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MARDI 10 MARS 2015

Au siège
du cabinet
d’audit PwC,
à Londres.
AMER GHAZZAL/
DEMOTIX/CORBIS

Les « Big Four » en accusation
De Tesco à LuxLeaks, les quatre grands
cabinets d’audit comptable qui dominent le
monde de la finance accumulent les scandales
et jonglent avec les conflits d’intérêts

éric albert
londres - correspondance

L

eur rôle est d’être de simples
comptables, inconnus du grand
public. Et pourtant, ils s’affichent
régulièrement, bien malgré eux,
en pleine lumière. Dans nombre
de scandales financiers et de
fraudes comptables de ces dernières années,
leurs noms apparaissent. Deloitte, Ernst
& Young (EY), KPMG et PriceWaterhouseCoopers (PwC), britanniques ou américains,
sont surnommés les « Big Four ». Ces quatre
cabinets d’audit, incontournables dans le
monde des multinationales et de la finance,
sont désormais sur le banc des accusés.
En septembre 2014, le groupe d’hypermarchés britanniques Tesco a annoncé avoir
exagéré ses bénéfices d’un tiers de milliard
d’euros, de l’argent qui s’est révélé imaginaire. Ses comptes avaient pourtant été approuvés et contresignés par PwC. Deux mois
plus tard, la presse internationale,
dont Le Monde, a révélé un scandale d’évasion fiscale. LuxLeaks dévoilait 548 accords
fiscaux au rabais entre des multinationales
et les autorités du Grand-Duché. Leur lien ?
Tous avaient été préparés et négociés par
PwC. En décembre 2014, en Espagne, Bankia
a été accusée lors d’un procès d’avoir truqué
ses comptes de 2011, moins d’un an avant
d’être sauvée par l’Etat. Selon les plaignants,
Deloitte, l’auditeur, est mis en cause.
La liste est loin d’être exhaustive. En 2012,
Hewlett-Packard a crié au scandale après
avoir acheté Autonomy, une entreprise britannique, et découvert des irrégularités
comptables. L’année d’avant, Olympus a révélé au Japon avoir caché des milliards
d’euros de pertes. Les « Big Four » avaient
pourtant accordé leur approbation. Et que
dire de la crise financière ? Au minimum, les
cabinets d’audit n’ont rien vu venir des problèmes de Lehman Brothers et des autres
grandes banques, dont ils avaient contresigné les comptes.
Pour Jim Peterson, professeur à la Chicago
Law School et à l’université de Cergy-Pontoise, la multiplication de ces affaires n’est
pas une surprise. « C’est généralement un in-

ILS AUDITENT
LA MAJORITÉ
DES GRANDES
ENTREPRISES
AUX ETATS-UNIS,
TOUTES
LES SOCIÉTÉS
DU CAC 40…

dicateur retardé de crise, souligne-t-il. On en
a vu beaucoup après l’éclatement de la bulle
Internet et ça recommence maintenant. »
Les « Big Four » ne sont bien sûr pas responsables de la mauvaise gestion d’une entreprise, mais force est de constater qu’ils
échouent trop régulièrement dans leur rôle
de chien de garde de la comptabilité des entreprises. L’information aux investisseurs
est limitée et ils ne garantissent pas suffisamment la fiabilité des comptes. Aux EtatsUnis, ils affirment simplement que les
comptes proposent une « vision vraie et
juste » de l’entreprise.
Le procès contre les « Big Four » ne s’arrête
pas là. « Ils agissent comme un cartel », es-

time le concurrent d’un « petit » cabinet
d’audit. Impossible de les contourner : ils
auditent 99 des 100 plus grandes entreprises britanniques, l’immense majorité de celles aux Etats-Unis, toutes les sociétés du
CAC 40… De fait, les « Big Four » ne sont souvent que deux ou trois sur le terrain, chacun
dominant certains pays. Au Royaume-Uni,
PwC est la grande force dominante. En Espagne, c’est Deloitte. En Allemagne, KPMG a
près de la moitié du marché, tandis qu’il est
très petit en France, où EY est le leader. A
50 millions d’euros l’audit pour les plus
grosses multinationales, le marché est juteux. De quoi payer les associés une
moyenne d’un million d’euros par an.

Ces cabinets ne se contentent pas de pratiquer l’audit, qui représente moins de la moitié de leur chiffre d’affaires. Ils sont aussi devenus les acteurs incontournables en matière de fiscalité des multinationales. Ce sont
eux qui imaginent les méthodes les plus efficaces pour utiliser au mieux les législations des différents pays.
Si PwC a été épinglé sur LuxLeaks, KPMG a
été condamné en 2005 à une amende de
450 millions de dollars (415 millions d’euros)
aux Etats-Unis pour avoir vendu des produits d’évasion fiscale. Aux Etats-Unis, le Business Roundtable and Financial Executives
International, un groupe qui rassemble
150 patrons de grandes entreprises, emploie

Des géants financièrement fragiles
derrière leurs allures de multinationales géantes, les « Big Four »
sont étonnamment fragiles. « Le risque d’en voir un se désintégrer est très
réel », estime Jim Peterson. Luimême en sait quelque chose : il a travaillé trois décennies pour Arthur
Andersen, le cabinet qui a fait faillite
après les scandales d’Enron et de
Worldcom. Selon lui, le même scénario peut se reproduire à tout moment : un scandale comptable majeur, qui éclabousserait l’un des cabinets d’audit, qui ne s’en remettrait
pas.
La fragilité des Big Four provient
de leur modèle : le « partnership ».
Les associés possèdent l’entreprise
et la quasi-totalité des bénéfices leur
sont redistribués. Les cabinets
d’audit ont donc très peu de capitaux propres qui pourraient leur

permettre de faire face en cas de
coup dur.
Le danger, selon M. Peterson, viendrait d’une très grosse amende ou
d’une condamnation en justice
dans le cadre d’un scandale financier. « Les associés perdent confiance
dans l’entreprise, et commencent à la
quitter. Avec Arthur Andersen, ça s’est
passé en deux semaines seulement.
Les associés hors des Etats-Unis sont
partis les premiers. » Privé de sa matière première, et de son capital, le
cabinet d’audit ne peut alors que
s’effondrer. Selon les calculs de
M. Peterson, il suffirait d’une sanction entre 1 et 3 milliards de dollars
(entre 920 millions et 2,75 milliards
d’euros) pour produire le même effet sur l’un des Big Four.
Jusqu’à présent, l’amende la plus
sévère infligée à un cabinet d’audit

s’est élevée à 450 millions de dollars,
contre KPMG en 2005 pour avoir
vendu des produits d’évasion fiscale. Mais ces dernières années, le
niveau des sanctions contre les banques s’est envolé, et la même chose
pourrait se produire dans l’audit.
Fonds de secours
Cette fragilité financière explique
que les Big Four craignent comme
la peste les poursuites judiciaires.
Dès qu’elles le peuvent, elles trouvent un accord à l’amiable avec les
plaignants. C’est le cas de KPMG,
qui a choisi de compenser les investisseurs de la banque Countrywide,
qui estimaient avoir été trompés
sur ses comptes. Deloitte a fait de
même sur Washington Mutual.
Quant à EY, qui auditait Lehman
Brothers, il a versé 100 millions de

dollars aux investisseurs en
échange de l’arrêt des poursuites.
Les Big Four ont bien créé des
fonds de secours, parfois en commun, pour essayer de parer au pire.
Mais face à un scandale majeur, cela
ne suffirait probablement pas.
L’autre menace qui pèse sur les
Big Four vient de leurs fonds de
pension. Les associés et les anciens
employés bénéficient de retraites
généreuses. Mais, selon nos informations, les cabinets d’audit peinent de plus en plus à les honorer.
Cela provoque une fuite en avant :
ils s’agrandissent pour augmenter
leur chiffre d’affaires, mais cela augmente d’autant les sommes qu’ils
devront payer plus tard en pensions. p
é. a.
(londres, correspondance)

La fraude comptable provoque la faillite du cabinet Arthur Andersen. particulièrement au Royaume-Uni. il n’y a pas eu de grands scandales comptables depuis longtemps dans l’Hexagone. et que la planification fiscale est nécessaire pour de grandes multinationales complexes présentes dans de nombreuses juridictions. accuse un concurrent. Ainsi. créant PriceWaterhouseCoopers. signé en 1896 avec Price Waterhouse. « Les cabinets d’audit bénéficient d’un marché garanti par l’Etat. dans une course à la taille. Pricewaterhouse Coopers et KPMG de ne pas lui avoir fourni les documents comptables de plusieurs entreprises chinoises cotées à Wall Street lorsqu’elle enquêta sur de possibles fraudes de leur part. Barclays a conservé le même auditeur. en janvier 2014. En coulisse. Un appel d’offres doit être lancé cette année pour remplacer le contrat initial. C’est l’époque des « Big 8 » 1932 Faillite d’Enron et fraude géante à Worldcom. ces mêmes auditeurs sont finalement parvenus. EN MILLIONS DE LIVRES Asie 1 051 LES « BIG FOUR » LES « BIG FOUR » RÉPARTITION DU CA EN MILLIARDS DE DOLLARS Audit Britannique RÉPARTITION DU CA EN MILLIARDS DE DOLLARS Néerlandais Conseils KPMG 10. le régulateur américain a ainsi partiellement renoncé à soumettre les entreprises chinoises à son propre droit à l’avenir. provoquant la faillite du groupe italien. réformes fiscales et comptabilité fiscale ». Toutefois.2 27. a battu un record historique. Les investisseurs veulent s’assurer que le travail est bien réalisé et ils envoient leurs experts vérifier sur place. De son côté. de fait. juge Paul Gillis. « Pressions politiques » Pourtant. arguant auprès des autorités américaines de l’importance de leurs affaires en Chine et de l’impossibilité pour elles de contrevenir à la réglementation locale. L’ère des « Big 5 » commence Peat Marwick International fusionne avec Klynveld Main Goerdeler.05 % 7. professeur de comptabilité à la prestigieuse université de Pékin. Les trois autres grands auditeurs opposèrent le même argument dans des situations similaires. Les normes sont ainsi devenues beaucoup moins flexibles. Les lois américaines sur le lobbying révèlent que le cabinet d’audit a soulevé à Washington les questions de « fiscalité internationale. Les « Big Four » répondent qu’ils condamnent l’évasion fiscale. les « Big Four » aiment recruter d’anciens hauts fonctionnaires.UK La compagnie ferroviaire Great Western Railway s’écroule en bourse. Pour Prem Sikka. à un accord avec la SEC. Les capitaux finançant les mines et les chemins de fer proviennent du Royaume-Uni.1 5. la signature des « Big Four » est un gage de sérieux. Un rapport parlementaire britannique en 2013 a mis en évidence que les « Big Four » détachaient souvent leurs employés auprès des ministères. Les « Big Four » soulignent que ces dérives appartiennent au passé. et découvrant également des dettes dont son client s’était bien gardé de faire état. Face à ces intérêts. De plus. dit PwC. En 2001. qui maîtrisent les normes comptables de dizaines. Il cite l’exemple de cet associé de KPMG qui a travaillé auprès du fisc britannique pour l’aider à développer des « boîtes à brevets ».dossier | 7 0123 MARDI 10 MARS 2015 Quatre cabinets règnent sur le monde de l’audit comptable Une domination absolue des quatre géants au Royaume-Uni RÉPARTITION DU CA EN MILLIARDS DE DOLLARS Audit Conseils DELOITTE 10. il existait une blague dans le milieu des auditeurs : « Il est impossible d’aller à l’Opéra à Paris sans rencontrer au moins un employé d’Arthur Andersen. reconnaissant ne s’être pas plié aux exigences du droit américain. dite Sarbanes-Oxley. pour apporter leurs « compétences techniques ». NOYAUTAGE DES ÉLITES Les grands cabinets d’audit sont aussi accusés du noyautage des élites. Mais les « Big Four » y restent incontournables. une enquête contre Longtop. Les « Big 8 ».1 10 33. La SEC (Securities and Exchange Commission).05 % Asie SOURCE : FINANCIALDIRECTOR. créant Deloitte et Ernst & Young. trop complexe.2 Taxes chiffre d’affaires 35 % 14 % Europe Afrique Moyen-Orient NOMBRE DE CLIENTS PARMI LES 350 PRINCIPALES ENTREPRISES BRITANNIQUES COTÉES (FTSE 350) Britannique RÉPARTITION DU CA EN MILLIARDS DE DOLLARS Américain 210 400 employés Asie Audit PwC 15. qui les rémunèrent.4 2. ils ont rejoint en majorité EY (ex-Ernst & Young).1 11.8 Taxes chiffre d’affaires 50 % 16 % Europe Afrique Moyen-Orient LES AUTRES 162 000 employés Asie Audit E&Y 11. même si le souvenir du Crédit lyonnais ou de Vivendi prouve que la France n’est pas immunisée. la mondialisation de la finance pousse les investisseurs à réclamer le tampon d’approbation des « Big Four ». La personne chargée de discuter avec l’auditeur externe est donc un homme du sérail. Deloitte s’était retiré de son dossier. qui comptent près de 200 000 employés chacun.2 6. Il y en avait trente en 2013.4 Autres 6. La SEC avait notamment ouvert.2 Taxes LES « BIG FOUR » Afrique Moyen-Orient LES AUTRES 1 051 43 % 15 % Europe 42 % employés 6. c’est un problème fondamental.5 9. Le modèle français. Avec deux objectifs : rendre l’audit moins coûteux à réaliser. qui offrent une faible imposition sur les innovations. Son conseil d’administration comprend un ancien du cabinet d’audit. pendant… cent vingt ans. Pour lui. La Securities and Exchange Commission (SEC) accusait les branches chinoises de Deloitte. ouvrant l’ère des « Big Four ». De sorte qu’un magistrat américain condamna. Chacun des quatre cabinets a versé 500 000 dollars (460 000 euros) d’amende. COURSE À LA TAILLE Dans les années 1980. La Bourse de New York veut rester la première du monde et elle pourrait être menacée un jour si elle ne cotait plus d’entreprises chinoises ». lésés en cas de fraude. explique un banquier d’affaires. « Le problème des “Big Four” est qu’ils pratiquent un lobbying qui est difficile à cerner. Tesco a versé 13 millions d’euros à PwC pour son rôle d’approbation des comptes. KPMG a produit des brochures en papier glacé pour inciter ses clients à utiliser ces boîtes. p harold thibault (shanghaï. s’ils font de l’audit. Les autorités américaines réagissent avec une nouvelle loi radicale. avec une levée de fonds de 25 milliards de dollars. au détriment des futurs investisseurs. « Dix-sept entreprises du FTSE 350 ont fait un appel d’offres pour leurs auditeurs en 2012. qu’il exige. Dave Hartnett. qui auditait les deux sociétés. Ceux-ci réagissent en fusionnant les uns avec les autres. mais surtout éviter les poursuites judiciaires. « Il y a eu des pressions politiques aux Etats-Unis. Mais. oblige les entreprises à changer son auditeur tous les dix ans. le 6 février 2015. qui classe certains documents comptables « secret d’Etat » et permet ainsi qu’ils échappent à la vue d’autorités étrangères sous couvert de sécurité nationale chinoise. pour s’ouvrir les coulisses du pouvoir. Quant au patron du comité d’audit interne. professeur de comptabilité à l’université d’Essex. la Chine a gagné une victoire. explique Tamasin Cave. Quand ils travaillent dans un ministère ou une entreprise. « Nous ne saurions pas faire l’audit d’une entreprise comme HSBC ou GlaxoSmithKline ». impose l’audit à toutes les entreprises. qui fabriquait les deux-tiers des allumettes au monde.5 % 37. les quatre grands cabinets d’audit. le gen- darme de la Bourse. Le comptable britannique William Welch Deloitte est appelé pour vérifier ses comptes.5 % Europe 16 % 195 433 332 LES « BIG FOUR » HONORAIRES GÉNÉRÉS PAR LE FTSE 350. Les autorités américaines rendent l’audit obligatoire pour les entreprises cotées Deloitte Haskins et Touche Ross fusionnent. une marque reconnue de tous. Pendant longtemps. C’est l’invention de l’audit moderne 1849 Après la révélation de la fraude comptable de Swedish Match. le groupe de grande distribution Tesco utilise PwC comme auditeur depuis 1983.3 Autres chiffre d’affaires 188 000 Amériques PARTS DE MARCHÉ AU SEIN DU FTSE 350 Conseils 99. La création de PwC une décennie plus tard les fait passer au « Big 5 ». Mais elle laisse aux entreprises le choix de leurs auditeurs. et donc moins ouvertes à interprétation.9 8. et les multinationales étendent leurs tentacules. les Big Four pour n’avoir pas fourni les documents demandés par les autorités dans neuf affaires distinctes. Les « Big 8 » deviennent « Big 6 » 1987 1989 1998 Lehman Brothers fait faillite. Et ce. après des mois de négociations. souvent très fidèles. à la suite de la controverse que cela a provoqué). Elles ont également fait valoir qu’une sanction trop sévère pourrait. en ont les moyens et les compétences. « Ils influencent les lois fiscales. constatant un décalage entre le montant que Longtop prétendait avoir sur son compte bancaire et la réalité. Dans les années 1920. Cela crée des liens. Une nouvelle régulation européenne. qui a longtemps été chargé de la sous-traitance dans le système de santé britannique. PwC. avec deux rapprochements géants. dissuader les entreprises chinoises de choisir la place de New York pour s’introduire en Bourse à l’avenir. mais aussi 4. de l’association Spinwatch. on ne sait jamais vraiment quel est leur rôle. la mondialisation s’accélère. Nous en attendons soixante-dix cette année ». de nouvelles règles financières sont introduites. trouve un arrangement qui met fin aux poursuites judiciaires Le cabinet PwC est mis en cause dans le scandale Luxleaks d’évasion fiscale et dans l’affaire Tesco (une erreur comptable de 263 millions de livres) La fraude comptable à Parmalat est mise au jour. Peu après. leurs filiales chinoises ont échappé aux six mois de suspension d’activité sur le territoire américain qu’avait préconisé le juge administratif un an plus tôt en première instance. ces cabinets d’audit ont entre-temps effectué un im- portant lobbying. Ken Hanna.CO. créant Deloitte & Touche. Il y a beaucoup de banques d’affaires. Elle crée une autorité de supervision des auditeurs : le Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB). Ce retrait a conduit le régulateur américain à ouvrir une enquête mais lorsqu’il exigea du cabinet d’audit qu’il lui fournisse les papiers qui prouveraient la fraude. C’est la fin de l’autorégulation de l’industrie. Inversement. a entamé une lucrative carrière de consultant auprès de Deloitte quand il a pris sa retraite (il n’y travaille plus.3 34 % Amériques 24.5 51 % Amériques 34.5 millions de travaux supplémentaires (notamment des conseils fiscaux…). la faillite d’Enron a marqué un tournant. voire de centaines de pays. qui oblige les entreprises à utiliser deux auditeurs. tous dominés depuis les Etats-Unis. reconnaît un petit concurrent : trop grand. il a commencé sa carrière à Coopers and Lybrand. La situation française permet cependant le développement de cabinets d’audit secondaires. alors que l’entrée du géant du commerce en ligne Alibaba à Wall Street. Ernst & Young. » Après la faillite du cabinet. près de 80 % des entreprises américaines cotées en Bourse font faire un audit. une société chinoise développant des logiciels financiers et cotée à New York depuis 2007. qui avait approuvé ses comptes. Le cabinet Arthur Andersen. créant KPMG. Ernst & Whinney et Arthur Young font de même. Deloitte répondit par la négative : la filiale chinoise de ce grand cabinet d’audit risquerait d’enfreindre le droit de la République populaire. » Ils doivent auditer leurs propres clients. correspondance) . L’auditeur était Deloitte Price Waterhouse et Coopers & Lybrand fusionnent. Elles ont besoin de cabinets d’audit de plus en plus grands. La crise de 1929 marque un tournant : après les faillites en masse. sur une base volontaire. puis vendent aux clients la meilleure façon de les contourner ». est-il une solution ? Après tout. en septembre 2014. L’ancien patron du fisc britannique.8 chiffre d’affaires Conseils Taxes employés Amériques Afrique Moyen-Orient 11 LES AUTRES 43. s’écroule en 2002. spécialisé dans les prêts aux grandes entreprises dans les pays émergents. du conseil en fiscalité ou du conseil en politiques publiques… » Comment en est-on arrivé-là ? Au commencement était le développement de l’Ouest américain au XIXe siècle. créant E&Y. Ernst & Young. qui conseille de nombreuses entreprises privées du secteur.5 6 0. a désormais rejoint KPMG. les cabinets ont réussi à faire évoluer les normes internationales en leur faveur. deviennent les « Big 6 » en 1989. décision dont les cabinets avaient fait appel. votée en 2014 et qui va se mettre en place progressivement dans les années à venir. qui domine aujourd’hui le marché français… p Les cabinets d’audit font du sur-mesure pour la Chine face au régulateur boursier américain. Les « Big 5 » deviennent « Big 4 » 2001 2003 2008 2014 SOURCE : « LE MONDE » PwC pour faire pression auprès du milieu politique sur la fiscalité. Auditeur de ce groupe. avec à ses côtés un allié précieux. Seuls ces quatre cabinets. en 2010. et environ cinquante en 2014. Mark Britnell. « On n’aime pas du tout travailler avec des entreprises qui sont auditées selon des normes lo- UNE NOUVELLE RÉGULATION EUROPÉENNE OBLIGE LES ENTREPRISES À CHANGER LEUR AUDITEUR TOUS LES DIX ANS cales ». alors que les cas de fraude comptable de compagnies chinoises ayant levé des capitaux à la Bourse de New York se multipliaient. étant très présents dans toutes les instances financières internationales. de cabinets d’audit et d’avocats en Amérique qui tirent énormément de profits de l’arrivée de sociétés chinoises. un cabinet d’audit… acheté ensuite par PwC.