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20/03/2023 21:15 Du Mali au Niger, comment Olivier Dubois a été libéré – Jeune Afrique

POLITIQUE
Du Mali au Niger, comment Olivier Dubois a été libéré
Le journaliste français, qui collaborait notamment pour Jeune Afrique, a été libéré ce lundi 20 mars, deux ans après son
enlèvement dans le nord du Mali. À la demande de Paris, les services de renseignement nigériens ont joué un rôle clé.

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20 mars 2023 à 21:07

Par Benjamin Roger


Mis à jour le 20 mars 2023 à 21:07

C’est la fin d’un long calvaire pour Olivier Dubois. Enlevé le 8 avril 2021 à Gao, dans le nord du Mali, où il était parti en reportage, notre
confrère indépendant de 48 ans – qui collaborait notamment pour Libération, Le Point et Jeune Afrique – a été libéré ce lundi 20 mars après
avoir été, durant presque deux ans, aux mains des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, ou JNIM en arabe), la
filiale sahélienne d’Al-Qaïda.

Rupture avec les renseignements maliens


Pendant de longs mois, les négociations pour sa libération ont été au point mort, suscitant l’agacement parmi certains membres de sa
famille ou de son comité de soutien.

« Cela a parfois été compliqué avec les services de renseignement français, indique une source mobilisée pour qu’il soit relâché. Ils
entretenaient une forme d’ambiguïté et n’étaient pas clairs sur leur politique en matière de gestion d’otages. Pendant longtemps, ils nous
ont donné l’impression de chercher à savoir qui savait quoi pour éviter toute fuite plutôt que de se mobiliser pleinement pour la libération
d’Olivier. »

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20/03/2023 21:15 Du Mali au Niger, comment Olivier Dubois a été libéré – Jeune Afrique

En parallèle, les relations exécrables entre les autorités francaises et la junte au pouvoir à Bamako, dirigée par le colonel Assimi Goïta,
n’arrangent rien. Après avoir un temps collaboré avec leurs homologues français, les services de renseignement maliens se montrent de
moins en moins impliqués sur le dossier.

Début 2022, la rupture est totale entre la France et le Mali. Les plus de 3 000 militaires français de l’opération Barkhane basés dans le pays
sont priés de plier bagage. Les services de renseignement français, eux, y voient leur marge de manœuvre considérablement réduite.

Mohamed Bazoum sollicité


Après l’enlèvement d’Olivier Dubois, un autre pays sahélien est rapidement sollicité par Paris pour tenter d’obtenir sa libération : le Niger.
« Les Nigériens ont prouvé leur efficacité dans ces affaires d’otages par le passé. Nous avons donc demandé leur appui », indique une source
élyséenne. Lors de leur différents entretiens, Emmanuel Macron et Mohamed Bazoum évoquent régulièrement le sujet.

À Niamey, le président nigérien confie le cas du journaliste français à la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure
(DGDSE), ses services de renseignement dirigés par l’un de ses proches, Rabiou Daddy Gaoh, alias « Jet Lee ».

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Durant les premiers mois, aucune avancée concrète n’est enregistrée. Il faut attendre la mi-2022 pour voir la filière nigérienne obtenir des
résultats encourageants. Le 15 juillet, les ministres français des Affaires étrangères, Catherine Colonna, et des Armées, Sébastien Lecornu,
sont envoyés à Niamey. Ils y rencontrent le président Bazoum, avec lequel ils évoquent une nouvelle fois le cas d’Olivier Dubois.

Le 29 août, les services de renseignement nigériens obtiennent du GSIM la libération d’une autre otage, la religieuse américaine Suellen
Tennyson, enlevée dans le nord du Burkina Faso début avril. Certains y voient alors un signe prometteur pour Dubois, qui montre que les
services nigériens ont bien des canaux de discussions fructueux avec le groupe qui le détient.

Troisième vidéo
Dans les mois qui suivent, les discussions s’accélèrent. Après deux premières vidéos transmises par ses ravisseurs en mai 2021 et mars 2022,
une troisième, restée secrète, est enregistrée en décembre 2022. Olivier Dubois y remercie sa famille pour les messages et photos qu’elle lui
fait passer par le canal de négociation nigérien.

« Ce fut l’un des premiers résultats tangibles qui montrait que cette filière fonctionnait », indique une source proche des tractations. Au
même moment, à Paris, un haut responsable expliquait que les discussions pour la libération du journaliste « se poursuivaient » et
semblaient « en bonne voie ».

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Selon une source bien introduite à Niamey, un officier nigérien aurait notamment joué les intermédiaires dans le dossier Dubois : le général
touareg Mahamadou Abou Tarka, qui dirige la Haute autorité à la consolidation de la paix (HACP). Au cœur du dispositif sécuritaire mis en
place par Bazoum, l’homme a des contacts réguliers avec plusieurs groupes armés du nord du Mali.

Début mars, les services de renseignement français, en contact permanent avec leurs homologues nigériens, expliquent à la famille d’Olivier
Dubois que les discussions évoluent positivement. Ce 20 mars, elles ont finalement abouti. Après 711 jours de détention dans le désert
malien, notre confrère est récupéré dans la matinée à la frontière entre le Mali et le Niger par une équipe des services nigériens, avec l’appui
logistique de militaires français. Reste un mystère, comme toujours dans la prise d’otages : la nature des contreparties obtenues par ses
ravisseurs en échange de sa libération.

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