Le prisme

Définition : un prisme est un milieu transparent (que nous supposerons
homogène et isotrope) limité par deux dioptres plans non parallèles AP et AP’,
que l’on appelle les faces du prisme (voir figure ). Les deux faces se coupent
suivant une droite qui est l’arête du prisme. Elles forment l’angle A appelé angle
du prisme. Le plan opposé à l’arête est appelé la base du prisme.
P’

A

La base
Arête

P

A’

Marche d’un rayon lumineux dans le prime
Soit un rayon SI incident contenu dans un plan d’incidence. Ce rayon arrive sur
la première face du prisme sous l’angle d’incidence i. le rayon SI pénètre dans le
prisme d’indice n>1, il reste dans le plan d’incidence (1 ère loi de Descartes) et il
se rapproche de la normale NI, suivant II’, en faisant un angle de réfraction r. il
arrive en I’ sur la 2eme face (face de sortie ou d’émergence) sous un angle
d’incidence que nous désignons par r’.
A

N

x
L
18

r à la sortie. Cette déviation est la somme de deux déviations successives qui ont eu lieu dans le même sens. Donc : D= (i . l’une i . nous donne : A l’entrée : sin i = n sin r 19 . L’angle de déviation est l’angle (S’Lx) = D dont il faut faire tourner le prolongement Lx du rayon incident.r’) (a) Formule du prisme: Ces formules relient l’ensemble des grandeurs caractéristiques du prisme: A et n aux angles successifs i.Si r’ est inférieur à rl. il n y a pas de rayon émergent. Le prisme a dévié le rayon lumineux.I i I’ r i’ D r’ S K P S’ P’ Deux cas peuvent se produire : 1. 2.r à l’entrée.r) + (i’. vers la base du prisme. i’et i’ et permettent aussi d’évaluer la déviation D. l’autre i’ . appliquées aux réfractions sur les faces du prisme. r. le rayon II’ se réfléchit totalement sur la face de sortie . le rayon émergent n’est pas dans le prolongement du rayon incident et ne lui est pas parallèle. pour l’appliquer sur le rayon émergent I’S’. Il s’écarte de la normale N’I’ et fait un angle d’émergence que nous désignons par i’. et l’a dévié vers sa base. La seconde loi de descarte. le rayon sort suivant I’S’ en restant dans le plan de section principale.Si r’ est supérieur à l’angle limite rl.

on a A + /2 – r + /2 . on aura quatre formules fondamentales du prisme: sin i = n sin r (1) sin i’ = n sin r’ (2) A = r + r’ (3) D = i + i’ – A (4) Remarques : Le rayon émergent n’existe pas toujours. le même angle IKI’ a pour supplément la somme r + r’  r +r’ + K =  (**) (*) et (**) implique que : A = r + r’ (b) Ou bien : dans le triangle (AII’). A + /2 + K + /2 = 2 Dans (AIKI’) on a :  A+ K =  (*) Dans le triangle (IKI’). Le rayon incident SI donne toujours un rayon réfracté II’ (car n>1).r’ =   A = r + r’ Tenant compte de la relation (b) la déviation D peut s’écrire : D = i + i’ – A Finalement. Conditions d’émergence 20 . Soit le quadrilatère (AIKI’).À la sortie : sin i’ = n sin r’. mais en général il n’ y a émergence que si r’ est inférieur à l’angle limite. Soit K le point d’intersection des normales en I et I’ aux faces du prisme. l’angle (IKI’) est le supplément de l’angle A.

on obtient : cos(i)di = ncos(r)dr + dn sin(r) (1-1) cos(i’)di’ = ncos(r’)dr’ + dn sin(r’) (2-2) dA = dr + dr’ (3-3) dD = di + di’ – dA (4-4) 21 . il faut que : i’  /2  nsin(r’)  1  r’  Arcsin(1/n) = rl i  /2  nsin(r)  1  r  Arcsin(1/n) = rl  r + r’ = A  2rl Or : r’  rl  A . Ces relations montrent que la déviation D subie par le rayon incident dépend de l’angle d’incidence i.r  rl  r  A – rl  sin(r)  sin(A – rl ) nsin(r)  nsin(A-rl) = sin (i0) sin(i)  sin(i0)  i  i0 = Arcsin[n(sin(A-rl)] Donc. lorsque l’angle du prisme A est inférieure à 2rl. En différentiant les quatre formules du prisme. /2 > i’ >i Etude de la déviation La marche d’un rayon lumineux à travers le prisme est décrite par les quatre relations ci-dessus. les rayons incidents et émergents sont caractérisés par : i0 < i < /2 . Pour que cette réfraction puisse avoir lieu.La réfraction sur la seconde face du prisme est une réfraction d’un milieu plus réfringent sur un milieu moins réfringent. de l’indice de réfraction n du prisme (indice qui dépend lui-même de la longueur d’onde de la lumière) et de l’angle du prisme.

cos(i') cos(i) sin(r) cos(r') 1 cos(r) )di .ncos(r) dn (1-11) En remplaçant dr’ par dA–dr. Il s’ensuit que n cos(i') est plus grand que 1 et que D/A>0 Variation de la déviation avec l’indice du prisme 22 . di’ s’écrit : cos(r') cos(r') cos(i) cos(r') cos(i) 1 cos(r) di .(D/n)dn + (D/A)dA Variation de la déviation avec l’angle du prisme (D/A) = n cos(r') cos(i') .La relation (1-1) permet d’exprimer dr en fonction de di et de dn.1]dA dD = [1- cos(r') cos(i') cos(i) sin(A) cos(r') ]di ( ) dn + [n cos(r) cos(i')cos(r) cos(i') .1]dA dD = (D/i)di .cos(i') sin(r) cos(r') [ cos(r) cos(r’) + sin(r’)]dn + n cos(i') dA dD = di + di’ – dA soit : cos(r') dD = (1. l’angle i’ est toujours supérieur à r’ et cos(r') par suite cos(i’) est inférieur à cos(r’). soit : cos(i) sin(r) dr = ncos(r) di .ncos(r) dn] + cos(i') dn di’ = .cos(i') sin(r) sin(r') di’ = n cos(i') dA – n cos(i') [ ncos(r) di . on peut exprimer di’ (expression 2-2) en fonction de dr.cos(i') [ cos(r) cos(r’) + sin(r’)]dn + [n cos(i') .1 L’indice de réfraction étant supérieur à 1. dn et dA soit : cos(r') di’ = n cos(i') sin(r') (dA – dr) + cos(i') dn En remplaçant dr par l’expression (1-11).

r = -r’ et l’angle A du prisme est nul On ne peut pas donc envisager cette solution et que par suite. i’ = i0 et cos(i) = 0. elle s’annule pour i = im et elle est positive pour les valeurs de i comprises entre im et 2. soit i =  i’ Notons que si i = -i’. i’ = 2. on a donc (D/i)i=2 = 1 avec D(2) = i0 + 2 – A Il s’ensuit que la dérivée partielle de la déviation par rapport à l’angle d’incidence est négative pour les valeurs de i comprises entre i0 et im . il s’ensuit que cos(i’) et cos(r’)sont toujours positifs. par suite (D/i)i=i0 = .cos(i') cos(i) cos(r) Ou encore: D/i = 1-(1-sin2i)(n2-sin2i’)(1-sin2i’)(n2-sin2i)12 Il est évident que le second terme de cette expression est égale à 1 si seulement si : Sin2(i) = sin2(i’). la dérivée partielle de la déviation par rapport à i s’annule une seule fois pour la valeur im de i telle que i = im = i’ D’où i’ = im et (D/i)i=im = 0 et Dm = 2im – A : déviation minimale L’angle i varie de i0 à 2 Pour i = i0. La dérivée partielle de D par rapport à n est donc positive et la déviation est une fonction croissante de l’indice du prisme. 23 . Variation de la déviation avec l’angle d’incidence cos(r') On a : (D/i) = 1. avec D(i0) = i0 + 2 – A Pour i = 2 .sin(A) On a : (D/n) = cos(i')cos(r) L’angle i’ étant compris entre –90° et 90° et il en est de même pour l’angle r.

24 .D 2+i0-A Dm I0 /2 im i La variation de l’angle de déviation D en fonction de l’angle d’incidence i Etude du prisme au minimum de la déviation Au minimum de la déviation on a : rm = r’m = A2 et i = i’ = im = (Dm + A)2 Nous avons : sin(i) = nsin(r)  n = sin(i)sin(r) D’ou au minimum de la déviation n = sin(Dm + A)2)  sin(A2) Cette relation permet en effet de déterminer l’indice de réfraction d’un prisme en mesurant son angle A et la déviation minimale Dm au moyen d’un goniomètre.

Remarquons enfin que si l’angle du prisme est très petit. Les emplois principaux du prisme sont les suivants : En réflexion totale B N J I i i A K R 25 C . On montre aussi que le stigmatisme approché. on peut alors écrire : D  nr +nr’ – A  (n-1)A En effet : sin(i) = nsin(r) cela donne : i  nr Sin(i’) = nsin(r’) cela donne : i’  nr Or D = i + i’ – A  nr + nr’ –A = n(r+r’)-A = nA – A = A(n-1) CQFD Dans cette approximation. est réalisé lorsqu’on emploie le prisme au voisinage du minimum de déviation. c’est à dire avec des rayons parallèles. Pour les faibles valeurs de i. la déviation est pratiquement constante et indépendant de i. ce sera le plus souvent dans ces conditions que le prisme sera utilisé. Dans la pratique. le prisme sera également rigoureusement stigmatique pour les points à l’infini. la déviation D varie peu avec l’indice de réfraction sauf pour les valeurs de i voisines de i 0 et de 90°. pour des points non à l’infini. Emploi des prismes Le dioptre plan étant rigoureusement stigmatique pour les points à l’infini .

En spectroscopie : O9 Octobre 2OO9 26 .

or l’indice n varie avec la longueur d’onde.Nous avons signalé plus haut que la déviation D augmente avec l’indice n du prisme (la déviation D est une fonction croissante de n) . c’est le phénomène de dispersion de la lumière. alors n diminuera et aussi D augmentera) 27 . (il augmente lorsque  diminue) n = a + b 2. Ainsi la lumière bleue sera plus déviée par un prisme que la lumière rouge (cela implique que si  diminue. (la relation de Cauchy).