'ai appris que cette crains était bien fondée. Mais je m'aperçus que, le contenu de la lettre, ne de sa destination sous un faux pomment être détourne matériel, j'étais le seul a connaître cette circonstance. Des doute< sur ce point devaient fortiner les soupçons de.ceux qui auraient été en rapport avec moi, ou ~n rapport avec -le fait.-On se serait adressé plus instamment au bureau de poste pour réclamer le tt Monsieur Monsieur~, et-par suite, le bureau de poste aurait eu recours au prieuré; par suite encore, ie bureau de poste et le prieuré se seraient concertés plus aisément pour arranger ma capture, dans le cas où je me serais dirige vers Chester, ce que je devais faire si je voulais remettre moi-même la lettre naturellement, ~tux autorités ofHcielIes. II est évident qu'aucune de ces mesures ne m'était alors connue avec certitude, mais je les regardais comme des probabilités raisonnables. H était évident que mon évasion de Manchester datant de cinquante et quelques heures, on avait eu tout le loisir nécessaire pour concerter les préparatifs nécessaires. Il merestait une dernière ressource, en cas extrême, et elle m'eût sans doute suggéré un moyen de me débarrasser de mon incommode dépôt, et -j'aurais pu jeter de ce côté le regard brûlant de malice que Simbad avait/sans .doute ~ancé au vénérable rufEan qui se tenait à cheval sur ses épaules. Mais les choses n'étaient pas aussi désespérées que pour Simbad: aussi, dès que j'eus fini mon déjeuner, je pris mon chapeau et je me résolus à examiner l'affaire et à ..prendre un parti décisif en plein air. En cHet, j'ai toujours trouvé plus facile de rénécbir sur un sujet embarrassant, en me promenant en plein air, sous le .vaste regard du ciel dans une chambre.. M~is a naturel, qu'en nrenîcrmant

P'!M n'wnâo 1. .i

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B'OPiUM l.r..a

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Ê-peine avais-je mis le pied sur le seuil que je fus arr&tJ par une idée évidemment quelques-uns des domestiques du prieure se trouvaient chaque matin dans les rues. Sans doute je pouvais éviter ces rues en longeant les murs de la ville. Je le fis, et {'arrivai a une aUëo obscure qui me con. duisit peu à peu jusqu'au bord de la rivière Dec. Depuis sa source, dans sa route par les montagnes du Denbighshire, cette rh'iere fameuse dans notre histoire d'avant ic> \or~ mands, par !a. plus ancienne des parades qu'a données la monarchie anglaise <, est sauvage et pittoresque, et me'nc en aval du Prieure, où habitait ma mèrc, eHe a un aspect intéressant. Mais depuis ce point jusqu'à environ un mille de son embouchure, de Chester u Parkgatc, eUe est pitoyablement doci!e,.M la plus grande partie de son cours ofh-<:toma fait l'apparence d'un canal. Sur la rive droite* se trouve une levée artificielle qu'on nomme le Cop (sommet). Cet ouvrage a été bâti par les Danois, à ce que ce mot est d'origine danoise, je crois,. et certainement c'esl-â-dirc qu'il est islandais ou vieux danois. C'est le même qui a formé le terme de eq~M~ (faite, chaperon) employé en architecture. Je suivais.cette rive et promenais mes regards sur l'ensemble du tableau que formait le cours delà rivière. Teuton me livrant à cette contemplation,

Cette paradc.tà fut fort décorative,car il quelque Qis< 'jDMjMr, !an<:ed:)&<st-â-<!ireimmtidiMementau-desMnsduptieur~deStit)t-Ji:an Edgar, le pMfnitr.Mtn-entiode toute l'An~etertc, a)!a eu bateau, ayant pour rameurshuit roitelets ses vassaux. La rive droite. Maislaquelle des rives est la d[oite ou la gauche, dans-des tireonstances qui varient à l'infini Geia peut causer UtteheM. mais c'MnbarMueraqu'un iettem-sans expérience,car ta position Mioo, du spectateur est toujoursfixée d'une manière conventionnelle.Dans t& tactique militaire, dans la géographieraisonnee,dans l'histoire, on sup. poseuniformémentque vous toun!M it: dos la source de la riviet~, et que vos yeuxsui ventle courant. Dansces conditions,le bordde la rivière qui est à votredroite, esna rivedroite-dans an sensabsoluet non Teiatif comme ela serait dans une chambre,ï) suitde Jaque.te bordde iaT&taitt c qui ionseJe Middlesex toujours la rive gauche,et quela rive de Surrey est est toujours la rive droite, soit que vous alliezde Londres à Oxford, soit ~M'&iM. “ y0~f<<i<! ?.vut!M: à

CONFtSStO~S

j'éprouvais d'abord quelque inquiétude, craignant qu'il y eût des Philistins par le pays, et il pouvait se faire à ce moment que j'eusse été épié. Mais j'ai remarqué, en gênerai, que quand on cherche quelque moyen d'échapper aux Philistins de toute espèce, employés du shcriff, peu importe, – on ne trouvera de plus sure persécuteurs, retraité que dans les chemins bordés de haies, dans les champs, parmi les vaches et les moutons; nuls êtres ne se montrent plus tendres envers leurs petits, quand ils en sont séparés; en somme, je n'ai pas honte d'avouer un profond amour pour ces tranquilles créatures. A ce~moment* là, nombre de vaches paissaient dans les champs au bas du Cop; mais sur la longueur du Cop lui-même je n'aperçus aucun être qui me donnât l'idée d'un Philistin: en effet, il n'y avait personne, qu'une femme qui paraissait d'âge moyen (j'entends parler de trente-cinq a quarante-cinq ans), proprement vêtue, et qui ne pouvait en aucune façon appnrtènir ;ala catégorie de mes ennemis; je m'étais assez rapproche d'elle pour en être sûr. Elle était à environ un quart de mille devant moi, et s'avançait d'utt pas ferme de mon côté, face à face. Aussi je ne tardai pas à lire distinctement l'expression de ses traits, et son attitude devint un miroir qui reflétait et me renvoyait mes propres sentiments j'y vis en conséquence l'horreur, et je n'exagère pas en employant ce mot pour exprimer l'impression que me causa un bruit formidable et tumultueux que j'entendis en avant. Je dis en avant par rapport à moi, mais c'était en arrière par rapport à elle. En deux mots voici quelle était'notre situation. Environ p.un demimille en arrière de l'endroit où était la femme, lè bord de la rivière que nous suivions tous deux se terminait pic, de telle sorte que lè bord voisin, formant presque un angle droit, était caché entièrement à la vue. C'était de ce bord invisible que partait ce bruit inquiet, si passionné, si mystérieux. Pour moi qui jamais en ma vie n'avais entendu ces 'clameurs de bataille funëuse, et n'avais pas même

connu c<tbruit par scène, ett prose ni en \et$, je ne pouvais que murmurer un essai do conjec' ture sur sa cause probable. Je sentais seulement que c'était un être aveugle et sans organisation, dans une colère qui n'avait rien d'humain ni de bestial, qui pouvait s'exprimer ainsi par un tel tumulte de grondements océaniens. Qu'y avait-il? On ce!a se passait-ii? D'où cela venait-il? Etait-ce un tremblement de terre, une convulsion du sol ferme?r Etait-ce une antique lagune comme celle du Soiway, qui brisait ses chaînes? Cela était plus vraisemblable que d'admettre l'alto no-~c~ d'Euripide (un fleuve qui coule en remontant vers sa source) enfin réalise après des siècles d'attente. Je n'eus pas longtemps h attendre une demiminute après que notre attention avait été éveillée, la cause prochaine du mystère se révéla à nos yeux, bien que la cause éloignée, cause secrète d'une cause visible, fût aussi obscure qu'auparavant. Autour de ce coude a angle droit que formait la rivière, ainsi que je l'ai décrit, aussi vite qu'une charge de cavalerie, mais avec une régularité parfaite, l'eau du bord le plus éloigne allant aussi rapidement que celle du bord le plus'rapproché, de façon a présenter une ligne tout à fait droite, s'avançait vers la partie tranquille de la rivière, une grande masse d'eau, qui remplissait toute la largeur du lit, et progressait à raison de quarante milles à l'heure. Il était heureux pour nous, moi et la respectable dame de la campagne, le Deucalion et la Pyrrha de ce dangereux moment, seuls survivants probables de ce déluge, que grâce au Cop et aux anciens travaux des Danois, qui. peut-être n'ont pas encore été payés, nous et sur le Cop en puissions survivre, car à ce moment-là, question, il n'y avait personne que nous deux. En fait, cette fortification d'eau, mur perpendiculaire qui s'avançait aussi vertical.que s'il eût été réglé par le fil à plomb d'un maçon, allait avec une rapidité telle que, sans contredit, le plus léger des chevaux ou des dromadaires n'eût pu lui échapper. Plus d'un chemin de 1er, parmi les chemins de,

t)'U!< MANGKUR H'ODUM 1 livres ou sur 11 les ht

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-t~ fer qui lui ont succédé à Fenvi, n'aurait eu le tiers d'une chance. On pense bien que je n'eus pas le temps d'étudier ïa chose en détail; je suis un pauvre sire, au point de vue des facultés observatrices; sans cela j'aurais pu dire que ce bloc liquide marchait non pas au galop, mais à un trot allongé, oui, très allongé, l'allure la plus redoutable chez an tigre, un buffle, une masse d'eaux en révolte. Un fantôme même, j'en suis sûr, me ferait plus de peur, s'il arrivait sur moi à un diable de trot allongé, que s'il fondait au galop. Le premier mouvement fut pour nous un effet de-la tacheté, de la lâcheté la plus abjecte, la plus égoïste. Tel est l'homme, mème un Deucalion de choix; telle est la femme même, une Pyrrha convenable. Nous nous mimes tous deux & courir comme des lièvres, et pendant les premières soixante secondes, Deucalion n'eut pas la moindre pensée pour la pauvre Pyrrha. Mais encore pourquoi? Je m'imaginai sérieusement que le canal Saint-Georges, et par l'océan tout entier, avait brisé ses suite, sans doute, barrières, et que sans doute aussi, il se livrait aux mêmes inconvenantes gambades sur les riviér&s, le long d'un rivage de six ou- sept millè milles. Dans ce cas, c'en était fait de l'espèce féminine. C'était pour moi un sujet de étant le dernier des lettrés, spéculation fort romanesque qui survécût, j'avais devant moi pour sujet de réflexion une pauvre Pyrrha probablement tout a fait iUettrëe, et à laquelle je n~avais jamais adressé là'parole. Cette idée me frappa. Je ne lui avais pas parlé. Alors, je lui parlerais, cela était d'autant plus urgent, que le bruit de l'eau qui avançait m'avertissait que la fuite était inutile. De plus, si un reporter, un second rédacteur de quelque journal de Chester promenait à ce moment sa longue-vue sur le €<~p, 'et me découvrait dans cette attitude peu chevaleresque, il me condamnerait sans faute au gibet pour l'éterni t~ Je m'arrêtai donc; je n'avais d'ailleurs fait que quatre-vingts ou-cent pas au plus, et j'attendis ma solitaire co-propfiétair< du Cnn.KUe était un peu esM~ftMe d~oircfMtEU,. et

i~'UNMARGEUR n'Ot'tUM

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.n'ait quelque peine à répondre, En outre, à ce moment mcme, la colonne jiHftM~r~ d'eau, marchant dans un sans tout à fait opposé a celui du courant K.«M~ de lit rivière, allait de notre côte, en faisant un bruit d'ouragan, et envoyait aux rives du Cop un salut aquatique elle affirmait hypocritement son intention de nous baiser les pieds,. mais il n'échappait à aucun des intéressés, qu'il y avait la une traîtreuse prétention de nous entrnlner dans le déluge des vagues pendant ce temps-la, le Ûot puissant qui refluait, grondait comme une charge de cavalerie, et laissait dans la vue comme dans l'ouïe, les preuves de sa terrible puissance. Mais que me dit la partenaire qui était associa avec moi à ce drame enrayant, lorsqu'elle vint à moi? Que dis-je alors? Le hasard ilt que je lui parlai le premier, malgré le fait notoire et incontestable, que /<? lie lui <!MM pas d~n~e~. H faut établir, comme une rcg)c solennelle décidée et sans appel possible, qu'au milieu des grandes convulsions de la nature, comme un tremblement de terre, une trombe/un cyclone, une éruption du Vésuve, il est et sera légal a l'avenir, nonobstant tout usage, toute: tradition contraires,. que deux Anglais pourront commulors même que par déposition faite niquer ensemble, devant deux juges de paix, il aura été prouvé qu'ils n'ont pu être présentes l'un a l'autre; dans toutes les autres. circonstances, l'ancienne législation qui prescrit de ne pas, se connaître,. reste en vigueur. Le cas actuel, a. défaut detémoignages plus évidents, pouvait être regardé, sinon comme un tremblement de terre, du moins comme faisant partie des fruits ou des fleurs que produit d'abord le tremblement de terre. Je n'ai aucun scrupule à m'exprimer. ainsi. Toute ma frissonnante réserve angtaise se dissipa sous l'impression brûlante d'avoir été vu. pendant que je courais pour sauver ma vie; supposons que la colonne d'eau, se fût mise redescendre le courant, au. lieu de. le. remonter; dès lors nous et tout le comté Palatin, nous aurions dû encore courir pour lui échapper. Quand uh tel

t36

COtFESStONS

la n~pp~~h (le pé)U menace tout à la fois, assurément doit obtenir la liberté de s'exercer sans franc-parler) attendre une autorisation. Aussi je demandai à la femme ce que signinnit cet horrible bouleversement des eaux comment comprenait-elle EHe répondit que bien qu'elle n'eut jamais ce mystère vu jusqu'alors pareille chose, elle en avait souvent entendu parler par sa grand'mère, que si elle avait couru du même côté, c'était parce que je courais, et peut-être aussi un peu parce que le bruit l'avait enrayée. Mais qu'était-ce? Je le lui demandai. – C'est le Bore, me répondit-elle. C'est sont sujettes certaines rivières, une indisposition laquelle et la Dee en était une. J'étais si ignorant que jusqu'alors dire que certaines rivières jè n'avais jamais entendu eussent une telle maladie nerveuse. Dans la suite, j'appris que, dans le voisinage, un cours d'eau bien plus imporaux marées de printemps, les mêmes tant-éprouvait, accès hystériques, qu'il en était de même de quelques autres rivières en petit nombre en Angleterre, et que dans les Irides, il n'y avait que le Gange. Enfin, quand le Bore eut été considéré sous tous les rapports possibles par notre ignorance mise en commun, j'abordai un sujet tout aussi encombrant, et qui m'ennuyait bien plus que n'importé quel Bore, savoir la lettre étrangère qui était dans ma poche. Le Bore nous -avait causé une alarme qui avait bien duré quatre-vingt-dix ou cent secondes, mais la lettre aûrait empoisonné mon existence entière, comme le diable prisonnier dans la bouteille, aussi longtemps que je n'aurais pas réussi à la transférer à une personne qualifiée légalement pour la recevoir. Ma belle.amie du Cdp ne serait-ellè pas m'arquée par le Fatum comme- la a femme future a née pour me délivrer de cette malédiction* de poche! Il est certain une simplicité rustique comparable à qu'elle montrait celle d'Aubrey dans « CowMte yoM p/<!t'ra ». Elle n'avait pas plus qu'Aubrey reçu des dieux le don d'être « poétiques,

t3y mais au point de vue de.ma mission spéciale, cela pouvait être au nombre de ses meilleures qualités. De toute fa~on j'avais l'esprit accablé sous le poids de la responsabilité i nie présenter en personne au bureau de la poste, c'était, je le savais sincèrement, ruiner mon. entreprise dès le: premier pas. Plusieurs agents pouvaient être employés, et pouvait-on en trouver un qui par ses regards, son langage, ses manières inspirât plus de confiance que cette femme, envoyée par le hasard ? Le cas s'expliquait de luimême elle comprit aisément, comment une ressemblance Je nom avait fait tomber la lettre entre mes mains, et que à son vrai le procédé le plus simple consistait l'expédier propriétaire par le vrai canal, savoir la poste générale, cette institution qui ne sera jamais assez estimée, et qui plante sa tente nocturne à Lombard Street, mais qui pour ce cas spécial était également représentée par le bureau de poste de Chester. Ce service ne lui causerait aucun désagrément et d'autre part tous les intéressés lui devraient de la reconnaissance. J'avais été sur te point de donner à ma reconmais j'eus naissance la forme d'une demi-couronne, naturellement quelque incertitude sur la situation qu'elle occupait dans la société. Elle pouvait être la femme et non. la domestique d'un fermier, et je trouvai ingénieux de supposer qu'elle avait une jeune sœur; et ce fut à cette personne imaginaire que je demandai à offrir mon présent sous la forme d'une poupée. Je puis donc, après avoir été provisoirement Deucalion pendant le court intervalle de cette panique, prendre congé de ma Pyrrha, la seule compagne des périls et des angoisses de ce terrible Bore, et j'envoyai ma Pyrrha, la .Thessa* lienne Pyrrha, non pas à la vallée thessalienne de Tempé, de l'imagination 1. maisô puissance de l'anachronisme – au bureau de poste de Chester, non sans l'avoir avertiede ne se laisser à aucun prix arracher son secret. Sa posi-' tion, au point de vue diplomatique, était, comme je k: lui..ns comprendre, meilleure qu~ celle du bureau .de

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CO'<f)RKMOK~

poste; elle avait plein pouvoir sur quelque chose id sur un bon do quarante guioees, tandis que l'orgueilleux bureau de poste a'avxit, pour repondre à «y plein pouvoir, aucun titre, dont il pût se prévaloir, soit dans le présent, soit dans l'avenir. Elle pouvait être comparée a, une Pandore, et la bo!)e qu'elle portait contenait au fond quelque chose de rieux que l'espérance, car l'espérance nous trompe souvent, mais une traite snr Pnyne, Smith et Payne, ne trompe jamais, et la valeur de ce titre était une somme qui, d'après Goldsmith, suffitpour Mre d'unclergyman anglais un homme « rëputë riche » pendant une douzaine de mois cela lui donnait le droit de regarder avec dédain tout« les pefxonHM qu'te rencontrerait. Environ deux heures- après, la compagne de mon royau'3'te solitaire sur le Cop reparut, me rapportant l'ua' suraace bienvenue que Chester avait survécu au Bore, et que tout ce qui était courbe allait être rendu aussi droit qu'un trajet de nèche. Elle avait donne mon « poulet Jt comme elle disait, au bureau de poste, elle avait été remerciée par plus d'un ou deux des hommes de lettres on qui figuraient dans le personnel de cet établissement lui avait assuré. que, bien avant la fin du jour, une vasts Cornucopia de justice et de bonheur serait répandue sur la tête de toutes les personnes qui avaient pris part. à'l'action. Pour moi, qui n'étais pas le moins accable des acteurs, je -me sentis soudain soulagé et remis de tout le poids injuste de la responsabilité qui pesait sur moi; le fut délivré de sa lutte avec des craintes qui pauvre émigré étaient incertaines et des créanciers qui étaient trop. certains; le bureau de poste fut délivré du scandale et des embarras d'une irrégularité si grossière, qui auraient pu mettre à bas le directeur général des-postes; enfin les habitants-du Prieuré furent soulagés des anxiétés grandes ou petites, fondées ou imaginaires, qu'aurait pc'leur causer mon indélicatesse supposée. il était une personne qui ne pouvait coade~cendre à

P't'H MAMGKUX Q'ODU'

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participer à cette inquiétude. C'était mn sM-ur Marie, plus u~je que moi de onze mois accomplis. C'était lit plua noble fille qu'on pût voir, et au premier mot, elle avait manifesté le plus incrédule dédain pour toute supposition que son frère iut capable d'avoir seulement conçu la basse pensée de faire du tort h un exilé pauvre. Kn ce moment, j'échangeai quelques mots d'adieu avec mon ûdete agent féminin t n'ayant plus rien qui me retînt à Chcster, l'exception de ce qui regardait cette sœur. L'affaire en question n'était pas de la remercier pour m'avoir rendu résolument justice, car je ne pouvais rien savoir de cette la voir, seulement bienveiHanie action je voulais d'elle ce qui se passait au Ptiemé, et tue mettre apprendre avec elle, d'après en état de correspondre régulièrement les moyens qui m'étaient permis dans ma situation. Or, un oncle maternel, qui avait un grade dans l'armée du Bengale, était venu en Angleterre avec un conga de trois ans, comme c'était l'usage alors, et était en visite nu Prieuré. Le personnel domestique de ma mère se composait ordinairement de cinq personnes, toutes âgées et peu actives. mon oncle qui avait ramené en Angleterre de beaux chevaux persans et arabes, avait jugé nécessaire d'adjoindre à son écurie un supplément de valets et de grooms. Tous étaient alertes et actifs, et quand, a travers le crépuscule, je regardai les fenêtres du Prieuré dans l'espoir d'attirer l'attention de ma sœur, je n'atteignis pas mon but. Je n'aperçus pas de lumière dans la chambre qu'elle devait certainement habiter, et de plus je m'aperçus que j'étais devenu l'objet d'une attention particulière pour certains reçu domestiques inconnus, qui avaient évidemment et à qui mes allures des ordres pour me rechercher, croientînMtMt par des 9Ui!<S Certainesf;ettsMM irrite!, ou mïme A )at!on9déguises commed'aatret !e sont par des MtembouM. . cepKtpos, qu'on me perateftt de dire que s'il y < dtns ma phrase huit mots <ccideat.II yen a.'ait neaf de Mite <Mn«)t<Uttpar un. c'est par pur d?n~le texte primitif mais pour 4patgner ces gent sU9ceptU)!e& j'ai 6ubstitu<~m~<'<tà,MM/c./ft'

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COKFjESStOKS

firent supposer inquiètes en ques. que )'ëtais lit personne non. Déconcerte par Fnspect nouveau de toutes choses, }e et je revins une heure m'éloignai~ d'un après/porteur billet pour ma sœur je la priais dans ces lignes de guetter une occasion pour venir pendant quelques. minutes sous les ombres des petites ruines dans te jardin du Prieuré où je l'atténdais, Je remis ce billet h un étranger, dont le un groom, et le priai de le remettre costume m'annonçait /.M) «~~ J<<))! ~r~'M ~M ~rxH~. – Le prieuré de Stint-Jto) avait f.)it partie d'une fondation moustique anaehttA htres antique église de Saint-Jean, située hors de l'enceinte de Chetter. Dtt )e commencement du xvu* siècle, le prieure, ou ce qui en restait, fut utilisé comme maison d'habitation par tir Robert Cotton, l'archéologue, qui, Mion iatradittou, y reçut la visite de Ben JonMn. Ce qui avait furTecu du prieuré, quand la n))ni:nure d'une motton ttet~thtbitepMCotton. ettit,Muf)teuhine, noble, avec un toit de pierre en

Related Interests

oa<e, tout comme il avait été'fait pour ks nMResd'un ~t.)b))SMme))t onastique. !.c petit hall de l'entrée, la salle m à ))m'f;e')a princi)'x)e chambre à coucher, <!tt)ie))t 'une tteg.~nce modeste, d exact avec le ~enre de vie d'un lettré cetibataire, et étaient et* rapport Mites dans le :nSmeetato& Cottontes avaitlaissés deux siècles ttup~WMt Ma)<!cet aspect de petit château qu'avait le prieure, avait, ~(âce A des retMnchemeuts successifs, fait succéder les dimensions de i'in-ta à t'in-Mio royal; i) se devinait surtout aut belles ruines qui ornaient la petite peiouse. et qui conduisaient a la maison, à travers le hall. Ces ruines consistaient et) trois arcades, qui étant en demi-cercle, et non oei

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i))es, étaient ditti saxonnes, et non gothiques. A quelle forme architec. turate appartenaient-eites réellement, c'est ce que j'ignore. En tout cas la vieille église de Saint-Jean, dont le prieure avait à une certaine époqur, été une dépendance avait un caractère désagréable de simplicité grossière et nue. Mais les petites rujnes avaient une beauté réelle, et attiraient pendant tout l'été, et chaque année, des artistes, des dessinateurs. Je lie me souviens, pas si elles étaient embellies d'ornements architecturaux, mais elles intéressaient tout le monde, d'abord parleur proportion deminia. ture, qui, si e'tes eussent été portatives. leur auraient valu d'être introduites directement, comme décors et efron~ft! fe)'MH<e sur les scènes dramatiques de Londres; de pius, elles étaient surmontées d'un couronnement naturel de la plus riche composition, forme de buissons, de lieurs sauvages, de fougères, e: qui était d'une beauté ravissante. Ce fut sous cet aspect attrayant que ma mère vit le petit prieuré, qui était alors à vendre. Comme résidence, il avait ]e grand avantage d'être situé à une eertaine distance de ChestCr, bien que cette ville, ecmme toutes les vilies épiscopales, eSt une population tranquine et respectable. Ma m~re t'acheta, y ajouta un salon, huit ou neuf chambres à coucher, cabinets de toilette, tt< en te conformant an plan original de cette miniature; elle en fit ainsi une très jolie résidence, une petite retraite sur laquelle régnait toute la grâce de t'tntiquité monastique

t~'UH MANQtUR 'OPIUM D

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à la jeune dame dont il portait l'adresse. H me répondit d'un ton poli qu'il allait le faire, mais ce ne pouvait être une réponse sincère, carla chose était impossible, comme je moins d'une minute après, je vis l'appris bientôt. En enet, a travers les ruines, non pas ma jolie sœur, mais se glisser l'oncle que le Bengale avait bronzé 1 Un tigre du Bengale ne m'aurait pas terrifié davantage. C'était, j'en étais mortellement sûr, une barrière qui allait opposer une résistance iatale a la poursuite de mon projet. Je me trompais. Entre mon oncle et ma mère, il existait une profonde affection. Ils se regardaient l'un l'autre comme les seuls restes d'une famille où avait règne une mémorable har. du caractère, il n'existait monie, mais, par certains'traits au monde de personnes qui fussent plus vivement point dans la circonstance actuelle. opposées, et cela se vit bien Dans le repos immuable de sa maison pleine de décorum, ma mère regardait tout mouvement violent et irrégulier, et par conséquent le mien, du même œil qu'elle aurait vu Mais l'ouverture du septième sceau dans l'Apocalypse. oncle était tout a fait du siècle, et, ce qui parlait mon encore plus puissamment à mon égard en cette circonstance, il était d'une activité maladive. Rien ne lui paraissait plus naturel qu'une personne douée de raison préférât le voyage a travers les fraîches montagnes des Gatles, il la routine servile des études parmi des livres rébarbatifs et la de maîtres aussi poudreux aussi poussière, en compagnie paraissait-il enclin à regarder ma conduite comme un acte de courage..Sur son avis, il fut décidé qu'il extraordinaire ne fallait pas espérer de lutter contre mes désirs, et que je serais laissé libre, de poursuivre mon premier projet de de me parcourir les montagnes de Galles, à la condition allocation d'une guinée par semaine. contenter de la mince Mon oncle dont la prodigalité indienne courait après toute aurait consenti occasion de se manifester bruyamment, Volontiers ce qu'on me fît une allocation bien plus ét .< due, et m'aurait lui-même donné en cachette tout ce que

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eMtfMMOtMt

j'<mraït demande. M~as, ~dane /moa ~gnonmce ~énerate, Kience que je possédais à fond, i}e jugeais cette somme suf&MuMe, et.à ce moment, ma mère qui avait adhère passivement aux propeaitions de mon onde, intervint avec une ngw~r, qu'au ~ond de mon eceur }e ne pouvais désapprouver. < Un subside plus considérable, disait-elle fort raisonnablement, Jte serait qu'ua encouragement prouvant à mes deux frères cadets que la révolte était récompensée, et que l'indocilité était le meilleur moyen de se procurer des aises et du bien-être. A ces mots, ma. conscience s'émut. Je reçus comme une commotion electrique cette allusion, exprimée d'une manière si inattendue, par rapport à mes frères. A dire la .vérité, je ne les avais jamais fait entrer dans mes réflexions en examinant les conséquences éventuelles qui pouvaient les détourner d'imiter mon téméraire .coup de tête. Ainsi donc, le troisième jour, résonnait avec un tintement solennel, .répète par un écho retentissant dans ma conscience réveillée, l'un des nombreux reproches que j'avais a mc~aire~ .mas' que et prédit sans détails précis par la pensée secrète .que j'avais -eue sous le dôme de la cathédrale de Saint-Paul, dans la G<7er/e sonore. Dans cette circonstance spéciale, je sais que mon mauvais exemple n'a jamais eu de résultats fâcheux, mais au moment où ma mère exprima cette triste supposition, la crainte de voir se produire ces jresultats excita mes remords. Mon frère cadet, enfant d'un caractère généreux et héroïque, avait pour maître d'école un homme brutal et sauvage. Ce frère, je,le sais bien, avait des raisons plausibles, dix fois plus puissantes que toutes celles que je pouvais alléguer, pour imiter mon exemple. Il était infiniment probable qu'il agirait ainsi, .mais bien des années plus Mrd, rappris de lui-même qu'il ne Ie.&tpas. La méchanceté .diabolique de son-maitre lui déviât a lal&n insupportable sans songer à oon exemple. <t dans des circonstances tout à jait diRëcemMs,Jean &)Bre -conquit sa liberté par .des moyens que hti:suggérerent ses

B'UH ttAMCZUR

B'OPtUM

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d~nales Hmnes que lui laissaient ses ressources preste, il s'embarqua sur la vaste étendue de l'océan, parcourut en sept ans ia périlleuse carrière du roman nautique son nom fut enacé de tous les souvenirs en Angleterre il devint par nécessité pirate parmi les pirates, fut exposé à mourir comme meurent les pirates quand ils sont pris, maison matin de batniUe, il réussit à déserter le drapeau sanglant, parvint h rejoindre l'expédition aventureuse des Anglais à Montevideo, combattit sous les yeux de l'amiral Home Popham, le commodore, et vingt-quatre heures après la victoire, fut élevé au grade de midshipman, sur le Diadème; vaisseau'de guerre de 64 canons, qui portait le pavillon de Sir Home. J'ai raconté tout cela àilleurs avec plus de détail. Je raconte ces faits ici encore et en résumé pour-dire que ce ne fut pas par mon influence qu'il s'enfuit loin d'un tyran brutal. Je suis arrivé maintenant à savoir cela, mais alors je ne pouvais que l'ignorer. Et puisque j'avais.si bien oublié qu'un tel résultat fût.possible, et causât tant de malheurs à mes jeunes frères, comment n'aurais-je pas oublie cent autres conséquences également .probables, également pleines de dangers? Cette réflexion m'attrista, et rendit de plus en plus pénétrante la pensée prophétique, de l'oracle à la voix funèbre, dont les éclats de tonnerre avaient retenti, comme la menace faite à Balthazar, le long des murs de la Galerie 30?!0~. En fait, il y a dans la vie des sentiers embrouillés et inconnus un choix arbitraire est d'abord le seul motif qui vous fasse faire ou vous empêche de faire Ie;premier pas c'est un voyage a travers une vaste forêt kercynienne, que nui n'a explorée ni décrite; chaque pas que vous y faites vous fait entrevoir l'inconnu tout auïOMr de vous, dans ce que vous allez parcourir, et par la même modifié vos-jugements sur ce que vous laissez en arrière. Et même ce que vous connaissez par une expérience absolue, passée et achevée, ce qui'vous paratt de tuâtes les~hos~s ~iu monde le plus sûrement scellé, leplut certainement fixé, cela même, vous devez le

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CON~SStONS

1,tenir en suspens, regarder comme exposé à des eondi~ tions contingentes, possibles, comme sujet à subir dans son caractère provisoire des afnrmations, des négations,. selon des combinaisons nouvelles où cette chose peut entrer avec des. éléments qui peut-être ne viennent que du point de départ ancien et primitif. Attristé par ces réflexions, je le fus encore plus par la froideur de ma mère. Si je pouvais me hasarder supposer en elle un défaut, c'est que dans son caractère hautement tendu, elle dirigeait trop exclusivement sa froideur vers ceux qu'elle savait ou croyait les auteurs d'un mal, à quelque degré que ce fût. Parfois, son austérité pouvait pa. raître injuste. Mais alors toute l'artillerie de son déplaisir semblait se démasquer, et avec justice, pour tirer sur une aberration morale, qui n'offrait à ce moment aucune excuse admissible; cela se disait dans un coup d'oeil, s'exprimait d'un seul mot. Ma mère avait de t'inciinaïion à juger défavorablement les causes qui avaientbesoin de beaucoup de paroles; de mon côté, j'avais du talent pour les subtilités de toute nature et de tout degré, et j'étais devenu naturellement expert dans les cas qui ne pouvaient laisser. tomber leur appareil extérieur et se présenter sous un aspect aussi simple. S'il y a au monde quelque misère sans remède, c'est le serrement de cœur que donne !'7<KWKwuM!<'<e. ,Qu'un autre sphinx vienne proposer à l'homme une nouvelle énigme en ces termes Y a-t-il un fardeau, absolument insupportable pour le courage humain? – je répondrai aussitôt c'est le fardeau de l'incommunicable. A ce moment-la, alors que j'étais assis dans le salon du Prieuré avec ma mère, sachant combien elle était raisonnable, combien patiemment elle écoutait les explications, combien elle était franche, ouverte à la tendresse, je n'en estais -pas moins abîme dans.un désespoir infini par la difncultë 'de me faire entendre. Elle et moi, nous avions sous. tes yeux le même acte, mais elle le regardait .d'un .centre, et :.ïno:.d'an autre. J'étais ~certam' s' pendant une demi-

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D'UNMARGEUR n'OPtUM

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minute elle pouvait ressentir l'impression mortelle des souffrances que j'avais combattues pendant plus de trois mois, cette somme d'angoisse physique, cette désolation de toute vie intellectuelle, elle aurait exprimé avec élan son pardon pour tout ce qui lui apparaissait alors comme un simple éclat d'insoumission capricieuse. « Dans cette courte expérience, se serait-elle écriée, je lis un arrêt qui vous acquitte; dans ces dures soufïrances, je reconnais une résistance digne d'un gladiateur, » Voilà ce qu'aurait été alors son verdict, dans le cas que je suppose. Mais des raisons infiniment délicate: rendaient cette supposition irréalisable. De tout ce qui se présentait à ma rhétorique, il n'était rien qui ne représentât mes souffrances d'une mamëre aussi faible que puérile. Je me sentais impuissant, désarmé dans cette difficulté languissante ù affronter, ou à essayer d'affronter l'obstacle qui était devant moi, comme il nous est souvent arrivé, dans nos rêves enfantins, de lutter contre un lion formidable. Je sentais que la situation était sans espérance un mot unique, que j'essayais de mes lèvres, se mourait en un sanglot, et je d'exprimer me laissais aller passivement à un aveu apparent qui se dessinait dans toutes les apparences, à l'aveu de n'avoir aucune excuse acceptable à présenter. Une des alternatives, dans l'offre qui m'avait été faite, était la permission de rester au Prieuré. On me laissait libre de choisir entre le Prieuré et le voyage dans les montagnes des Galles. Ces dernières et le Prieuré m'offraient un séjour attrayant. On pourrait s'imaginer que ce dernier me laissait exposé à des reproches nouveaux et intermittents il n'en était rien. Je connaissais assez ma mère pour être sûr qu'apïês avoir exprimé avec chagrin sa désapprobation pour ma conduite, après avoir rendu toute méprise ce sujet, elle était prête me impossible donner une hospitalité bienveillante, et dans les choses ordinaires, à me témoigner sa bonté; mais cette bonté ne serait pas ~CUEC sous ce!;? qutjM~ fera:! oublier ma situation douteuse 5S
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coumwots

~'e'mbre de son déplaisir on me lai~MMh l'esprit a!H<~Ubft' à l'aise sur n'importe quel ~o~t. Ua pour m'entretenir homme dont la conversation est simplement tuppe~tee~ et qui la Tient expQMe à une protestation eoanoucUe, coo~n~ <etnitle cil, pour moi, ne peut éprou~fcetK liberté ttisëe, h OMint d'avoir un.; scnsi')iHtJ ohtuM et gr&Mier~. Lft mienne, d.ms des cirootMtanc'M comme ccHcs où ;e me trouvai!, était si loin d'~re obtuse, qu'eU~ë~it d'une acuité morbide tt ettraf~~nte. r&vais commis. une faute, je le snvait, et je ne cherchais p;)s me k' di~simu* let. Vrauntat la Yioh:nù& de !'angfttMc. qui m'avan Mft recourir à l'expérience de ht Galerie sonore, et i<t!i:;cifiextiooL &ymbott<;ue que )'avais attribuée à cette expérience, maaife'Haien.t indirectement mon profond sentiment de L'erreur commise par que adonnais; pour. moi, par des voies mystérieuses, le sens et les conséquences de cette erreur devaient s'ngrandir à chaque époque de la vt~ à mesure que ie reporterais mon regard sur cette erreur, d'une distance ptu-: éloignée. De plus, cette tUusiott fortuite à mes frères m'avait fait soudain, et douloureusetaent songer à une autre, à une nouveUe faute côntre mes devoirs de fils. Une mère, surtout quand elle est veuve, a. tout particulièrement le droit de réclamer le concoura de son S): aîné et toute son aide pour exercer une influence salutaire sur les pensées et les desséins des enfants plus jeunes, et si tel est le droit d'un&mere, combien plus posséde-t-eite celui d'exiger un tel concours~ quand eUe !t, comme le fit ma mère, satisfait à tous le: devoirs maternels par des sacrifices de toute sorte, dont je connaissais toute la valeur. Elle était camparativement jeune, n'ayant quetrente-six. ans, et avait fermement refusé toute proportion, au moins dans deux occasions distinctes~ où on lui oSrait d'honorables partis, -et cela par iidetité pour I& souvenir de mon père, et dans l'intérêt de ses enfants~ U ;m'ëtait impossible de ne. pas lire, dans des exemples -de ~oate oa:<tt!pHe<s, maci~p pareil~ et-dépourvus

M''U~\t*~UKUKU'0['tU mootr&H sx bonté, un appel u prouver d~ nwn côté t~ à diminuer de mon mieux le poids tneMû e'apres~ment Je sa responsabilité. Hélas en ce qui regardait ce devoir, une o&je ne M.)tais que trop certainement mon erreur casioH avait été volontairement négligëet et cependant }<: sentais qu'un arbitre impartial lui-même ne pouvait voir dans les apparences qu'une faible piu'tiù de ce qui phtidait en ma faveur. Ce qu'il eût i'.)Uu dire pour mejustifie,- avec ~u<:< dev.tit être dit non par moi, mais pur un ~oc:n dtsint<res~e, et je n'en avais &ucun ai ma disposition. J)an.;i. r~veuglû détresse de mon Sme, dans l'angoisse de ma conscience et de mon cœur, j'étendis les bras pour cherc'était ma sœur aînée Mary, car cher mon seul auxiliaire nM sceur Jeanne parlait a peine. Ce fut aveuglement, mach~naiement, que )'etendi& les bras comme' pour appeler son attention et pour donner une forme à la pensée qui se débattait, j'allais parler, quand je m'aperçus tout a coup que Mary n'était point la. J'avais entendu un pas derrière moi, je supposais que c'était le sien. Le domestique, en se chargeant si vite de nm lettre, m'avait fait croire qu'clie allait apparaître dans quelques instants. Mais elle était bien loin, elle accomplissait une mission d'amour inquiet et' fraternel. Aussitôt après ma fuite, un exprès avait été envoyé de Manchester au Prieure; cet exprès bien monté avait fait tout le chemin en quatre heures. H avait dû me dépasser dès le premier jour de ma marche, et moins d'une heure après son ayri.vce, il vint du bureau de poste une communication qui expliquait la nature et le contenu de h lettre tombée si mal a.' propos entre mes mains. L'alarme se répandit aussitôt au Prieure, il faut avouer que la coïncidence de mon évasion avec cette remise certifiée d& la lettre entre mes mains ne donnait que trop de fondement la. connexion qu'on établissait entr& les. deux fMt&. Je fu&reconnaissant envers ma sosur Mary pour avoir ?é< sisté aux apparences qui parlaient si fort contre moi, et me plaindre de c:ux cepend&nti&n'a.vai& aucun dro'ide 1

COMfKMiOm qui auraient cède à ces apparences. H semblait probable que j'avais viole les lois de quelque manière, soit par un faux, soit en m'appropriant frauduleusement le contenu de la lettre. Dans les deux cas, ce qu'il y avait de mieux à faire pour moi, était de m'expatrier. La France, à cause de la paix qui était faite alors, ou la Hollande étaient l'asile le plus sûr pour moi jusqu'à ce que l'affaire fût éclaircie, et'comme il ne pouvait y avoir en aucune façon de l'inquiétude au sujet du résultat dennitif, c'est-à-dire de l'argent, il ne pouvait y en avoir davantage pour redouter une poursuite judiciaire au criminel, même en se plaçant au point de vue le- plus défavorable, celui d'un fait délictueux. Un vieux gentleman, depuis longtemps en relations avec ma famille, et qui bien souvent avait servi d'intermédiaire à mes tuteurs, ofirit ses services à ce moment comme conseiller, et pour servir de protecteur a ma sceur Mary. Aussi, deux heures après l'arrivée de l'express de Manches. ter, qui parti à i heures du matin, était a sa destination à 3 heures du soir, toutes les démarches nécessaires auprès une banque de Chester ayant été faites pour obtenir des lettres de crédit, une voiture à quatre places était à la porte du Prieuré. Ma sœur Mary y monta avec une domestique et l'ami qui l'escortait. Le jour même où je quittai M. Lawson vit commencer ma poursuite. Le coucher du soleil fut témoin du passage de mes chasseurs sur la Mersey, et de leur entrée au trot dans Liverpool. De là ils firent treize milles pourOrmskirk, de là à la~rcct~ de Preston, vingt autres. A peu de chose près, ces trois étapes faisaient cinquante milles; voilà ce que firent mes chasseurs avant de se coucher, en poursuivant quelqu'un qui ne fuyait pas. Le lendemain, bien longtemps avant que, sous l'humble apparence d'un piéton, ~*eusseatteint Chester; la troupe de ma sceur arrivait à Ambleside, à environ gz milles de Liverpool, ce qui les éloignait en conséquence d'environ toy milles du.Prieure. Cette partie de chasse avait de bonnes raisons pour se

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D'UN MANQRUR D'OPtUM

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croire sur la vraie route, même après avoir atteint l' « orqui est le point où se reunissent les gueilleuse Preston routes qui, de Liverpool et de Manchester, vont vers le Nord. Car je m'étais d'abord proposé d'aller aux lacs anlaisse quelques indica. glais, et j'avais intentionnellement lions dans ce sens derrière moi, dans l'espérance de lancer sur une fausse piste tous ceux qui me poursuivraient. Cette chasse me fut rappelée environ quatre ans plus tard, sous la forme désagréable d'une '< petite note <' de près de t5o livres à prélever sur ma petite fortune patrimoniale. De toutes les lettres du prieure., auxquelles, par une méprise naturelle, on ne songea pas jusqu'au jour qui suivit mon arrivée, c'est-à-dire jusqu'au troisième jour après le départ de ma sœur, aucune ne la rejoignit, ce qui fut un malheur. Car le voyage pour aller aux lacs et en revenir, joint à leur circuit de plus de t5o milles, aurait fait un total d'environ 400 milles, mais il arriva que ceux qui me poursuivaient, n'ayant pas le temps de peser les renseignements qu'ils recevaient, furent entraînes a y ajouter un supplément de 200 milles, pour poursuivre un « moi imaginaire et de là jusqu'à aux souterrains, puis a BoIton-Abbey, York. De cette sorte, le voyage fut de plus de 600 milles, que l'on fit entièrement avec quatre chevaux. Ces quatre chevaux qui, à l'époque où le foin et les grains étaient au plus bas prix, coûtaient trois shillings par mille, et quatre dans la saison la plus chère, firent une dépense de trois shillings trois pence par mille, tarif auquel il était d'usage les d'ajouter un shilling par mille pour les barrières, les hôteliers; aussi le total ajouté à la dépense postillons, trois voyageurs dans les hôtels que faisaient naturellement s'éleva à cinq shillings par mille. En conséquence cinq shillings étant le quart d'une livre sterling, six cent milles coûtèrent le .quart de six cents livres. Le seul article de cette longue note qui me consola par un seul sourire de Mût cet argent dépensé inutilement, se trouvait dans la

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colonae relathfe A PaMenhtie (au eonMXMCttueiat de i'U~<swater),&tvoir: t Pour an <ecito, de {wemière q~dité lifres o, &h. «x. dito tt <h. $. tccandeqtialité TTeiest le prit que coûte un écho, raisonD<M<)'Mat v«-ié, pour la poudre que l'on hfûle. Mais à Lew%'<Mni, Mr !e WindermerCt il y des échos au prix d'une oteeai-coMmaae pour les badauds de choix inférieur qui sont capables de prendre un caillou du Rhia, pour < rarthie authettttque M. Mais cette invasioa acadta~Ue sur 'moa pMntaoitM et)ut un incident sans uaporMnce, au pomt de vue des suites durables.qu'il pouvait avoir. Si j'avait attendu jusqu'au retour de ma Meur, retour -qui, j'en <tus $Ûf,<fAtt été DeMpdé par l'imperfection du système <~e conpMpondence que itwosaïi&ns concerté, tout oura!tf~u<d.J'au!'<tis re~c d'eHe l'accueil cordiaj, 1a sympathie pr~nde qui ~n'étaient nécessaires; j'aurais poursuivi traaqm~emeot mes Mudes, et mon entrée Oxford aurait eu lieu par,uac suite aam<ne~ des choses. Mais par malheur, après un ébranlement aussi sérieux de ma santé, la moindre indans le système sauvage de vie en jpMa air que terruption j'avais adopté, me jetait à l'instant dans des crises nerveuses. Sans nul doute, cette vie y<wcp, <qui m'avait <hMtaë tant d'espoir de tTecom'ner fapidccMct et sûreœent la saute, <~Mt agi avec plu$ d'énergie qu~ }~ ne lavais elle paraissait, à la lettre, opéfer d'MnemaateM supposé irrésistible la reor~anMatton dermes facultés hmguksahtes. Aussi, impatient de ~'absence de ma sc&ur, et agité de -voir que mon séjour était si ~oa~entps prive de <ce qui ifaM charme central de itûMte.-&mUIe, ua tr~~p~o~ )5.)t~ ~un regard pateT~ael) rayonnant de sympathie ~e pris iepa.ni de m'oirtf ces pMsir& d~s -bais -et des ouMMa~nex, qui <ëtMent désonaais si près de œoi. Les parties du FIjjUshtre et-mêaM -da Dcnbj~~M-e qui a'ïM.dnemt Ghe$ter &e sont pas, i vrai idire, ~ineaMttt .attrayantes. AinH-l.! v~!iaede .Gressfofd,sur la luioite dtt Fjintshire~t.alad~Mmce/de

D'UN tttfGEUR

D'~MUM

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stp! otHiet tout au plus, o&rait une timabte pedte netnaite, H laq~eUe j'avais un accès privilège. J'en essayai d'abord, mais c'était une c&Mpagae soigasusemejtt aménagée, et attire. Deux dattes de quelque distiaetion, proches p!h reatet) anciennes amies de ma mère, étaient en quelque sorte les reines qui régnaient dans l'enceinte de cette v~Hëe arcadienne. Ce n'était pas c<: que je cherchais. Tout était élégant, poli, tt;a.jaqutHû,~uriespet~uses et ~es chemins de cette verdoyante retraiM; la r~dexse n'y était pas supportée les mjoittdr~ atets d'eaux a~ent reçu des laçons de AKMMM tenue, et !cs deux Y<!hn des dames régnantes {MrsWfn'rington<;t\M)s Parry), montraient la perfection du boa goût. Cn ea<:t. les deux dame; avaient cultive ieur go~t pour la peinture, et je eroM; qu'eHes avaient reussi a$sez bien. J'y fus introduit et trop bien reçu, car e!!e~ me forcent faire partie de la société. Quant à Gressford considéré comme r~&idenee )ourna!:ére,it m'apparut bientôt sous un aspect peu eagageaut, malgré la fascination dont le D'autre dotai~ot les. charmes de ses deux propriétaires. part, à xx milles de Chester, s'eteaJ une scène bien autrebelle v,tliee de Uangoten, au eentre du n)em _grande< Denhighshire. Ce royaume était aussi gouverne par deux dames leur ëloigaernen~t roma-nesque du monde, a un ~gc <ort peu a~aa~e, attirait depuis bien des années ~intérêt gë~é;~ sur ~ur personne, leurs haltitudes, i~tr$ opinions. Miss Pocsoaby et lady Ces .datées étaient Irlandaises, Eipaaor Butler, scsurde lord Ormond. Je ~e<)u'avais été présenté, deux fois.par des. personnes dont ~e faog doanatt t Mais bien que une certaine valeur à cette introduction. leur courtoisie de haute éducation leur permît de cacher l'expression de leurs sentiments, elles doivent avoir éprouve J'ai peu d'intérêt pour ma per~nae <M mes opinions B ~et }t 'ptutt .d'auliquerid -q<tt,EBi~M ~t.<nUjd, <)M)Mt .it &wcrs&!e e WofdKWth, coaMB~ d tenf donnerune opMtMMt nt'~oattt!<}< -*tatt )Héhnt~ TKM Moi, niais par poète (Mt)tt dt cça~e~mtiott~))U pM aot4~j~M~<M~t<t~id~t~~[aitcaeMtM)M'fertMtaWcrd<*

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COMF&MtOHS

peina t dire que mes sentiments nétatent pas des plus ardents A leur égard.. Néanmoins je me présentais à leur cottage toutes les fois que je traversais Uangolen, et je fus toujours reçu courtoisement quand il leur arrivait de se trouver à la campagne. Mais comme ce n'était pas des dames que je cherchais dant les Galles, je continuai juset pour quelque temps je qu'au comté de Caernarvon, louai un appartement en miniature, c'est-à-dire une chambre et un cabinet à Bangor. Ma propriétaire avait été la servante ou la bonne, ou quelque chose de ce genre dans la famille de l'évoque de Bangor; elle n'avait quitté cet emploi que fort tard pour se marier, ou pour parier comme elle, « faire une nn )'. Dans une petite ville comme Bangor, !le seul fait d'avoir vécu dans la famille de l'évoque conférait une certaine distinction, et ma bonne propriétaire avait plus que sa part de l'orgueil que fait nnître naturellement un tel avan* disait, ce que « My lord a faisait, tage. Ce que < Mylord et combien il était utile dans le Parlement, et combien il était nécessaire à Oxford, tel était le refrain journalier do sa conversation. Je supportais fort bien tout cela, car il ne me coûtait pas grand effort pour être indulgent envers la loquacité d'une vieille domestique, et heureusement il n'y avait rien dans le train-train quotidien de notre existence qui nous imposât la société fréquente de l'un à l'autre. Cependant nous nous rencontrions quelquefois, et il faut bien que dans ces occasions, je ne lui aie pas semblé frappé autant qu'il convenait de l'importance de l'éveque, worth, <t peut-<tre aussi ses œuvres), aucune d'e!)c! ne me parut d!M pesée à prendre'quelque intérêt ou à concevoirdes espérancespour ses efforts. Mais!ot)j!tempsaprès cela, quand la Chambre des Commnnet éclataen appjtudissementsà eon nom cité par SergeantTalfourd, et que les,voyageurs américainsde quelque distinction venaient par troupes4 Ryda! Mount, tes poèmes de Wordswbrth lui-même prouvent qu'une produiteà L)MBo)en.Je cite cette anecdoteparce grandercvctation&'iitait b que }'<tt ien des raisons de croire que si beaucoupde gens se sont aconde ~erti<*à à l'égard Wcrdsworth, ce fut grâce à ces mêmescirconstances.

!)'UM MANGEUR D'OPtUM

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et de la grandeur qu'il y avait a avoir vécu dans un palais; de mon indifférence, peut-être peut-être pour me punir aussi par hasard, tout simplement, elle me rapporta un avait été question de moi d'une jour une conversation où il Elle avait été au palais, et comme le manière indirecte. dîner allait être servi, on l'avait retenue dans la salle à manger; pour donner une idée de son économie damestique, elle dit qu'elle avait loué co qu'elle appelait avec Le bon évoque avait~ pompe « ses appartements cette occasion pour l'avertir d'être prudente paraît-il, saisi dans le choix de ses locataires; il avait dit f Vous savez, Betty, que Bangor est situé sur la grande route qui mène à Head (ia Tète, désignation employée couramment pour irlandais pour Holyhead) et que nombre d'aventuriers au paiement de leurs dettes en Angleterre, de échapper même que nombre d'aventuriers anglais que le même motif conduits naturellement a passer poussevers l'île de Man, sont Cetavis ne manquait certes pas de fondement raipar ici. sonnable, mais il était donné à Miss Betty pour qu'elle l'approfondît dans des méditations personnelles, et non or ce qui suit spécialement; pour m'être communiqué – Oh! my lo?d, répondit ma propriéétait pire encore taire, d'après ce qu'elle me racontait de l'anaire, je crois assurément que ce jeune gentleman n'est'pas un aven– Vous ne pensez pas que je sois un turier, parce que. dans un éclat d'indiaventurier, dis-je en l'interrompant » gnation à l'avenir, je vous épargnerai cette inquiétude. me préparai à partir. La bonne femme Et sans retard, je paraissait toute disposée à faire quelques concessions, mais une âpre et méprisante expression. que je crains d'avoir appliquée au savant dignitaire lui-même, excita à son tour'r son indignation, et toute réconciliation fut dès lors impossible. J'étais, à la vérité, fort en colère contre cet évêque qui avait suggéré des soupçons, tout indirects qu'ils fussent, contre une personne qu'il n'avait point vue, et je songeai à lui faire connaître mon sentiment en grec. Cela aurai.t

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C<MUr<tMMMO:

<a le doubte M'MMge de lui donner uc pre~w~ <)~or<Me sur ma re~ect<tMMtë, et de forcer, coottOM i*Mper<tM, & ce Jt'<v&<tae fepMJre <hm! ~Mc langue; « <~MM cts!i p<s de ma aupeuM-ité & mx «MM«Mrx~e oM.d&ut&i* escrimeur, «!~nt que rar~tneai on e~np~o~< <~<c adresse contre toutes les terreurs qu'inxpiratt lu pon~que de Sa Seigoeu~e.
JCai qui r~que <mtM ea Mft, « pût MbMSaer tes encore Ea tn*t dans ou ta!<nts <~et ma <x)!crc, j'ai dit <;u<t< qae ce «Mt contester h T<i«M' inte~ectu~te du étaient nûo jMM~eMnt de bon j~tM,

TetMpHr. d<Mt€<Mf O~toni,

ttVMt & <ax <<xp)<Ms <[u~t de B<taytf, alors Sc ~eyeque qui «att était aussi i<' ~opect<uf Cte~er, de SraMWM<r, et « <!teM<~ <Ke adtainix~H~oa~, au coHc~

juppropnes

'Le M~ t<M)~ Bftt<)t<nM ~x ~<tMt<~)t <}<)M !'<tttnx de rMt~M, fut mh .en ptetn jour !'attn~e <t~<e«, La famille priao~te de )< mal. ton 'igett:) de GTenvittc, ~tMt t etOe tpoqnc. celle <tti Matqut* de tSuc' tchtjihMt, qui <ttp<~ ~t ~Mt~<t. ~t tMtMt tit de, ~e tjeamheaime, ~efd GM)~ GrtnviUt. ~ui t MUM~dë<[$M ia y~trie au «tre .!mit Nu~t cette année-là ou 1<t suivftntt, <e<f pour le coUtee, ce qtii :.)gn:6e ;h mais un ~eane ~~nxot, et M'!) A*(t)eterfe, ~u'H tf~tOt ~m <Mt~ftat, Mttt t&tttH'it<. D'~pr~t tout ititprttWHt~t.huittM,~e,<)r<ti)M)M<k c<dent* connus, il Mmit' da <etftrà ChjjM Chureh, n)e!s iorsque cette fat nt~rcOement <~tes6<afut ~t~.«~~)')e)<t contiuht; cet ouclé, lord ~~vMe. ,t(mt~~t'~M~.A)~tet< <MpttMi< i'MoMcre <!tCfeuy)ite,<t qui paMtit pour ut)) trudit <CMt~]i, asshta an couseit de f<tni))e: sur so)< <ftt; et ta gnmd <to~nt(M«t ~Oxford, Brasenose fut cttob! de prSf~renee ai C.hftt.t Obun~ entt* <~e ae oh~m.fm ~~Mntin~ ptr te ~t~t « au'intpir~tM ainsi que i'~rudjtioa reaM~uab}.: )e~ateaM téaiatsttttits, du O~OeaTer. <C<!tM))r<~t«!f)tMc fortuite de ne reposa?:i Brasetose~qui tpm ttttt, ~tt<tuf~'<B«t& tombt <)MH) vite qtr<t)e it~tt ptr~ene~, tfttt de f.tit~~ief.ftoiiks .<ttu~i,<t Uy.t~gtemptt ~t'<!)e es:<MMfee. tampagnarde~ habittût tMa d'Oxford, Mppostnt nn~ eupenorit~ n3<ure))c «x ~ottc~es ~m<M<~t)tt directeur au ev~qu~ eUes ignortttt ~u'à Ox~'ord 4 ~tmjtMt~tMtt )*t.4tf~tt<mnt ~e; eoi)tett Mop<mMnts s.e tu-M)M)t st <t &ont tenus pour~tM M'rMj; et en disoit~ M.bw4M Oxford ~que~A «rt<e <t<<ttr!ae < at)<'prtttYept)TMntMt:~edoje~dudtoM~ar~ca)itr, ~e att3cu<MU-&<'tMettt)<)<t)t'~e~trecte))f<<e Qh-in <jbtMx:h, qxi: p.de jU)(Bhre~J<qo~ttt,<t<t<:<~tev<s,cMMpeMtt ~ag ou'MtcM) t:o)M$e<te~i '<a~utt_cbms to<tt<Tt)~<.rsit~.MM ce r6!e, monsienr le Do)'ene~t un ~<t-M*~eWMt~t)dén~)<t l.'Mf~crjtÉ ~M~4-~{qM. Mr!a!)jnfM:e, fut a~me~te -MMJte q~ ~J~WN~it par .A~ttJMp&fW-itt ~at quemer&'d'~ëquM,)U!.quà c< que quetques P"?"~A' <tet<MM'ettMent~)tt<t)ti ~e MqtttMt~e dans la Asmbction'dM ~6i.

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· point de vue de l'eaMM~emeht et dé la dt<apnne. JFj~ppris tard que dans ce rôle tK~demtqae, il méritait ia repu" plus Mtioa de feformatear, de sage, de teaapërÊ, d'heureux Tëfanoateur; quant à son erudirioa, je ~s, bien de~ années âpre):, qu'il avait été nacntionn.ë a'vec éloge pM* Porson. Mais d'un autre côte, l'é.êque n'était pas l'abri du reproche d'abuser de ton influence locale, iut*cc par allusion contre un e!r<mgt:ï- sans dédirecte, ou par inzouation, fense. Un homme .àu~t important, dans uae aussi petite ville, était en &it arrnë d'un pouvoir aussi absolu que celui dont jouit un capitaine en second sur le pant de son vaisseau. Ua < !ëg;ste de mer » serait, dans cette circonstance, obligé de garder ses plaintes duns sa poche/jusqu'à ce qu'il p~î les fatre valoir a <e<re, auprès du capitaine. Du t'émet après tout, mon idée n'était pas si absurde que coière qui m'avait inspiré le commen~ment, cela, se serait protBptemeht ibndue dans la gaît~ qui en aurait accompagne l'exécution. Le lecteur va croire que œou projet de rfprgsai)!cs manqua en armant conn-g moii l'orgaeil oSciel de révêque. Tout homme, penser~-t'oh, qui ~e publique. <)ceupe une place aussi considérable dans un lord du parlement, 'an homme qui a gagne un gros Jot à la loterie episcopale (car BM~or en un ëyêcjté de six mille livres par an), un don souverain A Ojfjtbfd, en un mot un splendide cMtMM~r~,armé de ia coudre et de l'eelair du diocèse, ne quittera jamais son attitude olympienne, pour prendre connaissance d'une commuoiomoh que lui fait un enfant. Mais tout l'univers doit saisir le caractère de cette iCommunieation .qui était supposée écrite en grec. Et dans ce cas, Ja sunnite suSsan pour porter l'evèque à la lire. Et comme ùae telle démarche était d'une hTegu" larité choquante. il éprouverait Ja fatale ie&tMtoa de <? :risquer à Mce une expérience dtttget'ec&e et de r~Mhre -en grec. H ne se~Mt pas agréable de .neEuaer an de6 ~eté oct silence jMMïsoette &Tme exoennique de lettre, .a elle etMt rédigée en termes respectueux :pour l'âge et iasou&t«Mt

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cotWtSHom

ecclésiastique d'un eveque. Et il était évident qu'il s'abat serait moins en répondant même à un enfant s'il possédait cette sorte de supériorité. Mais l'évoque n'était.il pas un homme instruit, bien qualiuë pour répondre, et dont les lec< turcs devaient être bien autrement étendues que les miennes? Je l'avais entendu dire; on m'apprit aussi, mais longtemps nprès, qu'il avait écrit avec élégance et érudition, mais non en ~-<-c,sur les marbres d'Arundel. Le seul fait d'avoir choisi ce sujet, de notre temps oh les travaux de deux siècles ont réduit à d'étroites dimensions le champ ouvert à une sagacité originale, témoigne d'une instruction qui Mtfortbinde la moyenne. Mais j'ai déjà dit ce que je pense à ce sujet, savoir qu'il n'y a aucune proportion entre !es les connaissances générales qu'un homme peut posséder en grec, et la faculté d'écrire en cette langue, c'est-à-dire celle de se servir comme d'un moyen de communication familière et aisée. Cet avantage, qui n'appartient pas nécessairement et ordinaire ~ent à la plus profonde érudition en grec, je me l'attribua, ainsi qu'une adresse surnaturelle à varier les formes de l'expression, et à faire entrer les idées les plus réfractaires dans le vêtement de la phraséologie hellénique. Si î'evéque avait cède a la tentation de répondre, je me représentais le résultat inévitable cett6 masse épiscopale immobile sur l'eau comme un vaste trois-ponts, incapable de riposter par un seul coup de canon, tandis que ma légère et agile frégate aurait voltigé autour de lui en tous sens, et l'aurait attaqué à plaisir, sans perdre une occasion. Ïl n'aurait trouvé aucun moyen d'employer son érudition à lui, par exemple celle qu'il possédait sur les marbres d'Arundel, sans 'rappeler ce personnage cosmogonique du Vicaire de WakeMd, avec son a~pxov Spefxa! A-K~-K~ -ta ~v. Une fois tombée dans ce piège d'une correspondance suivie, Sa Seigneurie n'aurait plus la liberté d'y mettre fin soudainement, ou de la poursuivre sans dommage pour sa grandeur épiscopaie. Du Teste ma colère née tout coup et avec violence, comme 1

D'UK MAKGSUR

B'OPtUM

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sous l'in~uehee d'une insuhe réelle, n'avait rien de Méchant, et elle était déjà calmée d'avance par ce qu'il y avait de plaisant et de comique dans Je tableau qui présentait a mon imagination la scène qui aurait eu lieu entre nous. En aucune façon je n'aurais trouve du plaisir a causer quelque mortiflcation à l'évêque; mortifications qui auraient été exploitées avec bonheur par les méthodistes alors nombreux dans le comté de Caernarvon. Pour finir, je me serais sans doute borné à une grave remontrance en style tempéré, où je .me serais ePorce de développer les conséquences terribles qui pouvaient résulter pour moi des insinuations étourdies de Sa Seigneurie. Mais les conséquences altèrent aussi vite que les traces de ces insinuations, et déjà, ie jour même ou ma sotte propriétaire avait, par bêtise peut-être plutôt que par méchanceté, répété les paroles de l'évêque sur un ton qui me semblait aussi insultant, et cela, sans aucune provocation de mon côté, car jusqu'alors il n'y avait pas eu la moindre difficulté dans nos petits comptes hebdomadaires, une de ces conséquences fut que je n'eus point de domicile. En effet je refusai dédaigneusement l'abri d'une maison d'où la franchise et la politesse semblaient bannies à ce point. Cette conséquence en engendra d'autres toutes 'naturelles de toute manière il me fallait chercher un nouveau logement, et je quittai Bangor aussitôt pour aller à Caernarvon, que j'atteignis après une marche forcée de deux À ce point de tue, et à part )e bon marché et la brii)ante propreté des chambres,entretenue par une domestiqueanglaise quesurveillaitla gouvernanted'un tvïqu~angtais, j'avais peude choseà regretter. En fait, Bangorétait un séjour peu attrayant, )e moins attrayant qu'il y eut dans le comtéde Caernarvon.Et cependant,n'y avait.it pas une cathédrale? Oui,il y en avait une, et elle aurait pu êtred'une grande ressourcepour moi,si tes officesdu ehcBur avaient eu lieu régulièrement,mais il n'y y enavait pas. A la vérité,}) nepouvait y en avoir, car à ce que j'appris,il il n'y avait jamais eu de choeur.Le cimetièrede la cathédralepaMaitalors pour le plus beauqu'il y eût dans tout }eroyaume,mais cette befute était "ogenreà peineen rapport avecle Heu/c'était celled'un jardin bien tenu, et non d'un cimetière. Elle provoquait le sourire et la joie, tant elle était peuen !rmot)ie avecla destinationrée))e de cet endroit.

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COStTMStCM

hewe&et domie. A Caernarvon )en~ trouvai aucun logement qui convint par~itement à mes vues/car les chambres à louer sont très. clairsemées dans ks Galles dM Nord aussi pendant quelque temps, comme j'avais quelques guinées en réserve, je ~eeus surtout à l'auberge. Ce changement de séjour eut pour effet naturel de détourner mes pensées de l'évoque. Ainsi se dt~pertct graduellenMnt tous mes projets de protestation. Je suis e<telm à regarder cette issue de l'affaire cornn~ malhtureuae, cor eUe aurait eu les conséquences suivaatta. probablement Comme ;e l'appris plus tard lors de mon séjour à Ox&Mrd, et quand j'eus fait connaissance avec lesgens de BraseaoM, la suite mon plus )eane cotlege auquel appartint-dans frèra, l'évêque était un homme plein.de raison et même d'affabilité. Donc, en recevant ma remontrance s~eeque, cet étudit aurait certainement ressentiquelque. intérêt pour l'auteur; il était trop équitable pour ne pas. prendre en considération une plainte qui, rédigée e~ a;iec ou autrement, lu.i rappelait ce qu'il y avait d'ircëilcxion dans sa conduite, et l'exprimait avec quelques apparences de justice. II est absolument certain qu'il m'aurait fait une réponse courtoise, témoigne son regret d& l'incident qui'me prh'ait d'un domicile; ilm~auraiftait remarquer que quand un homme fait dans sa propre maison de~ recomm&odations à-un inférieur, et qu'elles ont pour objet non d~ le pronroquer à agir, mais seulement de le mettre: sur aes gardes, la loi et l'usage donnent un priviïège à ces recommandations, quelles soient écrites ou communiquées dç vive .voix. Quant à l'usage insultant qu~on avait fait de. son avis, il t'aarait mis simplement au compte du manque de tact de cette fr.'nme, et peut-être il l'aurait attribué à une cause dont il faut tenir grand compte quand on pèse les expre~tons grossières et inciviles des gens sans éducation, )< .~eux. direla, grande pauvreté de leur langage. Ils emploient 'des phrases qui dépassent de .beaucoup la portée rce!lc"de îcT!r?en~~t:<}~ ïcu:' inicuHùtit. et cdâ ~tuple-

n'un MAMCttm B'optUM t;t) '1. ment parce que I< peu d~MnJue de leur Yocaba!air<: ne leur permet pas de choisir une expres&iun d'un carojTère moins blessant. J'aurais fait à cette lettre la réponse qu'il convenait, et parsuite, a~Stint-Michet, lorsque la famillé dorévêque se serait'reo.dueâ Oxford, j'aurais retrouvé h B.tngor mon logement ou un logement voisin, avec de pr:)ndes facilités pour ftvoirdas livres. Mais c'eût été là un D'autres avantnges plus éloignés avantage passager. auraient et~ plus sérieux. !) se trouvait que !e eo!!eg< auquel réeo~ de granxaaire de Manchester pouvait m'envoyer <omnae a!umnu<t (boursier) privilégié, était cehu-!a a~me que l'évêque dirigeait. Je n'a: aucun motif pour croire que l'évêque était en mesure de me rendre quelques-uns des avantages auxquels j'avais renoncé voiontni. rement en m'échappant de t'ccoie, mais il m'aurait donné une large conapenMUion par les avantages dont il d{sp<K:~ au coUège~ comme la FeUowship, etc., et qui étaient H m;t portée. Au lieu. de cela, un conseil erroné me fit ent~~ dans un collège qui ne dépendait pas de mon comte et de mon école; aussi )<: neproStai ni des privilèges, ni des chances ordinaires d'avancement, ni par conséquent des loisirs littéraires que les Universités anglaises offrent à l'hotnm& qui suit la. voie légats pour les obtenir. Tout cela fut re~ts dans le monde des teve: par mon brusque départ et pour la contrée que Pennant a le pour Caernarvon, premier désignée sous le nom de Snowdonia. On y trouvait~ dès. 1802, de nombreuses auberges, bâties à des distances raisonnables l'une de l'autre, pour la commodité des touristes, et on n'y était pas exposé, comme dans les Galles, aux ennais qu'éprouvent généraiMnenc sur les grandes routes d'Angteterre, les gens- qui ont adopté le voyage à pied, Je dois dn-e qn~ le ptus grand ttombr~ des personnes que je rencontrais, comme compagnons de voyage dans les tranquilles petits salons des~ stations de poste dsasicsGsHcs, paient d~-pî~cs~ S~tr.tou!? sis.

t60 CONMM!ONS route de ShrewsburyparDangoIen, Uanrwst', Conway, Bangor, et en tournant u angle droit vers la gauche, par Caernarvon, de la à Dolgclly, chef-lieu du Merionethshire, Tan-y-Bulch, Karlech, Barmouth; à travers les char. mantes solitudes du Cardiganshire, puis en faisant un angle aigu qui conduit à la frontière angiaiitt. à travers le magnifique paysage boisé du Montgomcryshire, je trouvai à des distances de douze à seize milles, les auberges tes plus confortables. Ce qui offre une perspective de repos dans toute cette chaîne de maisons tranquilles et solitaires, c'est qu'aucune d'elle n'a plus de deux étages. Cela était dû à ce que la modeste échelle d'après laquelle on voya. geait dans la principauté de Galles s'était formée d'après les besoins de l'Angleterre. Alors (souvenons-nous qu'alors, c'était en 1802, année de paix), l'Angleterre n'envoyait qu'une faible partie de son vaste courant d'émigration annuelle, dans Ja direction du canal (la Manche) qui était alors fermé. Il n'y avait pas de Babylones commerciales pour dresser jusqu'aux nues leurs formidablés tours, sur les belles routes champêtres les ouragans hâtifs, lès armées fiévreuses de chevaux et de chars volants ne tourmentaient pas les échos de ces retraites montagnardes. J'ai été souvent frappe de cette idée qu'un homme las du monde, qui voudrait la paix du monastère sans en subir la sombre captivité, c'est-à-dire la paix et le silence qu'on y trouvait, mais avec la large liberté de la nature, n'aurait rien de mieux à faire que d'errer dans ces modestes auberges des comtés du nord dans les Galles, Denbigh, Montgoméry, Caernarvon, Merioneth, et Cardigan. Ainsi, il coucherait et déjeunerait à Caernarvon; de là il ferait aisément neuf milles a pied pour dîner à Bangor; puis neuf milles pour aller à Aber, ou à Uanberris, et ainsi de suite, et toujours, à raison d'une centaine de Uanrust.– La seu!evuede ce mot st inquiétante: seu!evoye))e e une j;Mr MqB'MAM!'i*c~pt<pourMpteonscauM! MaisonteprpaonM forme Ttanroust. <!stmtntMu<!< 1

ti'ODUM t)'U~ MAKGEUK

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mille par semaine. Rien n'est plus charmant que ce genre de vie, comme j'en fis alors l'expérience pendant plusieurs perpétuel des semaines de suite. C'était le mouvement s'il était délivré de et des fleuves, ou du Juif-Errant, vents l'obsession que lui imposait le voyage, et faisait pour lui de la fraîche liberté une captivité meurtrière. Je ne puis ce vagabondage, imaginer une vie plus heureuse que elle fait soit seulement supportable pourvu que le temps une série infinie de beautés nouvelles; vers le passer par soir vous recevez la bienvenue dans une jolie maison rusles délicatesses* d'un grand tique vous y trouvez toutes hôtel, et en particulier certains raffinements qui sont considérés comme sacrés dans les régions alpines; on en jouit sans avoir & supporter ce qui les accompagne inévitablement dans les hôtels des grandes villes, et ceux où les en grand nombre, c'est-à-dire le voyageurs se réunissent tumulte et le tapage. Il n'était que trop agréable' de vivre sur ce plan, pour moi surtout. Ma santé, pour être parfaite, exige la promenade pédestre dans les limites de dix-huit milles au plus, de huit à dix milles au moins. A vivre ainsi, l'homme connaît le bonheur quotidien. Mais combien cela coûtait-il ? Environ une demi-guinée par jour, et mon allocation enfantine n'atteignait pas le tiers de ce prix. L'ardeur de et pleine d'un sauvage santé, cette santé bouillonnante et suivait pas à entrain, qui augmentait graduellement, de l'exercice, quand du matin au pas cette progression soir je respirais l'air des montagnes, cela devint vite un fléau incommode. Pour donner des pourboires aux domesbientôt vu la un de ma tiques et payer mon lit, j'aurais Mon système fut donc de profiter hebdomadaire. guinée chaud pour de ce _que l'air de l'automne était encore assez la dépense d'un lit et d'un pourboire, en couéconomiser Unluxe d'une autre sorte, tout à fait particulier à la principauté de cut.Mtc {ct'~p~r~JNtta. G<iie!,e[ qu'oit f<:u';u)ttt«!ttW)(ttHU)Ouf~tu! toutesles auberges,c'étaient les harpistes gallois.

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COKMtSMMS

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chant dans ~< fougères et tes genêts sur la pente d'une colline, Peut-être avec un manteau d'un poids suffisant, ou .avec un burnous et d'une dimension convenable, arabe, la chose n'aurait pas offert une grande difficulté. Mais quel ennui que de traîner ce fardeau pendant tout le jour Aussi valait-il peut-être mieux que je n'eusse pas de couverture. Pendant quelques semaines, j'essayai d'une tente fabriquée par moi-même, avec de la toile forte, et qui ne tenait pas plus déplace qu'un parasol ordinaire; mais j'éprouvais trop de peine à la dresser comme il fallait, et quand il faisait du vent pendant la nuit, c'était sn compagnon désagréable. Mais l'hiver approchait <t ce système de bivouaquer devenait dangereux. On peut encore bivouaquer décemment et narguer le vent et la pluie jus.qu'â la fin d'octobre; et j'ai compté dans une quinzaine, neuf nuits passées en plein air. Le lecteur sait peut-être, par expérience, qu'il n'y a pas de jaguars dans la Principauté de Galles, ni même de puni de Thugs d'aucune espèce, pour mas, ni d'anacondas, La seule chose que je craignais, parler généralement. peut-être par le seul effet de mon ignorance en zoologie, était que, pendant que je dormais la figure tournée vers 'les étoiles, quelqu'une des innombrables petites vaches d'aspect brahminique qui paissent sur les collines <ambriennes, ne vînt à poser son pied juste au milieu de ma figure. Je ne suppose pas que les vaches galloise aient précisément une aversion pour les figures anglaises; mais je trouve toujours dans l'esprit féminin je ne sais- quelle belle fantaisie, quelle exubérance florale de ça charmant caprice qui, je le crains, caractérise nos chères soeurs du beau sexe, dans tous lès mondes. A l'cncoMfe des Thugs, j'avais de par Juvénal un pertnis d'insouciance, consistant formentune série décroissanteallant du tigre au chat. C&rnassicrsqui L~unK.:ti:=R fsr=:*at '}- 'M<' <M« tusqu'aux v ~m,detMu~te&~MMtIes to~s de concierges(N. P. T.). 1

C R'UK MA~&KU.t 'OPtUM

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daM F~ttt dt fha bourse (cthtabit vacuus~ coram latrone viatori. Mais j'ai peur que le permis de Juvénal ne tienne à meure pasTcau en tout temps. H y a des gens enclins celui qui persiste à donner pour excuse qu'il la question n'a dans la poche qu'un misérable shilling, des gens qui n'auront pas lu dans Juvénal le privilège ou t'exemption accordée par cette y<!CH«~sà l'égard de la destinée con~ mune qui attend les voyageurs lorsqu'ils vont déranger les voleurs dans leur solitude. Le doctetrr Johnson, dans je ne sais quelle circonstance, que j'ai oubliée, est représente par ses biographes comme définissant en ces termes le bonheur d'une personne qui ne le méritait pas « Eh bien, je suppose que sa sottise cord'une façon respondait à leur sottise. )' Cela expliquerait-il humiliante pour moi, les succès que j'obtenais par ma conversation dans les auberges du comté de Caernarvon ? N'admettez pas une telle idée, courtois lecteur. Jt importe. ou de peu que le succôs soit remporté de cette manicre cette manière-là; c'est le sucées; et la sottise même, si c'est si elle triomphe de l'habitude fatale une sottise'victorieuse, du bâillement chez les auditeurs, et dans certains cas, sur celle de la dispute, doit réceler un art plus profond, un pouvoir secret plus efficace qu'on ne peut l'àcquérir aisément. En fait, la sottise est une chose très peu maniable. Il n'y a pas; pour employer les mois Je MiltOTi, un fils sur sept enfants de sept pères qui soit propre à la tâche de maintenir et de contraindre une compagnie formée de gens convenables «ans les limites de la sottise or-thodoxe, et cela pendanTdeux heures;d'horloge. -Quelle qu'en soit la source, r toute conversation qui reussitau point de faire naître le désir 't~cMM. –. Je-efams, bien que ptasicm's annëM-se soient <;Mo)!'<:5 depuisma<ierni~MlecturedeJuvénal,' quele vrai tens, le sens classique ceMCKMS soit celui d'MOMMt<f, ne libre de foM<r~MM inquiétant, de telle sorte que MtCMt'M! dësigneraitiefMH/e produit le fait d'être à i'ahhdu vol. Maisqu'on 'me pcrmeite de prendre le mot au sens de libre dufardeau de toute propriété, sens où le mot de vacuitas indiqueraiti-t d taMi~ttt~isM'tM!

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COKMSStONS

de revoir le causeur., doit contenir du sel, doit être assaisavoureux assez piquant sonnée de quelque condiment neutraliser les tendances naturelles de toute causerie pour confuse, que l'on ne dirige pas avec vigilance, à se perdre dans les propos insipides et plats. Par'dessus toutes choses, je condamnais et je condamnerai, comme une ppste, l'erreur capitale de Coleridge, erreur qu'il mit en pratique pendant sa vie,* et qui consistait à tenir l'auditoire dans un état passif. Cela était très injuste pour les autres, mais au plus haut degré pour lui-même. Ce courant interminable de parole qui ne se suspendait jamais, ne laissait pas une seuleoccasion de réagir à l'auditeur poursuivi etimmobilisé, ruinait absolument les intérêts du causeur lui-même. Toujours passif, toujours soumis à l'action, jamais autorisé à réagir! Dans quel état de collapsus devait tomber le pauvre et pitoyable auditeur, celui qui jouait le rôle d'auditeur? 11 rentrait chez lui dans l'état d'un homme qui a été tiré du puits juste au moment où il allait mourir sous l'influence il est arrivé plusieurs de gaz délétères; naturellement heures auparavant a ce point périlleux de dépression, il a perdu toute faculté de distinguer, de comprendre, de combiner. Quant à moi, sans qu'il me faille songera la désagréable arrogance que comporte une telle habitude, je me contenterais des principes du plus fatal égoïsme, pour éviter cette tendance à paralyser mon auditeur, à lui enlever tout moyen d'apprécier mon éloquence, ou l'argument que je lui décoche. J'avais quelques grands avantages pour la conversation, et pour obtenir l'attention de gens plus sages que moi. La vis journalière, celle même qu'on mène en Angleterre, m'était inconnue à un point qui dépasse toute imagination. Mais d'autre part, j'avais l'avantage d'une mémoire prodigieuse, et un autre, qui est bien plus important, le don d'un instinct logique qui saisissait instantanément les secrets des analogies et des parallélismes entre les choses qui paraissaient les plus éloignées. Jé possédais deux qualités

H'UM MANGEUR D'OPtUM

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précieuses pour la conversation d'abord, une provision inépuisable de faits, et par là des ressources infinies pour éclaircir et varier tout sujet. qu'amenait le hasard ou le choix; ensuite, un sens de l'art prématurément éveillé, au point de vue de la conve* ation. J'avais appris a user de vigilance pour esquiver poliment l'approche d'une discussion ennuyeuse, ou imprimer d'une manière tranquille et souvent imperceptible, une direction nouvelle a des dialogues qui languissnient péniblement, ou devenaient un inutile jeu de raquette. Que ce fût un devoir pour l'art de se cacher,et de se masquer, je ne l'ignorais pas. Mais cela ne demandait pas beaucoup d'art. Ce qu'il fallait avant tout, c'étaient de nouveaux faits, de nouvelles vues, ou des vues dont l'aspect original donnait de la nouveauté à des faits bien connus. Il était utile de répandre quelque peu de mystérieux, sur toute chose d'aujourd'hui et d'hier, même avec ceux qui par tempérament avaient le mystérieux en aversion; il fallait user de dictons pointe épigrammatique, de plaisanteries, –. fussent-elles quelque peu fripées; une citation opportune en vers produisait toujours ces effets, et des anecdotes expressives répandaient quelque grâce dans toute l'allure du dialogue. C'eût étq fatuité que de pratiquer cet art avec travaii. et pour être vu, j'avais un petit nombre de procédés très simples, mais les employant à propos et sans les montrer, ils faisaient toujours leur effet. Il en résulta que j'acquis une popularité extraordinaire dans le cercle étroit de mes amis. Ce cercle se renouvelait nécessairement assez souvent, car il se composait seulement des touristes qui s'attardaient quelques semaines dans l'intérieur ou aux environs de la Snowdonia, ceux qui établissaient leur quartier général à Bethgellert ou à Caernarvon, et ne dépassaient pas dans leurs excursions es plus'étendues le pied du Cader-Idris. Parmi ces membres passagers de notre société, je me rappelle avec un plaisir tout particulier M. de Haren, un jeune Allemand très distingué, qui poMe~:t ou avait co&:e~une~ommis-

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Ct~f~StOXS

sion de lieutenant dans la marin? anglaise. Comme on était en paix, il en protitait pour ausmeater ses connaissances sur l'Angleterre, et par conséquent en langue anglaise, bien qu'au point de vue de la facilité à s'exprimer couramment, il lui restât foct p<ULà apprendre. Ce fut lui qui me donna tes précaires leçons d'allemand, et me tit connaître la littérature de son pays. J'entendis parler pour la première fois de Puni Richter, en même temps de klippel, humori4te admire par Kant, de ïiamann, aussi classe parmi les humoristes, mais écrivain peu connu, smguHéremen! obscur, et que je n'ai ~mM \u entre les mains .d'aucun Anglais, excepté $irWi!Unm HainUto~.M. de Haren me donna les moyens de cona<tître utitement ces écrivains grâce à la petite bibliothèque~ voyage qu'il emportait <tans une de ses m~Ues. Les pht':rëguUer9 des noembres-d~ ce cercle demi.littéraire étaient GaHois; deux d'entre eux étaient légistes, l'autre était un clergyman. Ce dernier avait reçu une instruction régulière à Oxford, comme disciple du Jésus (collège gallois), c'était un homme de connaissances étendues. Les légistes n'avaient pas eu les mêmes avantages, mais ils avaient fait de bonnes lectures, et ils étaient des compagnons intéressants. La principauté de Galles, comme tout le monde le sait, est habitée par une population passablement processive je ne l'en estime pas moins pour cela. Les belliqueux Butler et les chevaleresques Talbot du xv~ siècle, n'ayan; plus au xvn< le moyen de dépenser leur furie guerrière d'une manière légale, se mirent à se chamailler entre eux. et rien n'est plus âpre que les lettres qui nous restent de la hostile des frères Talbot au temps de correspondance Shakspeare. Une porte se fermait devant leurs inclination: ils s'ouvrirent martiales; naturellement celles que les circonstances leur lassaient. Ce trait de caractère, trè Vo:r particutierementun )iyre de sir EgestonBrydges,dont j'ai ouNs h.~y.~V attttie pM.4aat ta règne4e Jacquesï".

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MAiSGKUX D~OPtUM

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commun t da!l<! )e!! c)~ dans les basses !nf~r!fnr,*<: <<<) rive fm~~c inférieures du pays gallois, ~t<t! obligeait les légistes u faire le tour des principales villes de leurs districts aux ;ou~ de marché. Je les rencontrais toujours dans ces villes, et nous renouvelions chaque fois notre amitié littéraire. Cependant je passai; altornativement des prix doux aux prix forts. Les denrées étaient à un bas prix incroyable à cette époque, où les taxes de guerre de M. Pitt étaient appliquée'} avec intermittence, au point qu'il était extrêmement aisé de mettre de côté deux guindée sur trois dans la dépense de trois semaines, on vivant chez les cottagers. M. de Haren m'assura même avoir passe un jour ou deux dans une auberge qui n'était pas un pauvre cottage, mais simplement une auberge sans prétention, où la maîtresse de la maison remplissait toutes les fonctions, celles de cuisinière, de garçon, de nUe de service, de dccrotteur, de palefrenier; pour ce qu'il considérait comme un dîner réellement distingue au point de vue des mets, sinon au point de vue du service de table, qui était simple et grossier, il avait payé seulement six pence (0,60 cent.). Cotte même auberge situéeâ dix ou douze milles au suddo Do~cUy, reçut quelque temps après ma visite, et je trouvai que tout était exact dans le récit de M. de Haren. La seule réserve à faire dans ce tableau confortable était que l'on faisait le feu surtout au moyen de bois vert, dans une cheminée qui fumait. Je fus si incommode par cette sorte de fumée, qui est particulièrement irritante et caustique pour les yeux, le jour suivant je fus obligé, quoique je fisse, de dire que adieu à la propriétaire factotum; je me sentis réellement rougir quand je payai la note, mais je songeai au bois vert, qui me parut une compensation assez forte pour rétablir l'équilibre. Il'me fut alors, il m'est encore impossible de m'expliquer ces bas prix absurdes; le même bon marché, chose étrange à dire, se trouvait, ainsi que me l'assurèrent Wordsvorth et sa sœur, dans'un paysage analogue, c'est-adire dans la région des lacs anglais, à la même époque.

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-CONtESStONS

ainsi que le font tant de gens, par l'absence de L'expliquer marcher faire de l'éconopour les produis agricoles, c'est car le remède la rareté mie politique contre rebours; des marches et par l'absence de concontre conséquent consiste currence, à empêcher mais vendre du tout'. En fait toutes moins celles certainement la production, non et pas par à vendre suite àà perte, ne p&s

les denrées étaient à si bon nu m&rchë, à trouver dans la que je pouvais m'attendre maison d'un ouvrier, m'était dimcile de dépenser six qu'il du thé ou du café, il n'y par jour sous ce toit. Pour pence Treize ans plus tard, e'est-a.dire, l'année de Waterloo, Il m'arriva de du sud au nord, en commençant par Cardiff, et parcourir la prineiptoX finissant par Bangor. Je n< un détour dt v!o);t-cfuq milles environ, pour m'informer de la santé de mon excellente hSte~te, de mon factotum déter miné, qui était à FanUpode exact de tous les sinécurlstes possibles. Je la trouvai occupée à frotter des bottes et des éperons, et se disposant, à ce que je crois, à-remplir une autre élégante fonction, celle de graisser les sabots des chevaux. Comme elle s'y préparait, elle fut interrompue par taon entrée et celle d'un autre tourhte, qui rectamase'servictsfoustroiïou quatre-formes différentes. Je m'informai de la cheminée; fumait-elle toujours ? H))e montra autant de surprise que si on t'avait Mnp~onnce d'un trtme aussi comme ce n'était pas la saison ou l'on fait du feu, le n'insistât pas. Mais je vis quantité de bois vert et une fort petite provision de bOches. Je crains donc que cette chambre, la principale de toutredif!ce,e continue à empoisonner le repos des malheureux touristes. Je dois néanmoins mentionner une compensation que j'eus cette même nuit pour toutes les larmes que la maudite petite chambre m'avait fait verser. Il y eut un bal public dans cette auberge, cette nuit-ta; je me rendis de bonne heure dans ma chambre, ayant fait une longue marche, et ne voulant pas gêner la compagnie et l'excellente propriétaire qui devait, je crois pouvoir le dire, jouer du violon aux danseurs. Le bruit et )e tumulte étaient intolérables. aussi je ne pus fermer )'œi). A trois heures tout se tut, la compagnie étant partie tout à la fois. Soudain, du petit salon qui était audessus de moi, sépare: de ma chambre par le plus mince des plafonds, s'éleva avec l'aurore la plus douce voix de femme que j'eusse jamais entendue, quoique je fusse depuis bien desannées, un liabitué de l'Opéra. C'était une étrangère; elle velfait de loin, et ie matin on me dit qu'elle était méthodiste. Ce qu'elle avait chanté, ou du moins ce qu'etie chantait en Unissant, c'étaient les beaux vers de Shirley: &M~«,/t!«~«'M~M/M~ la ~t~tMft'S'Ott <<<XS ~MMMr<, JMM/M< ~jr/tm. !<K Cet incident obtint de moi t'oubU et le pardon pour la malencontreuse petite cheminée 1

t6t) en avait point, et à cette époque, je n'y tenais pas beaucoup. Du lait, du pain grossier à la vérité, mais bien plus savoureux que le pain insipide d'un blanc grisâtre qu'on voit dans les villes, de la viande de chèvre ou de chevreau, voilà ce qui formait le menu chez le cottager, menu sans luxe, mais très satisfaisant pour un homme qui se donnait beaucoup d'exercice. Si on le désirait, on avait du poisson d'eau douce a assez bas prix, particulièrement des truites de la plus belle qualité. Dans ces circonstances, j'eus toujours de !n peine a dépense, cinq shillings, ou même trois shillings par semaine, a moins que je n'eusse acheté des airelles ou du poisson. H m'était de la sorte aisé de mettre de côté les fonds nécessaires pour opérer mes déplacements périodiques dans le rôle d'un gentleman touriste. H me fut même souvent impossible do dépenser plus de deux shillings et demi, car dans quelques famittes qui ne r vivaient pas d'un salaire quotidien, il suffisait que je rendisse quelque service, comme d'écrire une lettre, pour que je ne pusse par aucun moyen faire accepter de l'argent. Ainsi, pour en citer un exemple, près du petit lac de Talyllyn, dont le nom s'écrit ainsi, je crois, mais se prononce Taltlyn, dans une contrée reculée du comté de Merioneth, je fus hébergé pendant trois jours entiers par une famille de jeunes gens, et traité avec une bonté affectueuse et fraternelle dont le souvenir ne s'est jamais affaibli dans mon cœur. La famille se composait, à cette époque, de quatre sœurs et de trois frères, tous étaient grands et attiraient l'attention par leur élégance e* la délicatesse de leurs manières. Telle .était leur beauté, telle était la perfection naturelle de leurs façons et leur distinction, que je ne me souviens pas d'avoir rencontré ces qualités à ce degré, et dans un cottage, si ce n'est une ou deux fois dans le Westmoreland et le Devonshire. Ils parlaient anglais; c'est un talent qui n'est pas commun parmi les membres d'une famille galloise, surtout dans les villages' en dehors de la grande route. Dès que j'y fus

D'UNMANGEUR C'OMUM

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introduit, j'y écrivis, à propos d'une qHMt!&!t de s!)!air~, une lettre pour un des frères, qui avait servi à bord d'un vaisseau de guerre anglais, et plus en particuUer, deux lettrtt que deux des sœurs envoyaient à leurs naneés. Toutes deux étaient de physionomie engageante, et l'une d'eltet était d'une rare amabilité. A travers leur confusion, leur rougeur, pendant qu'elles me dictaient, ou plutôt me donnaient des indications générales, il n'était pasdimcitc de démêler qu'elles voulaient concilier dans leur lettre toute ~offfection possib!e avec !a réserve qui convenait à des ~MS filles. Je m'arrangeai pour faire concorder les deux MHttments, et elles furent satisfaites de la façon dont je les tvois rendus, autant qu'elles furent étonnées, dans leur candeur, de ce qu~ je les avais si bien devinées. L'accue~ que ron reçoit des femmes dans une famille indique d'ordinaire sur quel pied l'on sera traité par tous. En ce cas j'avais rempli mes fonctions de secrétaire la satisfaction générale peut-être aussi \je les, intéressai par ma conversation, si bien que je fus invité m'arrêter, et me retint d'une,maniere si cordiale, que je me sentis qu'on peu disposé à lutter. Je fus obligé de coucher avec les frères, le seul lit vacant se trouvant dans la chambre des jeunes femmes; à cela près je fus traitô en toutes choses avec des égards qu'obtiennent rarement des bourses aussi l'était la mienne, et l'on me fit comprendre légères que que mon instruction ci ma politesse étaient regardées Aussi comme des preuves évidentes de gentHhommcrie. m'arrêtai.~ chez eux pendant trois jours, et pendant une grande partie du quatrième, et comme je ne voyais pas faiblir la bonté avec laquelle ils me traitaient, je pense que j'aurais pu rester chez eux jusqu'à ce jour, si leurs ressources eussent été à la hauteur de leurs désirs. Néanmoins le dernier matin, comme on s'asseyait pour le déjeuner, l'aperçus sur les physionomies les indices d'une confidente fâcheuse, et bientôt après l'un de~ frères m'apprit que, la veilie de mon arrivée, les parents s'étaient

i)'UNMAMGt.Ut<b'ûp)UM t~!J rendus au meeting annuel des méthodistes, qui se tenait à Caernnrvon et que leur retour était attendu pour ce jourla; il me dit que s'ils n'étaient. pas aussi a~hMm qu'ils devaient l'être, il me priait au nom de tons ïe$ jeunes g~ns, de ne pas prendre la ci. (&een mauvMss part. Les p<t"ents à toutes mes avances ils réponrevinrent, l'air bourru, « O~" .M~MC/t » (pas l'anglais). Je sus .h.quoi dirent m'en tenir; aussi, prenant congé le plus affectueusement possible de mes aimables hôtes, je m'éloignai. Eneffet, bien ma cause auprès de qu'ils eussent plaidé chaleureusement leurs paren:s, et qu'ils eussentsouvent excusé les manières des vieillards, en disant qu'ils « étaient comme cola x, je n'avais pas de peine & comprendre que mon talent pour écrire des lettres d'amour était aussi peu propre que mes alcaïques et mes sapluques à me recommander auprès de deux méthodistes gallois sexagénaires, et que ce qui avait été hospitalité, par la grâce et la politesse de mes jeunes amis, serait charité, par l'effet des manières bourrues de leurs parents. A cette époque, alors qu'il me devenait de plus en plus difHcile d'économiser sur mon revenu hebdomadaire, en co~chtnt dehors, les fonds nécessaires pour me loger dans les auberges coûteuses, il semblait qu'un ennemi tout-puissant, auquel j'obéissais avec peine, mais de séjour, iata!emen.t, me faisait changer continuellement et me poursuivait comme Fœstre de l'infortunée ïo dans le Jetait l'aiguillon d'une persécution secrète mythe grec qui me faisait fuir alors que personne ne me poursuivait. Ce n'était pas une espérance irompsuse, car l'espérance ne <Ne murmurait qu'un encouragement douteux; ce n'était 'CfMrtMrfMt. – Da:;s cette circonstance,le vis combien )'id<'e de nombre est vaguepour tes espritsqm ue st Mu! point &nu))Mis~~<c elle.Je demandaià une personne âgée CoMbien ensez-vousqu'i) y p ait eu de gens à Caernarvon, ce )our-t4?– Combien,combien,rcpondit cette personue.je pense, je compteqm'i)pouvait y avoir pr:s de qa~re mittions. Qtt~-ttre millions.. tout mj\li()!1~ mitiions d'cu'en~crsd.tn.sia viitede C~rnan'on, pe:))evillede Ca.emarvQu, la_petite -_uqni pouvait tout au p!us,d'après ma propre es!in!<tion,en contenir quatre t c<ntsd~pi)M.

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CONFKSStOKS

pas une crainte fondée, car tout était autour de moi animé d'une douce et champêtre beauté. Tout a coup je pris une résolution farouche, cslle de sacrifier ma gainée hebdomadaire, de couper le c~bie de mon ancre, et de me jeter en désespéré dans Londres. Mais pour que le lec'eurnc s'exagère pas mon élan et ne se le représente pas comme un -accès de frénésie, qu'il se souvienne de ce que je trouvais de vexant dans ma situation présente, et des moyens qui trouvaient à ma portée pour l'améliorer. Si j'eusse mieux connu la vie que je ne la connaissais alors, ce n'eût pas été un plan désespéré pour un jeune garçon, instruit comme je l'étais, que de s'élancer dans l'océan sans bornes de Londres. Je possédais des talents qui pouvaient me apporter quelque argent. Ainsi, comme correcteur d'imprimerie pour les réimpressions d'auteurs grecs, j'aurais pu gagner un salaire..Mais ces ressources que je possédais réellement, je ne les vis jamais sous ce jorr, ou pour dire la vérité, elles m'étaient inconnues quant à celles sur lesquelles je pouvais compter le plus, il me semblait invraisemblable qu'elles me fussent utiles. Mais quel motif avaisje de me plaindre de ma vie actuelle. Le voici le dilemme proposé à mon choix était que si je voulais positivement avoir de la société, il me fallait vivre dans les hôtels. Si j'avais pu me faire l'idée de vivre tranquille~ne.tt dans un village ou un hameau; pour un homme aussi insoucieux des commodités de la vie, ma guinée hebdomadaire m'aurait procuré tout ce qu'il me fallait, et dans quelques maisons elle m'eût donné l'avantage qui ,était tout a fait indispensable à mon bien-être, d'une chambre particulière. Dans ce cas même. la dépense était fatalement augmentée par le luxe aristocratique de notre façon anglaise, qui interdit à un gentleman de coucher dans sa chambre de séjour. Dans ces conditions, j'aurais pu peut-~tre trouver une itts:a!!a!ion propre et confortable dans quelques familles respectables, où mes habitudes peu bruyantes, et ma courtoisie respectueuse 1

C'UK MANGKUR D'OfiUM

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comme un envers les femmes, m'aurait fait considérer terrible de cet h conserver. Mais la compensation hôte d'avoir des livres, ou avantage était l'imposibilité absoiue d'une manière plus générale, celle d'avoir pour parler aucune relation intellectuelle. Je languissais pendant tout le jour, pendant toute la semaine, sans avoir autre chose une fois tous les sept que le journal du comté paraissant mon ennui mortel. jours, pour égayer J'ai dit au lecteur a quel bon marché incompréhensible on vivait dans tes cottages pauvres. Mais cela n'avait aucune influence sur les prix des hôtels de premier ordre, les seuls où j'eusse quelque chance de rencontrer de la société. Ces la brièveté de la saison, derniers, alléguant principalement demandaient les prix de Londres. Pour les payer, il ne m'était plus possible, l'hiver approchant, d'économiser la moitié de ma guinée en passant la moitié du temps d'une coupait court à tout plan façon moins coûtsuse.'Cela alterner les jours d'existence sauvage raisonnable pour avec ceux d& confortable et de luxe intellectuel. Mais pendant que cet embarras me parlait à une oreille, l'autre de mes amis était assaillie par les offres bienveillantes et surtout des deux légistes, qui me proposaient gallois, de me prêter tout l'argent que je croirais nécessaire pour aller à Londres. Douze guinées, nuis-je par dire, me sembleraient suffisantes. Ils me les prêtèrent sur-le-champ. Dès lors, dès cet instant, j'étais prêt .pour Londres. Je fis mes adieux à la Principauté de Galles en qualité de touriste pédestre d'une façon aussi peu prétentieuse que c'est-à-dire d'emj'y avais fait mon entrée. D'"M~MMf<ï, ou de bagages, je n'en avais aussi aucun, barras de chevaux si léger qu'il fût. Partout où il me plaisait, au moment qui Ma dernière halte de me plaisait, je pouvais m'arrêter. un simple hasard m'y quelque durée fut à Ostwestry; conduisit, et ce hasard qui arriva de la manière la plus i naturelle uHtis une KUNblpcttte ~i!!c, utc~t lencoHuct Un des plus chauds amis que je m'étais fait dans les Galles, et

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CONtt:SStOm

qui s'y trouvatt en résidence. Il ex~rctt sur moi une violence hienveillante qui me retint plusieurs jours, et il ne voulut accepter aucune défaite. Comme il était encore aux autres célibataire, il lui émit impossible d'ajouter charma de sa demeure hospitalière, celui de la société féminine. Mais cette demeure, rendue attrayante par les grâces de sa franchise juvénile et doson intelligence ardente, su<nsait pour raccourir le jour le ptus long. Cet ami gallois est un de ceux qui ont croisé en grand nombre ma route; enchatné par d'anciens événements ou par des nécessités domestiques aux devoirs d'un~ profession, alors que son caractère sauvage et réfractaire le lançait tête baisséedans toutes les routes intellectuelles qui étaient en désaccord com. plet-avecses devoirs journaliers. Sa bibliothèque était déjà nombreuse, et aussi bien choisie que peuvent le permettre les hasards qui président d'ordinaire la formation d'une bibliothèque en province. On peut dire en géïteral que la bibliothèque d'un jeune homme dans une ville provinciale n'est rien autre chose qu'une allusion, un dépôt dû des accidents locaux, un abatagc fortuit de fruits détaches -et dispersés par les rudes ouragans d'une banqueroute. Dans bien des cas aussi, une telle bibliothèque de province représentera simplement la partie des bagages qu'une famille qui va habiter beaucoup plus loin, abandonne pour éviter les dépenses du transport, les livres étant les plus lourds des bagages domestiques. Parfois encore, mais plus .rarement, il arrive qu'une vieille famille- s~teint et laisse forcément aux exécuteurs .testamentaires la ~Nche de liquider tout le capital, matériel qai formait le milieu où elle vivait, des lors on voit apparaîtr-e avec un éclat de météore soudain,et sortir de quelque cachette-centenaire, un magnifique joyau littéraire, ~n exemplaire de l'édition pnneeps de Shakespeare de i6x3,un Becaïnëron'qui n'a -pas subi la castration, ou quelque étincelani Ks~~tov (ecrin). C'est a'BS'MM"hpf;u~ ~<' pttH~iMCe, ttM'MtMt~ttsetKMt accrue naturellement et en silence, n'en conserve pas

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MA~CKUH

D'ODUM

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moins les preuves muettes de maintes convulsions et tragédies de famille, qu'elle parle et raconte pour ainsi dire des orages, et contient les souvenirs de naufrages à demi oubliés. Les naufrages réels offrent souvent de semblables exemples de bibliothèques formées au hasard au fond de la mer avide. Quelle magnifique collection de livres repose, à l'abri de la critique, sur le sol de l'Océan Indien ou Atlantique, gruce aux contributions aux annuelles, kee~sak-es, MX interminables forgct-me-noi (ne m'oubliez pas) des puissants personnages de l'Jnde. Le /cH'< avec la triste séparation du capitaine et de ses filles, le Growenor le ~U)~<OM, l'~M'g~t~nM~ des douzaines de vaisseaux de )Trême tonnage, avec des populations renou" velces par la naissance, la mort, le mariage, populations capables de remplir des cités, aussi riches que des mines d'or, capables de factions et d'émeutes, voilà ce qui a patronné libéralement par le don d'exemplaires de grand format, cette vaste bibliothèque Bodieienne sous-marine, bien moins exposée à l'incendie que cette autre bibliothèque Bodieienne du monde terraqué. Cette bibliothèque d'un particulier d'Ostwestry avait quelque chose de ce caractère désordonné, fantastique, irrégulier, mais elle n'était pas moins attrayante pour cela. Il y avait là une foule de choses qu'on n'aurait pu trouver nulle part et qui, nulle part ailleurs, n'eussent pu se trouver réunies. Aussi entre la bibliothèque et la conversation ardente de son propriétaire, qu'animait encore le rare avantage d'une fraternelle sympathie, je courais le danger de rencontrer des attractions assez fortes pour m'endormir dans les délices de <~e séjour, ou pour me faire rêver des événements extraordinaires. En réalité j'étais excusable d'agir <)4n&i}<:<onnaissais.trés imparfaitement les ornières où se passait la vie quotidienne de mon an,t.~ .il se faisait une idée si hautement castillane des devoirs qu'impose la. grande d=c~ de rhcs?ir=Hté, qu'd! ne T~ursit ~m~s permis de soupcsnne!'de.quelle façon )'MtfavaisgradueUe..

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ment et imposait pendant et d'une

sans le savoir les obligations régulières que lui son métier. S'en aller, sous prétexte < d'anaires une tournée d'une semaine, ç'aurait été à M~~MA', manière virtuelle, au point de vue du .résultat, m'indiquer avec une clarté évash'e. conforma aux conven. tions sociales, que je ferais bien de partir moi-même. H serait mort plutôt. Mais un accident survint et révéla la véritable situation, ou du moins me là fit soupçonner, et engagea mon sentiment de délicatesse & combattre tout désir de rester plus longtemps. J'annonçai tout & coup et mon départ, en ajoutant de quelle mapéremptoirement nière il aurait lieu. Longtemps en effet, il combattit avec un zèle sincère contre mon dessein, qu'il prétendait n'être nullement nécessaire pour lui rendre sa liberté d'action. Mais voyant enfin que j'étais très détermine, il cessa de s'opposer à mon projet, et se borna à m'aider de ses conseils et a entrer dans les détails..Mon plan avait été d'aller à pied jusqu'au delà de la frontière, d'entrer en Angleterre, de marcher jusqu'à Shrewsbury, éloigné d'Ostwestry d'environ 18 milles, et là, de prendre'une des lourdes voitures qui me transporterait à bon marché à Birmingham, grand foyer où convergent toutes les routes de l'Angleterre dans sa partie centrale. Un plan pareil reposait sur l'hypothèse qu'il pleuvrait fortement et longtemps, hypothèse admissible à la fin de novembre. Mais comme il était, possible que le beau temps durât encore quatre ou cinq jours, qu'est-ce qui m'empêcherait de faire tout le-voyage à pied? Il est vrai que la mine renfrognée de l'aristocratique propriétaire allait certainement m'accueillir et me faire un salutauquel j'aurais à m'accoutumer à la fin de chaque journée de marche mais, excepté dans les stations solitaires de poste, le crime d'avoir employé la vile méthode:de marcher à pied, la seule connue aux patriarches d'autrefois et aux tramps (vagabonds) modernes (tramp est le nom que leur donnent les actes cfRc'cl'n!" Parement) <?!"ve et s'expie aisément par cet autre fait que vous éparpi}!ez.votre pous-

CONMSStONS 110 1.

)yy vous avez le bonheur d'en avoir, ¿ sière, si par hasard travers les rues que vous avez envahies en étranger. Heureusement le scandale du voyage à pied est, a certains égards, marqué -d'une manière moins compromettante que celui de la scrofule ou de la lèpre; il n'est jamais imprimé sur votre figure. L'homme qui est coupable de voyager à pied, lorsqu'il entre dans une ville quelconque, n'a pas autre chose à faire que de se plonger dans la foule de ceux qui sont innocents de cette faute il en sortira lavé et rebaptisé, ttu moins dans les choses de la vie ordinaire. Le maître de tout hôtel sait que vous n'êtes pas venu le trouver à cheval ou en voiture, mais il se peut que vous ayez séjourné pendant des semaines dans la maison d'un citoyen distingué, qu'il serait peut-être dangereux d'offenser, et peut-être aussi vous avez bonne réputation dans quelque autre hôtel. A cela près, on peut dire d'une manière générale que le voyageur à pied, aux yeux d.p<. propriétaires anglais, traîne après lui l'ombre et le shibholeth du paria le plus misérable. Mon ami gallois savait cela il me pressa vivement de profiter des avantages des voitures publiques, pour ce motif-là et pour d'autres. Un voyage- de )8o milles, fait à pied, me prendrait neuf ou dix jours, et, dans ces conditions, les seules dépenses dans le prix de la voiture la plus les auberges dépasseraient coûteuse. A cela, rien de fondé à objecter, excepté que ces dëoenses de neuf ou dix jours seraient nécessaires tôt ou tard, que je fusse à Londres ou sur la route. Mais comme il me semblait peu gracieux de faire une résistance trop obstinée à des conseils inspirés uniquement par mon avantage, je soumis h mon ami tous les détails de mon plan; l'un. d'eux était que je prendrais la malle de Holyhead, et non les diligences. Cette stipulation visait une des nouvelles manières de voyager qui faisaient alors leur première apparition. Les voitures rapides coûtaient le ~néme prix que les malles, mais les diligences commençaient alors merm: à prendre des allures nouvelles et inquiétantes. Les déla

D'UNMANGEUR C'ONUM

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CO~FKMtONS

s'accroissaient si rapidement, que pour suffire lacements aux demandes, la vieille forme du véhicule, qui contenait au plus six places, se métamorphosait, sur les routes principales, en un véhicule allongé, en forme de bateau, très scmb)ab)e h nos mo'dernes et détestables omnibus, mais de eoux-ci. Ce védépourvu de toutes lc$ ametiorations hicule était appelé le .<long coach et les voyageurs avaient douze ou quatorze places a droite et à gauche/Comme la ventilation était fort méprisée en ces temps ou on ignorait presque partout l'existence même de l'atmosphère, il en résulte que les horreurs de la cage noire du gouvçrneur Holwcll à Calcutta, se reproduisaient dans de moindres nuit sur toutes les rp.utes anglaises. proportions chaque Yl fut "convenu enfin que je quitterais Ostwestry à pied, du simplement pour profiter des aimables dispositions temps, mais que lorsque la malle traverserait Ostwestry, mon ami m'y retiendrait une place pour tout le trajet jusqu'à Londres, de façon à écarter d'avance tous les competiteurs. Le jour où je quitta! Oswestry, accompagné pendant prés de cinq milles par mon ardent ami, était éclaira par le soleil doré des derniers jours de novembre. On aurait pu dire avec autant de vérité que 'du clair de lune de Jessica, dans le Af<!r<~M~ Venise, que cet éclat d'or du soleil semblait dormir sur les bois et les champs, tant il y avait de religieux silence, de repos profond comme la mort. Ce jour-là était un de ceux que donne la courte et aimable saison de l'été qui renaît pour nous dire adieu, saison qui sous un nom ou un autre est connue partout. Dans l'Ame' rique du Nord, on l'appeiïe l'été indien; dans l'Allemagne du nord et du centre, c'est l'c/e des vierlles femmes, ou plus rarement l'<~ des ~ewo~e~p.s. C'est cette dernière et rapide résurrection de l'été dans ses souvenirs les plus brillants, résurrection qui n'a pas de racine dans le passé, elle ressemble aux qui n'a aucun appui dans l'avenir; languissants et capric<eua. cdats ds I&l&MpçMpiMnte~ elle 1il!

P'UM

MANGHUX

D'OMUM

ï~f)

l'e<:Imr avant la imite ce qu'on. nomme chex tes naïades. mort quand ils touchent à la fin. On y sent ).< lutte qui s'est produite entre les forces décroissantes de Fête, )es forces croissantes de l'hiver, elle rassemble assex bien à celle qui entraîne par des forces antagonistes vers une innammation ardente, et par la, dans une bataille furieuse, précipite le corps plus rapidement vers la mort et son repos définitif. Pendant un temps, l'équilibre s'est maintenu est à la fin l'antagonisme entre les forces ennemies; par les puissances qui vaincu; la victoire est remportée en même temps que la lutte combattent pour la mort cesse, disparait l'angoisM de la batMtle. A partir de ce moment, la belle inclinaison de la vie qui décroît, sans être troublée -par des réactions, se laisse aller avec une placide religieuse vers ies profondeurs muettes de l'infini. Quelle douceur, quel mystère u~ns ce sourire tendre, doré, si'encieux comme un rct'e, et uui meurt aussi tran'qui)!e que la vie s'en va che? un saint ainsi se dissipa graduellement ce jour d'adieu pendant lequel j'employai toutes les heures à saluer les Galles pour bien des années, et pris congé de l'et' L'aspect, le calme sépulcral de ce jour immobile, a mesure qu'il s'écoulait solennellementdu matin, à midi, au soir, attendant la nuit qui accourait pour une impression fanengloutir sa beauté, mefaisaiteprouver tastique, comme si je lisais le langage même de la résignation quand elle cède devant une force invincible. Et par intervalles }'eatendats,-– sur une clef bien différente, – le grondement rauque et éternel de cette terrible capitale, dont à ce qu'il mn chaque pas me rapprochait, m'appelant, succès aussi semblait, à des desseins aussi obscurs, des le sont les routes suivies par les boulets incalculables que lancée: au hasard et dans les ténèbres. U n'était pas tard, mais la nuit était venue depuis deu~heures au moins quand j'atteignis Shrewsbury. n'étais-~ point exposé au soupçon de voyager pédestre men~ S~as doute je Fêtais, mais lors taême que mon <nmc eût été

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CONFESSAS

encore mieux prouve qu'il ne pouvait l'être dans ma situa. tion, il reste encore un ~ocM jfa'tn<eM<t'<p our de tels cas. p Assurément un homme peut se repentir de tout crime, et par conséquent d'avoir voyagé à pied. Je pourrais avoir erré un tribunal pour juger les pieds-poudreux (dusty foot) aurait pu trouver les preuves de mon crime sur mes souliers pourtant je ressentais peut-être un secret désir de ne plus agir ainsi désormais. Certainement j'éprouvais quelque chose de ce genre quand je me présentais comme le voyageur enregistré pour la malle de cette nuit. Cette attribution fit de moi un hôte parfaitement en règle pour l'auberge. Quelle que fût la vie désordonnée que j'avais pu mener jusque-là, comme voyageur à pied. En conséquence je fus reçu avec égards, et il arriva que je fus accueilli d'une manière pompeuse Quatre chandelles de cire portées devant moi par des muets dociles, ce n'étaient là que les honneurs ordinaires, qui, ainsi que avant appris l'expérience, me. l'avait bien longtemps étaient les premières parallèles du siège d'rigé pour se loger dans la bourse de l'étranger. Il est certain que les chandelles sont employées par les aubergistes, tant insulaires que continentaux, pour essayer « la portée de leurs canonsM.Sil'étrangerse soumet en silence, comme le fera sûrement un vrai voyageurs pied, et ne répond pas au moyen d'une bordée de protestations, il est reconnu comme situé passivement dans le champ de tir, et sa capitulation est assurée. J'ai toujours envisagé cette amende de cinq ou sept shillings, pour des chandelles qui vous sont absolument inutiles, comme une sorte d'impôt d'entrée ce qu'on appelle en argot de prison, inaugurale/comme le ~tM~rt par lequel on établit qu'on est un homme comme <t /aMf, et il n'est au monde nul impôt que je paie plus volontiers. Toutefois celui-ci était trop habituel pour que je le considérasse comme une distinction. Les chandelles, pour employer le superbe mot grec sxojM~s, marchaient devant moi, comme le feu sacré, feu processionnellement

D'UN MANGEUR D'OtUUM

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inextinguible sur son foyer d'or, précédait César semper Augustus lorsqu'il accomplissait un de ses avatars religieux ou officiels. Alors il suivait les routes qui mènent à la glorification, il passait le long des ordinairement aréiques cavernes; je pouvais dire comme un des douze Ut puto, deus Ho a (mon Césars, h l'heure de la mort est que je suis en train de passer opinion personnelle n'était pas complète. dieu); mais enfin la métamorphose Elle fut accomplie quand je m'arrêtai dans la chambre somptueuse qui m'était assignée. C'était une salle de bal t de nobles proportions, éclairée, pour le cas ou j'aurais à écrire des ordres, par trois superbes chandeliers, non pas ornés de vulgaires collerettes en papier, mais étincelants de cristaux suspendus à toutes leurs branches, et renvoyant les éclats adoucis de ses grosses chandelles de cire. II y avait de plus deux orchestres, qu'avec de l'argent on eût pu rempli en trente minutes. Pour compléter le tout, il man–- avec cela mon quait une seule chose, un trône, apothéose eût été parfaite. Il pouvait être environ sept heures du soir, quand je pris possession de mon royaume. Environ trois heures après, je me levai de ma chaise et regardai dans la nuit avec un vif iméret. Pendant près de deux heures j'avais entendu se lever un vent furieux, et toute l'atmosphère était devenue alors un vaste laboratoire de forces ennemies. C'était un chaos, une forêt vierge pleine de spectacles sombres et intéressants, pleine de ces bruits religieux de ces <:sons qui vivent dans les ténèbres H (Wordsworth, Excursion) comme je n'en avais jamais remarqué volontairement. J'avais eu raison, et l'instinct m'avait guidé, quand j'avais fait mes adieux au printemps. Pendant tout Une salle de bal. Cela s'expliquetrès simplementpar ce fait que e t'ho'e) traversait une phase étendue de puri8catic:i,d'embellissement, t et que le c:ois, d'agrandissement, comme i) arriva cette nuit je metrouvai Mt/tde voyageur arrivé à t'hôte),il s'ensuivit pour moi cette réceptionà dMa:oy: ro~

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COMfKMtOMt

le jour, les Galles avec leurs ehr.~es de a)ont<gnes, Penmaenm&wr, Snowdon, Cader Idris, avaient parta~ Mais désormais c'était Lonavec Londres mes penses. dres, dans son isolement ténébreux et son innni, qui régnait sur toutes les facultés de mon âme. Quant a d'autres objets, d'autres pensées, je ne pouvais en supporter. Lnngtcmp! avant minuit, toute la maison, à réception d'un garçon unique, était allé se coucher. Deux heures m'étaient accordées après les douze coups,- pour des réflexions qui faisaient battre mon cœur. Plus que jamais )'é<ais sur le bord extrême du précipice; les détails rendaient qui m'entouraient plus profondes et plus intenses ces rénexions, et leur imprimaient un caractère de solennité et d'effroi, parfois même d'horreur. !1 est impossible à ceux dont la sensibilité est rebelle et calleuse, de concevoir comment il existe d'autres hommes dont les rêveries se trouvent fortement modifiées et gouvernées par de la scène qui est en contact les caMCtÈtCs extérieurs restait en suspens immédiat avec eux. Plus d'unsuicide.qui dans les balances du doute, a été décidé et mis sommairement a exécution par l'eSet que produisait l'aspect désole et mélancolique d'une maison ruinée et dépouillée. Souvent il n'y a pas d'exagération à dire que la diSerencc entre la disposition à mépriser la vie, et celle qui porte à la prendre allègrement, dépend dès-apparences extérieures qu'offrent les détails domestiques places continuellement sous nos yeux. En ce qui me concerne, dans cet hôtel de de Shrewsbury, j'avais devant moi un groupe d'objets qui tendaient à faire sur moi des impressions bien diverses, et cependant'elles se conciliaient sous quelques rapports. Les dimensions extraordinaires des chambres, et surtout leur hauteur inusitée, me donnaient d'u.ne manière contide nue et obséd':nte, par les liens naturels d'associations sentiments ou d'images, Impuissante .vision de Londres, qui m'attendait au loin. Dix-hmt ou vingt pieds de hauteur m'apparaissaient forcément avec des proportions exa-

D'ONMAXCEUHB'O'tUM 1

tS;

1__ 1-~ !l --1~ des chambres latérales plus gérées dans quelques-unes petites, destinées sans doute aux joueurs de cartes et aux buveurs. Ce simple caractère des salles, – leur hauteur inaccoutumée, et ce vide retentissant qui résultait de leur élévation, – il n'en fallait pas davantage pour le rendre terrifiant, et il l'était réellement, surtout quand il s'y joiet vaporeuses des pieds gnait les images innombrables agiles quiavaient si souvent semé la joie sous ces voûtes, où elles voiaiehtsur les ailes de la jeunesse et de l'cspé!nce,au retentissait de sons musitemps où chaque chambre caux. Tout cela surgissait en une vision tumultueuse, pendant que les heures mourantes de la nuit s'en allaient àpas furtifs, que tout, dans la maison comme dans la ville, dormait autour de moi, que l'ouragan battait contre les fenêtres avec une fureur croissante, et semblait augmenter indénniment. H en résultait en moi un état insupportable d'excitation nerveuse, sous ces influences de forces oppode sées, sur lesquelles planait de bien haut l'horreur l'abîme insondable de Londres, où j'allais me jeter si délibérément. Plus d'une fois je regardai au dehors, et plongeai ma vue dans la nuit. Elle était épouvantable au delà de toute description, aussi noire que la gueule d'un Mais par intervalles, le vent qui soufflait contiloup nuellement, finissait par balayer les nuages, par déchirer le vaste rideau, et laissait voir quelques étoiles dont la lumière était singulièrement trouble et lointaine. Plus à la U'une fois, en allant des chambres retentissantes, d'où je voyais la nuit furieuse, ~'aperçus Londres fenêtre m'ouvrant ses portes fantastiques, pareilles à l'ouverture redoutable de l'Achéron (~<eroHi'y avari Et toi aussi, Galerie résonnante, dans ces instants de désolation dont je sentais tout le poids, tu vins murmurer à mon oreille des avertissements prophétiques. Une fois de plus, je me préparai à prono'nccr un mot irrévocable, à mettre le pied dans ces sentiers aux détours tracés par !a fatalité, et dont les enchevêtrements né peuvent plus être débrouillés.

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Telles leur étaient correspondaient, de mon imagination un bruit de roues, quartier la malle premier poste. éloigne.

C<MtFf;M)OM
tes pensées, et avec ellés les visions qui dans la chambre qui déniaient MOt~ surexcitée quand, soudain, j'entendis mais ce bruit se perdit bientôt dans un Je pensai, ce qui était exact, que c'était qui allait de remettre en toute Mfe au les colis remplir bureau son de la les chevaux

d'Holyhead* celui devoir,

minutes Quelques après, on annonça que et me voilà en route étaient changés, pour Londres. Toutes les malles du royaume, à l'exception d'une seule, celle de Liverpool, étaient de manière a arriver à dirigées Londres le matin de bonne heure. De quatre a six heures, elles arrivent l'une l'autre dans après l'ordre où elles se trouvent sur l'indicateur, du Nord (~V-<M/<), de l'Est (.E-<M~ de l'Ouest du Sud {~-ûM~) de là viènt, (W-est), suivant certains curieux le mot d'étymologie, M?W.S magique elles se rendent (nouvelles) successivement au bureau de la poste où elles leur émouvant déposent fardeau, pas avant quatre heures, isix heures. pas après Je parle du où elles marchaient temps avec lenteur. L'état des routes était tel que, pour y circuler, on avait construit des voitures d'une masse les malles bâties hyperbolique ces d'après étaient les chariots les plus principes lourds ait qu'on Ces deux inconvénients jamais pu voir ou imaginer. réunis~ La malle de Holyliead était & son origine, sous la dépendance des vents ne suivit pas tacôte.Eiie ne etdeseaux,!Menqu'e)!e pouvait.par conséquent. remplir ses fonctions avec la même exactitude que tes malles dont le trajet était tout terrestre. Soixante miUes de trajet par eau, entre Dublin et Holyhead, étaient franchis avec une précision merveilleuse. Les transports n étaient confiés par la poste qu'à des capitaines ayant commandé des frégates les salaires étaient assex étevés pour faire de ces emplois une récompense fort appréciée dans )a vie nautique, et les rendre di"nes d'envie et de vive compétition. Le résultat était de supprimer tout inconvénient qui. peut être prévu par )e soin, l'attention, i'habi)ete professionnelle. Cela n'empêchait pas, après tout. les vents de faire de leurs tours, surtout pendant les deux ou trois semaines qui sub-ent t'équinoxe. et i'honjme le plus habile dans ce temps o& l'on n'avait pas les ressourtes de la vapeur, ne pouvait répondre d'arriver à l'heure dite. Six heures étaient, je crois ie fixé par la poste pour ces soixante minea. mais ce déiai était soutemps vent d: beaucoup au-dessous du dé!ai qu'il fa!)fi[.

C'UHMANGEUR C'OMUM

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le poids des voitures et les routes, qui étaient des fondrières, il était impossible même pour les chevaux nourris avec le système anglais, pour des animaux qui n'avaient aue des os et du sang, de traîner leur énorme véhicule à unc vitesse de plus de six milles et demi par heure. En conséquence, il nous fallut vingt-huit mortelles heures pour que la malle, quittant Shrewsbury à deux heures du matin, pût atteindrele bureau central de la poste et remettre fidèlement au rezde-chaussée de Lômbard-Street tout le fardeau d'amour et de haine que l'Irlande avait été capable de réunir en vingtquatre heures, dans le grand dépôt de Dublin, en vue d'en faire une donation a l'Angleterre. En y réfléchissant, je vois que j'ai été injuste envers. moi-même. Ce n'était pas sans un plan quelconque que j'étais parti, et je l'avais mûri en route. Le succès de ce plan dépendait de la possibilité de faire un emprunt en donnant une caution personneHe. Deux cents livres, en y comprenant quelque chose pour Ie& intérêts, faisaient quatre sommes decinquante livres chacune. Quelle distance me séparait,de mamajorité? Tout simplement un intervalle de quatre ans. Londres, à ce que je savais ou croyais, était la ville où trois articles sont à un prix très élevé, premièrement, les gages des domestiques, en second lieu les logements en troisième lieu, le laitage. Pour tout le reste, Londres était souvent plus avantageux que les autres villes. Dans une rae de Londres qui n'aurait d'autres prétentions que celle d'une respectabilité passable, il a toud'avoir deux jours été possible au dernier demi-siècle 'Cela n'est pas exact. Si vous allez de Hammerfest ers le sud, et que: v vouspartiez ainsi du point le plus septentrionalde la Norwègeou de la Laponiesuédoise,pour traverser toutes les latitudes de l'Europe jusqu'à Gibraltar, &l'ouest,ou Naples A l'est, Glascowestia ~i))eoù à ma consont te.ptus cher!. Un )ogemeT)t naissance,lestogemems convenablepour unepersonneMu)e!etr<)ttvc:t;?:mentsEdinoboargpour une demi-guinée parsemaine,et coûte nna guinde à Gtascow; dans cette dernière ville, à. des rcxception gages des domestiques,tout tend le séjour plus coûKat, qu'àLondres

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cost'KMtOM

chambra ~ratea pour le prix d'une demi-puinée par semaine. C<M« somme de vingt-cinq livrer déduite, il me resterait uo< <ommo égale pour les ftUtreï dépenses pendant l'année. J'étais tMt. sûr qu'elle serait suMsante. Si donc je parvenais à trouver les deux cents livres, mon projet était de me retirer à l'e«rt de toutes mes conn,.Ui.<nces jusque e< que je devinsse libre par l'effet de la loi. 11 est vrai les qu'en agissant ainsi, je renon~aii: forcemant tous ou tet!~ ~ds ou petits, d'un tvanta~ imusinaires voyage M!'Unh ertitë. Mais comm< en ff<t!itJ je n'ai jamais tiré d'une Université aucun avantage ou profit, le résultat auquel mon plan m'nur.tit conduit, s'il s'était réalise, aurait été le tnone que produisit mon échec. Ce plan était nssex simple, mais il uvait pour hase la possibilité d'attendrir la durctë des pfet<:ur<. Sur ce point, )'nvais la fois des espérances et des craintes. Ce qu'il y avait de plus exaspérant, c'était ce que le hasard me fit connaître comme une règle invariable dans lu conduite des prêteurs, le retard c'est le seul moyen qu'Usant pour grossir leurs exigences, en alléguant leurs rapports A

Related Interests

cc les hommes de loi et la nécessité de soutenir !eur xele. 1 Je ne perdis pas de temps pour commencer l'anaire qui m'avait amené à Londres. A dix heures du matin, e'est-adire un moment ou l'on peut supposer que tous les hommes d'affaires sont à leur poste, soit en personne, soit en. procuration, je me rendis au bureau du prêteur.' Mon nom y était déjà connu car étant encore dans les Galles, j'avais écrit pour donner un exposé clair et soigne de ma situation dans le monde et de mes espérances pécuniaires; des renj'appris plus tard qu'on avait pris personnellement de ces points; et seignements detailtës sur quelques-uns par ces lettres je m'étais efForcé de me préparer un accueil favorable. Le prêteur, comme je m'en aperçus, avait une invariable. Il n'accordait jamais une entrevue pM'règle Mnnellc a qui que ce fût, quand c'eût été le plus aimé de

<8y ses clients. Tou* sans aucune exception, et moi comme les et têt au<rfs, étaient adressés pour les renseignements démarches H faire dans leurs ncsociaïions, un uttorncy. Celui-ci portait plusieurs jours par semaine le nom de aux jours de ;!rnne!t, mais occanonne!tement, pdut~trc lettre t't'uge, il promut )< nom beaucoup ))!us répandu la avait de Brown. M. Brun<it-Brown ou Hrnwn-nruneU établi son foyer (si jamais il en eut un) et ses dieux dômes* tiques (quand ils n'étaient pas sons ia ~rde du sh~iH) dans Gretk-Street, quartier de Soho. i'nr ette-meme !n maison n'&vait rien qui interdît le respect, si elle efx été bhnchic de temps à autre. Mais clle avait un air nMthcureux, une apparence sombre et s~una~c d'nngoi~e qu'c))e dc\)it a ce on ne~H~enit do h hndique, depuis de iongues années, de la nettoyer, et même, sous certains rapport: geonncr, de la reparer. A vrai dire. les fcnotres n'avaient pns de !e profond sitcnce qui régnait dans cette vitres cassées dû a l'ubsence de tout visiteur ainsi qu'à demeure était celle des employés ordinaires d'un ménage, boulangers, et cela expliquait suffisamment son bouchers,.brasseurs, air de désolation en suggérant un motif qui n'était pas tout à fait exact, l'absence complète d'habitants. Ln maison avait, pendant le jour, des hôtes, mais d'une classe si!en" cieuse, et elle était destinée a voir leur nombre s'augmenter. M. Brown-BruneM, après m'avoir épis à travers une étroite lcflnnc de l'édifice, et pareille à meurtrière percéemr aux portes des façades à celles qu'on voit fréquemment et me conduisit Londres, m'accueillit avec empressement comme un hôM d'importance à son q/M<! ~!p/oma<MMj qu'H 9'~Mit réservée sur le derrière du bâtiment. L'expression de sa physionomie, et plus encore le jeu contradictoire tes mouvements involontaires et vivement réprimés de ses traits, vous faisaient aussitôt penser que cet homme-là devait avoir bien des choses à cacher et peut-être aussi bien des choses à oublier. Son regard exprimait l'attention éveillée contre toute surprise, et passait en un instant à dt)t

M t~'UNMAKQKUK 'Ot'tUM

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co~n:ss<om

coups.d'ceil irrésistibles de soupçon et d'inquiétude. S! un sourire paraissait sur sa n};ur9, il n'était jttma~ nature!, mnis il était aussitôt chassé par quelque rénetion d'an~ois~e ou ne tardait .pas h faire pince à une expression triste et réservée. !1 y avait cependant en M. Brunell quelque remords qui entretenait in bonté et la nobles; et je lui en fus ensuite profondément reconnaissant pour l'asile qui me sauva la vie. Il avait l'amour le plus vif, le plus rare, le plus sincère pour toutes sortes de connaissances, et surtout pour cette sorte d'instruction que nous appelons littérature. La route orageuse, et sans doute parfois coupable, qu'il avait suiviedans !a vie l'avait engagédansdes querettes incessante: avec ses coHe~ucs; i! l'attribuait, a'/ec des imprécations amères, n la 'soudaine interruption de ses études, par suite de la mort violente de son père, M la nécessite qui l'avait )ete, tout enfant, dans l'exercice des auaircs légales do l'ordre le plu!: inférieur et l'avait ainsi exposé u des tentations journalières en lui of!'rant l'occasion de profits qui n'étaient pas.strictement justes, et cela avant qu'il eut eu le temps d'acquérir aucuns principes. Dès nos premières relations, M. Brune!! avait abordé avec moi des sujets de conversation où il entrait avec ardeur pour y trouver de quoi rafraîchir le plaisir que lui donnaient ses souvenirs d'auteurs classiques, ou pour présenter ses doutes afin d'en obtenir l'éclaircissement, ses embarras devant des constructions compliquées qu'il s'agissait d'aplanir et de dénouer. Bien-que le génie domestique à demi mort de faim.qui régnait dans cette maison, écrivant la devise du dénuement sur tous les dessus de cheminées, sur tous les endroits où il pouvait, bien qu'il protestât avec véhémence, comme il sut le faire grâce aux échos de la maison, contre l'admission de bouches surnuméraires, il y entra néanmoins'~ je pense que ce fut par une nécessité absolue) un clerc nommé Pyment ou Pymont. Ce fut pourla première fois non! propre. q~c ce met tn'sppsra: dsns icrôieds M.. Pyment n'en avait aucun autre à ma connaissance, si

C'UK MAMGK't~ P'OP)t)M

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ce n'ost dans !e vocabulaire d'in)ur~ de M. Brune!), qui possédait une collection très variée de sobriquets sans aucun rapport avec les habitudes, soit bonnes, soit mauvais de l'individu. Bien que séparé par deux chambres, M. Brunell avait tou}oura la connaissance précise et détaillée de ce que Pyment faisait ou allait fnire. Mais Pyment ne se donnait guère la peine de répondre à moins que, comme cela arrivait parfois, il ne comptât produire un enei plaisant. Co qui faisait de Pyment un homme nécessaire, c'était qu'il fallait faire acte de présence u chaque instant dans les tribuns: inférieure de Westminster, comme la cour de conscience, les cours du shériff, etc. 11 arrive auMi que l'homme le plus indispensable, celui qui abaî!ep!usde besogne & une certaine heure, devient encombrant et inutile ù une autre heure le moissonneur qui peine le plus dur est, aux yeux. de l'ignorant, un lazxarone fainéant, quand le temps est humide ou orageux. !i y avait donc des hauts et des bas dans l'activité de Pyment; M. Brunell en profitait cyniquement et prétendait que non seulement Pyment ne faisait rien, mais que de plus il donnait bien de la besogne au malheureux Brunell. Mnis la vérité trouvait parfois l'occasion de se venger quand il fallait faire appel à Pyment pour l'offensive ou la défensive, < Pyment, ici, Pyment, et que le cas était important venez par ici, Pyment, on vous demande. » Tous deux étaient gros et grands, et il le fallait, car quelquefois les clients étaient mécontents soit d'un procès perdu, soit d'un procès dont le gain était compensé par une note de frais lourds et inattendus; alors ils se fâchaient, se montraient disposer à la bataille et offraient à Pyment une occasion de dire que ce ;our*Iâ, du moins, il avait gagné son s&laire en jetant dehors un client avec lequel il était difficile de s'arranger autrement. Mais-j'anticipe. Je reviens, pour donner quelques explica* tiCS:; au )OUr de Mon SttiVée & LûttJtëa. Cwuuictt uH jpcn

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de franchie m'au~it ~Mutile dès ça moment. Tous les intareMés, excepte moi, connaissaient la vente, savoir que rien ne pouvait ~trc conclu et termine avant six mois au moint, et cela en supposantque mes proposition;! fussent udoptcos. Sachant cota, j'aurai) aussitôt renonco H touMt !et espérances de cette snrte, comme ~tant sons rapport avec les ressources pratiques de ma sHnaHnn. On vert~*par la suite que ie <)~ir da me prêter Far~eM était sincère e! réel. Atai$ aton it ~it trop tar~. Hn tous c~s )o me crois autt!" riM)k (lire que dans un eus pareil, de~ hommes de loi mcm' ttonorabieit n'iront {~<. h' vit~, !)&tnunefoat sous Jtvcr;i p pre.text~)tpendant six Moi' Un deiai ptu~ ~ourt, &ce qu'}! s'in~ag")Mt. sufnrait difficitentent pour juMMer aux yeux de teurt eHanM, la son~ne qu'ils Mcroient autorisés il exi~r pour leur p~ino <:tîc~r corr'~pond~nco préalable. Combien il serait meilleur pour les dcxx parties, combien plus hono' rtMe, plus tranc, plus libre de déguisement, que le client puisse dire « Trouver cette soMme {supposonsqu'it s'agisse de quatre cents livres) trouvcx'Ih en trois semaincx, ce qui est possible, quand il s'agit d'un prêt pour trois ur)~, et il y aura un boni de cent livres. Tardex deux mois, il n'y aura rten de ?! )' En tMitantavec cette sincérité, combien )'.tu" des rais c~M<! souM'rance! phytique~ poft~et jusqu'aux deroiér~s extrémités, combien je me serais cpargnd de douAu contraire, Itursquem'ontcaMteetmesespëraneesdecucs. le ~yst~tae qui fut emptoye avec moi comme il l'était avec tout le monde, qui consistait renouveler ;sans cesse na~s espérances après de nouveaux échecs, à m'ttjourjmr pour la prétendue rédaction d'actes,âm'e<torqueriepeu que je r~ce' vais de vieux ami! de ma famille r'encoatre$ par hasard à Loridres, et~ mâle prendre sous pr~t~cte d'achat de timbres imaginaires, ce système eut pour r~uhais de m'amener sur le seuil même de la mort par inanition. Et d'autre part, ceux qui me donnaient ces déceptions intérieures, ne gagnaient rien qu'is n'eussent reçu d'une matuére hcmoT&btoet iu~ic, eu ttg~ttt &vccfrs~h~. A~s~, ps? i'a6e< 1

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de ces trotNptMW sans ce-e i'ennuv<'i'jgs, je cnn!imuu M vivre sept <Mthuit semaines, en me topant le ptu& ~<:ono. Ces logements, Mon qu'ils mu parussent miqueaxatpossibtc. a peine convenablas, m'emportèrent ait moins les deux. tiers des guinJes qui me restaient. A la fin, quand il me resta, avec uncdemi.~uinee, juste do quoi suitirc i<mn nourriture quotidienne, je quittai ma demeure, j'exposai à M. BrunelUa situation ou je me trouvai: et je lui demanda! !ap<Tmi$wï d'user de M vaste maison comme d'un mi!e n'avait pt's encore tait un crime pour la nuit. Le paiement voisin de la fe!on:e, du fait de coucher en plein air, ainsi que l'ont décidé quelque vin~t ans plus tard nos bénins aussi ce n'était pas un crime. Ce fut la loi qui }et;idateurs m'apprit que j'étais coupable. Longtemps âpres, en contemplant les collines Camhriennes, je découvris avec sur* prise combien j'avais été criminel au point de vue du parlement, lorsqu'au temps de ma jeunesse, je dormais p.trmi les vaches, en plein air, sur les pentes. Cela était légal, mais ce n'en était pas moins ma!hcureux. On comprend combien M. Brnnell me fit plaisir, car non scutement U me donna son consentement, mais encore me pria de venir cette nuit même, et de m'arranger de la maison le mieux que je pourrais. ï.a joicque me donna cet empressement ne fut pas sans mëtangc je regrettais de n'avoir pas demandé beaucoup plus tôt cette permis$ion,carcite m'aurait épargné un nombre considérable de guinces, que j'aurais, comme on !e pense bien, appliquées a mes besoins urgents, et au besoin qui était le plus urgent de tous à cette époque, a l'achat de couvertures. 0 viciUes femmes, filles du labeur et de la souffrance, parmi toutes les difficultés et les âpres hé:itages de la chair qu'il vous faut affronter, il n'en est point, pas même la faim, qui me paraisse comparable à celui du froid pcndaotia nuit. Chcrchcrua refuge contre le froid dans un lit, et alors sous le mince et frêle tissu d'une couverture misérable déchirée, ne pouvoir fermer l'ceil, comme dit Wdrdswonh en panant des pauvres v!ciHesduL Dorses"

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CONfKM)OMS

locales rendaient le charbon shirë.quanddes ctrcons.Mn<:e<. trop cher, – voila un ennemi terrible & combattre pour les pauvres bonnes grand'meres 1Ce fut alors que je repentis, <omme auparavant je l'avais éprouve sur les pentes ~uva~cs des Galles, quel bien ineffable c'est quo la chaleur. H n'y a pas de malédiction plus terrihie pour l'homme on pour la femme que celle-ci se débattre entrela fatigue qui appelle le sommeil et le froid qui pénètre et vous traverse, et vous contraint a, peine endormi, ù vousre

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