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République Algérienne Démocratique & Populaire

MINISTERE DES RESSOURCES EN EAU


Direction des Etudes et des Aménagements Hydrauliques

Projet de Soutien au M RE
pour l’Etablissement des
Plans Directeurs d’Aménagement
des Ressources en Eau

Note sur
l’Ev aluation Economique
dans les Bilans d’Eau

- Version Prov isoire -

Coopération Technique Algéro-Allemande (GTZ) Octobre 2005


Soutien au MRE pour l’Établissement des Plans Directeurs Note sur l’évaluation économique
d’Aménagement des Ressources en Eau (PDARE) Octobre 2005
- Phase 2004 – 2006 –

Table des Matières

0 PRINCIPALES DEFINITIONS ................................................................................... 1

1 INTRODUCTION .......................................................................................................... 3

2 METHODOLOGIE DE CALCULS DES COUTS POUR L’EVALUATION


ECONOMIQUE DANS LES BILANS D’EAU ..................................................................... 4
2.1 Principes de Base .........................................................................................................4
2.1.1 Types de coûts à prendre en compte ............................................................................ 4
2.1.2 Eléments de la chaîne de mise à disposition à prendre en compte.................................. 4
2.1.3 Précision des données sur les coûts à prendre en compte ............................................. 7
2.2 Méthode de Calcul des Coûts de l’Eau ......................................................................7
2.2.1 Coûts dynamiques ....................................................................................................... 7
2.2.2 Période d’analyse/ durée de vie des infrastructures ....................................................... 8
2.2.3 Inflation, prix courants et prix constants......................................................................... 8
2.2.4 Taux d’actualisation ..................................................................................................... 8
2.3 Résumé des Hypothèses de Base pour le Calcul des Coûts Dynamiques ...........9
2.4 Présentation des Coûts de l’Eau dans le Système d’Information PDARE ............9

3 APPLICATION DE LA METHODOLOGIE AUX DIFFERENTES


COMPOSANTES DU BILAN ..............................................................................................11
3.1 Eau Superficielle .........................................................................................................11
3.1.1 Barrages ................................................................................................................... 11
3.1.2 Retenues Collinaires .................................................................................................. 13
3.2 Eau Souterraine ..........................................................................................................14
3.3 Dessalement de l’Eau de Mer ....................................................................................15
3.4 Eaux Usées Épurées...................................................................................................16
3.4.1 Coûts de l’épuration des eaux usées .......................................................................... 16
3.4.2 Coûts additionnels d’épuration pour la réutilisation....................................................... 17
3.5 Les Coûts de l’Adduction ..........................................................................................18
3.5.1 Systèmes de Transfert Intra-régional et Interrégional ................................................... 18
3.5.2 Systèmes de Connexion ............................................................................................ 19
3.6 Coûts de Traitement de l’Eau Potable ......................................................................20
3.7 Coûts de Renforcement des Systèmes de Distribution d’AEP .............................20
3.7.1 Coûts d’Extension des Systèmes de Distribution ......................................................... 21
3.7.2 Coûts de la Réduction des Pertes ............................................................................... 24
3.8 Coûts de l’Eau dans l’Industrie .................................................................................26
3.9 Coûts de l’Eau dans l’Irrigation.................................................................................26
3.9.1 Demande en Eau du Secteur Agricole et Potentiels de Réduction................................. 26
3.9.2 Coûts d’Investissement dans le Secteur de l’Irrigation .................................................. 27

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Liste des Annexes

Annexe A : Sélection de Projets et Planification des Investissements


Annexe B : Exemples aux Eléments de la Méthode de Calcul des Coûts Dynamiques de
l’Eau
Annexe C : Durées de Vie Economique et Périodes d’Investissement
Annexe D : Exemples de Calcul des Coûts Dynamiques pour quelques Eléments de la
Mise à Disposition de l’Eau

Liste des Tableaux


Tableau 1: Exemple de présentation des besoins en investissement.....................................10
Tableau 2: Coûts de production d’eau des barrages (échantillon) ..........................................12
Tableau 3: Coûts par m³ de production d’eau des retenues collinaires ..................................13
Tableau 4: Coûts par m³ de production d’eau des forages......................................................15
Tableau 5: Coûts dynamiques de dessalement de l’eau de mer.............................................16
Tableau 6: Prix complets des conduites en acier.....................................................................18
Tableau 7: Caractéristiques des systèmes de connexion types ..............................................19
Tableau 8: Répartition type des conduites par diamètre et par classe de population ............21
Tableau 9: Prix des conduites par diamètre.............................................................................22
Tableau 10: Coût d’investissement par mètre linéaire de réseau ...........................................23
Tableau 11: Coût d’investissement par mètre linéaire de réseau ...........................................23
Tableau 12: Coût de la puissance installée en DA/kW ............................................................24

Liste des Figures


Figure 1: Schéma des parties de la chaîne de mise à disposition de l’eau...............................5
Figure 2: Exemples de visualisation des coûts ........................................................................10
Figure 3: Relation entre capacités de barrages et leurs coûts d’investissement ....................12
Figure 4: Relation entre capacités de RC et leurs coûts d’investissement .............................14
Figure 5: Prix des conduites par diamètre................................................................................22
Figure 6: Evolution des Réductions des pertes selon les mesures proposées.......................26

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Abréviations et Sigles
ABH Agence(s) de Bassins Hydrographiques
ADE Algérienne des Eaux
AEP Adduction en Eau Potable
AEI Adduction en Eau Industrielle
AHT AHT GROUP AG (Bureau d’Etude)
ANB Agence Nationale des Barrages
ANRH Agence Nationale des Ressources Hydrauliques
AP Autorisation de Programme
APC Assemblée Populaire Communale
APD Avant Projet Détaillé
APS Avant Projet Sommaire
BD Banque de Données
CI Continental Intercalaire
CT Complexe Terminal
DA Dinar Algérien
DHW Direction de l’Hydraulique de Wilaya
GTZ Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit GmbH
GPI Grand Périmètre Irrigué
hm 3 Hekto Mètre Cube (= million m 3)
kWh Kilo Watt Heure
m3 Mètre Cube
MED Multi Effective Distillation
Ml Mètre Linéaire
MRE Ministère Algérien des Ressources en Eau
MSF Multi Stage Flash
OMS Organisation Mondiale de Santé
ONA Office National de l’Assainissement
PDARE Plan Directeur de l’Aménagement des Ressources en Eau
PMH Petite et Moyenne Hydraulique
PNE Plan National de l’Eau
RC Retenue Collinaire
SI Système d’Information
SIG Système d’Information Géographique
SONELGAZ Société Nationale de l’Electricité et du Gaz
STEP Station d’Epuration
TI Taux d’Inflation
VAN Valeur Actualisée Nette

Taux de Change : 1 US $ = 74 DA (mars 2005)


1 Euro = 95 DA (mars 2005)

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0 Principales Définitions
Adduction d’Eau
L’adduction d’eau comprend la « livraison » de l’eau par des systèmes de transfert et de
connexion (voir ci-dessous).

Système de Transfert
Un système de transfert inclut toutes les infrastructures du lieu de ressource jusqu’à l’entrée
dans un système de distribution (voir ci-dessous), y compris les conduites et stations de
pompage et de traitement éventuellement nécessaires.

Système de Connexion
Un système de connexion désigne l’ensemble des infrastructures qui relient un nouvel ouvrage
à un système de transfert ou de distribution existants. Il s’agit en fait d’une sous-catégorie de la
catégorie « Système de Transfert ».

Système de Distribution (AEP)


Un système de distribution est un réseau qui distribue l’eau après le point d’entrée (point de
connexion) parmi les usagers dans une unité géographique. Le système de distribution
comprend des ouvrages de stockage (réservoirs, châteaux d’eau), des stations de pompage,
des conduites, des branchements jusqu’au compteurs (inclus).

Coût de Mise à Disposition de l’Eau


C’est le coût (unitaire) de mise à disposition de l’eau qui est utilisé pour l’évaluation
économique, dans les bilans d’eau à effectuer pour l’établissement des PDARE. Il est composé
des parties : production, traitement, adduction, et distribution, avec les éléments :
investissements, maintenance, et exploitation.

Coûts d’Investissements (Infrastructures et Equipements)


Les coûts d’investissement comprennent les investissements pour les bâtiments et structures
(digues, conduites, stations de pompage), les équipements de forage/pompage, les routes de
desserte, la connexion au système de télécommunication, y compris les études nécessaires
(APS, APD etc.). Il faut ajouter les coûts éventuels de réaménagement des zones d’emprunt,
l’aménagement paysager, la protection des bassins versants contre l’érosion, les frais liés à une
éventuelle expropriation et au déplacement d’infrastructures existantes.

Coûts de Maintenance et d’Exploitation


Ces coûts comprennent les coûts d’entretien des infrastructures (réparations, dévasement de
barrages) et des équipements, les coûts de produits intermédiaires (produits chimiques et
autres), les coûts du personnel directement liés à l’exploitation des ouvrages de production
d’eau (« sur site », excluant les salaires des structures « overhead » ou supérieures), les coûts
de transport et de (télé-) communication impliqués par le fonctionnement d’un ouvrage, les
coûts d’électricité (p.ex. pour le pompage).

Coût Dynamique
Le calcul du coût dynamique constitue une méthode d’appréciation de la viabilité financière d’un
projet d’infrastructure. Le coût dynamique est défini par le rapport entre la VAN de l’ensemble

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des dépenses et des charges d’investissement, de maintenance, et de l’exploitation, pendant la


durée de vie de l’infrastructure, et la VAN des volumes produits cumulés pendant cette même
période.
Le coût dynamique est exprimé en DA/ m3.

Valeur Actualisée Nette (VAN)


La VAN est le résultat d’une transformation mathématique d’une future dépense. Elle permet de
cumuler les coûts dus p.e. au cours de la durée de vie d’un projet d’infrastructure, et ainsi de
comparer les coûts de différentes solutions alternatives.

Taux d’Actualisation
Le taux d’actualisation (ou : taux d’escompte) sert à déterminer la valeur actuelle d’un montant
futur. Il représente le coût d’opportunité du capital (coût d’obtention des capitaux de différentes
sources pour un projet donné).

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1 Introduction
Le programme « Gestion Intégrée des Ressources en Eau » de la coopération algéro-
allemande réalisé par le Ministère Algérien des Ressources en Eau (MRE) et la GTZ comprend,
dans sa composante 1, le projet « Soutien au MRE pour l’Etablissement des Plans Directeurs
de l’Aménagement des Ressources en Eau (PDARE) ». Ce projet prévoit une assistance
technique aux Agences de Bassin Hydrographique (ABH) en introduisant et en appliquant les
méthodes et les outils nécessaires pour la préparation des PDARE.

Au centre de ces activités est placé, comme outil d’aide aux décisions de la planification du
secteur de l’eau, un système d’information (SI) consistant
?? d’une banque de données « PDARE » connectée à la nouvelle BD MRE ;
?? d’une BD de scénarios ;
?? d’un logiciel « Bilan »
?? et des interfaces pour l’échange des données entre ces éléments du SI.
Ce SI permet d’exploiter les informations sur la disponibilité et le potentiel de mobilisation des
ressources en eau, et de la demande en eau projetée pour les différents secteurs (eau potable,
eau industrielle et agriculture) jusqu’à l’horizon de planification envisagé. Sur cette base
peuvent être effectuées des analyses quantitatives (bilans hydriques) et économiques des
paramètres « offre » et « demande » en utilisant le logiciel « Bilan ».

L’aspect économique a une grande importance en vue des décisions de planification, c.à.d.
l’attribution des ressources aux différentes demandes, et l’identification des mesures à
entreprendre, en vue d’une meilleure satisfaction des besoins. Ces décisions devront
normalement être basées sur les solutions les plus économiques parmi un nombre
d’alternatives à examiner, pour l’ensemble des éléments du bilan hydrique.

Le présent document s’intègre dans le cadre de la méthodologie de planification des PDARE,


en présentant les méthodes à appliquer et les données actuellement disponibles pour
l’évaluation économique du coût de l’eau, dans les bilans hydriques.

Comme complément, est donnée dans l’Annexe A une élaboration générale sur les principes de
la sélection des projets et la planification des investissements.

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2 Méthodologie de Calculs des Coûts pour l’Evaluation Economique dans les


Bilans d’Eau

2.1 Principes de Base


Pour permettre l’évaluation économique dés bilans hydriques, les deux aspects primordiaux
suivants sont à traiter :
1. Etablir la méthode de calcul pour l’évaluation économique qui aidera à l’établissement
des plans d’investissement ;
2. Déterminer les données de base pour ces calculs.
L’évaluation économique au niveau des bilans hydriques a pour objectif de permettre la
comparaison de différentes solutions de gestion des eaux avec leurs mesures de
développement d’infrastructures, en vue d’une décision pour une solution techniquement et
économiquement favorable. Cette comparaison se fait par la détermination du coût dynamique
(série actualisée de dépenses pendant la durée de vie de l’infrastructure en question, mise en
rapport avec la quantité d’eau traitée par cette infrastructure, exprimé en DA2005/m 3), et par
l’accumulation des investissements nécessaires (exprimés en DA2005) pour les différentes
solutions envisagées.

Par la suite sont expliqués les éléments nécessaires et appropriés, pour l’évaluation au niveau
du stage de planification stratégique à long terme des PDARE.

2.1.1 Types de coûts à prendre en compte


Souvent les solutions possibles pour un bilan d’eau équilibré diffèrent par leur volume
d’investissement, leur durée de vie, et leurs besoins en maintenance et en exploitation.
Souvent, l’établissement d’installations sophistiquées et bien planifiées (= fort investissement
initial) engendre une longue durée de vie, et des charges limitées d’entretien et de
réinvestissement. Prévoir des installations moins sophistiquées ou d’une qualité moindre (=
faible investissement initial) provoquera souvent une plus courte durée de vie et des charges
élevées de maintenance et de réinvestissement. Ceci montre que les investissements initiaux
ne marquent pas seuls la valeur d’une solution, mais aussi les réinvestissements partiels, la
maintenance, et l’exploitation. Par conséquence, la comparaison de différentes solutions à base
des coûts dynamiques doit considérer tous ces éléments du coût de l’eau :
- coûts d’investissement et de réinvestissement partiel ;
- coûts de maintenance ;
- coûts d’exploitation.

2.1.2 Eléments de la chaîne de mise à disposition à prendre en compte


Pour une comparaison correcte, toutes les parties principales des coûts de la chaîne de la mise
à disposition de l’eau doivent être analysées et compilées, comme présentées dans la Figure 1.
Elles sont regroupées comme suit :
- coûts de production ;
- coûts de traitement ;
- coûts d’adduction ; et
- coûts de distribution.

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Figure 1: Schéma des parties de la chaîne de mise à disposition de l’eau

Coûts de Production
Les coûts de production englobent tout ce qui est nécessaire pour protéger, accumuler ou
extraire une ressource, pour qu’elle soit prête à être transférée vers un système de distribution.
Au niveau des investissements, ceci sont la planification et le suivi, l’acquisition du terrain, les
travaux de construction et d’aménagement (p.e. barrage : digue, ouvrages de prise, trop plein,
tuyauterie, routes d’accès, clôtures, etc.), les installations électromécaniques, systèmes de
mesures et de communication. La maintenance et l’exploitation comprennent, entre autres, le
personnel technique et administratif, l’équipement, le transport, les produits intermédiaires,
l’électricité.
Coûts d’Adduction
Les coûts d’adduction couvrent ce qui parvient au niveau du transfert de l’eau entre le lieu de
production et de la distribution. Il s’agit des investissements dans la planification et le suivi,
l’acquisition du terrain, la construction des infrastructures (conduites, stations de pompage,
routes d’accès), et complémentés par les coûts de maintenance et d’exploitation (réparations,
personnel technique/administratif ; transport, télécommunications, produits intermédiaires,
électricité).
Coûts de Traitement
Le traitement se fait souvent au niveau de la production mais est parfois dissocié (après le
transfert seulement). Pour cela, ses coûts sont pris en compte séparément. Cette partie
comprend les investissements dans la planification et le suivi, l’acquisition du terrain, la
construction des infrastructures (immeubles, bassins, routes d’accès, clôtures) et des
installations (tuyauterie, équipement électromécanique, systèmes de communication), et
complémentés par les coûts de maintenance et d’exploitation (personnel technique/
administratif, transport, télécommunications, produits chimiques, électricité).

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Coûts de Distribution
Les coûts de distribution comprennent les investissements dans la planification et le suivi,
l’acquisition du terrain, la construction des réseaux de distribution, y compris les ouvrages de
stockage et de pompage interne (Réservoirs, châteaux d’eau, conduites, vannes, gros
compteurs), la gestion technique (l’entretien et l’extension du réseau) et économique
(facturation etc.) du réseau, ainsi que les réparations, le matériel et les fournitures utilisés soit
dans les structures techniques, soit aux bureaux, nécessaire pour un fonctionnement de
« l’entreprise », et l’électricité. Il s’y ajoute les coûts de transport et de communication, mais
aussi les frais du personnel technique et administratif de l’entreprise directement liés à la
distribution d’eau.

En plus, il y a des éléments supplémentaires qui sont ajoutés aux parties citées ci-dessus, pour
certaines catégories de ressource, et parfois dépendant de la catégorie de demande :
- Système de connexion (avec ou sans pompage) : Retenues collinaires, forages,
dessalement, eau usée ;
- Traitement de l’eau : Barrages, eau usée ;
En principe, la prise en compte de l’ensemble des deux composantes : coûts de production et
coûts de transfert (avec ses suppléments) seulement permet déjà d’arriver à une comparaison
entre plusieurs sources d’eau alternatives, pour satisfaire une demande donnée. Etant donné
que ces alternatives serviront toujours le même réseau de distribution, le type de demande en
eau, AEP, AEI ou agricole, et ses coûts de développement des réseaux de distribution peut par
contre être considéré comme un facteur « invariant » qui n’affecte pas le choix entre différentes
alternatives d’investissement. Par conséquence, cette partie est ignorée pour la comparaison
des coûts dynamiques des variantes de mobilisation et d’affectation des ressources. Pourtant, il
est toujours nécessaire de déterminer ses coûts d’investissement, pour les plans
d’investissements.

Il est lieu de noter que la réduction des pertes en réseau ne peut être considéré comme une
alternative d’approvisionnement en eau, dans le cadre des bilans d’eau. Par conséquence, la
comparaison des coûts dynamiques ne prendra pas cette tâche en compte.
Normalement, une gestion durable des systèmes de distribution d’eau comprendra le maintien
des installations de réseaux en bon état (= niveau de pertes en réseau est minimisé en
permanence) et fait partie des tâches des opérateurs de ces systèmes (étant à la charge des
utilisateurs de l’eau mise à leur disposition). Comme actuellement en Algérie ce devoir n’est pas
poursuivi scrupuleusement, à cause de manque de moyens et de capacités des opérateurs, les
réseaux se trouvent généralement dans un état de pertes très importantes. Des
investissements bien au delà de ce qui est actuellement apporté comme support par l’état pour
les réparations des réseaux seront nécessaires pour ramener les installations dans un bon état.
L’évaluation économique comprendra alors la détermination des coûts d’investissements pour
ce volet.

De même, les coûts relevant de la collecte et du traitement normal des eaux usées doivent être
à la charge des utilisateurs de l’eau. Seulement le traitement supplémentaire et le transfert
éventuel vers une zone d’agriculture irriguée doivent être pris en compte, pour la comparaison
des coûts dynamiques.

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2.1.3 Précision des données sur les coûts à prendre en compte


Finalement, a l fiabilité du résultat de la comparaison des solutions possibles dépend de la
précision des données disponibles sur les coûts.
Vu le niveau plutôt stratégique de la planification PDARE, il est retenu que les calculs se feront
à la base de coûts non variés par la quantité exploitée (e.g.: le coût d’adduction de l’eau d’un
transfert déterminé est développé à partir de sa capacité totale et ne change pas si seulement
une partie de cette capacité est réellement transporté.).
Vu la disponibilité actuellement limitée de données fiables sur le coût de l’eau, les éléments de
coûts sont déterminés à partir d’échantillons d’ouvrages existants et futurs, régionalisés de cas
par cas. Le développement du chiffrage des différents éléments du coût de l’eau est montré
dans le chapitre 3.

2.2 Méthode de Calcul des Coûts de l’Eau


Par la suite, sont expliqués les différents éléments faisant partie du calcul du coût dynamique.
En plus, un exemple de calcul dans l’Annexe B montre, de façon schématisée, quelles sont les
informations nécessaires et les calculs à faire pou parvenir aux chiffres, qui forment la base de
l’évaluation économique dans les bilans d’eau.

2.2.1 Coûts dynamiques


Pour rendre comparables différentes solutions de bilan hydrique, leurs ensembles des coûts de
mise à disposition de l’eau seront à traiter par la méthode de calcul de coût dynamique. En
effet, ceci permet de ramener des différentes séries de dépenses avec différentes durées, à
une date (année) de référence commune (principe d’escompte ou d’actualisation), avant de les
mettre en relation avec les produits/ bénéfices obtenues pendant la même période et
escomptés de la même manière.
La pondération temporelle des coûts courants est effectuée à l’aide de facteurs de conversion
mathématiques financiers dans lesquels entrent deux valeurs fondamentales : d’une part le
poids selon lequel se répercute une estimation moindre ou plus élevée respectivement les
effets des coûts antérieurs par rapport aux coûts actuels ou à ceux de la date de référence, ce
qui est exprimé par le taux d’actualisation. D’autre part, pour l’envergure de l’écart entre les
coûts nominaux et la valeur actuelle correspondante, c’est la période entre l’imputation effective
des coûts et la période de référence qui est primordiale (période d’intérêts).

Dans le secteur de l’eau, les projets d’infrastructure ont une durée de vie pendant laquelle des
coûts et des bénéfices (avantages) se produisent d’une façon plus ou moins régulière. P.e., les
bénéfices de la construction d’un barrage se traduisent par les quantités d’eau disponibles à la
distribution. D’une manière agrégée, un tel projet peut être décrit par
?? Une série de valeurs annuelles (monétaires) du coût total de la production d’eau, soit
l’ensemble des coûts d’investissement et de réinvestissement, de maintenance et
d’exploitation, exprimées en DA de l’année de base/ référence (prix constants) ;
?? Une série de valeurs annuelles (physiques), exprimées en quantités d’eau produites.
Le coût dynamique de l’eau est formé par le rapport d’une série des coûts et d’une série
correspondante de valeurs de production, actualisées par le calcul des valeurs actuelles
nettes (VAN). Le coût dynamique est donc exprimé en DA/m³.

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2.2.2 Période d’analyse/ durée de vie des infrastructures


La période d’analyse d’un projet d’infrastructure est déterminée par
?? la durée de vie économique de son élément le plus important. Pour les autres éléments, il
faudra donc prévoir des réinvestissements après leur durée de vie moins longue.
?? la durée de l’investissement, c.à.d. la période à partir des premières dépenses jusqu’à
l’achèvement des travaux, ou le début de l’accumulation des bénéfices.
La période d’analyse est la combinaison de ces deux éléments.

Etant donné que les projets d’infrastructure au niveau des différentes ressources ont toujours
des différentes durées de vie, la période d’analyse est celle basé sur la durée de vie maximale
survenante (50 ans pour génie civil/ barrages).

2.2.3 Inflation, prix courants et prix constants


L’inflation est un phénomène bien connu dans le monde. Elle désigne le fait que, dans une
économie, le niveau général des prix a tendance à croître avec le temps. En d’autres termes,
les prix courants de l’ensemble de biens augmentent sans que l’on sache aujourd’hui quel
sera le niveau des prix à un horizon quelconque.

Pour permettre l’usage de données datant de différentes années, on calcule des prix constants
à partir des prix courants, en appliquant aux derniers le taux d’inflation TI, et en utilisant une
année de base commune. Ceci est justifié en supposant que l’inflation affecte tant les coûts que
les bénéfices et rendements, et cela de la même manière. Dans le cadre de l’étude actuelle, il
est proposé de retenir l’année 2005 comme année de base.

Le taux d’inflation (TI), qui peut être trouvé dans les statistiques officielles nationales et qui
représente l’augmentation du niveau de prix dans l’année t par rapport à l’année précédente
(année t-1), est mesuré comme suit :
niveau de prix ( année t ) ? niveau de prix ( année t ?1 )
TI (%) ? ? 100
niveau de prix (année t? 1)

En appliquant le TI au coûts d’un investissement quelconque, qui avait été fait antérieurement
(année t-x), on les transforme en prix constants de l’année de base (année t ; désignés par le
terme DA année t) qui était retenue pour l’analyse financière. La formule à employer est la
suivante :

Coût d ' investissement ( DAannéet )


? Coût d 'investisse ment ( DAannéet? x ) ? (1 ? TI (annéet ? x? 1 )) ? (1 ? TI ( annéet? x ? 2 )) ? ? ? (1 ? TI ( annéet ))

Un exemple de calcul est contenu dans l’Annexe B de ce rapport.

2.2.4 Taux d’actualisation


Le taux d’actualisation (ou d’escompte) utilisé pour le calcul de la VAN, est un taux plus ou
moins fictif mais basé sur des paramètres réels. Il s’agit du taux dont on se sert pour déterminer
la valeur actuelle d’un montant futur.

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Dans les projets d’investissement dans le secteur de l’eau et financés par des bailleurs de
fonds internationaux, il est la pratique standard de choisir un taux d’actualisation entre 5% et
10%. Pour l’analyse économique des PDARE est retenu un taux standard de 8%, qui
correspond au coût d’opportunité du capital dans l’Algérie.

2.3 Résumé des Hypothèses de Base pour le Calcul des Coûts Dynamiques
Le calcul des coûts dynamiques est à effectuer en DA en considérant que :
?? l’an 2005 a été déterminée en tant qu’année de référence (première année de
l’investissement initial des projets) ;
?? l’actualisation des coûts d’investissement à l’horizon 2005, par un taux d’escompte de
8% ;
?? les prix à utiliser sont à exprimer en prix constants 2005 hors TVA sur la période 2005 à
2020 ;
?? la parité $ US – DA en mars 2005 est de 1 $ US = 74 DA,
?? les coûts de maintenance et d’exploitation sont généralement exprimés en pourcentage
des investissements initiaux ;
?? en cas qu’il y a un coût d’électricité important (pompage), ceci est pris en compte avec
un coût moyen pour l’électricité de 3,5 DA/kWh ;
?? la période commune d’analyse est de 5 ans pour l’investissement initial, plus 50 ans de
durée de vie économique.

La récapitulation des durées de vie économiques avec les périodes d’investissement et de


réinvestissement, tous différenciées selon les types de projets, est représentée en Annexe C.

2.4 Présentation des Coûts de l’Eau dans le Système d’Information PDARE


Les coûts déterminés par les méthodes présentés ci-dessous sont mémorisés pour chaque
catégorie de ressource/ chaîne de mise à disposition des différents horizons et scénarios de
planification dans la banque de données contenant les données techniques.

Avec le logiciel « Bilan », les coûts sont cumulés et présentés sur la base d’un bilan quantitatif
hydrique (demande et ressource) effectué pour une combinaison de scénarios choisis
(=Variante) des catégories et unités de bilan choisis. L’utilisateur du logiciel a le choix de voir
les coûts dynamiques ou les coûts d’investissement.

La visualisation des coûts peut être faite sous différentes formes:


?? dans le SIG, en tant que superficies, diagrammes camembert ou à barres,
?? tableau de tous les coûts considérés par unité de bilan,
?? matrice de coûts.

2.4.1 Visualisation des coûts dans le SIG


Les coûts peuvent être présentés en tant que coûts totaux ou coûts par m³. La présentation
dans le SIG permet l’analyse spatiale de la distribution des coûts dans les différentes régions.
En plus, des diagrammes à barres ou camembert (voir exemples ci-dessous) facilitent la
comparaison des coûts de différentes catégories.

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Figure 2: Exemples de visualisation des coûts

2.4.2 Tableau récapitulatif des besoins en investissement considérés par unité de bilan
Le logiciel génère automatiquement des tableaux avec les coûts par unité de bilan pour toutes
les catégories prises en considération. Le Tableau 1 montre, selon une variante choisie, les
montants d’investissement en millions DA par an par Wilaya, pour toutes les catégories de la
demande.

Montant d’Investissement en millions DA/ an – 2015


Coûts - PMH
Coûts - AEP

Coûts - AEP

Coûts - GPI
industrielle
Coûts - AE
urbaine

rurale
Code
Nom

ADRAR 1 129.39 201.03 41.55 0 308.31


CHLEF 2 348.26 311.17 18.16 543.91 85.78


RELIZANE 48 240.25 188.64 0 630.94 82.27

Total 16.016 7.480,73 3.387,6 8.497,66 6.205,18

Tableau 1: Exemple de présentation des besoins en investissement

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3 Application de la Méthodologie aux Différentes Composantes du Bilan


Compte tenu du temps limité et des difficultés pour collecter rapidement des données fiables,
les coûts dynamiques sont calculés en utilisant les données et hypothèses disponibles dans les
études réalisées par le MRE et au niveau de la DEAH, notamment :
1. MRE / SOGREAH / ICEA : Etude de la Tarification de l’Eau à Usage Domestique et
Industriel – Rapport de la Mission 1, Juin 2002; et
2. Sonatrach / AHT : Etude Economique sur l'Eau - Rapport Résultats 4 – 6 : Bilan Hydrique
et Evaluation Economique de l’Offre et de la Demande en Eau, et de sa Distribution pour la
Période 2003 – 2020, Juin 2003 ;».
3. MRE / Groupement BETURE / CARL BRO / CES SALZGITTER : Plan National de l’Eau –
1997 / 1998
Cependant, une collecte rapide par les ABH a été lancée, auprès des DHW, pour améliorer la
représentativité de certains échantillons de coûts.

Le calcul des coûts dynamiques pour la mise à disposition des ressources en eau est composé
des éléments suivants (voir aussi définitions en chapitre 2.1.2) :
1. Les coûts de production d’eau au pied de la ressource (barrages, retenues collinaires,
forages, stations de dessalement, Station d’épuration des eaux usées).
2. Les coûts d’adduction servant à l’alimentation dans un réseau de distribution
3. Les coûts du traitement de l’eau brute qui est de qualité différente selon les ressources,
4. Les coûts de distribution servant à la mise à disposition de l’eau, des usagers

3.1 Eau Superficielle


Pour l’évaluation des coûts unitaires d’eau superficielle, on a distingué les deux principaux
types d’ouvrages de mobilisation :
?? les barrages,
?? les retenues collinaires.

3.1.1 Barrages
Les coûts dynamiques de l’eau au pied du barrage sont calculés pour un échantillon de
barrages existants ou en cours de construction (19 dans notre cas), à partir des coûts
d’investissement et d’une estimation des coûts de maintenance et d’exploitation (voir Tableau
2).

Les coûts d’investissements des barrages de l’échantillon ont permis de déduire une relation en
fonction des capacités, et d’évaluer par extrapolation les coûts d’investissement des autres
barrages, existants et futurs.
A noter que les barrages de Beni Haroun et Koudiat Acerdoune qui ont des capacités trop
importantes ne sont pas considérés dans la relation coût – capacité.

Le calcul des coûts dynamiques de l’eau de barrage a été réalisé sur la base des données
utilisées dans l’étude «Sonatrach », et celles provenant de l’étude «Actualisation du PNE
Algérois et Constantinois ». Un exemple de calcul est donné en Annexe D.

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Volume Coûts Coûts Coûts


Capacité
Nom du barrage régularisable d’investissement d’investissement dynamiques
[million m³]
[million m³] [millions de DA] (DA/m 3) (DA2005/m 3)
TICHI HAF 80 150 3.979 49,7 2,05
BREZINA 132 12 2.390 18,1 5,36
BOUKOURDANE 97 14 2.096 21,6 10,89
EL AGREM 135 21 2.052 15,2 7,11
OULED MELLOUK 125 38 4.731 37,8 9,06
SIDI Md BEN
75 56 5.396 71,9 7,01
TAIBA
BOUGOUS 70 60 6.200 88,6 7,82
KISSIR 68 47 3.414 50,2 7,47
KOUDIAT
62 100 2.345 37,8 1,77
MEDAOUR
SIKKAK 27 22 3.661 135,6 12,11
ZIT EMBA 120 44 3.543 29,5 5,86
KOUDIAT ROSFA 73 16 3.140 43,0 14,28
KRAMIS 30 33 6.890 229,7 15,19
TAKSEBT 175 180 15.329 87,6 6,57
TILESDIT 167 73 4.144 24,8 4,13
FONTAINE
56 14 1.663 29,7 8,64
D.GAZELLES
OUED
34 1,6 3.136 92,2 148,30
ATHEMANIA
DOUERA 110 127 4.691 42,6 2,79
PORTES DE FER 48 17 4.500 93,8 20,03

Tableau 2: Coûts de production d’eau des barrages (échantillon)

Sur la base de l’échantillon analysé, la Figure 3 montre la répartition des investissements selon
la capacité des barrages.

Investissements - Capacités
-0,906
y = 2521,4x
250,0

200,0
DA/m3

150,0

100,0

50,0

0,0
0 50 100 150 200
3
Capacité (Millions m )

Figure 3: Relation entre capacités de barrages et leurs coûts d’investissement

Les paramètres du calcul économique, considérés pour les barrages sont les suivants :
?? Capacité du barrage (hm3/an) ;
?? Volume régularisable (hm³/an) ;

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?? Montants des marchés, AP réévaluées (Montant total de l’investissement de construction


du barrage, Coûts d’investissement pour les équipements, Coûts de déplacement des
infrastructures et indemnisations ; Coûts des investissements divers ;)
?? Dépenses annuelles de maintenance et de l’exploitation (1% du montant total de
l’investissement) ;
?? Durée de vie = 50 ans
?? La phase d’investissement est fixée à cinq années.

3.1.2 Retenues Collinaires


Le calcul des coûts dynamiques est identique à celui effectué pour les barrages, avec les
modifications suivantes :
?? Durée de vie = 20 ans
?? La phase d’investissement est fixée à une année.
?? Les coûts annuels de maintenance et d’exploitation sont considérés à hauteur d’un demi
pour cent (0,5 %) du montant total de l’investissement.
?? Un traitement de la qualité de l’eau n’est pas jugé nécessaire et ne fait ainsi pas partie du
calcul.
Aux coûts dynamiques de production, il faudra ajouter des coûts supplémentaires de connexion
pour mettre l’eau à disposition (cf. chapitre 3.5.2).

Les coûts d’investissement ont été déterminés pour un échantillon de neuf retenues collinaires.
Il en a résulté une relation des coûts en fonction des capacités, permettant ainsi d’estimer les
coûts moyens d’investissement des autres ouvrages existants, et futurs.

Les résultats sont présentés dans le Tableau 3 suivant et la corrélation entre la capacité des
retenues collinaires et les coûts dynamiques est illustrée en Figure 4: Relation entre capacités
de RC et leurs coûts d’investissement.

Investisse- Coût dynamique


Nom de la retenue Capacité
N° Wilaya ment (millions au pied de la RC
collinaire (million m³) de DA) (DA2005/m 3)

1 Tiaret Oued Boudjarane 0,652 82 12,78


2 Sidi Bel Oued El Malah 0,199 36 18,30
Abbes
3 Guelma Oued Hadjera 0,292 30 10,40
4 M'sila Oued Ouiiltem – 0,5 96 19,44
commune de Maâdhid
5 Oum El Bir Sidi El Hadi – 0,45 127 28,56
Bouagui commune Ouled Zouai
6 Djelfa Kalane – com. Taref 0,37 106 28,95
7 Guelma Oued Méziet 2 233 11,78
8 M'sila N'fidha – com. Ain 2,2 64 2,94
Khadra
9 Ain Defla Oued Rahil – commune 0,4 42 10,71
de Tarik Ibn Ziad

Tableau 3: Coûts par m³ de production d’eau des retenues collinaires

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Investissements - Capacité

y = -53,822Ln(x) + 126,8
400
300

DA/m3
200
100
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
Capacités (Millions m3)

Figure 4: Relation entre capacités de RC et leurs coûts d’investissement

3.2 Eau Souterraine


La mobilisation des eaux souterraines se fait essentiellement par des forages. On entend par
forage, un ouvrage construit et doté des équipements de pompage pour amener l’eau au pied
du forage.

Les paramètres considérés pour les calculs des coûts dynamiques de production d’eau
souterraine sont :
1 Forage
?? Profondeurs et débits par zone ;
?? Investissements par mètre linéaire de forage ;
?? Phase d’investissement : une année ;
?? Coûts annuels de maintenance et exploitation : 0.5% des coûts d’investissement ;
?? Durée de vie moyenne du forage =20 ans.

2 Pompage du forage
?? Coûts des équipements de pompage par surcoût de l’investissement du forage (25%) ;
?? Durée de vie moyenne de l’équipement électromécanique = 10 ans.
?? Hauteur de refoulement ;
?? Puissance nécessaire en kW ;
?? Tarif moyen d’électricité (DA/kWh).

Les coûts par mètre linéaire de forage utilisés dans l’étude sont tirés de l’Etude de Tarification
de l’Eau. Actualisés à 2005, ces coûts s’élèvent à 29.150 DA2005 par ml (22.000 DA2002/ 0,80
comme taux de réussite de forage x 1,06 pour l’inflation).

Au coût de réalisation du forage, il faudra ajouter des coûts additionnels


- de pompage pour amener l’eau au pied du forage ;
- de connexion pour mettre l’eau à disposition (cf. chapitre 3.5.2).

A cause de la grande diversité des nappes aquifères, il est souhaitable d’établir pour quelques
zones une typologie de forages de différentes profondeurs et débits.
Mais en l’absence de données dans l’immédiat, nous avons caractérisé chaque région
hydrographique par deux forages types, qui nous ont permis de faire une première estimation
des coûts dynamiques (c’est à dire, y compris les coûts d’entretien et de pompage), au pied des

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forages. Les caractéristiques moyennes (profondeur, débit,...) et les coûts unitaires sont donnés
dans le Tableau 4 ci après.
Un exemple de calcul est présenté en Annexe D.

Débit Profondeur Coûts totaux Coûts dynamiques


Région Zone (millions (m) d’investisse de production
m³/an) ment (DA) (DA 2005/ m³)
Oranie - Chott Nord 0,32 150 5.114.500 4,05
Chergui
Oranie - Chott Sud 0,32 150 5.114.500 3,32
Chergui
Cheliff – Nord 0,32 100 3.657.000 3,56
Zahrez
Cheliff – Sud 0,32 150 5.114.500 4,05
Zahrez
Algérois- Nord 0,47 100 3.657.000 2,42
Hodna-
Soummam
Algérois- Sud 0,32 150 5.114.500 4,80
Hodna-
Soummam
Constantinois - Nord 0,63 100 3.657.000 2,18
Seybouse-
Mellegue
Constantinois - Sud 0,63 100 3.657.000 2,18
Seybouse-
Mellegue

Tableau 4: Coûts par m³ de production d’eau des forages

3.3 Dessalement de l’Eau de Mer


Les calculs des coûts unitaires de dessalement de l’eau de mer sont effectués sur la base des
informations disponibles dans l’Etude Economique de l’Eau (2003) et recueillies à l’occasion de
la « Journée Mondiale de l’Eau » à Alger (Mars 2005).

Pour le calcul des coûts dynamiques, on a considéré les paramètres suivants :


?? Les coûts d’investissement (l’infrastructure, les bâtiments, l’équipement, et filtres) ;
?? Les coûts de maintenance et d’exploitation variant de 12% (osmose inverse) à 7%
(systèmes MSF/MSD) des coûts d’investissement ;
?? La capacité installée en m³/j produit ;
?? Le taux effectif d’exploitation/ d’utilisation, variant entre 80 et 85% de la capacité installée ;
?? Une durée de vie économique de
- 50 ans pour les infrastructures,
- 25 ans pour les bâtiments,
- 10 ans pour l’équipement,
- 3 ans pour les filtres et pièces d’usure.

A titre indicatif, le Tableau 5 ci-dessous récapitule les coûts pour différentes techniques de
dessalement et différentes capacités de production en fonction ou en cours de construction en
Algérie.

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Technique de Dessalement: Osmose Inverse MSF/MED


3
Capacité installée (m /j) 25.000 50.000 100000* 150000* 200000* 100.000
3
Coûts d'investissement (US $/m , 1.515 1.400 1.100 1.000 1.250 1.300
Algérie 2005)
Coûts d'investissement (million US $) 37,9 70,0 110,0 150,0 250,0 130,0
Coûts d'opération (en % des coûts 12 12 12 12 12 7
d'investissement)

Durée de vie économique (années)


- Infrastructures 50 50 50 50 50 50
- Bâtiments 25 25 25 25 25 25
- Equipements 10 10 10 10 10 10
- Filtres et pièces d'usure 3 3 3 3 3 3

Taux d'actualisation (%) 8 8 8 8 8 8

Taux d’échange (DA/ US $) (2005) 74 74 74 74 74 74

Répartition en % d'investissement
total
- Infrastructures 5 5 5 5 5 5
- Bâtiments 45 45 45 45 45 45
- Equipements 35 35 35 35 35 35
- Filtres et pièces d'usure 15 15 15 15 15 15

Exploitation effective par an (%) 80 80 80 80 80 85

3
Coût dynamique effectif (DA2005/m ) 87 81 63 58 72 58

Tableau 5: Coûts dynamiques de dessalement de l’eau de mer

A ces coûts unitaires (de production), il faudra ajouter des coûts additionnels de connexion pour
mettre l’eau à disposition (cf. chapitre 3.5.2).

3.4 Eaux Usées Traitées

3.4.1 Coûts de l’épuration des eaux usées


Comme expliqué plus haut, les coûts de la collecte et du traitement des eaux usées ne sont pas
pris en compte pour déterminer le coût dynamique de la mise à disposition de l’eau usée
traitée.
Néanmoins il serait intéressant de pouvoir déterminer les coûts d’investissement (remise en état
et extension des installations existantes, selon les différents scénarios de développement à
envisager. Pourtant, la situation actuelle des données ne permet pas une analyse cohérente
(p.e. longueurs et diamètres des réseaux, coûts des conduites et de STEPs) dans les délais
appropriés. Le modèle « Bilans » permettant une évaluation une fois que des données valables
sont disponibles, cet élément du secteur eau pourra être intégré dans les analyses financières.

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3.4.2 Coûts additionnels d’épuration pour la réutilisation


Le « Modèle Bilan » permet de simuler la réutilisation, de différentes quantités d’eau usée
traitées, dans le secteur agricole.

Pour déterminer les quantités d’eau usée réutilisables, on assume que seulement 10% de l’eau
potable consommée peut être effectivement mise à la disposition de l’agriculture irriguée, selon
l’hypothèse suivante :
Eau potable consommée 100 %
Eau usée collectée (partie reversée aux égouts) 80 %
Eau usée à épurer (pertes au réseaux) 40 %
Eau usée épurée (pertes du processus d’épuration) 34 %
Eau usée réutilisable 10 %

Dans cette hypothèse, on a considéré que seulement 30% des volumes d’eaux usées sortant
des STEP peuvent être réutilisés de manière sûre pour l’irrigation, à cause de contraintes
multiples, notamment :
?? La distance entre ‘source’ et ‘demande’ des eaux épurées ;
?? Le décalage entre une production permanente et une demande saisonnière (des réservoirs
de stockage ne sont pas considérées) ;
?? Les besoins en investissements pour le traitement supplémentaire ;
?? Une qualité d’eau épurée généralement variable qui affecte le choix des cultures, la salinité
de l’eau et du sol et les conditions d’irrigation ;
?? L’acceptation socioculturelle limitée de cette ressource d’eau ;
?? La tarification éventuelle des eaux usées traitées.

La mise à disposition de la ressource « eaux usées épurées » aux agriculteurs implique :


?? un traitement supplémentaire (type extensif, e.g. lagune, bassin).
?? un transfert aux périmètres d’irrigation.

Dans le bilan, seuls les coûts de cette étape sont à prendre en considération, les autres coûts
étant imputables à la protection des ressources en eau.

Donc, aux coûts dynamiques de « production », il faudra ajouter ces coûts additionnels de
connexion pour mettre l’eau à disposition (cf. chapitre 3.5.2).

Les données utilisées pour le calcul des coûts dynamiques comprennent :


?? La capacité d’épuration supplémentaire à installer ;
?? L’évolution des volumes des eaux usées jusqu’à à la fin de phase de planification ;
?? Les coûts d’investissement (infrastructure, équipements) pour une 3ème étape d’épuration ;
?? Les coûts annuels de maintenance et d’exploitation, estimés à 1% des investissements;
?? durée de vie : 10 ans.

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3.5 Les Coûts de l’Adduction


Les adductions ont pour fonction de transporter l’eau d’une source (barrage, retenue collinaire,
forage, station de dessalement, station d’épuration) vers l’entrée d’un réseau de distribution,
généralement un réservoir.

Dans notre approche, nous considérons que le coût d’adduction concerne la conduite d’eau
mise en place avec tous ses ouvrages et équipements en ligne.

3.5.1 Systèmes de Transfert Intra-régional et Interrégional

Bases des calculs des coûts


Pour l’ensemble des systèmes de transfert considérés (existants et projetés), on procédera à un
calcul estimatif des coûts, étant donné que ni les données géométriques exactes ni les coûts de
construction effectifs ne sont disponibles.

Pour les systèmes projetés, des calculs hydrauliques simples permettront de choisir un tracé
sur la base de la topographie du projet, et de définir les caractéristiques de dimensionnement.

Nous considérons que pour les grands diamètres (supérieurs à 1000 mm), les conduites le plus
couramment utilisées en Algérie, sont en acier.
Les prix unitaires des conduites en acier, établis 2002 dans l’Etude de Tarification et actualisés
à 2005, sont donnés dans le Tableau 6, ci après ; ils comprennent la fourniture et la pose des
conduites et accessoires ainsi que les terrassements en tranchée.

Diamètre 1000 1200 1400 1500 1600 1800 2000 2200


(mm)
Coût 56 070 80 641 109 326 125 562 143 963 181 849 224 063 270 608
(DA2005/ml)

Tableau 6: Prix complets des conduites en acier

La puissance installée dépend du débit nominal de la hauteur de refoulement et du rendement


des groupes de pompage. Elle est définie par la formule suivante :

P(kW) = g*H*Q/ (? ) = 15*H*Q


avec
- H : Hauteur de pompage en m
- Q : Débit en m 3/s
- g : Accélération de la pesanteur = 9,81m/s 2
- ? °: Rendement global du système de pompage = 0,65

Les coûts dynamiques d’adduction seront calculés individuellement pour chaque système de
transfert ; ils dépendent des données et paramètres suivants :

Paramètres techniques (adductions et pompage)


?? La longueur des tracés de transfert et la pente totale, reprises du SIG.
?? La capacité de transfert
?? Les pertes de charge estimées par une approche simple selon Darcy - Weisbach.
?? La différence de niveau, estimée à partir de la pente totale.

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?? Le matériau des conduites


?? Les pompes sont doublées pour assurer une gestion fiable,
?? La puissance nécessaire en kW ;
?? La durée de la phase de construction : 3 ans.

Coûts des adductions


?? Les coûts de construction des conduites (données PNE), actualisées à 2005 ;
?? Les coûts de maintenance : 1% des coûts d’investissement en génie civil, et 2% des coûts
d’investissement pour les conduites.

Coûts des stations de pompage


?? Les coûts du pompage (pompes, équipements électriques et de protection, vannes d’entrée
et sortie, et bâtiments d’exploitation), répartis entre coût du génie civil 40 %, et coût des
équipements 60 % ;
?? Les coûts de maintenance : 1% des coûts d’investissement en génie civil, et 2% des coûts
d’investissement pour les installations de pompage ;
?? Les coûts d’exploitation des installations de pompage ;
?? Le tarif d’électricité (DA/kWh) ;
?? La durée de vie moyenne des installations électromécaniques estimée à 15 ans.

Un exemple de calcul du coût dynamique pour un transfert existant (de Sidi Abdelli vers Sidi Bel
Abbès) est présenté en Annexe D.

3.5.2 Systèmes de Connexion


Par système de connexion, on comprend de petits systèmes d’adductions qui assurent la
liaison entre les catégories de ressource suivantes, et un système de distribution en aval:
?? Retenues collinaires ;
?? Forages ;
?? Petites stations de dessalement ;
?? Stations d’épuration.

Les coûts des systèmes de connexion sont considérés dans le modèle « Bilan » comme des
coûts supplémentaires. Faute de données précises les coûts sont calculés forfaitairement à
partir d’hypothèses pour chaque catégorie de ressource. Ils concernent les coûts des conduites
et du pompage. A cet effet, les hypothèses suivantes ont été prises en considération :

Catégorie de Ressource
Retenues Petites Stations Stations
Forages
Collinaires de Dessalement d’Epuration
Longueur type de la conduite 2 km 10 km 5 km 5km
Hauteur de refoulement 10 m 40 m 40 m 20 m
Durée de vie 25 ans
Coûts de maintenance 1% des investissements
200.000 630.000
Débit moyen 2.500 m3/jour 1.500 m3/jour
m3/an m3/an
Tableau 7: Caractéristiques des systèmes de connexion types

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3.6 Coûts de Traitement de l’Eau Potable


Les coûts du traitement sont des coûts supplémentaires nécessaires selon les différentes
catégories de ressources, et le type de la demande :
?? Pour les barrages, le traitement nécessite de grandes stations pour l’AEP.
?? Pour les eaux souterraines, le traitement est peu important, il s’agit essentiellement
d’opérations de potabilisation, ce qui n’est pas déterminant dans la chaîne des coûts.
Le traitement considéré est constitué du processus classique : floculation, décantation, filtration,
désinfection, ce qui correspond à une qualité d’eau brute moyenne, et les besoins en qualité de
l’eau potable.

Les calculs des coûts sont préliminairement effectués sur la base des informations recueillies
de l’Etude de la Tarification de l’Eau. L’échantillon de stations de traitement considéré dans
cette étude comprend 4 stations (Sidi Hadjel, Taksebt, Kramis, et Gargar). Il en a résulté une
relation des coûts moyens d’investissement, en fonction de la capacité C en m3/an, permettant
ainsi d’estimer par extrapolation les coûts d’investissement actualisés, pour d’autres stations
existantes et futures et calculer ensuite les coûts dynamiques de traitement de l’eau à la sortie
de la station.

Coûts moyens d’investissement (DA2005/m3) = 64819*C-0,1504

Il est à noter que cet échantillon n’est pas assez satisfaisant pour l’évaluation économique au
niveau des PDARE. Il sera élargi selon les résultats de la collecte en cours par les ABH.

Pour le calcul des coûts dynamiques, on a considéré les paramètres suivants :


?? Les coûts d’investissement répartis entre génie civil 50% et équipements 50% ;
?? Les coûts de maintenance et d’exploitation (1% pour la partie génie civil, 2% pour la partie
équipements, en % des coûts d’investissement correspondants) ;
?? La capacité de traitement installée en m³/j ;
?? Le taux de récupération d’eau, variant entre 80 et 85% de la capacité installée ;
?? Une durée de vie économique de
- 50 ans pour les infrastructures, et
- 20 ans pour l’équipement.

3.7 Coûts de Renforcement des Systèmes de Distribution d’AEP


Le calcul de coûts de l’eau au niveau de la « demande », présenté dans le présent chapitre,
permet de fournir des informations additionnelles pour déterminer les besoins totaux en
investissements, nécessaires pour satisfaire une demande donnée (production, transfert et
extension des réseaux d’AEP).

Comme expliqué avant, le calcul de coûts dynamiques pour cette partie de la chaîne de mise à
disposition de l’eau n’est pas prévu, car ce n’est pas nécessaire pour la comparaison
d’alternatives d’approvisionnement.

Là ou il y a quand même besoin de déterminer des coûts unitaires (par m3 d’eau) pour
déterminer les investissements, on se réfère à la quantité d’eau fournie à l’abonné.

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d’Aménagement des Ressources en Eau (PDARE) Octobre 2005
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L’amélioration de l’infrastructure des réseaux d’AEP s’articule autour des deux axes suivants
dont les éléments de calcul des coûts sont expliqués par la suite :
?? L‘extension des réseaux nécessaires pour atteindre des abonnés supplémentaires ;
?? La réhabilitation des réseaux d’alimentation en eau, pour la réduction des pertes d’eau.

3.7.1 Coûts d’Extension des Systèmes de Distribution


Les calculs pour la détermination des coûts de distribution sont basés sur la méthodologie
appliquée dans l’étude du PNE 1, avec les données relevées dans l’Etude de la Tarification de
l’Eau2 et celles du cadastre disponibles au niveau des ABH.

Les systèmes de distribution AEP sont généralement constitués :


?? d’un réseau de conduites de divers diamètres et de différents matériaux ;
?? de stations de pompage ;
?? de réservoirs de distribution;

Conduites de distribution
Pour évaluer les investissements des extensions de réseaux, on doit définir les paramètres
suivants :
?? La longueur de réseau de distribution (tous diamètres) par abonné (ou habitant branché) ;
?? La répartition des conduites par diamètre selon la taille des agglomérations (classification) ;
?? Une combinaison type de matériaux par diamètre, avec les coûts au mètre linéaire.

Longueur de conduite par abonné


Les caractéristiques des réseaux (longueurs, diamètres, matériaux) de 114 agglomérations de
moins de 20.000 habitants de la région hydrographique Cheliff-Zahrez ont été analysés et ont
permis de déduire une longueur moyenne de réseau par habitant 3 égale à 1,4 ml. Avec les
taux de branchement actuel et projeté de la région, il sera possible d’évaluer la longueur
moyenne de réseau par habitant branché, et calculer ainsi des coûts d’extension de réseau.

Répartition des canalisations par diamètre

Classes d’Agglomérations par Population


Diamètres 1.101.000- 451.000- 176.000- 76.000- 36.000- 16.000- 2.000-
2.500.000 1.100.000 450.000 175.000 75.000 35.000 15.000
800 0,80 %
600 1,00 % 0,90 %
500 1,30 % 1,20 % 1,10 %
400 1,80 % 2,00 % 2,10 % 2,30 %
300 2,90 % 3,10 % 3,20 % 3,30 % 3,35 %
250 4,90 % 5,10 % 5,30 % 5,55 % 6,25 % 6,65 %
200 8,80 % 9,00 % 9,20 % 9,30 % 9,65 % 11,10 % 11,30 %
150 13,80 % 14,00 % 14,10 % 14,20 % 14,65 % 15,10 % 16,00 %
100 18,50 % 18,60 % 18,70 % 18,80 % 19,05 % 19,25 % 21,00 %
80 21,70 % 21,00 % 21,10 % 21,20 % 21,35 % 21,70 % 24,70 %
60 24,50 % 25,10 % 25,20 % 25,35 % 25,70 % 26,20 % 27,00 %

Tableau 8: Répartition type des conduites par diamètre et par classe de population

1
PNE_Volet AEP_Methodologie de dimensionnement et du chiffrage de la distribution_Sept. 1997
2
Etude de la Tarification de l’Eau à Usage Domestique et Industriel et de l’Assainissement, 2002
3
population et longueur de réseau 2003

21
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L’étude de la répartition des conduites par diamètre, réalisée par le PNE, a porté sur un
échantillon de 5 agglomérations de la région oranaise, avec des populations allant de 11.000
hab. à plus de 600.000 hab. Ce qui a permis d’établir une grille de répartition type, en vue de
dimensionner les extensions des réseaux des agglomérations, pour plusieurs classes de
population. La grille type est donnée dans le Tableau 8 ci dessus :

Combinaison type de matériaux par diamètre et coûts


En Algérie, les conduites en acier ont été utilisées pendant longtemps à cause de leur
disponibilité sur le marché, et de leur facilité de mise en œuvre. Mais depuis quelques années
on constate une utilisation plus rationnelle des différents matériaux :
?? Le PEHD et le PVC pour e l s canalisations en petits diamètres destinés à la desserte
rapprochée des abonnés. Le PEHD est de plus en plus utilisé.
?? La fonte est destinée aux conduites principales de distribution donc pour les diamètres
moyens.
?? Le béton et l’acier sont destinés aux adductions de grands diamètres.

Compte tenu des gammes existantes pour chaque type de matériau, nous avons retenu une
combinaison type de matériaux, en fonction des diamètres, comme suit :
?? PEHD pour les diamètres 40 à 100 mm ;
?? Fonte pour les diamètres 150 à 300 mm ;
?? Acier pour les diamètres 400 à 900 mm ;

Les prix actualisés des conduites (incluant tous matériaux et travaux) par diamètre sont donnés
en DA2005/ml dans le Tableau 9, et le graphique correspondant (Figure 5) suivants.

Ø (mm) 40 50 60 80 100 150 200


Prix
988 1 113 1 241 1 501 1 769 7577 9 201
(DA/ml)

Ø (mm) 250 300 400 500 600 800 900


Prix
10 933 12 881 13 422 16 778 20 133 35 829 45 354
(DA/ml)
Tableau 9: Prix des conduites par diamètre

Prix des Conduites par Diamètre


1,2575
Prix = 8,2612.D
50000
Prix (DA/ml)

40000
30000
20000
10000
0
0 200 400 600 800 1000
Diamètres (mm)

Figure 5: Prix des conduites par diamètre

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Evaluation des investissements par mètre linéaire de réseau


Les investissements par mètre linéaire de réseau type et pour chaque classe d’agglomérations,
résultent de la répartition des conduites par diamètre et des prix des conduites par diamètre. Ils
sont présentés dans le Tableau 10suivant.

Classes d’Agglomérations par Population


1.101.000 451.000 176.000 76.000 36.000 16.000 2.000
2.500.000 1.100.000 450.000 175.000 75.000 35.000 15.000
Coûts
(DA2005/ml) 4 669 4 452 4 333 4 238 4 089 3 884 3 329

Tableau 10: Coût d’investissement par mètre linéaire de réseau

Evaluation des investissements par habitant branché


Pour chaque agglomération le coût des investissement est alors calculé par une simple
opération : Linéaire de réseau par habitant branché x coût du ml de réseau.

Réservoirs
Généralement on considère qu’un compromis optimal entre la sécurité d’alimentation et le coût
du stockage, correspond à un stockage total équivalent à une journée de production. C’est ce
ratio qui sera retenu pour chiffrer les coûts de stockage.

L’Etude de Tarification4 a présentée un échantillon d’infrastructures de stockage avec les coûts


d’investissement par m3 pour différentes tailles de réservoirs, pour une gamme de 400 à 5000
m 3. Ceci a permis de calculer un coût moyen de stockage, qui sera préliminairement utilisé pour
évaluer les coûts, en l’absence de précision sur le volume des réservoirs envisagés. Cet
échantillon nécessitera un élargissement, à la base de la collecte de données en cours par les
ABH.

Volume total du Coût par mètre cube


réservoir (m3) (DA/m3)2005
400 9 525
1 000 8 335
2 000 7 144
3 000 6 278
5 000 5 845
Coût moyen 7 144

Tableau 11: Coût d’investissement par mètre linéaire de réseau

Stations de Pompage
Comme pour les réservoirs, les coûts d’investissement des stations de pompage sont calculés à
partir d’un échantillon de projets réalisés ou en cours de construction (L’Etude de Tarification5).

4
Etude de Tarification, juin 2002, Annexe 5.
5
Etude de Tarification, juin 2002, Annexe 5.

23
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Les coûts ont été exprimés en coûts spécifiques ramenés à l’unité de puissance installée
(DA/kW), pour différentes tailles de stations de pompage, allant de 500 à 290.000 kW de
puissance (Tableau 12).

Puissance Coût spécifique


(kW) (DA2005/kW)
290 000 9 092
180 000 49 034
100000 81 182
50 000 108 243
10 000 146 128
5 000 151 541
500 156 953
Tableau 12: Coût de la puissance installée en DA/kW

Ce qui a donné la relation ci après, permettant d’estimer les coûts des stations de pompage :

Coût de pompage (DA2005/ kW) = 172564*e-0,000009.P

3.7.2 Coûts de la Réduction des Pertes


Vu le niveau actuel élevé de pertes dans les réseaux de distribution d’eau potable en Algérie
(40% de la demande en moyen), la réduction des pertes représente actuellement une tâche
prioritaire qui ne peut être pris en charge par les opérateurs des systèmes AEP, par leurs
propres moyens. Un rôle particulier est donc accordé aux mesures et programmes
d’investissement permettant une remise en état des réseaux, dans les meilleurs délais.

Cette réduction des pertes passe, entre autres, par des investissements sur les réseaux, par
des interventions nombreuses et variées. Comme suggéré par l’Etude Economique de l’Eau
(2003), on peut considérer 4 types de programmes de mesures d’amélioration :

Programme de mise à niveau des réseaux de distribution


Un programme d’actions à durée limitée (2005-2015) pour la réduction des pertes les plus
importantes, comprenant :
1. Le diagnostic des systèmes
2. Un programme d’urgence composé de
- opérations de détection et réduction des fuites ;
- remplacement d’une série de compteurs ;
- remplacement de certaines canalisations et accessoires.
L’impact de ces mesures à étaler sur les dix prochaines années devrait se traduire par une
réduction des pertes de l’ordre de 10%.

L’Etude Economique sur l’Eau, Résultat 5, propose un coût d’investissement de 1.430 DA2002/
abonné ce qui correspond à 204 DA2005/ hab. branché (7 habitants en moyen par abonné).

Programme d’installation de compteurs


Un moyen très efficace et peu coûteux pour la réduction des pertes, est l’installation de
compteurs. En général, les pertes provenant de mesures insuffisantes, ou inexistantes, sont

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certes attribuées aux pertes commerciales. La réalité montre cependant que l’installation de
compteurs est un moyen efficace pour lutter contre le gaspillage lié aux pertes physiques.

Les compteurs ayant une durée de vie moyenne de 15 ans, il est proposé de remplacer tous les
compteurs dans les 15 prochaines années, et d’en installer là où il n’y en pas encore. Ce
programme d’installation de compteurs, devrait permettre une réduction des pertes de 7,5%
environ. Le démarrage de cette mesure devrait être immédiat.

Selon l’Etude Economique sur l’Eau, Résultat 5 (2003), un coût d’investissement de 4.000
DA2002/ abonné peut être considéré, ce qui se traduit en 606 DA2005/ hab. branché.

Programme de renouvellement
Le renouvellement des systèmes d’AEP vétustes est nécessaire à long terme, dans la plupart
des agglomérations.

La durée de vie des réseaux d’approvisionnement peut être estimée à 45 ans environ. Ce qui
signifie que tous les 45 ans, l’ensemble des systèmes est á remplacer. Cette opération est à
effectuer en permanence. Ainsi, d’ici 2020, un tiers du système total devra être remplacé. Le
renouvellement des systèmes devrait se traduire par une réduction supplémentaire des pertes
de 2,5% environ, jusqu’en 2020. Cette mesure devrait démarrer immédiatement.

Dans l’Etude Economique sur l’Eau, Résultat 5, est proposé un coût d’investissement de 12.660
DA2002/ abonné ce qui correspond à 1.917 DA2005/ hab. branché.

Programme de maintenance
Par rapport au renouvellement, la maintenance comprend des réparations ponctuelles des
systèmes existants (réseau, réservoirs et stations de traitement). La maintenance est un
élément de la gestion permanente. Si elle n’est pas effectuée, l’état du réseau se détériore. On
suppose que l’on n’obtiendra pas de réduction substantielle des pertes par cette action mais
que l’état du réseau sera maintenu à un niveau normal de fonctionnement. Les mesures
correspondantes devraient démarrer de suite.

L’Etude Economique sur l’Eau, Résultat 5, propose de prévoir le même coût d’investissement
comme pour le programme de renouvellement, ce qui correspond à 1.917 DA2005/ hab. branché.

La Figure 6 illustre l’évolution de la réduction des pertes attendue, selon les différentes mesures
proposées.

25
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Réduction des Pertes

25

Réduction (%)
20
Prog. Initial
15 Compteurs
Réhabilitation
10 Renouvellement
Total
5

0
2005 2010 2015 2020

Figure 6: Evolution des Réductions des pertes selon les mesures proposées

3.8 Coûts de l’Eau dans l’Industrie


Il est assumé que la petite et moyenne industrie est généralement approvisionnée par les
réseaux de distribution AEP. Sa demande est déterminée par majoration de la demande
domestique. Par conséquence, les coûts liés à cette catégorie de demande en eau sont inclus
dans les coûts de la catégorie AEP.

Concernant les grandes industries et les zones industrielles, ils ont généralement des systèmes
individuels d’alimentation en eau, et des systèmes de distribution internes à la charge des
utilisateurs (comme les branchements domestiques). Ainsi, comme pour l’AEP, les coûts de la
distribution ne sont pas à évaluer pour une comparaison d’alternatives d’approvisionnement.
Non plus, les coûts d’investissement de la distribution interne sont à prendre en compte, pour
les plans d’investissement publics. Seuls les coûts de production et coûts de connexion sont à
évaluer comme investissements, sur la base d’une demande déterminée individuellement pour
chaque unité industrielle, en relation avec les objectifs de croissance probable du secteur
industriel, et du développement technologique des processus industriels permettant une
économie de l’eau.

Dans l’approche pour les PDARE, nous considérerons une augmentation de la demande en
eau industrielle moyenne de 1,5% par an jusqu’à l’horizon 2020.

3.9 Coûts de l’Eau dans l’Irrigation

3.9.1 Demande en Eau du Secteur Agricole et Potentiels de Réduction


Le « Modèle Bilan » considère les besoins en eau actuels et futurs du secteur agricole en
fonction de différents scénarios et hypothèses sur le développement agricole. Ceux ci ont été
élaborés en combinant trois variables qui influencent de manière significative la demande en
eau d’irrigation, il s’agit,
- des assolements, c’est-à-dire le choix des cultures irriguées,

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- des techniques d’irrigation,


- du climat, plus précisément de la pluviométrie.
La croissance de la demande peut être réduite par l’introduction d’équipements permettant
d’économiser l’eau dans l’irrigation agricole. A cet effet, et pour rendre l’irrigation plus
performante, deux techniques peuvent être considérées :
1. L’aspersion : distribution de l’eau avec des équipements mobiles d’irrigation (rampes et
asperseurs ; arrosage en pluie).
2. L’irrigation localisée : distribution de l’eau avec des équipements fixes et parfois
partiellement enterrés (station de tête, système de fertilisation et réseau d’irrigation au
« goutte-à-goutte »).
Dans plusieurs pays ayant des conditions agro-climatiques et agro-techniques comparables à
celles de l’Algérie, le taux d’efficacité des conduites de distribution est de l’ordre de 90% (c'est-
à-dire, les pertes s’élèvent à 10% du volume mis à disposition), tandis que les taux estimés de
différentes techniques d’irrigation sont de :
1. ~ 65% pour l’irrigation gravitaire ;
2. ~ 75% pour l’aspersion ;
3. ~ 90% pour l’irrigation au goutte-à-goutte.
Ces différents niveaux d’efficacité de l’irrigation permettent d’avoir une idée sur le potentiel
d’économie en eau, si des techniques d’irrigation performantes sont introduites.

3.9.2 Coûts d’Investissement dans le Secteur de l’Irrigation

Coûts de Développement des Périmètres


Les coûts d’investissement au niveau des réseaux de distribution et de drainage sont calculés
pour chaque périmètre à développer ou à étendre, à partir des investissements au niveau des
réseaux primaires de distribution. La collecte de données actuellement en cours par les ABH
servira d’établir les coûts d’investissements de quelques périmètres typiques, comme
échantillon, en DA/ ha.

Les besoins en information pour le calcul des investissements correspondants comprennent :


- La situation de départ/ actuelle des périmètres existants (répartition des cultures, en ha) ;
- Les superficies à développer, avec la répartition envisagée des cultures (en ha) ;
- Les besoins spécifiques en eau des différentes cultures en m³/ha/an en fonction du climat,
des sols et des techniques d’irrigation pour chaque périmètre.

Coûts des équipements d’irrigation


Comme pour le secteur AEP, la demande en eau d’irrigation est très souvent surélevée, à
cause d’un assolement et des techniques d’irrigation inappropriés. Pour réduire cette demande
en eau, nous considérons des programmes de développement à financer par l’état qui portent
sur l’introduction successive de l’irrigation localisée pour l’arboriculture, le maraîchage et les
cultures industrielles, à la place de l’irrigation par aspersion. Dans ce cadre, deux scénarios de
développement visant différents niveaux de réduction de pertes/ d’économie d’eau sont
considérées :
1. Partie croissante de goutte à goutte dans l’arboriculture, de 2005 à 2020 : 5 – 25%
Partie croissante de goutte à goutte dans le maraîchage, de 2005 à 2020 : 10 – 80%

27
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2. Partie croissante de goutte à goutte dans l’arboriculture, de 2005 à 2020 : 10 – 35%


Partie croissante de goutte à goutte dans le maraîchage, de 2005 à 2020 : 15 – 90%

Considérant les taux d’efficacité mentionnés ci-dessus, un gain en eau de 15 % sera réalisé
pour les parties équipés par le goutte à goutte, au lieu de l’aspersion. Ceci permettra une
réduction de la demande jusqu’à 2020, pour le scénario 1, de 4% pour le total des superficies
sous l’arboriculture, et de 12% dans le maraîchage. Pour le scénario 2, cette réduction atteindra
5% et 13% en 2020.

En principe, les investissements dans les équipements techniques d’irrigation sont à financés
par les agriculteurs. Néanmoins, l’état ayant un intérêt de voir la consommation spécifique de
l’eau d’irrigation réduite pourrait considérer un support pour ces investissements.

Les coûts d’investissement (hors TVA) pour les équipements d’irrigation peuvent être repris de
l’Etude Economique de l’Eau (2003). Actualisés aux prix constants de 2005, ils sont basés sur
des devis de fournisseurs spécialisés :
- Système d’aspersion 201.000 DA2005/ha
- Système localisé pour arboriculture 164.000 DA2005/ha
- Système localisé pour cultures industrielles et maraîchage 360.000 DA2005/ha

Le calcul des investissements correspondants se fera alors par l’application de ces prix, selon
l’hypothèse choisie sur la base de la situation de départ/ actuelle des périmètres existants
(répartition des cultures, en ha).
Pour cela, il est envisagé d’utiliser comme échantillon un nombre de périmètres types
hypothétiques, selon une répartition géographique.

28
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Annexe A

Sélection de Projets et Planification des Investissements


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1 Introduction
La planification des investissements ainsi que la sélection de projets dans le secteur de l’eau
doivent considérer les quatre aspects fondamentaux suivants :
?? Les besoins et demandes en eau des différents groupes d’usagers (AEP, industrie, agriculture) ;
?? Le potentiel de mobilisation d’eau par ressource et contraintes techniques ;
?? Les contraintes environnementales ;
?? Les contraintes financières.
Ces quatre aspects doivent être abordées dans le « Plan National de l’Eau » (PNE) qui
constitue le point de départ pour toute formulation de stratégie et programmation d’actions dans
le secteur.
Afin de parvenir à un développement durable du secteur, la planification doit dans tous les cas
prendre en considération des différents horizons : (1) un horizon de long terme de 20 ans ou
plus ; (2) un horizon de moyen terme de 5 à 10 ans ; et (3) un horizon de court terme d’un an
(programmation annuelle d’investissements).
La demande et l’offre en eau à long terme (20 ans ou plus) doivent être estimées pour calculer
le coût dynamique de l’eau. A cet effet, il convient de prendre en compte la durée de vie
maximale des infrastructures à réaliser6.
Les différences éventuelles entre offre et demande projetées peuvent être réduites, voire
éliminées, de deux manières différentes soit :
1. par la réalisation de nouvelles infrastructures (projets) permettant d’augmenter la
quantité d’eau mobilisable, pour satisfaire la demande estimée en termes tant
quantitatifs et qualitatifs
2. par une meilleure gestion (voir la réduction de la croissance) de la demande pour
minimiser le déficit estimé.
Dans ce qui suit sont proposés les éléments-clés de la méthodologie de planification des
investissements et de sélection de projets (de la programmation à long terme au programme
annuel d’investissement).

2 Le Processus de Sélection de Projets


Le processus de sélection de projets est basé sur une analyse des différentes composantes de
la demande à satisfaire (c'est-à-dire, des priorités de développement), ainsi que sur la
projection des contraintes physiques, techniques, environnementales et financières du secteur
de l’eau.
Cette analyse permet ainsi de définir un ensemble de projets d’investissements qui a pour but
de parvenir aux objectifs visés par la stratégie de développement du secteur.
Les éléments à prendre en considération comprennent, pour chaque unité de bilan considérée
(pays entier, wilayas, régions, bassins hydrauliques, …) :
?? La disponibilité actuelle (production) et le potentiel de mobilisation d’eau (millions m³ par
an) par type de ressource ;

6
cf. Annexe C.
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?? La sécurité de cette disponibilité/ce potentiel (degré de dépendance de la variabilité de


la pluviométrie annuelle ; exemple des barrages et des retenues collinaires)
?? Les transferts d’eau entre différentes unités de bilan ;
?? La demande et l’offre en eau actuelles par groupe d’usagers et par ressource (les pertes
étant traitées comme la demande de l’ « usager » infrastructure) ;
?? Demande en eau future par groupe.

1ère Phase
Le potentiel de mobilisation d’eau devra comprendre
?? L’exploitation de nouvelles ressources en eau de surface et souterraine (barrages,
retenues collinaires, forages) ;
?? L’amélioration des infrastructures existantes (réduction des pertes physiques) ;
?? La diminution des pertes commerciales ;
?? La réutilisation des eaux usées épurées en agriculture ;
?? Le dessalement de l’eau de mer.
Toutes les possibilités d’augmenter l’offre en eau seront ensuite formulées comme projet,
chacun représentant la mobilisation (production) d’un certain volume d’eau. Chaque projet sera
soumis à une analyse d’avant-projet pour établir les informations techniques et financières qui
sont nécessaire pour le processus de sélection de projets :
i. Estimation des coûts d’investissement (en prix constants, valeur actualisée nette
(VAN)) ;
ii. Production annuelle d’eau ;
iii. Coût dynamique de l’eau par m³ d’eau produit (en prix constants) ;
iv. Futurs lieux de l’offre et de la demande et coûts éventuels du transfert de l’eau (en prix
constants).
2ème Phase
Pour chaque unité de bilan considérée (Pays, wilayas, bassins et sous bassins,..), la demande
en eau projetée sera basée sur un taux estimé de croissance de la population, ainsi que sur
une évolution projetée de la demande par habitant.
Dans les cas où une ressource risque d’être surexploitée, mettant ainsi en danger la durabilité
du secteur, la quantité surexploitée devra être traitée comme une demande en eau.

3ème Phase
Les résultats de ces premiers pas permettent d’établir une liste de projets potentiels pour
augmenter l’offre en eau, ainsi qu’une description de l’évolution de la demande dans une
période définie.
Après l’identification des principaux facteurs qui influencent l’évolution de l’offre et de la
demande, le processus de sélection est poursuivi.
Dans un premier temps, les priorités de développement sont définies (quelle partie de la
demande – groupe d’usagers, localisation - sera desservie la première, la deuxième etc.).
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Ensuite, les projets qui pourraient Définition de la demande de 1 ère priorité


satisfaire la demande prioritaire
sont choisis parmi ceux qui figurent
Choix du projet approprié
sur la liste établie.
D’un point de vue strictement

Processus de sélection terminé


Offre = demande?
neutre, le choix des projets à
exécuter devrait être basé non oui
uniquement sur le coût du projet
(principe du moindre coût).
Définition de la demande de 2 ème priorité
Cependant la définition des priorités
de développement fait toujours
Choix du projet approprié
intervenir, des facteurs
économiques et sociaux qui
Offre = demande?
joueront un rôle décisif dans le
choix.
non oui
Ce processus sera répété jusqu’à
ce que toute la demande sera
Définition de la demande de n ième priorité
satisfaite, comme le montre le
schéma donné ci-contre. …

Dans le cas où tous les projets potentiels seront choisis et que la demande n’est toujours
pas satisfaite, il devient nécessaire de recommencer toute la programmation en vue de
réduire la future demande et/ou augmenter le potentiel en eau mobilisable par les projets.
On procèdera alors à un changement de scénarios de la demande et à l’identification de
ressources additionnels (quand c’est possible).
Sur la base des scénarios et de la liste des projets modifiés, le processus de sélection
recommencera.

3 Critères de Choix et Identification et Classement des Priorités


L’identification et le classement des priorités de demande à satisfaire seront établis de la
manière suivante :
1. Dans une première étape, les « impératifs environnementaux » seront traités ; les dangers
principaux pour l’environnement seront adressés et les projets relatifs choisis. Il convient de
différencier entre deux types de projets qui sont
(i) des projets demandant de l’eau, p.ex. pour éliminer la surexploitation d’une ressource
naturelle,
(ii) des projets mobilisant de l’eau, p.ex. l’épuration des eaux usées qui contribue à la
prévention de la pollution environnementale, mais qui peut aussi produire de l’eau pour
l’usage en agriculture).
2. La deuxième étape consiste à prioriser les régions et les différents usages de l’eau (quelle
région du pays devrait profiter des investissements éventuels au premier plan, et le besoin
de quel secteur devrait être satisfait avec priorité ?). D’un point de vue strictement
économique, les usages d’eau avec la meilleure productivité marginale devraient être
favorisés. En général, l’ordre sera AEP, suit par l’usage industriel et l’usage agricole, mais
d’autres facteurs socioculturels jouent aussi un certain rôle.
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3. Finalement, le choix du projet approprié se fait selon les critères suivants :


?? Les besoins en termes de qualité de l’eau ;
?? Le coût dynamique de l’eau produite et transférée vers le lieu de consommation
(principe du moindre coût) ;
?? La faisabilité technique ;
?? Les impacts sur l’environnement.
Le processus de sélection de projets, comme décrit ci-dessus et avec les critères de choix
mentionnés, donnera lieu à l’établissement d’un programme d’investissements à long terme.
Dans le cas où ce programme dépasse les moyens financiers disponibles, la projection de
l’évolution de la demande ainsi que la liste des projets potentiels sont à revoir et à adapter
selon les contraintes financières. Il en résulte un programme d’investissement qui sera
élaboré dans les limites budgétaires telles que définies par les autorités concernées.
Les limites des moyens financiers sont généralement définies par le Ministère des Finances
en éventuelle concertation avec les bailleurs de fonds.
Une fois le programme d’investissement à long terme fixé, on détermine des programmes à
moyen terme (5 ans) en respectant les priorités données aux différentes composantes de la
demande globale.
Les programmes à moyen terme, quant à eux, seront ensuite décomposés pour arriver aux
plans annuels d’investissement.
Afin de garantir l’intégration continue et la cohérence des trois horizons temporels, un
système de suivi évaluation devrait être installé.
Rappelons que le paramètre-clé pour la planification des investissements – au-delà des
impératifs environnementaux – sera surtout le coût dynamique de l’eau produite par les
différents projets potentiels. A titre indicatif, le calcul des coûts dynamiques de l’eau de
différentes ressources est présenté en Annexes 4 -8.

4 Gestion Intégrée de la Demande en Eau


Dans les paragraphes précédents, nous avons développé les principaux traits de
planification des investissements pour l’augmentation de l’offre. Cependant, il convient
toutefois de réfléchir sur la gestion de la demande.
En général, il est possible d’économiser d’importantes quantités d’eau en agissant sur la
demande en eau par
?? La mise en œuvre d’un ensemble de moyens et mesures micro- et macro-économiques
(politiques de marché de l’eau, commercialisation, tarification de l’eau) ;
?? L’introduction d’un système de quotas ou de rationnement ;
?? Le développement de programmes éducatifs et de campagnes d’information et de
sensibilisation à l’économie de l’eau.
Dans le cadre d’une gestion intégrée des ressources en eau, et selon une définition de
l’Organisation Mondiale de Santé (OMS, 2001), la gestion de la demande en eau comprend :
?? Une allocation efficiente de l’eau parmi les différents groupes d’usagers en compétition ;
?? Une amélioration de l’usage de l’eau, afin de minimiser le gaspillage et de réduire la
consommation globale en maintenant les bénéfices sociaux de l’eau, en :
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- créant de systèmes (plus) performants de transfert et d’approvisionnement ;


- utilisant d’une façon efficace l’eau dans tous les groupes d’usagers ;
- introduisant des outils de rationaliser l’usage d’eau aux niveaux municipaux, agricoles
et industriels ;
?? Une allocation de l’eau aux usages les plus performants en termes de rendements
économiques et sociaux.

5 Conclusions
Les impacts financiers ainsi que l’efficacité de différentes mesures de gestion de la demande
n’ont pas encore été analysés d’une manière profonde. Néanmoins, des exemples montrent
que le potentiel d’économiser de l’eau est énorme tant au niveau AEP qu’en agriculture, et
que les mesures – toutefois adaptées au contexte local – se révèlent financièrement
attractives.
Concernant les mesures au niveau de l’AEP, et surtout au niveau agricole, il est
indispensable de concevoir des mesures d’accompagnement (sensibilisation, vulgarisation)
pour les groupes d’usagers adressés, afin d’arriver à une situation favorable tant pour
l’usager que pour la société voire l’économie nationale.
D’une manière plutôt générale, et en vue de complémenter et institutionnaliser les activités
des ABH7, il est recommandé d’élaborer une stratégie nationale de conservation de l’eau
incluant l’analyse financière des différentes mesures de gestion de la demande en eau, ainsi
que de leurs impacts sur les bilans d’eau au niveau local, régional et national.
Parmi les éléments nécessaires figurent :
?? La révision du cadre législatif et réglementaire en vigueur ;
?? Le développement de standards nationaux pour l’installation de matériels permettant de
rationaliser la consommation d’eau ;
?? L’introduction d’un système d’incitations (subvention à l’installation de compteurs etc.) ;
?? La mise en œuvre de campagnes d’information et de sensibilisation du public ;
?? La révision des systèmes de tarification de l’eau.

7
cf. ABH Algérois – Hodna – Soummam, « LA LETTRE DE L’AGENCE » n° 1 – novembre 2004
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Annexe B

Exemples aux Eléments de la Méthode de Calcul des Coûts Dynamiques


de l’Eau
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1 Inflation, Prix Courants et Prix Constants


Pour illustrer la démarche décrite au chapitre 2.2.3, un exemple de calcul du coût, en prix
constants DA2005, d’un investissement réalisé en 2001 est donné ci-dessous.

En l’an 2001, une retenue collinaire a été construite avec un investissement en prix
courants de 28 millions de DA 2001. Les TI de 2002 à 2005 ont été les suivants :
Année Taux d’inflation (TI, en %)
2002 4,1
2003 4,4
2004 4,0
2005 3,3 (projection)
Question :
Quel est le coût d’investissement de la retenue en question, exprimé en prix constants
DA 2005 ?
Réponse :
Coût d’investissement DA2005 = 28 millions DA ? 1,041 ? 1,044 ? 1,04 ? 1,033
= 32,7 millions DA 2005

Le calcul inverse sera fait dans le cas où l’investissement en question est réalisé après l’année
de base. L’exemple suivant illustre ce calcul :

En l’an 2005, un barrage a été construit avec un investissement en prix courants de


135 millions de DA 2005. Les TI de 2002 à 2005 ont été les suivants :
Année Taux d’inflation (TI, en %)
2002 4,1
2003 4,4
2004 4,0
2005 3,3 (projection)
Question :
Quel est le coût d’investissement du barrage en question, exprimé en prix constants
DA 2001 ?
Réponse :
Coût d’investissement DA2001 = 135 millions DA ? 1,033 ? 1,04 ? 1,044 ? 1,041
= 115,6 millions DA 2001

Lorsque les coûts d’investissement de différents projets sont établis, chiffrés et traités de la
manière susmentionnée, on est prêt pour l’analyse qui a pour but de sélectionner le projet
approprié. Du fait que
?? Les projets surtout dans le secteur de l’eau durent plusieurs années ;
?? Les différents projets peuvent avoir des durées de vie différentes ;
?? Les investissements se font par tranches ;
la comparaison de projets, et donc de leur coûts dynamiques de l’eau respectifs, nécessite une
méthode pour « actualiser » les coûts ainsi que les bénéfices des projets. C'est-à-dire, il est
indispensable de rendre comparable financièrement des projets qui se déroulent bien
différemment dans le temps. Parmi les méthodes d’actualisation habituellement retenues dans
l’analyse financière, figure la valeur actualisée nette (VAN), avec un taux d’actualisation défini.
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2 Escompte/ Actualisation
L’actualisation est un procédé qui permet de déterminer la valeur actuelle d’un montant futur (et
vice versa). Le concept d’ensemble de l’actualisation figure parfois sous l’appellation de
« valeur de l’argent dans le temps ».
Si la question est de savoir quelle sera la valeur future d’un montant actuel quelconque placé à
un taux d’intérêt défini pendant un nombre de périodes, on utilise la formule suivante :
F ? P ? (1 ? i ) n avec F : valeur future P : montant actuel
i : taux d’intérêt n : nombre de périodes
Exemple :

Un montant de 10.000 DA est placé dans une banque en 2005, à un taux d’intérêt de
5%.
Question :
Quel sera le montant du capital en 2010 (donc après 5 ans) ?
Réponse :
F = 10.000 ? (1+0,05) = 12.763 DA
5

Dans la plupart des cas, ce qui est plus intéressant dans le cadre des analyses financières,
c’est de savoir quelle est la valeur actuelle (dite escompté) d’un montant futur :
1
P? F?
(1 ? i ) n
Cette formule permet de déterminer quelle sera, à la fin de la nième période, la valeur actuelle
(d’aujourd’hui) P du montant futur F.
Exemple :

En l’an 2020, le montant placé dans une banque à un taux d’intérêt de 5% devra
s’élever à 100.000 DA.
Question :
Pour arriver à ce montant, combien d’argent faut-il placer dans la banque en 2005 ?
Réponse :
1
P = 100.000 ? = 48.102 DA
(1 ? 0.05)15
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Annexe C

Durées de Vie Economique et Périodes d’Investissement


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Assainisse
Génie Civil Traitement

Réservoirs Transferts
Eau Brute

Collinaire

Dessale-
Irrigation
Retenue
Barrage

Souterr.
Thème

STEP
Bâtiments ment

ment

AEP
Eau

Génie Civil
Conduites,

Mesure de
élec.-mec.

élec.-mec.
Installation

Installation

Réseau et
Développ.

Compteur
Réservoir
Elément

Réseau

Terrain/

Réseau

rehabili-
Equipe-

Equipe-

Equipe-

Equipe-
Forage

Filtres

tation
ment

ment

ment

ment
Année 1 X X X X X X X X X X X X X X X
2 X X X X X
3 X X X X X X X X X
4 X
5 X
6 X X
7+8
9 X
10
11 X X
12 X
13 X X X X
14
15 X
16 X X X
17
18 X
19
20
21 X X X X X X
22
23 X X X X
24 X
25
26 X X
27 X X
28 X X X
29 X X X
30 X X X X X X
31 X X X X
32
33 X X X
34 + 35
36 X X
37 + 38
39 X
40 X X
41 X X X X X X
42 X
43 X X
44
45 X
46 X X X X X
47
48 X
49
50 X X
51 X X X
52 X
53 X X X
54 X
55
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Annexe D

Exemples de Calcul des Coûts Dynamiques


pour quelques Parties de la Mise à Disposition de l’Eau
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Calcul du Coût Dynamique de l'Eau (en DA, prix constants - 2005)


Nom du Barrage: PORTES DE FER

Volume Coûts Coûts d'entretien Coûts


Période Année Capacité régularisable d'investissement et d'opération 1) Totaux
( million m3 ) ( m3 ) ( DA ) ( DA ) ( DA )
1 2005 936.000.000 0 936.000.000
2 2006 936.000.000 0 936.000.000
3 2007 936.000.000 0 936.000.000
4 2008 936.000.000 0 936.000.000
5 2009 936.000.000 0 936.000.000
6 2010 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
7 2011 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
8 2012 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
9 2013 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
10 2014 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
11 2015 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
12 2016 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
13 2017 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
14 2018 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
15 2019 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
16 2020 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
17 2021 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
18 2022 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
19 2023 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
20 2024 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
21 2025 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
22 2026 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
23 2027 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
24 2028 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
25 2029 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
26 2030 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
27 2031 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
28 2032 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
29 2033 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
30 2034 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
31 2035 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
32 2036 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
33 2037 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
34 2038 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
35 2039 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
36 2040 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
37 2041 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
38 2042 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
39 2043 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
40 2044 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
41 2045 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
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Calcul du Coût Dynamique de l'Eau (en DA, prix constants - 2005)


Nom du Barrage: PORTES DE FER

Volume Coûts Coûts d'entretien Coûts


Période Année Capacité régularisable d'investissement et d'opération 1) Totaux
( million m3 ) ( m3 ) ( DA ) ( DA ) ( DA )
42 2046 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
43 2047 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
44 2048 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
45 2049 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
46 2050 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
47 2051 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
48 2052 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
49 2053 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
50 2054 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
51 2055 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
52 2056 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
53 2057 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
54 2058 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
55 2059 48 17.000.000 46.800.000 46.800.000
Total 850.000.000 4.680.000.000 2.340.000.000 7.020.000.00
0

Valeur Taux
Actuell d'actualisation 207.969.239 3.737.176.595 389.652.311 4.126.828.90
e 6
Nette 8%
1) équivalent à 1% des coûts d'investissement.

Coûts Dynamiques de l'Eau (Taux d'actualisation: 8%) DA/m3

- Coûts d'investissement 17,97

- Coûts d'entretien et 1,87


d'opération

- Coûts totaux 19,84

Taux d'échange (2005): 1 Euro = 95 DA


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- Phase 2004 – 2006 –

Calcul du Coût Dynamique de l'Eau (en DA, prix constants - 2005)


Forage type (Région: ALGEROIS-HODNA-SOUMMAM – SUD)
Débit: 10 l/sec; profondeur du forage: 150 m, grès-calcaire-marnes,
puissance/forage 31 kW ou 269 mWh/an

Débit Coûts Coûts Coûts de Coûts


d'investissement d'équipement pompage d'entretien et
Période Année Moyen de forage de pompage (électricité) d'opération Coûts totaux
1) 2)
( m3/an ) ( DA ) ( DA ) ( DA ) ( DA ) ( DA )
1 2005 0 4.372.500 742.000 0 0 5.114.500
2 2006 320.000 941.500 25.573 967.073
3 2007 320.000 941.500 25.573 967.073
4 2008 320.000 941.500 25.573 967.073
5 2009 320.000 941.500 25.573 967.073
6 2010 320.000 941.500 25.573 967.073
7 2011 320.000 941.500 25.573 967.073
8 2012 320.000 941.500 25.573 967.073
9 2013 320.000 941.500 25.573 967.073
10 2014 320.000 941.500 25.573 967.073
11 2015 320.000 742.000 941.500 25.573 1.709.073
12 2016 320.000 941.500 25.573 967.073
13 2017 320.000 941.500 25.573 967.073
14 2018 320.000 941.500 25.573 967.073
15 2019 320.000 941.500 25.573 967.073
16 2020 320.000 941.500 25.573 967.073
17 2021 320.000 941.500 25.573 967.073
18 2022 320.000 941.500 25.573 967.073
19 2023 320.000 941.500 25.573 967.073
20 2024 320.000 941.500 25.573 967.073
21 2025 320.000 941.500 25.573 967.073
Total 6.080.000 4.372.500 1.484.000 17.888.500 485.878 24.230.878

Valeur Taux
Actuelle d'actual 2.845.511 4.048.611 1.323.182 8.372.027 227.396 13.653.302
Nette isation
8%
1) Tarif 3,5
d'électricité
(DA/kWh):
2) équivalent à 0.5% des coûts d'investissement (forage et pompage).

Coûts Dynamiques de l'Eau (Taux d'actualisation: 8%) DA/m3

- Coûts d'investissement 1,89


- Coûts d'entretien et d'opération 3,02
- Coûts totaux 4,80

Taux d'échange (2005): 1 Euro = 95 DA


Soutien au MRE pour l’Établissement des Plans Directeurs Note sur l’évaluation économique
d’Aménagement des Ressources en Eau (PDARE) Octobre 2005
- Phase 2004 – 2006 –

Calcul du Coût Dynamique du Transfert de l'Eau (en DA/m³ et DA/ml) - (prix constants - 2005)
Transferts du Nord: Système de Sidi Abdelli
Capacité de transfert: 38 millions m³/an; longueur totale de transfert: 90 km; consommation d'électricité: 1,8
kWh/m³, soit 68,4 millions de kWh/an

Capacité Longueur Investissemen Investisseme Investisseme Coûts de Coûts Coûts


ts nts nts pompage d'entretien et
Pério Anné de transfert d'adducti conduites Génie civil 1) équipements (électricité) 3) d'opération 4) Totaux
de e on 2)
( m³/an ) (m) ( DA ) (DA) ( DA ) ( DA ) ( DA ) ( DA )
1 2005 0 0 1.816.840.000 0 0 1.816.840.000
2 2006 0 0 1.816.840.000 0 0 1.816.840.000
3 2007 0 0 1.816.840.000 1.225.360.000 1.500.960.000 0 0 4.543.160.000
4 2008 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
5 2009 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
6 2010 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
7 2011 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
8 2012 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
9 2013 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
10 2014 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
11 2015 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
12 2016 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
13 2017 38.000.000 90.000 1.500.960.000 239.400.000 151.283.200 1.891.643.200
14 2018 38.000.000 90.000 239.400. 000 151.283.200 390.683.200
15 2019 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
16 2020 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
17 2021 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
18 2022 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
19 2023 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
20 2024 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
21 2025 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
22 2026 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
23 2027 38.000.000 90.000 1.500.960.000 239.400.000 151.283.200 1.891.643.200
24 2028 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
25 2029 38.000.000 90.000 239.400.000 151.283.200 390.683.200
26 2030 38.000.000 90.000 -900.576.000 239.400.000 151.283.200 -509.892.800

Total 874.000.000 2.070.000 5.450.520.000 1.225.360.000 3.602.304.000 5.506.200.000 3.479.513.600 19.263.897.600

Valeur Taux
d'actu
Actuel alisati 312.849.477 740.959 4.682.172.890 1.134.592.593 3.206.169.249 1.970.951.703 1.245.496.578 10.748.638.729
le
on
Nette 8%
1) réservoirs, traitements et pompages
2) réservoirs, traitement et pompages
3) Tarif 3,5
d'électricité
(DA/kWh):
4) estimé à 2% des coûts d'investissement des conduites et des équipements et 1 % du génie civile.

Coûts Dynamiques de l'Eau (Taux d'actualisation: 8%) DA/m³

- Coûts d'investissement 28,84


- Coûts d'entretien et d'opération 10,28
- Coûts totaux 34,36

Taux d'échange (2005): 1 Euro = 95 DA