DOSSIER

Logistique : un secteur en chantier
Initiée en 2008, la Stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique est sur les rails. Gros plan sur les objectifs et la mise en œuvre d’un chantier prioritaire de l’économie marocaine.

Le Maroc réalise plus de 95% de ses échanges extérieurs par voie maritime, avec plus de 60 millions de tonnes de marchandises transportées par an. La Stratégie logistique doit permettre aux consommateurs et aux opérateurs économiques de bénéficier d’une gestion optimisée des flux de marchandises.

Dossier réalisé par Youssef Aït Lahcen conjoncture@cfcim.org

Logistique, un secteur en chantier Interview de Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et des Transports Objectif : gagner en compétitivité D’importants obstacles à surmonter Interview de Mustapha El Khayat, président de l’AMLOG

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Ce n’est pas un secret. Le secteur de la logistique est le système nerveux de toute économie performante. La Stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique fait partie de ces grands chantiers voulus par le Maroc de la nouvelle ère. Le Royaume a ainsi réalisé ces dernières années une véritable rupture dans le développement des infrastructures de transport (autoroutes, ports, chemins de fer…) et a franchi d’importantes étapes dans le processus de réformes. Libéralisation oblige, l’introduction de la concurrence dans les différents modes de transport et de l’équipement s’est imposée devant une économie marocaine qui se réveille.
Conjoncture N° 923 - Février 2011 - 17

Crédit photo : Teuler

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Qu’en est-il du calendrier de livraison des plates-formes logistiques ? Le développement d’un réseau de zones logistiques à travers tout le Royaume. agro-commercialisation.Par ailleurs.DOSSIER ‘‘ La mise en œuvre de la Stratégie logistique nécessite des arbitrages complexes ‘‘ Interview de Karim Ghellab. qui consiste en des zones d’activité logistique regroupant un ou plusieurs types de plates-formes (conteneurs.blanca. de distribution. partenaires institutionnels) et des enjeux clés autour d’un programme consistant de développement d’un réseau national de plates-formes logistiques. une Agence Nationale sera mise en place. à l’insZenata sur une superficie de 323 ha gions seront finalisés tar du contrat du Grand Casablanca. Un grand effort devra être fourni au cours des premières années et à cet effet. La du Grand Casablanca.300 ha dont 2. Il s’agit de développer à terme environ 70 zones logistiques dans 18 villes marocaines. preen œuvre de ce programme se fera mière étape ? graduellement à l’échelle nationale. spécifique dans la région du Grand Casapremière zone lancée dans le cadre de les contrats d’appli. ministre de l’Equipement et des Transports. la SNTL. spécifiques. La mise en œuvre de cette stratégie nécessite un effort cohérent qui s’inscrit dans le temps et des arbitrages complexes à opérer sur des domaines ne relevant pas nécessairement du Ministère de l’Equipement et des Transports. La première tranche qui sera opérationnelle en 2011. concert avec les acteurs locaux et de distribution et de sous-traitance services concernés parallèlement à logistique. ment composé de l’ANP. La superficie globale du foncier à mobiliser pour la concrétisation de ce réseau est de près de 3. dont le rôle essentiel est la coordination et la syndication au niveau national des différents acteurs de la compétitivité logistique autour de projets Et concernant les autres platesformes ? Le développement des autres platesformes logistiques se fera à travers la mise en place du Schéma National Intégré. la réalisation timisation des différents flux logisde cette zone est confiée au groupetiques. ce plan est celle de cation des autres ré. il est essentiel de signaler que les travaux sont déjà lancés sur le foncier appartenant à la SNTL. et étant donné l’envergure des enjeux et impacts attendus de cette stratégie. l’ONCF et Conjoncture N° 923 . plication des autres liées au traitement régions seront finalisés en 2011.19 . La mise La région du Grand Casablanca. de des flux de conteneurs. constitue un axe prépondérant dans la mise en œuvre de ce contrat programme. collectivités. les contrats d’apabritant les activités en 2011. Il s’agit de l’Agence Marocaine de Développement de la Logistique. prévoit le déprogramme sera enveloppement de 978 en 2011 avec ha de plates-formes À l’instar du contrat tamé développement un logistiques dont 607 à l’horizon 2015. de groupage et de personnalisation des marchandises. Crédit photo : Labo photo Najibi Karim Ghellab.080 ha à l’horizon 2015. La région de Casablanca. ministre de l’Equipement et des Transports. plates-formes céréalières). la formation et l’opdu Grand Casablanca. qui assurent la coordination du développement et la gestion opérationnelle de cette zone. dont 202 ha en 2015. de céréales. Pour cette zone. opérateurs économiques. matériaux de construction. près de 32 zones logistiques seront lancées dans 10 villes. propriétaires fonciers. La loi portant création de ladite Agence est en cours d’étude au Parlement après son adoption par la Chambre des conseillers en novembre 2010. va permettre de mutualiser les ressources et de rationaliser les flux et ce.Février 2011 . Par les dispositions du l’élaboration de contrats spécifiques contrat d’application relatif au dépour les opérateurs de transport de veloppement des zones logistiques marchandises. À cet effet. naison de ce plan national au niveau Le premier palier de cet ambitieux régional a été engagée. où la décliavec deux horizons 2015 et 2030. distribution et outsourcing logistique. à travers des opérations de collecte. Conjoncture : Comment la Stratégie nationale logistique est-elle mise en œuvre ? Karim Ghellab : La mise en œuvre de cette stratégie constitue un défi majeur eu égard à la multiplicité des acteurs et des domaines de compétences institutionnelles qu’elle fait intervenir (administrations.

le développement par l’augmentation de Dans ce cadre. Plan Halieutis pour optimisée des flux de marchandises. une demande des opérateurs en moyenne peu sophistiquée. peut-on lire sur les documents de l’étude. à du Maroc avec la baisse du poids des travers la réduction des nuisances et du coûts logistiques/PIB de 20 % actuelCo2 (-35 % selon la stratégie). de qualité.point de PIB par an).20 . la performance du secteur dans son ensemble reste à un stade intermédiaire. Plan Rawaj pour le comnomiques vont bénéficier d’une gestion merce intérieur.Février 2011 . caractéristique des pays émergents. presque tous les secteurs ont leurs Plans de développement : Plan Maroc vert pour consommateurs et les opérateurs écol’agriculture. une offre de services logistiques encore variable en termes de coût. et de délai. soit + 0. De plus. Les réseau ferroviaire Ligne existante Projets futurs Port desservi par rail MOHAMMEDIA CASABLANCA TANGER TANGER MED Méditerranée Beni Ensar (Port de Nador) NADOR OUJDA RABAT ZÉNATA MEKNÈS FES Autoroutes Réalisées En cours Programmées JORF LASFAR BENI MELLAL SAFI Océan Atlantique Principaux ports Principaux Aeroports Première zone logistique multi-flux (Zénata) BOUJDOUR MARRAKECH AGADIR ALGERIE LAÂYOUNE Océan Atlantique RABAT MOHAMMEDIA CASABLANCA ZENATA EDDAKHLA JORF LASFAR Infographie : CFCIM SAFI MAURITANIE Conjoncture N° 923 .DOSSIER Objectif : gagner en compétitivité La Stratégie logistique doit permettre au Maroc de pérenniser la mise en œuvre de ses plans sectoriels et d’accroître la compétitivité de l’économie nationale.7 apparait clairement goulots d’étrangle. Et dans les objectifs de la enfin la contribution stratégie : réduction ment du secteur logistique des coûts logistiques au développement durable du pays. lement à 15 % à l’horizon 2015. avec un fort potentiel de développement. Emergence pour responsables visent aussi l’accélération l’industrie et le Plan pour le dévelopde la croissance du PIB pement de l’énergie. « Aujourd’hui. Une étude a été lancée en mai 2008 par le ministère de l’Equipement et des Transport et la CGEM afin d’évaluer le potentiel et le besoin en terme de logistique.5 à 0. Ceci dirhams. Les la pêche maritime. le déla valeur ajoutée (+ 3 à veloppement de la lode la logistique semble 5 points du PIB à l’horigistique semble être une obligation pour ne être une obligation zon 2015 et une valeur ajoutée additionnelle pas créer des goulots pour ne pas créer des de 15 à 20 milliards de d’étranglement. et un manque d’infrastructures spécialisées sur certains flux ».

Le réseau autoroutier quant à lui. long de plus de Le Maroc devrait disposer de 1800 km d’autoroutes à l’horizon 2015. dont 63 milliards d’ici 2015. qui consiste en des zones d’activité logistique regroupant un ou plusieurs types de plates-formes : plates-formes conteneurs. A l’horizon 2020. ou le Programme national des routes rurales (PNRR II) qui a permis la réalisation de 15 000 km de routes rurales. Agadir … Le même programme est prévu pour les autres types de plates-formes (agro-commercialisation. la stratégie prévoit d’en construire une dizaine. Concernant les plates formes de distribution et de sous-traitance logistique. Elle réduira la durée du trajet de 11 à 7 heures tout en améliorant la sécurité routière. d’une Caisse pour le financement des routes (CFR). Le premier concerne la zone logistique Casablanca-Zenata. une à Tanger. notamment sur les tronçons Marrakech-Agadir et Fès-Oujda.Février 2011 . Const Total 37ha 20ha 2015 20ha 15ha Oulad Saleh Distribution Total 70ha 2015 50ha Carte des zones logistiques multi-flux prévues dans le Grand Casablanca. 900 km. dans les principales agglomérations urbaines : Casablanca (huit plates-formes). Développement des infrastructures routières Ces dernières années l’effort a été porté sur le désenclavement du Nord du Royaume d’une part. et des zones rurales d’autre part grâce à la mise en place. longue de 510 km. Le réseau autoroutier couvrira à terme les principaux axes du pays. Cet axe de communication majeur pour la côte Nord-Africaine aura des retombées économiques et sociales bénéfiques sur le plan régional et national. Const Total 80ha 20ha 2015 40ha 15ha Bouskoura Distribution Mat. traitance logistique. avec la création d’une autoroute reliant Marrakech à Agadir permettant la liaison TangerMarrakech-Agadir. Const Total 67ha 36ha 2015 30ha 25ha Deroua Distribution Total 80ha 30ha 2015 40ha 20ha Lakhyayta II Distribution Mat. Développement des infrastructures Le transport est un des principaux défis à relever pour concrétiser les objectifs de la Stratégie nationale.21 Crédit photo : Teuler Source : ministère de l’Equipement et des Transports 80ha . est particulièrement développé dans le Nord du pays. L’essentiel devrait être mobilisé par le secteur privé. Le contrat programme sera appuyé par 10 contrats d’application dont 2 ont déjà été lancés. En outre. Environ 160 km d’autoroutes sont construits chaque année depuis 2006. ce sont 70 plates-formes logistiques qui seront créées pour une surface totale de 10 millions de m2. en 2004. Marrakech. céréales et les matériaux de construction). et le second la mise à niveau du transport routier de marchandises. Const Nouaceur Distribution Mat. en cours de réalisation. platesformes de matériaux de construction et des plates-formes céréalières. Les infrastructures routières permettent d’assurer un flux de marchandises de plus de 1 200 millions de tonnes-kilomètres par an. Des travaux sont en cours pour étendre le réseau. nécessitant un investissement annuel de 4 milliards de dirhams. la réalisation de la rocade méditerranéenne reliant Tanger à Saïda. platesformes de distribution et de sous- Zenata Conteneurs Distribution Céréales Total 200ha 105ha 14ha 2015 130ha 65ha 7ha Lakhyayta I Agro-com Distribution Total 100ha 50ha 2015 30ha Oulad Hadda Distribution Mat. devrait aboutir courant 2012. Const Total 25ha 40ha 2015 15ha 25ha Mat. Rabat. Le secteur représente 6 % du PIB et 9 % de la valeur ajoutée du secteur tertiaire . actuellement en cours de validation par le ministère de l’Equipement et des Transports. sur une superficie de 720 ha à l’horizon 2015 pour atteindre plus tard 1338 ha.DOSSIER 116 milliards de dirhams d’investissements nécessaires Les investissements nécessaires à la bonne mise en œuvre de la stratégie sont estimés à 116 milliards de dirhams. Le développement de ces zones se fera à travers la mise en place d’un Schéma national Intégré. Conjoncture N° 923 . Premier cheval de bataille pour la mise en place de ce projet ambitieux : le développement d’un réseau national de zones multi-flux (ZLMF). plates-formes d’agro-commercialisation.

Ses travaux avancent normalement de manière à aboutir à un résultat satisfaisant aux trois parties. Ils sont caractérisés par une dominance du pôle pétrolier de Mohammedia. Depuis les années 1990. le Maroc devrait disposer de 1 800 km d’autoroutes. doté d’une enveloppe d’investissement de 33 milliards de dirhams. On estime que l’ensemble du réseau regroupe 60 500 km de routes et de pistes. légaux et réglementaires. L’Office enchaine avec un nouveau contrat-programme 2010-2015. et environ 80 % de la production de produits raffinés. Les autorités marocaines visent les produits les plus vitaux pour l’économie du pays. la poursuite de la modernisation des gares et le développement d’un réseau de plates-formes logistiques ainsi que l’acquisition et la réhabilitation du parc du matériel roulant. explique Mohamed Rabiî Khlie. électrifier Fès-Oujda et mettre à niveau Settat-Marrakech. L’ONCF envisage également à l’horizon 2015 d’assurer le transport de 18 millions de tonnes de marchandises (hors phosphate) et de construire un réseau de plates-formes logistiques avec ports secs. Au menu également. Fret ferroviaire : l’après-OCP ? Le réseau ferroviaire du Maroc est le plus étendu du Maghreb et le deuxième d’Afrique après l’Afrique du Sud. En effet. dont 20 milliards seront consacrés au projet de TGV. A l’horizon 2015. Ce réseau supporte la circulation de près de 50 millions de véhicules par jour réalisée via un parc de 2. Le réseau routier reste l’outil de transport privilégié du Maroc : 75 % des marchandises transportées. Le transport absorbe 34 % de la consommation nationale d’énergie. Je précise également que les volumes de transport futurs annoncés par l’OCP permettraient de maintenir notre part dans les transports des phosphates ». et 90 % des voyageurs l’utilisent lors de leurs déplacements. les autres terminaux d’importation L’activité de l’ONCF est fortement corrélée à celle de l’OCP. Selon l’Office National des Chemins de Fer (ONCF). L’Office est amené à concrétiser ce programme avec le retrait de son principal client l’OCP (Office chérifien des phosphates). L’ONCF a ainsi clôturé un ambitieux programme d’investissement qui s’est étalé sur la période 2005-2009 et dont les bons résultats donnent lieu à une réelle impulsion du secteur. Les flux de vracs liquides représentent une part importante des importations marocaines avec une dominance des produits pétroliers (95 %). Feuille de route 2010-2015 La nouvelle feuille de route vise notamment la poursuite des efforts pour la modernisation du réseau et l’intégration de la ligne à grande vitesse entre Casablanca et Tanger. on compte augmenter la capacité de la ligne Casablanca-Kénitra. les réformes structurelles du secteur ont visé à la libéralisation du marché et l’assouplissement des cadres institutionnels. En photo. le Maroc dispose de 32 892 km de routes revêtues et de 1 400 km d’autoroutes. soulèvent la nécessité de sécuriser l’approvisionnement à travers la mise en place de nouvelles capacités de stockage des céréales notamment au niveau des ports. Les céréales : la dépendance du pays en matière d’importation des céréales (la production de céréales ne couvre pas les besoins même lors des bonnes années agricoles) et la volatilité des prix des matières premières au niveau international. Les 13 milliards restants serviront à financer la poursuite de la modernisation du réseau actuel. Un vaste programme de modernisation des infrastructures visant à doter le pays d’un réseau routier en adéquation avec le développement économique et social du pays a été entrepris. Aujourd’hui.DOSSIER il emploie en outre 10 % de la population active urbaine. hors phosphates. Ainsi. « L’ONCF ne ménage aucun effort pour accompagner l’OCP dans sa stratégie de développement tout en cherchant un montage intelligent permettant de sauvegarder ses intérêts.3 millions de véhicules. une commission composée de représentants des deux Offices et de l’Etat travaille dans ce sens. le directeur général de l’ONCF. L’énergie est aussi concernée par ses mesures. 4.8 millions de tonnes de marchandises (hors phosphate) ont été transportées en 2008. avec 85 % des importations. Optimisation des flux marchandises L’optimisation des flux marchandises reste un des principaux axes de la Stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique. dont 201 km de lignes d’embranchement reliant des entreprises au réseau ferré national. un site d’exploitation de l’OCP à Khouribga. Investissements prévus : 33 milliards de dirhams Le nouveau contrat-programme avec l’Etat pour la période 2010-2015 prévoit la réalisation d’un investissement de 33 milliards de dirhams. Conjoncture N° 923 . notamment avec le triplement de la voie entre Kénitra et Casablanca.Février 2011 . Il s’étend actuellement sur 1 989 km.22 Crédit photo : Teuler .

Boujdour et Dakhla. En vue d’atcamion contribuant à km. les autorités marocaines projettent la construction d’un nouveau port de grande ampleur. situé à 30 km de Nador. Moller Maersk. Ports : le futur Nador West ? Doté d’un littoral de 3 500 km. d’accompagner la croissance transparente pour l’accès au foncier des exportations industrielles et agriréservé aux zones d’activités logiscoles. L’Agence nationale des plates-formes logistiques propode la logistique compte instaurer un sant des services adaptés. de faciliter et des principaux flux de l’économie namettre en place une réglementation tionale. et d’optimiser des flux autour tiques (ZLMF). le pays réalise plus de 95 % de ses échanges extérieurs par voie maritime. pour approvisionner le Maroc mais aussi les pays de la région. Le port devrait être opérationnel en 2015.P. bution représentent un il est prévu d’élaborer L’import-export sera et instaurer un sysaussi amélioré avec enjeu majeur. Nador West. cadre incitatif facilitant l’entrée sur le marché local des entreprises opérant Vers des opérateurs intégrés dans le secteur de la logistique. L’optimisation des flux de marchandises est un des principaux axes de la stratégie nationale logistique. le développement en cours ou à venir des ports au sud du Royaume. Les deux entités veulent liste. et de qualité pour le nuel d’environ 20 à 25 Mais il s’agit plutôt consommateur. Conjoncture N° 923 . Il est aussi prévu d’en faire un grand pôle énergétique régional avec une capacité de stockage d’environ 500 000 tonnes de produits pétroliers. avec plus de 60 millions de tonnes de marchandises transportées par an.5 milliards de tonnes/ ralisation rapide du lisation intensive du secteur. Ils ont un imtions personnalisées pact direct en termes Avec un volume an. A noter également. le Maroc dispose de 30 ports (12 ports polyvalents. Avec un volume annuel d’envimettre en commun leurs expertises et ron 20 à 25 millions de tonnes et de leurs moyens pour offrir aux acteurs 3. mais millions de tonnes et de de s’associer pour aussi en termes d’enfaire face à une libévironnement vu l’uti. La le Groupe A. En plus des ports de Casablanca et Tanger Med I et II. l’infrastructure portuaire s’étale sur 1 600 ha de bassins. les flux de distri. Au total. 6 ports de plaisance) et de 5 abris de pêche. Les La SNTL (Société Nationale des Transopérateurs marocains parlent eux du ports et de la Logistique). Nador West sera un port de transbordement. il est prévu d’amédes acteurs logistiques intégrés (sysliorer la logistique import et export tème de labellisation).3. Pour ce faire. tème de classifical’optimisation des tion et qualification flux.de fret et de gestion de pouvoir d’achat de la supply chain.DOSSIER se situant à Agadir et Jorf Lasfar.5 milliards de tonnes/km.Février 2011 . à Laâyoune. entamé torique du transport routier au Maroc avant la mise à niveau des opérateurs vient de créer une joint venture avec nationaux. 12 ports de pêche. Comme Tanger Med.23 Crédit photo : Teuler . Fort de ces installations. les flux de l’industrie marocaine une prestade distribution représentent un enjeu tion logistique intégrée et des solumajeur. la congestion urbaine.tirer les investisseurs. leader distribution nationale est aussi sur la mondial. leader hisrisque d’un libéralisme hâtif.

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Ces deux aspects. Même son de cloche chez les opérateurs étrangers : « Ce plan laisse tout de même les investisseurs en attente par rapport à leurs besoins en foncier. c’est plusieurs milliers d’hectares qui seront nécessaires pour accueillir la demande ». ou sans l’élimination des entraves institutionnelles telles que les situations de monopole ou de faible concurrence. Le principal objectif annoncé est de remédier aux problèmes actuels de gestion des flux et de mobilité dans les grandes agglomérations et centres urbains du Maroc. Les critères pour l’acquisition de nouvelles platesformes restent vagues quant à l’accès aux zones dédiées ». Pour les plates-formes conteneurs uni- Le manque de foncier risque de retarder le développement et la mise en œuvre du réseau national intégré de ZLMF. la concurrence risque d’être biaisée et la naissance de ce géant Une Agence pour mettre en œuvre la stratégie L’Agence Marocaine de Développement de la Logistique. président de l’Association Marocaine pour la Logistique (AMLOG). qui sont des conditions primordiales et essentielles pour une exploitation optimale des différents maillons de la chaine logistique (Supply Chains). directeur général de Dachser Morocco. La stratégie nationale lancée par le gouvernement est ambitieuse mais certains obstacles risquent de freiner sa mise en œuvre. les ports Tanger Med II et Nador West Med).le développement et la mise en œuvre d’un réseau national intégré de Zones Logistiques Multi-Flux (ZLMF) . les autoroutes. la réduction des coûts logistiques permettra au Maroc d’améliorer la compétitivité du secteur et d’accélérer la croissance de son PIB. et pas moins de 400 ha en 2030.Février 2011 . quement. le Maroc a besoin de 250 hectares d’ici 2015. le dernier accord SNTL/ Maersk laisse également les opérateurs du privé dans l’expectative. en considérant qu’en 2030 le parc devra être d’environ 80 millions de m2. Ainsi.DOSSIER D’importants obstacles à surmonter Foncier. La loi portant création de ladite Agence est en cours d’étude au Parlement après son adoption par la Chambre des conseillers en novembre 2010 » explique Karim Ghellab. « Si l’on fait l’hypothèse réaliste qu’en 2030 le Maroc aura rattrapé son retard en matière logistique. Audelà de la poursuite de la politique des grands chantiers de transport et la multiplication du volume de l’investissement y afférent durant les années à venir (à travers le lancement de nouveaux projets structurants tels que les lignes à grande vitesse. financement. cela suppose des externalisations importantes avec des investissements massifs en plates-formes.5 le PIB au cours des dix prochaines années. prévient Frédéric Seillier. Ce dernier va un peu plus loin. Conjoncture N° 923 . A terme. tout développement des services logistiques ne peut se faire sans infrastructures efficaces. systèmes d’information : certains « freins » ou obstacles risquent de retarder la mise en œuvre de la Stratégie logistique. placée sous la tutelle de l’Etat. «En effet. Selon lui. ministre de l’Equipement et des Transports. Le secteur de la logistique profite actuellement d’une grande volonté de restructuration. « Le rôle essentiel est la coordination et la syndication au niveau national des différents acteurs de la compétitivité logistique autour de projets spécifiques. formation. il est nécessaire de donner une impulsion réelle au secteur des services logistiques à travers le développement d’un partenariat fort et efficace public/ privé. La création de cette agence vise à favoriser les instruments et mécanismes efficients devant aider le gouvernement à mettre en œuvre la stratégie nationale intégrée pour le développement de la compétitivité logistique. prendra la forme d’un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. En effet.le manque de foncier est un problème qui risque bien de retarder les échéances. qui concerne plusieurs secteurs économiques et aspire à augmenter annuellement de 0. Manque de foncier Concernant un des grands axes de la Stratégie nationale . fait remarquer Mustapha El Khayat. ont fait l’objet de plusieurs actions au cours des cinq dernières années mais ne sont toutefois pas suffisantes.25 Crédit photo : Teuler .

Cet accroissement de la vitesse globale de circulation ainsi que des exigences en matière de qualité des prestations (respect des délais. dont 63 milliards le niveau de leur dide haut niveau sortent d’ici 2015 plôme ». Certes. dont l’économie a pu résister aux effets de la crise. fessionnels. plaide Mustapha El Khayat. Souvent les Les investissements nécessaires à la opérateurs multinationaux ont au nibonne mise en œuvre de la stratéveau décisionnel des cadres étrangers. Certes. un noyau de compétences marocaines pour un secteur stratégique ». Il s’agit de développer à terme environ 70 zones logistiques dans 18 villes marocaines. dont 63 milliards d’ici 2015. mobilisera les financements nécessaires à la réalisation de l’ensemble des projets et programmes » rassure le ministre Karim Ghellab. les banques s’orientent vers le financement du secteur de la logistique. Le Maroc compte sur un partenariat public-privé pour le montage financier. des réglementations en vigueur et de l’environnement) se traduit par de nouvelles attentes vis-à-vis du transport en tant qu’opération logistique.080 ha à l’horizon 2015. gie sont estimés à 116 milliards de diA ce rythme il serait difficile de former rhams. « Ayant une bonne réputation auprès des institutions financières internationales et de bailleurs de fonds. Un besoin pressant est senti pour créer un régulateur du marché de l’emploi dans un secteur émergent comme celui de la logistique. Pour les professionnels. « L’offre mise en œuvre de la mais il reste difficile de formation en logis. près de 32 zones logistiques seront lancées dans 10 villes » explique-t-il. La formation contiFormer les compétences nue est nécessaire pour permettre au La Stratégie nationale prévoit aussi marché de l’emploi de trouver toutes une offre de formales compétences nétion conforme aux exiLes investissements cessaires.Février 2011 . résume Fréde ces unités de formadéric Seillier.stratégie sont estimés de trouver des coltique n’est pas encore laborateurs dont les en adéquation avec les à 116 milliards de di.26 Crédit photo : Teuler . De même. est conscient du défi : « La superficie globale du foncier à mobiliser pour la concrétisation de ce réseau est de près de 3. les produits dangereux. le Maroc. produits industriels. et les investisseurs étrangers ont montré une bonne volonté pour accompagner la stratégie. etc. «L’approche logistique intégrée se fixe comme objectif de minimiser le coût logistique global de l’ensemble des activités logistiques pour un niveau de service choisi.). mais les opérateurs nationaux. opérateurs du transport et partenaires des sociétés industrielles et commerciales. textile-habillement. analyse Mohammed Boukaidi Laghzaoui. Développer les systèmes d’information L’évolution des technologies de l’information et de la communication (TIC) a profondément fait évoluer les systèmes d’information. eux. de l’intégrité des marchandises. Un grand effort devra être fourni au cours des premières années et à cet effet.300 ha dont 2. des compétences naMais cela ne paraît pas nécessaires à la bonne tionales est certes en suffisant pour les protrain de s’améliorer. Karim Ghellab. en particulier dans le domaine logistique. Le transport est un des principaux défis à relever pour concrétiser les objectifs de la Stratégie nationale Conjoncture N° 923 . il faut aussi adapter en permanence les formations aux besoins réels des filières concernées (chaînes de froid. semblent être en retard. « Le niveau gences des entreprises. des achats à la distribution tout en définissant de nouvelles relations avec les prestataires de services ». Le ministre de l’Equipement et des Transports. mais les montants nécessaires sont très importants. agro-alimentaires. tion mais trouvent souvent des difficultés pour trouver des postes corresInvestissements colossaux pondants à leurs niveaux.compétences sont besoins spécifiques du en adéquation avec secteur.DOSSIER risque de décourager nombre d’investisseurs». Au Maroc il est de plus en plus urgent de s’attaquer à ce volet. La logistique intégrée implique toute l’organisation. Les technologies évoluent rapidement dans les chaînes logistiques globales. les multinationales ont développé des systèmes d’informations qui leur permettent de maîtriser les chaines d’activité. expert en système d’information logistique. mais aussi vis-à-vis des transporteurs. Les diplômés rhams.

Les diplômés de haut niveau sortent de ces unités de formation mais souvent trouvent des difficultés pour trouver des postes correspondants à leurs niveaux. les caractéristiques opérationnelles des espaces logistiques urbains : zone logistique urbaine. Les barrières ou difficultés à l’entrée pour ces nouveaux opérateurs marocains privés de la logistique sont multiples : institutionnelles. financières et fiscales. produits industriels. boite logistique urbaine. textilehabillement. tout semble parfait et cohérent. Qu’en est-il du foncier prévu ? En ce qui concerne les surfaces prévues pour les diverses zones logistiques. Il semble que les rédacteurs ont été excessivement prudents dans la représentation des besoins. A priori.DOSSIER ‘‘ Plusieurs milliers d’hectares seront nécessaires pour accueillir la demande ‘‘ Interview de Mustapha El Khayat. on identifie souvent une marginalisation des opérateurs privés marocains de taille optimale (critique) du secteur logistique.27 Crédit photo : AMLOG . La formation académique est une condition nécessaire mais insuffisante. au coup par coup. on n’a pas programmé en détail les espaces logistiques urbains qui sont le début et le bout des chaînes logistiques concernées. c’est plusieurs milliers d’hectares qui seront nécessaires pour accueillir la demande. les différents types d’espaces logistiques urbains. les enjeux et les conflits latents et déclarés sont passés sous silence. La complexité des intervenants. Le secteur logistique moderne privé purement marocain en pâtit.). Certes des projets importants sont en cours de réalisation : Zone d’activité logistique de Zenâta. Mais beaucoup d’entrants potentiels au niveau national ne sont pas armés des mêmes outils de compétences que les PSL Globaux . Les géants de la logistique accaparent les marchés à haute valeur ajoutée et les opérateurs logistiques marocains naissants sont relégués au second plan.Février 2011 . La libéralisation du secteur est pourtant bénéfique pour les opérateurs marocains ? La libéralisation est faite de manière non-stratégique. notamment les enjeux liés aux « marchandises en ville » . les surfaces consommées à l’échelle du pays seront certainement beaucoup plus importantes que ce qui est affiché (de l’ordre de 30 hectares par an) . etc. La Stratégie nationale est-elle adaptée à cette évolution ? Cette stratégie est ambitieuse. Les technologies évoluent rapidement dans les chaînes logistiques globales. la mise en œuvre sera très difficile. en considérant qu’en 2030 le parc devra être d’environ 80 millions de m2. Dans ce programme ambitieux. plateforme logistique de SNTL. Toutefois. La formation continue est nécessaire pour permettre au marché de l’emploi de trouver toutes les compétences nécessaires. Rien que pour ce qui est appelé «distribution et sous-traitance». et les méthodes pour agir entre platesformes complexes et zones logistiques urbaines. foncières. tiré par une demande de plus en plus exigeante. Certes l’offre de formation en Mustapha El Khayat. point d’accueil des véhicules. agro-alimentaires. Plusieurs indicateurs montrent que le secteur est en train de suivre le sentier de la modernité et du professionnalisme. instituts. en multipliant par deux on ne fera pas preuve d’un optimisme marqué ! D’importants projets sont déjà en cours de réalisation… A mon avis les choses avancent mais lentement. Je rappelle aussi que le secteur banquier s’oriente vers le financement du secteur de la logistique. centre de distribution urbaine. Conjoncture : Comment jugez-vous l’évolution du secteur de la logistique ? Mustapha El Khayat : Le secteur de la logistique est en croissance. des écoles. les produits dangereux. Les opérateurs logistiques globaux leur demandent. les positionnements des acteurs. centres de formation se multiplient au niveau national. en plus des diplômes.souvent des opérateurs multinationaux. projet du port sec de l’ANP. logistique n’est pas encore en adéquation avec les besoins spécifiques du secteur. Comment peut-on acquérir de l’expérience sans avoir la chance d’exercer une activité dans le secteur ? Il faut un régulateur du marché de l’emploi dans un secteur émergent comme celui de la logistique. les leviers pour agir. Ainsi. Un mot sur l’emploi et la formation dans le secteur ? Le secteur de la logistique est créateur d’emplois multiples et de plusieurs profils. Si l’on fait l’hypothèse (réaliste) qu’en 2030 le Maroc aura rattrapé son retard en matière logistique. cela suppose des externalisations importantes avec des investissements massifs en plates-formes. Il faut aussi adapter en permanence les formations aux besoins réels des filières concernées (chaînes de froid. etc. président de l’AMLOG (Association Marocaine pour la Logistique). une expérience professionnelle (minimum 2 ans). A lire le mois prochain Marchés financiers au Maroc : état des lieux et perspectives Conjoncture N° 923 . point d’accueil des marchandises. Néanmoins. dans ces projets. Néanmoins.